mardi 25 août 2015

Aux côtés des migrants: nombreuses intiatives de solidarité en France et en Europe


Alors que les migrants sont l'objet de tractations entre les gouvernements et que certains régimes comme celui de Macédoine utilisent la violence et la répression contre ceux et celles qui tentent de trouver leur salut (et qu'aident des bénévoles locaux), on assiste heureusement à une importante vague d'actes de solidarité et de soutien en leur direction, dans différents domaines. Il ne s'agit nullement de teinter en rose une réalité très dure, dans laquelle politiques répressives des gouvernements et les courants xénophobes se nourrissent mutuellement et prospèrent, mais de montrer un autre aspect de la réalité, dans laquelle nous nous inscrivons pleinement.

Une petite partie de ces actions peu connues est répertoriée ci-dessous.    
Nous débutons en Autriche: une "minute de silence" (Schweigeminute en allemand)  mise en ligne par un artiste autrichien en signe de protestation contre la politique de traitement des réfugiés en Europe, est en tête des classements iTunes en Autriche. Le morceau commence même à être « diffusé » sur des radios nationales.
« Cette minute de silence, c’est une façon de pirater les médias, tout cela combiné avec une levée de fonds. On utilise les classements et les plateformes de téléchargement pour adresser un grand signe de solidarité et d’opposition », déclare Raoul Haspel, l’auteur de Schweigeminute, qui a annoncé vouloir reverser les gains à un camp de réfugiés nommé Traiskirchen, au sud de Vienne.

En Hongrie toute proche, les quelque 440 000 festivaliers qui ont participé au Sziget Festival ont été invités à donner leurs tentes et leurs sacs de couchages. Utilisés pour camper le temps du festival, ils sont, d’habitude, jetés à la fin de l‘évènement. Mais pas cette année : des centaines de dons ont ainsi pu être redistribués à des réfugiés.
Depuis le début de l’année, plus de 100 000 demandeurs d’asile sont arrivés en Hongrie, étape incontournable pour les Syriens et les Afghans qui traversent l’Europe direction la Scandinavie ou l’Allemagne. Beaucoup dorment dehors, dans les parcs ou les gares.
L’initiative du Sziget Festival constitue un pied-de-nez aux mesures anti-migrants du gouvernement de droite radicale de Viktor Orban, qui a notamment érigé une clôture de quatre mètres de haut à la frontière avec la Serbie pour empêcher les réfugiés de passer.

En Italie, on connait les arrivées d'immigrés en provenance d'Afrique sur les côtes italiennes de Lampedusa et les nombreux sauvetages par les ONG, les gardes-côtes, les pêcheurs, des marins de passage . Beaucoup de ces migrants vont ensuite demander l'asile politique en Italie. En Calabre, un petit village s'est fait une spécialité de l'accueil des immigrés : Riace. Son maire a même été désigné "troisième meilleur maire du monde" pour son sens de l'hospitalité. 

Dans le même esprit,  le 25 juin dernier, le conseil municipal du Vigan, petite ville des Cévennes gardoises de 4000 habitants qui a subi une grave crise suite à la fermeture des usines de textile,  a voté à l'unanimité l'accueil de trois familles réfugiées syriennes et irakiennes. Elles seront installées dans les logements communaux d'ici quelques mois
 "4 millions de personnes ont dû fuir à l'extérieur. Une partie a été accueillie au Liban, en Turquie, en Irak et en Jordanie, mais ça ne suffit pas", souligne Jacqueline Tardieu, secrétaire adjointe du groupe Amnesty International  Cévennes. Le Haut commissariat aux réfugiés a ainsi lancé un appel aux pays du monde entier. En France, 500 réfugiés syriens seulement ont été accueillis en 2014. A titre de comparaison, l'Allemagne a reçu 70 000 Syriens, et la Suède 30 000.
au Secours catholique qui met en œuvre un atelier vélos afin d' offrir aux migrants une possibilité d'autonomie dont rend compte la presse locale.

C'est une Europe de la solidarité qui se construit à travers de ces initiatives et nous soutenons pleinement cette émergence en les faisant connaître, en participant aux manifestations et aussi en aidant une famille Rom particulièrement en difficulté.   

jeudi 20 août 2015

Israël: vie sauve pour le prisonnier palestinien en grève de la faim ?

La Cour Suprême israélienne vient enfin de lever la détention administrative de Mohammed Allan, avocat palestinien détenu arbitrairement et en danger de mort suite à sa grève de la faim qui dure depuis le 18 juin.

Soupçonné par le Shabak (la Sûreté générale israélienne) d’appartenir aux «Brigades Al Quds», la branche armée du Jihad islamique, il a été placé en "détention administrative" en novembre 2014, sans avoir été jugé.

Cette mesure extra-légale, héritée du mandat britannique sur la Palestine d'avant 1948, permet en effet au pouvoir de maintenir un suspect en détention sans inculpation ni procès. Certes, le  mandat des détenus doit être renouvelé tous les six mois par un juge. Mais l’examen du dossier se déroule à huis clos et le Shabak peut transmettre au magistrat des informations «confidentielles» que les avocats du prisonnier n’ont pas le droit de connaître. C’est pour dénoncer cet arbitraire et parce qu’il exige d’être jugé publiquement ou libéré qu’Allan a, comme plusieurs autres avant lui, entamé une grève de la faim.

Le Parlement israélien, dominé par la droite, préparait alors le vote d’une loi autorisant l’alimentation forcée et médicalisée des détenus refusant de s’alimenter, adoptée le 30 juillet.

Mais la fédération des médecins israéliens, qu'il faut féliciter pour son courage et sa déontologie, s'est formellement opposée à l’alimentation forcée, qu’elle assimile à de la torture et a donc interdit à ses membres de prêter la main à l’administration pénitentiaire.
"Nous ne sommes pas payés pour faire le sale boulot de l’État, affirme le docteur Tami Karni, responsable de l’éthique au sein de l’association. Nôtre mission est de soigner et guérir nos patients, pas de forcer un détenu, fût-il terroriste, à faire ce qu’il ne veut pas.». Toutes les tentatives du gouvernement afin de trouver des médecins hospitaliers complaisants et obéissants à ses ordres ont échoué. Le ministre de la sureté intérieure, Guilad Erdan, membre du parti Likud de Netananyahu,  a d'ailleurs violemment mis en cause la fédération médicale et son président le Docteur Leonid Idelman. Il les accuse d'être responsables de la suspension de peine de Mohammed Allan.  

Entre-temps, l’état d’Allan est devenu critique. Après avoir perdu la vue, il est tombé dans le coma le  vendredi 14 aout et ne respire plus que grâce à une machine. L’avocat d’Allan a introduit devant la Cour suprême d’Israël un recours urgent en libération médicale. Cette instance, dont la droite et l'extrême-droite israélienne voudraient réduire le rôle, a donc décidé aujourd'hui de "suspendre" la détention administrative et de permettre ainsi que Mohammed Allan soit enfin soigné volontairement.

La  détention administrative est attentatoire aux droits fondamentaux. Elle constitue l’un des grands motifs de protestation palestiniens contre le régime d'exception qui s'applique à eux. Selon les services pénitentiaires israéliens, 340 Palestiniens sont actuellement en détention administrative. Quelques semaines après l’assassinat du petit Ali Saad Dawabshe à Douma, la cas dramatique de Mohammed Allan illustre à quel point la poursuite de l'occupation des territoires palestiniens mène inéluctablement à une spirale de violence et de mort. L'attitude ferme et digne des médecins israéliens montre aussi la voie d'une résistance humaine à cet engrenage destructeur.
Actualisation 20 aout: Mohammed Allan vient de suspendre sa grève de la faim, suite à la décision de la Cour Suprême. Il va donc pouvoir être soigné.

samedi 8 août 2015

Mosquée de Mérignac incendiée: un départ de feu parmi d'autres

Jeudi dernier 6 aout, vers 23H, alors que de nombreuses personnes sont à l'intérieur de la mosquée de Mérignac, un engin incendiaire est lancé. Il endommage la porte, mais heureusement  les présents gardent leur calme et maitrisent l'incendie qui aurait pu, sans cela, s'étendre très vite et faire des victimes.

Pour le moment les auteurs ne sont pas connus.

Mais à Mérignac, comme ailleurs en France, cet incendie volontaire ravive forcément les braises de la peur et de la tension. Car il ne s'agit pas d'un évènement isolé. 

En janvier 2015, lors de la vague d'attaques racistes post-attentats, devant la même mosquée, les musulmans présents sont victimes d'insultes et de menace de la part d'individus motorisés. Une forme de harcèlement facile et lâche qui incite les responsables de la mosquée à demander aux gens de ne pas tarder dehors après la sortie de la prière. A Mérignac et dans les environs , la présence de groupes racistes est attestée depuis longtemps: en mai 2014, une vague d'inscriptions racistes frappe à la fois des logements sociaux de la résidence Salengro et les murs de la commune voisine d'Eysines. Parmi les inscriptions, celle-ci " "Fuck ces arabes JNR FN bougnouls retour au bled". En 2012, c'était au Barpt, à une trentaine de kilomètres de là qu'une salle de prière était par trois fois dégradée à coups de croix gammées et de slogans xénophobes

Dans le département de la Gironde, les néo-nazis vont parfois beaucoup plus loin: en août 2013, la salle de prières de Lesparre Medoc, à soixante kilomètres de Mérignac fait l'objet d'une tentative d'incendie et une croix gammée apposée sur l'édifice. Là aussi, des personnes étaient à l'intérieur du bâtiment.  Les fascistes auteurs des faits sont arrêtés quelques jours plus tard après avoir également recouvert de croix gammées les voitures de responsables de la mosquée. A la barre, où ils seront condamnés à 6 mois de prison ferme, les deux néo-nazis assument leur discours raciste. L'un d'eux résume : " "J'aurais pu écrire +mort aux arabes+ mais c'était trop long et j'ai préféré dessiner une croix gammée".

Il n'y a donc pas une année en Gironde où au moins une mosquée ne fait pas l'objet d'une attaque néo-nazie, et comme ailleurs, croix gammées et inscriptions racistes ciblant directement une partie des habitants sont devenues plutôt banales.

Dans ces conditions, si d'aucuns, non concernés appellent souvent à la "prudence" avant de qualifier un acte d'islamophobe ou de raciste, en réalité, la prudence consisterait surtout à agir beaucoup plus vite et beaucoup plus fort contre des groupes d'extrême-droite dont on sait de toute façon qu'ils passent régulièrement à l'action.

vendredi 7 août 2015

Racisme structurel : négation de l'enfance et du genre envers les mineures roumaines

Racisme structurel : une enquête intitulée "Les jeunes Roumaines sont des garçons comme les autres" et parue dans la revue du GISTI, Plein Droit, éclaire les pratiques quotidiennes de la police, de la justice et du monde du travail social. Police et justice ne savent plus voir des enfants, des (toutes) jeunes filles, juste des "roumaines", à qui il semble normal de demander si elles ont des enfants ou se sont prostituées, que les peines de prison fermes attendent dans des proportions bien au-dessus de la moyenne...

« Plusieurs fois, par exemple, je suis intervenue pour des enfants roumains de moins de 13 ans qu’on mettait en cellule. Maintenant, les policiers font un peu plus attention, mais je leur rappelais que c’était pas avant 13 ans, les cellules. Et on me répondait, "bon, mais ça va, c’est des Roumains… ". Et même au niveau du tribunal il y a un traitement particulier […]. Dès le départ, on nous annonce qu’il y a des "Roumains", on sait que ça va être un circuit particulier, que systématiquement ça va être un jugement à délai rapproché… Et ça, ça me choquait beaucoup au début : j’avais l’impression qu’il y avait une justice pour tout le monde et une justice pour les Roumains"

Ces propos d'une éducatrice illustre une situation où le racisme entraîne la négation de l'enfance et de l'adolescence et des protections judiciaires qu'elles entraînent. Au point d'amener également à l'effacement du genre, les jeunes filles roumaines, au contraire des autres mineures, sont  envoyées très souvent directement en prison.


dimanche 2 août 2015

Les Roms victimes des nazis et de leurs héritiers

                                         
                                                        Des Roms déportés




Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, 2897 Roms survivants dans le camp furent assassinés dans les chambres à gaz lors la liquidation du « Zigeunerlager » (« le camp des tsiganes ») d’Auschwitz-Birkenau. 

Le « Zigeunerlager » avait été établi par un décret de Himmler en décembre 1942. Le 29 janvier 1943, son administration, le RHSA, ordonne la déportation de tous les Roms d'Allemagne et des pays occupés vers Auschwitz ( ci-dessous)


Déjà le 8 décembre 1938, dans le décret sur « la lutte contre le fléau tsigane » Himmler  avait ordonné le recensement "intégral" des Tsiganes. A partir de 1940, ils furent déportés par milliers dans des camps de travail et des ghettos en Pologne, en application de l’ordonnance nazie du 27 avril 1940 dite de « transplantation » ( Umsiedlungserlass ) .
Au total, 20.000 Roms sur les 23.000 détenus dans le "Zigeunerlager" à Auschwitz-Birkenau y ont trouvé la mort  à partir du début de 1943. 13.000 d’entre eux étaient originaires d’Allemagne et d’Autriche, les autres venant de pays soumis au Troisième Reich ou collaborant avec lui.
Entre avril et juillet 1944, environ 3.500 Roms et Sinti ont été transférés vers d’autres camps. Certains d’entre eux ont survécu aux épreuves de la persécution, mais 85 % de ceux qui ont été transportés initialement  à Auschwitz Birkenau ont été exterminés.

Les historiens estiment que les nazis et leurs alliés auraient exterminé environ 25% des Tsiganes européens. Sur un peu moins d'un million de Roms vivant en Europe avant la guerre, jusqu'à 220 000 auraient ainsi été tués par le nazisme. Un exemple particulier est celui du lieu de mise à mort de Babi-Yar en Ukraine( voir ici)

 

 
                                               Commémoration Rom à Auschwitz-Birkenau

Pendant des décennies, les Roms et Sinti qui avaient survécu aux persécutions nazies ont été réduits au silence. Après 1945, de nombreux pays n’ont ni reconnu ni condamné leurs persécutions raciales, et ils ont en outre continué leurs pratiques discriminatoires à l’égard des Roms et des Sinti, y compris dans le processus de restitution des biens pillés par les nazis.  Du fait que la commémoration dépend  de la reconnaissance officielle ainsi que de la recherche et de l’historiographie, les souffrances des Roms et des Sinti ont très peu attiré l’attention.

Face à cette situation, les Roms et les Sinti ont lutté pour être reconnus et occuper la place qui est la leur parmi les victimes du régime nazi.

C'est en 1979 seulement que l’Allemagne a reconnu officiellement que l’extermination des Roms et des Sinti était fondée sur des raisons raciales, par décisions du Parlement de RFA.

C'est à partir de 1984 que les Roms et les Sinti eux-mêmes ont commencé à commémorer leur génocide à Auschwitz, le 2 août, date de la liquidation du  « Zigeunerlager », avec la participation des représentants des États et de la communauté internationale (voir la photo en Une de l'article).

C'est en 2001 seulement que le musée national d’Auschwitz a ouvert une exposition permanente sur le génocide des Roms et des Sinti.  Ce pavillon  représente maintenant un lieu de mémoire important qui documente l'ensemble du processus de persécution mis en œuvre par les nazis et leurs alliés, dont la France de Pétain


On connaît le sort de discrimination et de racisme qui continue à accompagner la vie des populations Roms en Europe.
Elles sont la cible de multiples attaques venant de tous les bords; certains responsables de l'UMP se sont spécialisés dans la dénonciation haineuse des Roms à la suite de Sarkozy et de Le Pen.

Mais à gauche aussi,  les propos et les actes discriminatoires à leur égard perpétuent l'oppression dont sont victimes ceux qui ont payé un si lourd tribut au nazisme. 


MEMORIAL 98 

Mise à jour du 28 juin 2019
Bonne nouvelle judiciaire: la Cour d'appel a confirmé la condamnation de Franck Sinisi conseiller municipal de Fontaine (Isère) . Cet alors responsable local du FN, conseiller municipal, avait proposé en Mars 2017 de "récupérer les dents en or" des Roms pour financer leur hébergement . 
C’est un retour du refoulé génocidaire: les nazis "récupéraient les dents en or" de ceux qu'ils exterminaient, y compris les Roms. Déjà condamné en première instance en novembre 2017, il avait fait appel.
Mais il reste encore conseiller municipal car le préfet ne l'a pas démis de son mandat comme il peut et doit le faire (  voir ci-dessous aux dates du 17 mars et 8 décembre 2017)
Memorial 98


Mise à jour du 2 aout 2018
L'actualité rappelle que les Roms demeurent menacés en Europe: d'une part en Ukraine avec l'attaque meurtrière d'un camp par une milice d'extrême-droite et d’autre part en Italie avec les mesures de fichage et d'expulsion annoncées par le fasciste Salvini, ministre de l'Intérieur.
Les héritiers des nazis poursuivent leur œuvre de haine.
Memorial 98


Mise à jour du 8 décembre 2017

Dans l'affaire du responsable local du FN et conseiller municipal qui a proposer de financer des logements d'accueil pour les Roms en récupérant "leurs dents en or" (voir ci-dessous) , le tribunal a donc qualifié son qualifié son propos d'"incitation à la haine raciale"
Il a été condamné le 28 novembre 2017 à deux mois de prison avec sursis, 2.000 euros d'amende ainsi qu'une peine d'inéligibilité sur une période de quatre ans. Devant le tribunal, le prévenu avait prétendu qu'il s'agissait d'un trait d'humour. Et avait ajouté ne pas savoir "ce qui s'était passé pendant la Seconde Guerre mondiale avec les juifs".  Par ailleurs, il assurait ne rien avoir "contre les étrangers", étant lui-même "d'origine italienne".
Après la polémique, le FN a été contraint d’exclure Franck Sinisi . Celui-ci a immédiatement  rejoint le parti fasciste et intégriste-catholique Civitas.  Il est défendu par un avocat, Damien Viguier, intervenant régulier sur le site de Soral et très proche de ce dernier



Mise à jour du 17 Mars 2017: un élu FN "veut arracher les dents en or" des Roms.


Horreur au conseil municipal de Fontaine (Isère) dans la banlieue résidentielle de Grenoble: un responsable local du FN, conseiller municipal, propose de "récupérer les dents en or" des Roms pour financer leur accueil . C’est un retour du refoulé génocidaire: les nazis "récupéraient les dents en or" de ceux qu'ils exterminaient, y compris les Roms:

« Au regard des difficultés liées à l’accueil des Roms sur l’agglomération, la Ville de Fontaine est favorable à l’implication de la Métropole aux côtés de l’Etat et du Département dans l’hébergement ». Lorsqu’il a prononcé ces mots, le maire Jean-Paul Trovero ne pouvait imaginer le commentaire qui suivrait de Franck Sinisi, élu d’opposition FN : « Pour loger les Roms, je pense qu’il pourrait y avoir un auto-financement. La Métropole devrait leur payer le dentiste… afin de récupérer leurs dents en or ». 
Cette déclaration a lieu au moment ou Jean-Marie le Pen, père de Marine, parraine et finance la campagne présidentielle de la cheffe du FN. Il a été condamné récemment pour ses propos de haine contre les Roms et sa menace d'une "fournée" contre les Juifs

MEMORIAL 98 


Actualisation du 25 juin 2016

Une première bienvenue en France: inauguration dans le Lot et Garonne d'un monument qui commémore le massacre de 14 tziganes le 23 juin 1944 par les Waffen SS; la même unité pendra 12 personnes dans le village voisin de Dunes.
Il aura fallu attendre 72 ans pour cette reconnaissance, qui doit maintenant être suivie d'autres initiatives de mémoire.

MEMORIAL 98




Jets d'acide sur un lieu de rencontres homosexuelles: un simple rappel à la loi !

Nantes: cinq jeunes gens sont interpellés sur un lieu de rencontres homosexuelles. Ils étaient occupés à jeter des bouteilles d'acide en direction des hommes et de leurs véhicules.

Dans un premier temps, le quotidien local Presse-Océan publie un article où il est notamment indiqué que les jeunes hommes auraient reconnu en garde à vue qu'ils savaient qu'il s'agissait d'un lieu de rencontres.

Mais l'article est dépublié ( version en cache visible ci-dessous): en effet, à l'issue de la garde à vue , le procureur décide qu'il n'y a pas de charges suffisantes pour poursuivre, dans la mesure où les jeunes expliquent avoir choisi l'endroit "au hasard" pour "tester" leurs bouteilles d'acide. Ils écopent d'un simple rappel à la loi. 



On a beau tourner l'affaire dans tous les sens, l'étrangeté de la décision demeure: depuis quand en effet, a-t-on le droit de "tester" des jets de bouteilles d'acide en les lançant dans un espace où véhicules et personnes stationnent ?

Depuis quand le simple fait de nier avoir agi par homophobie est-il un argument légal suffisant pour abandonner les charges ? Depuis quand le fait d'être pris en flagrant délit constitue-t-il une absence de charges ?

Si ces jeunes gens avaient jeté des bouteilles d'acide devant le Palais de Justice, à l'heure de la sortie des magistrats, le procureur aurait-il estimé que cela méritait un simple rappel à la loi ? 

C'est à ce genre d'affaires, traitées de manière lapidaire par la justice et par la presse, qu'on mesure le long combat qui reste encore à mener pour que les présomptions d'homophobie soient prises au sérieux, même lorsqu'elles sont évidentes.

samedi 1 août 2015

Manifestations en Israël: assez de violences et de crimes!

Actualisation du 2 août: la jeune lycéenne de 17 ans poignardée jeudi dernier lors de la Gay Pride, Shira Banki, vient de décéder à Jérusalem suite à ses blessures. Hommage à sa mémoire et condoléances à sa famille et à ses proches ainsi qu'à la famille d'Ali Saad Dawabshe, brûlé vif à Douma .

En ce moment-même (samedi 1er août au soir) des milliers de personnes sont rassemblées sur la place Rabin de Tel-Aviv, là où ce dernier fut assassiné par un terroriste d'extrême-droite le 4 novembre 1995, afin de protester contre le crime commis dans le village de Douma, près de Naplouse
(sur la pancarte en Une de l'article une citation du président de l’État Réouven Rivlin: "des membres de mon peuple ont choisi la voie de la terreur"). 

D'autres manifestations se déroulent dans les principales villes du pays et vont converger avec les cortèges prévus pour protester l'attaque de la Gay Pride de Jérusalem jeudi 30 juillet .
L'oncle du nourrisson assassiné (Ali Saad Dawabshe) qui se nomme Nasser Dawabshe, vient de déclarer devant la foule de la place Rabin: "... Netanyahu déclare participer à nôtre peine, mais nous demandons que le ministre de la Défense et l'armée garantissent nôtre sécurité dans le village de
Douma et dans tous les villages palestiniens (il faut  rappeler que l’État d'Israël occupant de fait la Cisjordanie depuis 48 ans est, selon les conventions internationales, responsable de la sécurité de ses habitants NDLR)... Nous souhaitons que ce qui vient de se passer marque la fin des souffrances de nôtre peuple. Avant Ali, il y a eu Mohammed Abu-Hadir (jeune palestinien de Jérusalem, enlevé et  brûlé vif par des terroristes d'extrême-droite le 2 juillet 2014) et nous ne savons pas qui sera le suivant. Nous voulons que ces crimes cessent..."  .

Le président de l’Etan Réouven Rivlin a d'ailleurs déclaré,  suite à l’incendie criminel dans la nuit de jeudi, qu’Israël n’avait pas fait assez pour sévir contre les terroristes juifs: «... A mon grand chagrin, jusqu’à présent, il semble que nous avons fait preuve de laxisme dans notre traitement des phénomènes du terrorisme juif. Peut-être que nous ne faisons pas assez pour intérioriser ce à quoi nous sommes confrontés, un groupe idéologique déterminé et dangereux, qui vise à détruire les ponts fragiles pour lesquels nous travaillons sans relâche afin de les bâtir », a-t-il estimé.


Les propos de Rivlin sont justes mais contrastent fortement avec la réalité des pratiques des forces de sécurité israéliennes, y compris depuis le crime de jeudi. Les manifestations de Palestiniens sont brutalement réprimées et 2 d'entre eux au moins sont morts suite aux tirs à balles réelles de soldats chargés de "maintenir l'ordre".

Au delà du crime de Douma, c'est l'ensemble de la politique suivie à l'égard du peuple palestinien et de ses territoires qui se trouve une fois de plus mise en question. L'extrême-droite se nourrit de la colonisation et de la domination sur la vie quotidienne d'un autre peuple. Seul le retrait d'Israël des territoires occupés tout à fait illégalement et la naissance d'un État palestinien souverain permettront d'en finir avec la violence qui gangrène ces deux peuples.