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mercredi 20 mars 2019

Génération identitaire: dissolution immédiate!



Le tueur de Christchurch, Brenton Tarrent, a fait quatre dons financiers à Génération identitaire en France, selon les enquêtes en cours. Ces contributions s'ajoutent à ses dons à la branche autrichienne des Identitaires. C'est la branche française de cette Internationale fasciste qui a organisé la mise en scène de la traque contre les migrants organisée en France en avril 2018 sous le titre " Defend Europe" (voir ci-dessous)







Mises à jour du 26 mars: 
1) Brenton Tarrent, le tueur de Christchurch, était en lien avec les fascistes Identitaires d'Autriche et notamment avec leur dirigeant Martin Sellner. Ce dernier reconnaît que le tueur a fait un don de 1500 Euros à son organisation mais prétend qu'il n'y a pas eu de relation ultérieure. Les Identitaires en question sont particulièrement imprégnés de racisme et d'antisémitisme. Le premier ministre Kurz qui dirige une coalition avec l'extrême-droite FPÖ est amené à envisager la dissolution de l'organisation Identitaire autrichienne. 

Or Sellner et d'autres identitaires autrichiens ont participé à l'action contre les migrants organisée en France en avril 2018 sous le titre " Defend Europe" (ci-dessus). Toute une mise en scène avait mobilisé les Identitaires de toute l'Europe au col de l’Échelle à la frontière avec l'Italie.


Des photos y montrent Sellner ( ci-dessous).




Le même Sellner collait des croix gammées sur des synagogues pendant sa "période" néo-nazie, comme le montre l'article ci-dessous de la presse autrichienne.








Ces révélations mettent en cause Damien Rieu, chef historique des Identitaires français et actuel attaché parlementaire du député RN Gilbert Collard. C'est lui qui a organisé  cette action spectaculaire qui a généré des dépenses importantes avec par exemple la location d'un hélicoptère. Tarrent a envoyé son don début 2018 et il apparaît donc plausible qu'il ait ainsi contribué à l’initiative des Identitaires quelques semaines plus tard. 
L'internationale fasciste tisse ses liens qui aboutissent à des crimes sanglants.


2) Complotisme et antisémitisme en Nouvelle-Zélande: Ahmed Bhamji, responsable d'une mosquée, a publiquement accusé le " Mossad" israélien d'être derrière l' attentat
Cette attaque contraste avec le climat de solidarité et de fraternité qui s'est développé en Nouvelle-Zélande en réaction à la tuerie. C'est également une insulte à l'engagement qui à conduit les Juifs de Nouvelle-Zélande à fermer, dans un geste historique, toutes les synagogues du pays lors de la journée qui a suivi l'attentat et qui correspondait au Shabbat ( voir ci-dessous) 

Memorial 98
Capture d'écran du site de Soral le 20 mars 2019

Après les attentats contre les musulmans de Christchurch, le site de Soral "Égalité et réconciliation" met en avant un « ex-officier de la CIA » nommé Robert David Steele, présenté également comme  "prix Nobel de la Paix" (sic!) afin de promouvoir une explication complotiste et antisémite de la tuerie .
Celui-ci affirme dans un pseudo-entretien avec une agence iranienne que les "Israéliens sont impliqués dans l’attaque des deux mosquées en Nouvelle-Zélande ". 
Pour faire bon poids ce lumineux "prix Nobel" ajoute que les mêmes israéliens sont également responsables de nombreux autres attentats notamment:  " L’attaque du 11 Septembre aussi, c’était leur travail. Idem pour l’attaque sur le navire d’espionnage américain en 1967 et l’assassinat de JF Kennedy Junior pour laisser la voie libre à Bill Clinton" ( voir capture d'écran ci-dessus) 
Il est à noter que le même Steel est un acolyte du principal complotiste américain Alex Jones, ami de Trump qu'il a interviewé dans son émission le 2 décembre 2015. Dans une des émissions de Jones, Steel à prétendu  qu'il existe une " colonie d'enfants esclaves sur la planète Mars"
Selon lui, ces enfants auraient été kidnappés et tués par la NASA, selon des modalités qui ressemblent d'ailleurs furieusement aux  prétendus crimes rituels attribués aux Juifs. 

En janvier dernier Soral a enfin été condamné à une peine de prison ferme d'un an pour ses insultes à l'encontre d'une magistrate et pour des propos appelant au génocide des Juifs; il avait ainsi écrit sur le même site" Égalité et Réconciliation"  :
"Entre le peuple juif et le reste de l'humanité, le combat ne peut être que génocidaire et total..."
"Les Juifs sont dominateurs, manipulateurs et haineux..."  
Ceux qui soutiennent la "liberté d'expression" de ce propagateur multi-récidiviste de haine homicide se rendent complices de ses appels aux meurtre. 
Ceux qui comme Étienne Chouard, excusent voire justifient les propos de Soral se font avec lui propagateurs de l'antisémitisme exterminateur. La caution hélas apportée à Chouard par le député LFI François Ruffin constitue une très lourde faute que sa demi-rétraction ultérieure est loin d'effacer.
Par ses affirmations antisémites et calomniatrices à propos de Christchurch, Soral tente d'effacer le mouvement de solidarité et de deuil qui a conduit les Juifs de Nouvelle-Zélande à fermer, dans un geste historique, toutes les synagogues du pays lors de la journée qui a suivi l'attentat et qui correspondait au Shabbat.
De même la communauté juive de Pittsburgh, qui a subi une tuerie réalisé par un néo-nazi en octobre dernier a organisé des initiatives de solidarité et de collecte pour les musulmans de Christchurch. Elle-même avait bénéficié de la solidarité active des musulmans de Pittsburgh et au-delà après l'attentat qui l'a frappée.

Soral et ses semblables veulent avant tout  détourner l'attention du message clairement "ethno-nationaliste blanc" et violemment opposé au" Grand remplacement"  revendiqué par l'auteur de la tuerie. Celui-ci s'est placé dans le sillage d'Anton Breivik, auteur des massacres d'Oslo et Utoya qu'il a justifié par sa volonté de combattre le multi-culturalisme porté par la gauche travailliste.
                                      Breivik lors d'un de ses procès

il a également revendiqué la continuité du néo-nazi Dylan Roof, auteur du massacre de l’Église noire de Charleston (USA), auteur également de textes antisémites. 


 
 
La place de Soral, profanateur du mémorial de la Shoah à Berlin par un salut nazi sous forme de quenelle, est en prison, tout comme son acolyte Dieudonné.


MEMORIAL 98 

Mise à jour du 14 juin 2019

Le tueur Brenton Tarrent s'est présenté tout sourire au tribunal de Christchurch et a plaidé ""non coupable"de tous les chefs d'accusation contre lui.

Mise à jour du 23 avril 2019
Sri Lanka: une  réplique à Christchurch ?



Selon différentes informations dont celle du ministre sri-lankais de la défense , les attentats du Sri Lanka auraient été commis en représailles à la tuerie dans les mosquées de Christchurch (voir ci-dessous).
Ces indications sont évidemment sujettes à caution, de même que la revendication de Daech. Mais si cette hypothèse se confirmait, elle montrerait l'engrenage des violences de masse conçues et exécutées par des chevaliers de la haine. Ils veulent entraîner des prétendues "guerres de civilisation" et des affrontements généralisés. 
Violences et attentats contre les chrétiens au Sri-Lanka et en Indonésie, génocide contre les Rohingya musulmans en Birmanie, il est nécessaire de défendre partout les victimes de ces terribles violences vers lesquels vont nos pensées et notre solidarité. 

On notera également que les services secrets sri-lankais semblent avoir eu des informations préalables et précises sur les projets d'attentats djihadistes. Le premier ministre confirme ces informations. 
La crise gouvernementale  prolongée dans la pays, issue des suites de la guerre menée contre la minorité tamoule, a fait que les ministres n'ont pas eu connaissance de ces alertes.

Memorial 98 



dimanche 8 janvier 2017

Les croix gammées, par ci, par là.

C'est une drôle d'idée. Créer une alerte Google pour "croix gammées". Une idée d'"obsédés anti-nazis", comme on dit, dans l'Europe de 2016, où se souvenir que le fascisme régnait en maître sur le continent, il y 80 ans, suscite souvent des moues dédaigneuses.

C'est une drôle d'idée qui nous est venue à cause d'un "détail". Qui n'en était pas un à nos yeux. Le fait de tomber sur des croix gammées par hasard. Dans les toilettes d'un café parfaitement banal, gravées sur le banc en bois d'un parc, dessinées au feutre sur l'arrêt d'un car de ramassage scolaire à la campagne.

On était sans doute décalés et ultra-sensibles, mais ça nous faisait un choc à chaque fois. On nous disait que c'était des "gosses", des "fous", des "imbéciles" qui ne se rendaient pas compte de ce qu'ils avaient dessiné. 
C'est à cause de cela qu'on a commencé à recenser. A cause de ces réactions absurdes: en réalité, on ne peut pas dessiner une croix gammée sans savoir ce que c'est. Et si ce sont des adolescents qui dessinent, alors, cela signifie au moins une chose: on vit dans une société, où déjà à quinze ou seize ans, on peut être contaminé par la fascination pour les auteurs d'un génocide.

On a trouvé ce qu'on cherchait, malheureusement. 

D'abord dans les gros titres. Parfois les croix gammées font l'évènement, un petit peu. Quand on ne peut pas dire qu'elles n'ont pas de sens, même avec la meilleure volonté de ne pas les voir.

Par exemple le soir de Noël, sur l'école Anne Frank de Montreuil, très bien tracées, comme les slogans qui l'accompagnent: " Juden Verboten", " Sales Juifs", Sales Roms". Ou lorsqu'en un an, elles accompagnent, par deux fois, l'attaque nocturne de la mosquée de Perpignan.  Ou lorsqu'en mars 2016, elles sont dessinées sur la synagogue de Verdun.

Dans ces cas là, il est difficile de dire, évidemment, que leurs auteurs ne savaient pas ce qu'ils faisaient. La cible du racisme et de l'antisémitisme est trop voyante. Et puis, on vit dans un pays où des mosquées se font fréquemment incendier, où des personnes se font tuer et attaquer parce qu'elles sont juives. 

Cependant, à la médiatisation et à l'émotion, succèdent très souvent de drôles de dénouements, dans le silence et le déni, de nouveau. Ainsi, la police comme la presse ont-elle décrété que le néo-nazi de Montreuil , un récidiviste, était un "marginal". Et si l'on sait qu'il a été jugé le 28 décembre, on ne trouve ensuite aucun compte-rendu de l'audience.
On retrouve aussi rarement ceux qui s'en prennent aux mosquées. Encore faudrait-il vraiment chercher, y mettre l'énergie qu'on met dans d'autres domaines.

Mais ce ne sont "que" des croix gammées.Et qui sont ceux qui les tracent ? La question n'effleure pas tellement les médias locaux qui les évoquent parfois. Ainsi, à Ballon, lorsque des jeunes sont interpellés pour des cambriolages ET des croix gammées sur l'école Badinter, en novembre 2016, l'article classé dans la rubrique Faits Divers n'évoque à aucun moment la portée politique de l'acte, passée sous silence pendant l'audience . Ce mois là, la presse évoquera enfin l'invasion de croix gammées qui défigure le village de Saint Michel du Doubs depuis des semaines, parce que les néo-nazis se sont attaqués au monument aux morts, le 11 novembre. Mais les précédentes croix gammées sur l'école et jusque sur les pots de fleur n'avaient guère fait débat. Il y a quelques jours, l'auteur a été pris sur le fait par les habitants. Ce n'était ni un "jeune", ni un "fou", mais l'ex-président du comité des fêtes, un habitant intégré dans son environnement, âgé de 64 ans.

A l'autre bout de la France, ce même été, un village de la Meuse, Villers le Peuplier connaît le même phénomène, sans émouvoir tellement.
Quant aux artistes de Blérancourt-Nampcel, dont les oeuvres extérieures ont été par deux fois dégradées et couvertes de symboles nazis, ils n'auront eux aussi que des articles de la presse locale.

Quand on tombe sur ces brefs articles, parfois des souvenirs reviennent et des questions.
Que sont devenus les jeunes néo-nazis qui avaient profané les tombes du cimetière juif de Sarre Union, le 12 février 2015 ?  Où en est la procédure judiciaire ?
Et Claude Hermant, néo-nazi et indicateur de police qui a vendu les armes qui ont servi au tueur de l'Hypercasher ? Pourquoi, alors qu'il est en prison, n'est-il pas dans le nombre de ceux qui sont directement visés par l'enquête anti-terroriste sur l'attentat et seulement poursuivi pour "trafic d'armes", alors qu'il n'y a qu'un intermédiaire entre lui et celui qui a remis les armes au tueur ?
Et finalement, de quoi ont écopé les troupes du Bloc Identitaire qui avaient envahi la mosquée de Poitiers en 2012 et uriné sur des tapis de prière  ? Et bien de rien, ils n'ont pas encore été jugés.
Quant à la milice néo-nazie de Picardie qui avait fait les gros titres l'année dernière, sur la vingtaine d'hommes arrêtés, tous sauf un sont en liberté avant leur jugement. Tout ce qu'on sait, c'est que finalement, ils n'iront qu'en correctionnelle, un jour, parce que les délits qui leur sont reprochés "ne sont pas si graves".

Arriver armé dans un bar et menacer de le faire exploser, ce n'est pas très grave non plus. Du moins si on est néo-nazi, déjà condamné à sept reprises. Alexis I. a ainsi écopé de dix mois pour port d'armes mais a été relaxé du chef de "menaces", ce 5 janvier. Le fait qu'il appartienne à la même organisation que les néo-nazis picards, Troisième Voix , d'ailleurs légalement dissoute, ne fera pas couler d'encre judiciaire ou médiatique sur l'existence d'un quelconque réseau qui terrorise un peu partout en France. 

Les croix gammées, ce n'est pas très grave. Les néo-nazis, ce n'est pas très grave non plus. Plus encore que les néo-nazis et les croix gammées elle même, c'est cela qui est inquiétant, et qui devrait être terrifiant. Cet oubli permanent, ces têtes qui se détournent, ces affaires qu'on ensevelit dans le silence dès qu'il est question du néo-nazisme.

Cette injonction permanente en France à faire du néo-nazisme un détail de l'Histoire du temps présent. Une injonction qui elle-même est presque invisible, puisqu'elle se présente sous la forme du silence social sur les faits de néo-nazisme, ou de leur réduction au fait divers non-signifiant.

Cette injonction fonctionne si bien que rien ne l'ébranle. Pas même les faits pourtant tellement signifiants: l'assassinat de la députée britannique Jo Cox, les incendies par centaines de foyers de réfugiés en Allemagne. Les armes fournies par les néo-nazis au tueur de l'Hypercacher ici.

Le Front National qui peut parvenir au pouvoir dans moins de six mois.
Mais qu'on est sommés de ne jamais lier aux croix gammées qui éclosent partout où vivent ses millions d'électeurs. Parce que, voyons, l'extrême-droite n'a rien à voir avec l'extrême-droite, quelle drôle d'idée.

Une drôle d'idée, qui tout de même fait son chemin. A laquelle s'accrochent, partout en France, les sombres silhouettes qui parsèment les murs de croix gammées, avec obstination et assurance.
L'assurance de ceux qui voient des millions de gens porter à chaque élection un morceau de fascisme dans les urnes, tandis qu'ils peuvent revendiquer le nazisme dans les rues, sans que nul n'y descende pour dénoncer leurs symboles.

Un jour, ce pays se réveillera peut-être en se demandant comment et pourquoi il avait décidé qu'une croix gammée sur un mur n'était pas signifiante, même quand il n'y en avait plus une mais mille, si bien qu'il y avait même sur les réseaux sociaux, des commentaires nombreux sur les différence de qualité de la reproduction entre les unes et les autres.

En attendant, et justement parce que c'est considéré comme absurde de les comptabiliser et de les recenser, plus que jamais l'antifascisme consiste à refuser de les laisser classer dans les "faits divers".
MEMORIAL 98

samedi 29 août 2015

Génération identitaire: la troupe de choc du FN

                                          En 2012 les fascistes sur le toit de la mosquée


Mise à jour 7 décembre 2017

Cinq militants Identitaires ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Poitiers à un an de prison avec sursis. Quatre d'entre eux ont été jugés coupable de «provocation à la haine raciale ou religieuse et dégradation de biens appartenant à autrui». Ils font également l'objet d'une mise à l'épreuve de deux ans avec obligation d'indemniser les victimes parmi lesquelles des associations musulmanes. 
Le cinquième prévenu n'a été condamné que pour «complicité de provocation à la haine raciale».
L'association "Génération identitaire" elle-même a été reconnue coupable de «dégradations volontaires commises en réunion» et devra payer une amende de 10.000 euros

MEMORIAL 98



C'était le 20 octobre 2012: Génération Identitaire fait venir des militants de toute la France pour attaquer la mosquée de Poitiers . L'un de leurs porte-parole se rend même au commissariat local pour avertir de leur présence. Sur place, les militants braillent des slogans racistes pendant des heures, avant de sortir d'eux-même.

Quatre d'entre eux sont mis en examen pour incitation à la haine raciale, dégradation et vol en réunion. Deux autres le seront en juillet 2014, dont Damien Rieu, porte-parole , devenu depuis directeur de la communication de la ville de Beaucaire, promu par le maire Front National de cette commune. 

Trois ans plus tard, les mêmes font aujourd'hui leur action de rentrée avec une banderole raciste sur le toit de la gare d'Arras, récupérant, comme de bons vautours, l'émotion suscitée par la tentative d'attentat de la semaine dernière dans le Thalys. Pour l'affaire de Poitiers, toujours pas de procès: or, on voit mal ce qui pourrait nécessiter une si longue instruction. Les militants sont connus, et ont agi face caméra, que reste-t-il à chercher ? Rien, mais avec l'extrême-droite, la justice prend toujours ou presque le temps de ne rien faire, même dans les cas les plus graves.

Les jeunes fascistes profitent largement de cette impunité : le plan de la banderole la plus grande possible avec des slogans racistes ou homophobes dessus a été réitéré pendant les manifestations contre le mariage pour tous, contre les migrants et aujourd'hui sur le toit de la gare d'Arras. Depuis quelque temps d'ailleurs, le Bloc Identitaire est devenu un "Front National Jeunes" de choc, jouant systématiquement sur le terrain, la carte du happening raciste  en reprenant les thèmes développés par les caciques du FN quelques jours avant. Le mot d'ordre " Expulsion des islamistes " est très exactement celui de Marine Le Pen pour la rentrée. Évidemment, quand le Bloc Identitaire dit "islamistes", la base comprend "musulmans". 

Rien d'étonnant, puisqu'en PACA, Marion Maréchal Le Pen a officiellement intégré la mouvance identitaire sur sa liste aux régionales, et ce, alors que de nombreux cadres du mouvement travaillent déjà dans les mairies FN...tandis que d'autres mènent des opérations de propagande pour soutenir les initiatives de certains élus. C'est le cas à Mantes la Ville, où une "section" du Bloc Identitaire a surgi du néant pour diffuser des tracts contre la distribution d'une mosquée ...pile au moment où le maire était un peu en difficulté dans son offensive islamophobe.  Il serait d'ailleurs intéressant de connaître la source des financements de Génération Identitaire et du Bloc: rarement plus d'une vingtaine par actions, les jeunes fascistes disposent pourtant toujours d'un matériel de communication énorme, des banderoles pro, aux T-shirts en passant par les blousons et des sites internet impeccables. Évidemment, être salarié et bientôt peut-être élus du FN enlève déjà bien des problèmes matériels à ces militants...

D'aucuns contesteront la dangerosité du Bloc Identitaire, au motif que ses actions sont purement symboliques: après tout, personne n'a été tabassé lors de leurs patrouilles dans le métro, personne n'est obligé de manger leur soupe au cochon assortie d'un discours anti-réfugiés et anti-sans-papiers, et leurs actions islamophobes restent de l'ordre du jeu de rôle , même lorsqu'ils occupent une mosquée en construction en prétendant refaire la bataille de Poitiers.

Seulement en France, des bidonvilles Roms font l'objet d'incendies, des mosquées également, et des femmes voilées sont tabassées en pleine rue. Les jeunes bourgeois du Bloc Identitaire, persuadés qu'une grande carrière politique les attend avec la montée de l'extrême-droite parlementaire ne se salissent pas les mains. Ils savent que leur discours viriliste, paranoïaque et d'une violence symbolique énorme jouera son rôle et que d'autres passeront à l'acte à leur place. D'ailleurs la mosquée de Poitiers, cible du Bloc en 2012 a été incendiée en janvier 2015 , sans que cela incite la justice à accélérer pour juger l'action commise trois ans auparavant

La plupart des rares incendiaires ou agresseurs interpellés après un acte islamophobe recrachent tous la prose du Bloc sur le "Grand Remplacement" et l'islamisation de l'Europe. Et si le Bloc n'a jamais vraiment cherché à devenir une organisation de masse, c'est parce qu'il sait qu'il n'en a pas besoin pour que ses mots d'ordre soient suivis d'effet. 

Quant à ceux qui haussaient les épaules lorsque les suivistes se contentaient de jeter des morceaux de porc sur les mosquées, ils ne peuvent que constater aujourd'hui qu'aux morceaux de porc ont succédé les incendies comme à Mérignac ou à Auch cet été. 

Et tant que les petits chefs fascistes pourront hurler leurs appels à la haine en toute impunité judiciaire, les incendiaires répondront toujours plus nombreux à l'appel. 

A l'heure où, en Allemagne, on ose enfin interdire les manifestations néo-nazies, l'inaction en France devient de plus en plus criante. 

MEMORIAL 98

samedi 8 août 2015

Mosquée de Mérignac incendiée: un départ de feu parmi d'autres

Jeudi dernier 6 aout, vers 23H, alors que de nombreuses personnes sont à l'intérieur de la mosquée de Mérignac, un engin incendiaire est lancé. Il endommage la porte, mais heureusement  les présents gardent leur calme et maitrisent l'incendie qui aurait pu, sans cela, s'étendre très vite et faire des victimes.

Pour le moment les auteurs ne sont pas connus.

Mais à Mérignac, comme ailleurs en France, cet incendie volontaire ravive forcément les braises de la peur et de la tension. Car il ne s'agit pas d'un évènement isolé. 

En janvier 2015, lors de la vague d'attaques racistes post-attentats, devant la même mosquée, les musulmans présents sont victimes d'insultes et de menace de la part d'individus motorisés. Une forme de harcèlement facile et lâche qui incite les responsables de la mosquée à demander aux gens de ne pas tarder dehors après la sortie de la prière. A Mérignac et dans les environs , la présence de groupes racistes est attestée depuis longtemps: en mai 2014, une vague d'inscriptions racistes frappe à la fois des logements sociaux de la résidence Salengro et les murs de la commune voisine d'Eysines. Parmi les inscriptions, celle-ci " "Fuck ces arabes JNR FN bougnouls retour au bled". En 2012, c'était au Barpt, à une trentaine de kilomètres de là qu'une salle de prière était par trois fois dégradée à coups de croix gammées et de slogans xénophobes

Dans le département de la Gironde, les néo-nazis vont parfois beaucoup plus loin: en août 2013, la salle de prières de Lesparre Medoc, à soixante kilomètres de Mérignac fait l'objet d'une tentative d'incendie et une croix gammée apposée sur l'édifice. Là aussi, des personnes étaient à l'intérieur du bâtiment.  Les fascistes auteurs des faits sont arrêtés quelques jours plus tard après avoir également recouvert de croix gammées les voitures de responsables de la mosquée. A la barre, où ils seront condamnés à 6 mois de prison ferme, les deux néo-nazis assument leur discours raciste. L'un d'eux résume : " "J'aurais pu écrire +mort aux arabes+ mais c'était trop long et j'ai préféré dessiner une croix gammée".

Il n'y a donc pas une année en Gironde où au moins une mosquée ne fait pas l'objet d'une attaque néo-nazie, et comme ailleurs, croix gammées et inscriptions racistes ciblant directement une partie des habitants sont devenues plutôt banales.

Dans ces conditions, si d'aucuns, non concernés appellent souvent à la "prudence" avant de qualifier un acte d'islamophobe ou de raciste, en réalité, la prudence consisterait surtout à agir beaucoup plus vite et beaucoup plus fort contre des groupes d'extrême-droite dont on sait de toute façon qu'ils passent régulièrement à l'action.