vendredi 31 juillet 2015

Israël: attaques terroristes d'extrême-droite contre la Gay Pride et la coexistence judéo-arabe

Shira Banki, 16 ans, assassinée par un extrémiste religieux lors de la Gay Pride

Actualisation du 26 juin 2016:

Yishai Schlissel, qui a tué Shira Banki,  et blessé plusieurs autres personnes lors de la Gay Pride qui s'est tenue à Jérusalem en juillet 2015, a été condamné dimanche 26 juin à la prison à perpétuité, assortie de 31 ans de détention.

En juillet de l'année dernière,  Shlissel s'était précipité sur le défilé qui parcourait Jérusalem, armé d'un couteau. Shira Banki, 16 ans, grièvement touchée avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard, tandis que six autres personnes avaient été blessées.
Le geste de Shlissel avait causé un émoi d'autant plus grand en Israël que l'homme avait été libéré quelques semaines auparavant, après avoir purgé 10 ans de prison pour une agression similaire lors d'une précédente marche des fiertés à Jérusalem en 2005.
Il avait alors blessé trois personnes.
Il s'était abondamment répandu contre les homosexuels sur différents forums avant de passer à nouveau à l'acte l'année dernière.
Inculpé d'assassinat le 24 août, Yishaï Shlissel n'avait montré aucun remords devant le tribunal. Il avait même estimé que "la marche des fiertés devait être arrêtée pour permettre à l'âme de Shira Banki de s'élever vers le paradis".
"Quiconque participe à la Gay Pride de Jérusalem déclare la guerre à Dieu et celui qui défie Dieu ne peut demander à être plaint", avait-il martelé. La police israélienne avait été vivement critiquée pour son incapacité à l'empêcher de passer de nouveau à l'acte et des limogeages jusqu'aux plus hauts niveaux de l'institution avaient suivi cette attaque.

L'agression du 30 juillet avait été suivie le lendemain d'une attaque perpétrée par des extrémistes juifs contre la famille palestinienne Dawabshe. Plusieurs de ses membres, dont un bébé avaient été brûlés vifs dans le village de Douma, en Cisjordanie occupée. Ces deux événements violents avaient entraîné des mobilisations de protestation  et remis sur le devant de la scène la question de la violence de l'extrême-droite.

Le verdict survient alors que Netanyahou a mis en place un gouvernement marqué à l'extrême-droite  

Memorial 98

L'agresseur de la Gay Pride de Jérusalem qui a poignardé plusieurs participants ce 30 juillet, Yishaï Schliessel, est un ultra-orthodoxe récidiviste. Il venait de sortir de prison suite à une attaque du même type en 2005.
Il avait d'ailleurs annoncé publiquement son intention de récidiver. La police, avertie de sa libération et de ses intentions violentes, n'a pas pris de mesures particulières et porte donc une lourde responsabilité dans cette attaque.
Cette tentative de meurtre se place dans un contexte de violence plus globale mise en œuvre par divers groupes d'extrême-droite israéliens. Ceux-ci s'attaquent avant tout aux Arabes, qu'ils soient citoyens israéliens ou Palestiniens. Mais ils agressent aussi les militants de gauche, les défenseurs des minorités et tous ceux qui mettent en œuvre la coexistence entre Juifs et Arabes. Ainsi l'organisation anti-arabe Lehava avait appelé à manifester contre la Gay Pride.
Son dirigeant Gopstein avait déclaré que les manifestants de son organisation protesteraient contre "la transformation de Jérusalem en Sodome". Après la tentative d’assassinat il a déclaré qu'il ne commettaient pas d' agressions "contre les Juifs" 

Lehava regroupe notamment des militants "kahanistes" d'après le nom de Meïr Kahana, le "rabbin" raciste qui voulait expulser tous les Arabes d'Israël et même des territoires occupés. Son nom est l'acronyme de l'" Organisation pour la Prévention de l' Assimilation en Terre Sainte" et signifie aussi la flamme. Elle s'attache particulièrement à saboter par la violence toute forme de contact entre Juifs et Arabe. Le prétexte habituel de ses activités est d'empêcher les unions mixtes judéo-arabes. Son chef  Gopstein était un activiste du mouvement de Kahana nommé "Kach", qui a été dissous en tant qu'organisation raciste en 1988. 

Un acte terroriste particulièrement grave a été commis récemment par des militants de Lehava à l'encontre de l'association Yad Beyad ("Main dans la main" en hébreu) qui met en œuvre des actions de fraternisation et de coexistence judéo-arabe (voir l'illustration en une de l'article). Elle gère plusieurs écoles bilingues et avait organisé durant la guerre de Gaza en 2014 de nombreuses actions contre la violence et l'occupation. Memorial 98 rend compte régulièrement des activités de cette association et soutient son combat. 
Un tribunal israélien a condamné mercredi 22 juillet à 2 ans et 2 ans et demi de  prison ferme deux frères appartenant à Lehava, reconnus coupables de l’incendie volontaire de l'école bilingue à Jérusalem. Celle-ci représente un des symboles de coexistence judéo-arabe dans la capitale israélienne. Plus de 600 élèves fréquentent cette école, répartis en nombre égal de Juifs et d'Arabes, de la maternelle jusqu'aux classes secondaires. Il y a quatre autres établissements scolaires du réseau "Main dans la main" en Israël.
Les 2 frères  ont été condamnés  pour l'attaque qui s'est déroulée dans la nuit du 29 novembre 2014 au cours de laquelle une classe a été incendiée; le slogan "mort aux Arabes" avait été tagué sur un des murs de la cour.
La police israélienne a identifié les deux frères, âgés respectivement de 21 et 19 ans, résidant dans une colonie  de Cisjordanie, comme étant membres du groupe d’extrême-droite anti-arabe Lehava.
Dans ses attendus, le tribunal a indiqué avoir condamné les frères Touitou sur la foi de leurs aveux. La charge d'"incendie criminel" a été aggravée par les motivations idéologiques des accusés comme en témoignent leurs activités  contre la coexistence entre Juifs et Arabes.
A l'énoncé de la sentence, les deux condamnés ont ri et scandé "Dieu est bon pour les Juifs".
Ces organisations d'extrême-droite se sentent particulièrement encouragées par la situation politique en Israël et la présence d'un gouvernement très à droite dans lequel les colons et les ultra-orthodoxes pèsent d'un poids important. Les larges réactions  de protestation suite à l'attaque meurtrière de ce jour permettront-elles de lutter contre les fascistes de Lehava et des autres terroristes d'extrême-droite?

Actualisation du vendredi 31 juillet: l'incendie criminel mis en œuvre par des colons extrémistes dans le village de Douma a tué cette nuit le petit Ali Saad Dawabshe, âgé de 18 mois. Dans ce cas aussi, le crime ne constitue pas une surprise car selon les services de sécurité israéliens eux-mêmes, plusieurs tentatives du même genre ont eu lieu dans les derniers mois, toutes commises au petit matin afin de faire le maximum de morts parmi les familles. Ce massacre fait partie de la stratégie de terreur des extrémistes juifs sous le sigle de "Tag Mehir/ le prix à payer" censée représenter une réponse aux actions palestiniennes. L'incapacité des puissants services secrets israéliens à agir face au terrorisme des colons et de l'extrême-droite soulève de nombreuses interrogations et doutes. Le président israélien a d'ailleurs condamné la "négligence et la faiblesse face à ces agissements". En effet l'indulgence dont ont bénéficié les différents terroristes d'extrême-droite, dont ceux de la "cellule clandestine juive" les a encouragé dans leurs actes criminels. Les manifestations des prochains jours en Israël et dans les territoires occupés ne manqueront pas de réclamer que ces terroristes soient punis et mis hors d'état de nuire.
MEMORIAL 98
 

lundi 27 juillet 2015

Attentat dans un cinéma en Louisiane; comme à Charleston, le tueur était néo-nazi.

John Russel Houser a ouvert le feu sur le public d'un cinéma en Louisiane le jeudi 23 juillet. Son acte était minutieusement préparé; c'est très méthodiquement qu'il a tiré dans le public, abattant deux femmes et blessant grièvement plusieurs autres personnes.

En France, dès les premières dépêches de presse, les médias précisent bien que les victimes sont "blanches". Ils écartent ainsi implicitement l'hypothèse du crime de haine et lient immédiatement cette tuerie, non pas avec celle de Charleston, commise par le néo-nazi Dylan Roof, mais avec celle survenue dans un cinéma d'Aurora le 19 juillet 2012, qui effectivement n'était pas de caractère politique. John Russel Hoover est présenté par la suite par nos médias comme un "marginal", un "sans-domicile fixe " et un "malade mental".

Sans doute Russel Houser était-il un peu tout cela. Mais c'était aussi un néo-nazi convaincu, antisémite, raciste et sexiste.

Le "marginal" était notamment un des invités d'un show local de télévision, auquel il a participé une soixantaine de fois. Il s'y revendiquait proche du Tea Party, l'extrême-droite du Parti Républicain. Mais en réalité, sa pensée politique profonde était celle du Ku Klux Klan et des groupes suprémacistes blancs. Dès 2005, John Houser faisait sur internet la promotion de David Duke, après avoir assisté à une de ses conférences. Quatre ans auparavant, pour "protester" contre la fermeture administrative d'un night-club qu'il exploite, l'homme avait accroché sur son établissement une immense bannière avec une croix gammée ( photo en une de l'article)

David Duke, inspirateur de Houser, initialement membre du Ku Klux Klan, est un propagandiste néo-nazi de renommée mondiale: négationniste, ses pamphlets sur le "complot juif " et l'"invasion nègre " constituent une référence pour les mouvements suprémacistes blancs de tous les pays. C'est aussi un ami des dictatures syriennes et iraniennes qui l'invitent à leurs conférences internationales antisémites et négationnistes. En 2006, il déclarait dans l'une d'entre elles " « L'Holocauste est le levier utilisé par l'impérialisme sioniste, l'agression sioniste, la terreur sioniste et les meurtres sionistes ». En France, le journal Rivarol lui ouvrait ses colonnes en 2007, afin qu'il y étale ses délires antisémites.

Le tueur John Russel Houser suivait sa ligne à la lettre: outre son admiration pour Adolf Hitler, il étalait à longueur de commentaires sur Internet, son admiration pour les néo-nazis grecs d'Aube Dorée, ainsi que ses "considérations" sur le Quotient Intellectuel (QI) lié à la "race".

Quant à la cible choisie pour sa tuerie, rien ne dit qu'elle ait été le fait du hasard. Le film diffusé ce soir là , "Trainweck" réalisé par une humoriste, Amy Schumer, est la cible de nombreux politiciens réactionnaires et de l'extrême-droite, et décrié par ces courants comme propageant un féminisme destructeur des "vraies valeurs morales ". Il a fait l'objet d'une campagne extrêmement virulente de ces réseaux.

Or Russel Houser était également un admirateur des prédicateurs chrétiens homophobes et sexistes des mouvances intégristes. Sa haine des femmes s'était aussi exprimée dans sa vie quotidienne, au point que son épouse avait obtenu une ordonnance d'éloignement; elle avait notamment mis en avant le fait qu'il possédait de nombreuses armes et les utiliserait un jour. 

Aux États Unis, les mouvements antinazis et les féministes ont immédiatement dénoncé la réalité d'une tuerie perpétrée, non pas par un "marginal sans cause", mais par un tueur néo-nazi fanatiquement antisémite et sexiste. Après des réactions immédiates accréditant la première version, des médias ont fini par évoquer le parcours politique du tueur et ont rapproché cette tuerie de celle perpétuée à Charleston.

Mais en France, une nouvelle fois, c'est la version du "meurtre de masse commis par un détraqué" qui l'a emporté. En évacuant totalement la dimension politique de la tuerie, c'est une nouvelle fois la réalité du terrorisme néo-nazi qui est occultée.

dimanche 26 juillet 2015

Bikini de Reims: manipulation raciste et campagne islamophobe.





Excitation malsaine: l'affaire dite du "bikini de Reims" a provoqué une flambée de réactions et de commentaires laissant entendre qu'il s'agissait une manifestation d’intolérance islamiste. 

Sans surprise, on note les propos des colporteurs de haine, dont le député Les Républicains Eric Ciotti qui déclare avoir « participé samedi matin au pèlerinage (catholique) de Notre-Dame du Très Haut au Col de la Bonette » et dénonce en même temps une « agression inacceptable par laquelle on veut nous imposer un mode de vie qui n’est pas le nôtre. », ou le vice-président du Front national, Florian Philippot, qui  affirme que la jeune femme a été « lynchée car vivant à la française ! » Il prolonge ainsi la campagne ultra-raciste et antisémite de Marion Maréchal-Le Pen.  Le site d'extrême-droite Boulevard Voltaire titre même: " Reims : un laboratoire de la charia ? " (sic!)

Or le parquet de Reims affirme après enquête que « ni la victime ni les auteures des coups n’ont fait état, lors des auditions, d’un mobile religieux ou d’un mobile moral qui aurait déclenché l’altercation... Les mises en cause sont renvoyées devant le tribunal correctionnel en septembre uniquement pour des violences en réunion ». 

Les violences sont évidemment injustifiables mais la flambée de propos mettant en cause une origine islamiste en dit long sur le poison raciste et islamophobe distillé par ceux et celles qui y trouvent intérêt. C'est d'ailleurs le cas du quotidien local de Reims "L'Union" qui a largement favorisé cette interprétation, avant de revenir en arrière. On notera aussi les propos particulièrement hypocrites du maire " Les Républicains " de la ville, Arnaud Robinet,  déclarant au Monde: "...  Il faut donc faire très attention aux amalgames. Néanmoins, je comprends que cette agression ait pu être interprétée comme telle (islamiste) par la population..." Il attribue donc à la "population" la propagande raciste que lui et son parti diffusent en permanence, notamment par l'appel récent de Sarkozy à "défendre les Églises", prétendument menacées par les musulmans. D'ailleurs les propagandistes du racisme poursuivent leur sale boulot en impliquant que la déclaration du parquet est un mensonge destiné à dissimuler le sens réel de l'agression.
On ne peut qu'être surpris et choqué une fois de plus par la déclaration de Gilles Clavreul, chef de la Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), qui tweete 2 messages, laissant entendre qu'il s'agit d'un acte raciste : 
« Agression scandaleuse qui appelle des sanctions exemplaires #Reims », puis, au cas où on n'aurait pas bien compris "Gilles CLAVREUL @GillesClavreul 2/2 Pour une fois silence remarquable des habituels défenseurs de la "liberté vestimentaire" #Reims18:46 - 25 Juil 2015 " Si on comprend bien son propos alambiqué il s'agit de mettre en cause ceux qui refusent de s'en prendre aux porteuses de foulards. Ce "Délégué Interministériel" qui nie l'existence de l'islamophobie n'est décidément pas à sa place et doit partir. Il représente en fait un obstacle à la lutte contre le racisme. SOS Racisme s'est ridiculisé en appelant à un rassemblement pour manifester" en maillot de bain" au parc Léo-Lagrange de Reims et en permettant une accélération brutale à la diffusion de l’histoire sur les réseaux sociaux, via un  hashtag (mot-clé).

Au total une triste histoire de manipulations et de provocations jetées à pleins tonneaux sur les flammes du racisme et de l'islamophobie. Il y en aura d’autres dans la période à venir, au grand bénéfice du Front National. Pour nôtre part, en tant qu'association antiraciste Memorial 98,  nous appelons à poursuivre dans la voie d'un anti-racisme réellement universaliste, qui rejette toutes les discriminations, qui n'hésite pas à nommer et à combattre tous les racismes réellement existants, l'antisémitisme, l'islamophobie, l'homophobie, la discrimination envers les Roms et toute autre manifestation de la barbarie raciste. 

MEMORIAL 98 
 
Actualisation du 9 Septembre 2016:


Le scénario est devenu classique depuis le "bikini de Reims"  : des altercations présentées dans la presse comme liées à un "motif religieux" et impliquant d'une manière ou d'une autre  des personnes catégorisées comme musulmanes suscitent des vagues de réactions politiques et militantes et des dénonciations très orientées, jusqu’à ce que les faits viennent démentir toute l’affaire.

C’est le cas à nouveau dans « l’affaire des shorts » de Toulon.
L’agression d’un groupe de femmes au prétexte qu’elles portaient ce vêtement, le 4 septembre, à Toulon, s’avère dépourvue de connotation religieuse, selon Nice Matin.

Dans ce quotidien régional, l’une des mères de famille agressées le confirme : « Nous n’étions pas en short. Nous étions en tenue de sport. Un premier jeune nous a mal parlé et puis les choses ont rapidement dégénéré alors que nous étions en famille et avec nos enfants. » L’agression reste évidemment intolérable, mais  le motif religieux en est absent.

Pourtant, il n’avait  fallu attendre que quelques heures après la révélation des faits pour voir des réactions, comme cette tribune de la militante islamophobe Céline Pina dans Le Figaro, dénonçant une « police de la vertu islamiste ». Ce qui n’était en fait pas le cas.
Comme elle, divers propagandistes ont lancé une vaste campagne qui amalgamait cet événement regrettable avec le port du burkini, rejoignant ainsi la manipulation mise en place par Sarkozy et ses sbires, avec le soutien et l'appui de Manuel Valls.


Memorial 98


Actualisation 24 avril 2016: 

Une nouvelle affaire du même type à Gennevilliers (92) mais le "bikini" est remplacé par une "jupe" . Des dizaines d'articles et un "buzz" monstrueux suite à une altercation. Le prétexte en aurait été le port d'une jupe par l'agressée. Et on a donc droit à un véritable déluge de commentaires et même une déclaration officielle de la mairie,  amalgamant le voile (bien que la vidéo de la bagarre montre une femme voilée s'interposant) , la jupe, la terreur islamiste...
Or toute cette construction semble imaginaire. La personne mise en cause pour agression nie absolument, face aux caméras, toute connotation en rapport avec le port d'une jupe ou tout autre vêtement. La justice aura à trancher mais on assiste une fois de plus à une véritable bulle de stigmatisation et d'amalgame.

Memorial 98

  

jeudi 23 juillet 2015

Dix ans après: Anders Breivik symbolise et inspire le terrorisme d'extrême-droite






                                               Les 77 victimes de Breivik


22 juillet 2021: un dixième anniversaire sous le signe du trauma

Dix ans après les attaques perpétrées par Anders Behring Breivik, le 22 juillet 2011 en Norvège, les survivants et les proches des victimes ne pourront pas se recueillir devant le mémorial national en hommage aux 77 personnes tuées. Sur le quai, en face de l'ile d'Utoya, à une quarantaine de kilomètres d’Oslo, le monument n’est toujours pas achevé. En 2017, un premier projet avait dû être abandonné, sous la pression des riverains. 

Seize d’entre eux ont depuis traîné l’Etat et la Ligue des jeunes travaillistes (AUF) en justice, pour tenter de bloquer – en vain – les 77 colonnes de bronze, en cours de construction, sur les berges du fjord d’Oslo.

Pour Astrid Hoem, présidente d’AUF depuis décembre 2020, l’absence de mémorial officiel, dix ans après la tuerie la plus meurtrière commise en Norvège depuis la seconde guerre mondiale, est « une honte ». Comme de nombreux jeunes travaillistes, elle y voit un symbole : celui de l’incapacité de son pays et de ses habitants « à se mettre d’accord sur ce qui s’est vraiment passé » le 22 juillet 2011 et à reconnaître « le caractère idéologique des attentats ».

L’été 2011, Astrid Hoem avait 16 ans. Pour rien au monde elle n’aurait manqué les universités d’été d’AUF, organisées à Utoya depuis 1950. Le 22 juillet, ils étaient 564 sur l’île de 12 hectares. La plupart avaient moins de 20 ans. Leurs téléphones ont sonné, en milieu d’après-midi : une bombe venait d’exploser devant le siège du gouvernement à Oslo, faisant huit morts et des dizaines de blessés. Les leaders d’AUF ont tenté de rassurer les plus jeunes : à Utoya, ils se trouvaient « dans l’endroit le plus sûr au monde ».

Deux heures plus tard, les premiers coups de feu claquaient sous la pluie. Le massacre a duré un peu plus d’une heure. Astrid s’est cachée dans une faille, au bord de la falaise. Déguisé en policier, Anders Behring Breivik, 32 ans, a tué 69 personnes et blessé une centaine d’autres.

« Le pire a failli se reproduire »

Pendant des années, les survivants ont peu parlé, livrant une version édulcorée des événements. « Je ne voulais pas être Astrid d’Utoya », confie la leader d’AUF. « C’était tellement douloureux que je n’avais pas envie d’accabler les gens autour de moi », ajoute Tonje Brenna, secrétaire générale de l’organisation à l’époque. En mai, la jeune femme, âgée de 33 ans, a finalement décidé de tout raconter dans un livre, sans omettre le moindre détail, parce qu’« il est indispensable que les gens comprennent ce qu’est la terreur », explique-t-elle.

Ces derniers mois, de nombreux survivants se sont mis à témoigner. Tous avec le même objectif. « Il faut qu’on arrête de parler du 22 juillet comme d’une catastrophe naturelle terrible, ou de quelque chose de tellement horrible qu’on ne pourrait pas le nommer et qu’on admette que c’était un acte politique, commis par un homme », résume Elin L’Estrange, elle aussi rescapée d’Utoya.


Les jeunes travaillistes espèrent un sursaut de la société norvégienne face à la montée de la menace d’extrême droite, sur laquelle alertent régulièrement les services de renseignement. « Après le 22 juillet, nous pensions qu’il y aurait un reflux des idées portées par Breivik, mais c’est le contraire qui s’est passé », se désole Eskil Pedersen. Chef de file d’AUF il y a dix ans, il était une des principales cibles du terroriste. Il n’a eu la vie sauve qu’en s’échappant à bord du ferry qui avait conduit le tueur sur l’île.   
Comme de nombreux rescapés, Eskil Pedersen est amer : « Au moment des attaques, nous avons dit : “Plus jamais ça. Et, pourtant, le 10 août 2019, le pire a failli se reproduire. » Ce jour-là, Philip Manshaus, 21 ans, admirateur de Breivik, a assassiné sa demi-sœur avant de se rendre à la mosquée de Baerum, près d’Oslo, où il comptait « tuer le plus de musulmans possible ». Ce n’est que parce que des fidèles ont réussi à le neutraliser que le massacre a pu être empêché.

« Culture du consensus »

Dès le 22 juillet, les jeunes travaillistes ont espéré une réaction. Mais quand Eskil Pedersen a tenté de lancer un débat sur la rhétorique utilisée au Parlement pour parler des immigrés, il a été accusé de vouloir limiter la liberté d’expression. « Pendant ce temps-là, Fjordman [un blogueur, mentor de Breivik] a reçu une bourse de l’association Fritt ord [“Le mot libre”] pour écrire un livre », s’insurge Elin L’Estrange. Les jeunes travaillistes critiquent les subventions versées par l’Etat à la fondation islamophobe et conspirationniste Human Rights Service ou l’invitation du chef de file de l’organisation Stop Islamisation of Norway sur la chaîne publique NRK.


Ils ont aussi été profondément choqués par le message, publié en mars 2018 sur Facebook, par la ministre de la justice,  Sylvi Listhaug – aujourd’hui dirigeante du Parti du progrès (FrP), une formation d’extrême droite dont Breivik a été membre une dizaine d’années. Elle y affirmait que le Parti travailliste « pense que les droits des terroristes sont plus importants que la sécurité de la nation » : un message rappelant les théories conspirationnistes du tueur. Mme Listhaug a fini par démissionner.

Mais, à cette occasion, le Parti travailliste et AUF ont de nouveau été accusés de « jouer la carte du 22 juillet », ce qui leur est fréquemment reproché, par la droite notamment. Un sondage, réalisé au printemps par le Centre de recherche sur l’extrémisme à l’université d’Oslo, montre que 30 % des personnes interrogées pensent ainsi qu’AUF et les travaillistes ont exploité la tragédie à des fins politiques. « C’est pourtant le contraire qui s’est produit », affirme le chercheur Anders Jupskas Ravik, qui rappelle les efforts du Parti travailliste, au pouvoir, pour éviter les divisions.

« Trois quarts des Norvégiens ont participé à un hommage. Les jeunes venaient de toutes les régions et beaucoup de gens connaissaient quelqu’un à Utoya », Tore Witso Rafoss, sociologue

Dans son premier discours, le soir du 22 juillet 2011, et tous ceux qui ont suivi ensuite, le premier ministre d’alors, Jens Stoltenberg, a pris soin de dénoncer « une attaque contre la démocratie et la Norvège ». Aujourd’hui encore, c’est cette version qui domine. « Il y a un véritable paradoxe », reconnaît le sociologue Tore Witso Rafoss. Car les attentats ont bien affecté tout le pays : « Trois quarts des Norvégiens ont participé à un hommage. Les jeunes venaient de toutes les régions et beaucoup de gens connaissaient quelqu’un à Utoya. » Mais « Breivik a visé un parti en particulier », rappelle le sociologue.

Or, même les travaillistes ont mis très longtemps à le reconnaître. L’historien Hallvard Notaker y voit un effet de la « culture du consensus » en Norvège : après les attaques, il fallait avant tout préserver l’unité du pays. La double identité du Parti travailliste a brouillé sa position, estime l’historien : « D’un côté, il est l’expression politique du mouvement des travailleurs. De l’autre, c’est le parti qui a dirigé la Norvège pendant des décennies et qui est vu comme le garant de notre modèle social. » Après le 22 juillet, c’est ce deuxième aspect qui a primé.

Des survivants menacés

Aurait-il fallu réagir différemment ? Ministre des affaires étrangères à l’époque, Jonas Gahr Store, chef de file travailliste depuis 2014, rappelle que « la Norvège venait de connaître le plus gros choc depuis l’invasion du pays par l’Allemagne nazie, le 9 avril 1940 ». Dans ce contexte, il estime que l’appel à l’unité était « la meilleure réponse ». Mais, aujourd’hui, affirme-t-il, « nous ne pouvons pas continuer à dire que c’était seulement une attaque contre la démocratie, comme le fait la première ministre, Erna Solberg [conservatrice], depuis 2013, car ce n’est pas toute la vérité. C’était aussi une attaque contre le Parti travailliste et AUF ».


Et cette haine n’a pas disparu, au contraire : selon une étude du Centre national sur la violence et le stress post-traumatique, un tiers des survivants reçoivent plus ou moins régulièrement des menaces : « En général, ce sont des messages sur les réseaux sociaux où les auteurs disent qu’ils vont finir le boulot que Breivik a commencé, explique Tonje Brenna. C’est pire pendant les campagnes électorales, ou quand je participe à un débat sur un sujet comme l’immigration. Je réfléchis longuement à ce que je vais dire. »

Dix ans après les attaques, AUF réclame la mise en place d’une commission sur l’extrémisme. « Il est temps de reconnaître que quelque chose ne fonctionne pas dans notre société et que nous ne parvenons pas à prévenir la radicalisation de certains jeunes hommes blancs », explique Astrid Hoem. L’initiative est soutenue par le Parti travailliste. Le 5 juillet, le chef de file des jeunes conservateurs, Sondre Hansmark, a estimé nécessaire de présenter ses excuses aux jeunes travaillistes, « laissés seuls dans un combat que nous aurions dû tous mener avec eux ».

MEMORIAL 98

 

24 juillet 2019: Anders Breivik continue à inspirer les terroristes d'extrême-droite, comme l'auteur des attentats de Christchurch.

                                        Tarrent ( à g.) inspiré par Breivik

En ce huitième anniversaire des massacres de Brievik, on constate qu'il demeure une source  d'imitation et d'inspiration pour les tueurs fascistes de par le monde. Ainsi Brenton Tarrent, auteur des massacres qui ont tué 49 personnes dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande ( voir ici), se réclame explicitement de lui. Il a publié un "manifeste" qui reprend les thèmes de Breivik et déclare même l'avoir rencontré afin de recevoir son assentiment.
Tarrent s'ajoute ainsi à la longue liste des terroristes qui se déclarent inspirés par les actes et l'idéologie de Breivik, y compris en France, comme le craignaient d'ailleurs les antiracistes  et défenseurs des droits de l'homme en Norvège (voir ci-dessous ainsi que lesmises à jour à la fin de l'article )

A la veille de ce huitième anniversaire, le mémorial aux victimes d'Utoya a été profané par l'inscription d'une croix gammée. Deux hommes ont été arrêtés.
Nos pensées pour les 77 victimes de Breivik.   
Memorial 98


MEMORIAL 98

Le 22 juillet 2011, une bombe placée dans une voiture piégée explosait dans le quartier des ministères à Oslo. L'attentat visait une ex-Première ministre, personnalité du Parti travailliste et tuait huit personnes. Une heure et demie plus tard le terroriste d'extrême-droite qui avait commis l'attentat, Anders Breivik,  se rendait sur l'île d'Utoya, à proximité d'Oslo, déguisé en policier. Ce jour-là, avait lieu un rassemblement des membres de la Ligue des jeunes travaillistes (gauche), auxquels l'ancienne ministre déjà visée avait rendu visite un peu plus tôt. 
Breivik pourchasse et massacre méthodiquement les jeunes; il parvient à tuer 69 personnes, soit au total 77 morts dans la journée. «J'ai fini maintenant», a-t-il déclaré aux policiers au moment de son arrestation.

Le procès du militant d'extrême-droite a eu lieu moins d'un an après, en avril 2012, et a duré trois mois. Au début du procès Anders Breivik a fait son entrée le poing levé, provoquant l'assistance. Plus tard, il verse quelques larmes d'émotion devant la projection d'un film "anti-islam" qu'il a réalisé. Le deuxième jour du procès, Breivik veut s'expliquer et lit pendant plus d'une heure un document qu'il a lui-même rédigé, dans lequel il explique vouloir «protéger les Norvégiens de souche» contre «l'invasion musulmane». Il ne montre aucun remords et déclare: «Je le referais.».

Breivik a en effet commis un massacre terroriste précisément orienté

Il a abattu individuellement les jeunes participants au rassemblement de jeunes de la gauche travailliste.   
Il a d'ailleurs déclaré lui-même qu'il avait voulu s'en prendre au Parti travailliste, alors au pouvoir en Norvège, parce que selon lui, ce parti de gauche avait  trahi le pays. Breivik a voulu «  porter un coup d'arrêt au recrutement de nouveaux membres au sein de ce parti », qui selon lui, « favorise la venue massive de musulmans en Norvège ». Islamophobie et lutte contre le "multiculturalisme" constituent les motivations de celui qui avait largement participé aux activités du parti norvégien de la droite radicale, le  "Parti du Progrès" (sic!), ouvertement xénophobe et anti-immigrés dans un pays qui ne se confronte pas à une crise sociale

Le 24 août 2012, le verdict est prononcé: Anders  Breivik est condamné à 21 ans de prison pour «homicides volontaires» et «actes de terrorisme», la peine maximale en Norvège. La justice pourra néanmoins la prolonger s'il reste considéré comme dangereux.
 
Breivik symbolise un terrorisme d'extrême-droite particulièrement actif dans toute l'Europe et aux USA ( Charleston). On notera d’ailleurs la mise en garde de l' avocat qui avait  accepté de défendre Breivik, Geir Lippestad. En tant qu’avocat et que membre du parti social-démocrate, il avait jugé nécessaire de défendre le droit de l'extrémiste à s'exprimer durant son procès, estimant que le débat ouvert reste l'arme la plus efficace contre son discours.
Lippestad s'est ensuite inquiété, dans un livre tiré de son expérience, de voir le tueur d'Oslo devenir un "personnage culte".  Il écrit : "…Quand on voit des images de Russie, des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne, de Grèce, de Suède et d'autres pays où il a des supporters, Breivik est indubitablement en train de devenir un modèle qui peut influencer d'autres personnes à avoir des pensées, des idées et des projets qui à terme peuvent muer des jeunes gens en terroristes et non pas en citoyens respectueux de la loi".

Cette préoccupation à rebondi à l'occasion du 4e anniversaire de la tuerie. Une exposition a ouvert le jour de la date anniversaire de l'événement dans le complexe gouvernemental d'Oslo. Elle présentera au public les souvenirs de cette journée, notamment le faux uniforme de policier que portait l'ultranationaliste le jour de la tuerie, mais aussi sa fausse carte d'identité, des débris de la voiture piégée. Cette exposition  a été organisée par le gouvernement norvégien lui-même et fait polémique. 
Les organisateurs ont expliqué vouloir montrer les preuves accablant Breivik, telles qu'elles ont été présentées au procès. Certaines familles de victimes décrient cette exposition. Un des avocats des parties civiles au procès, John Christian Elden, s'est indigné sur Twitter: «Un musée Breivik dans le complexe gouvernemental ? Non merci. Envoyez ces objets au musée criminel de Trondheim à la place.» Un militant des Verts norvégiens a, lui, parlé du risque que «ce "centre d'information" devienne un lieu de pèlerinage pour l'extrême droite». 

Le danger est en effet réel dans un contexte marqué par l'offensive xénophobe et le développement de noyaux terroristes fascistes particulièrement violents. 

Memorial 98 
Mise à jour du 27 juillet 2018 

En ce septième anniversaire de la tuerie de Breivik, nous saluons la mémoire des victimes de ce terroriste qui continue à inspirer des crimes de haine à travers le monde, comme aux USA à Charlottesville et encore en France récemment avec le groupe de l'AFO qui prévoyait d'empoisonner les rayons hallal de supermarchés. 



Mise à jour du 22 juillet 2017

En ce sixième anniversaire des massacres d'Oslo et d'Utoya, nous rendons hommage aux 77 victimes de Anders Breivik. 

Cette date donne lieu depuis plusieurs années à des actes de terroristes d'extrême-droite (voir ci-dessous), fort peu surveillés et punis.

Memorial 98

Actualisation du 3 juillet 2017.


Un an après l'attentat de Munich (voir ci-dessous) l’anniversaire de la tuerie de Breivik inspire à nouveau des terroristes d'extrême-droite, cette fois-ci en France. 

Deux suspects de projets d'actes terroristes arrêtés ces jours-ci font explicitement référence à la tuerie de Norvège. L'un voulait tuer des " musulmans, juifs, noirs, homosexuels" ainsi que le président Emmanuel Macron. L'autre voulait mener des "actions" contre les "blacks" et "racailles"  

Ce dernier a notamment été repéré car il était l’administrateur d’une page Facebook « des amis de Breivik ». On pouvait notamment y lire : « rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles, djihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous ! »

Interrogé par les enquêteurs, il n’a pas caché ses affinités avec les idées néonazies. Il a admis avoir été membre de plusieurs associations ou groupuscules appartenant à la mouvance d’ultradroite, dont le Mouvement populaire pour une nouvelle aurore (MPNA), inspiré du parti néo-nazi grec "Aube dorée".


Ce groupe "MPNA" est impliqué dans la profanation de la stèle du résistant de l' "Affiche Rouge"  Missak Manouchian à Marseille depuis 2014. Les méfaits de ses membres sont donc connus et  on peut s' étonner qu'ils aient pu bénéficier d'une telle latitude d'action.



Il se vérifie donc que Breivik sert de modèle à une mouvance terroriste néo-nazie, dont les actions sont trop peu surveillées par la police, la justice et les médias.

MEMORIAL 98
  



 Actualisation 23 juillet 2016

Selon la police allemande "le lien est évident" entre l'auteur de la tuerie de Munich du 22 juillet et le tueur norvégien Anders Breivik;  l’auteur du massacre utilisait la photo de Breivik comme identifiant de sa messagerie WhatsApp. On notera aussi qu'il a réalisé ses attaques le jour du 5e anniversaire du massacre d'Oslo.

Memorial 98

Actualisation  22 juillet 2016

En ce cinquième anniversaire des massacres d'Oslo et d'Utoya, nous rendons hommage aux 77 victimes de Anders Breivik. Ses crimes ont été suivis par d'autres de la même veine en Europe et très récemment en Italie.



Actualisation 20 avril 2016:

La justice norvégienne reconnait le droit du meurtrier nazi à ne pas subir une peine d’isolement stricte. Elle applique les principes des droits de l'Homme même à celui qui les rejette totalement; cela constitue une bonne attitude à même de contribuer à réduire l'influence de celui qui se présentait comme un "martyr". 

Elle a donné raison mercredi 20 avril à  Breivik, qui a tué 77 personnes en 2011, dans le procès qu’il a intenté à l’Etat pour des conditions de détention qu’il juge « inhumaines ».
« La Cour (...) est arrivée à la conclusion que le régime carcéral implique un traitement inhumain de Breivik », a estimé le tribunal d’Oslo, faisant valoir que l’extrémiste de 37 ans, qui se présente comme ouvertement néo-nazi, était maintenu à l’isolement depuis près de cinq ans.
La juge a en revanche débouté Breivik d’une demande qui concernait le contrôle de sa correspondance. La censure de ses échanges postaux est justifiée aux yeux des services du procureur par la nécessité de l’empêcher de former un « réseau extrémiste ».

Ce jugement applique le principe énoncé en 2011 par Jens Stoltenberg, alors 1er Ministre Norvégien, après l'attentat d'Oslo et le massacre d'Utoya:
«J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur.»
«Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»



Actualisation 15 mars 2016:
Breivik attaque l’État en justice, au nom des droits de l'Homme et fait le salut nazi en arrivant au tribunal.
La justice norvégienne va examiner pendant quatre jours si les conditions de détention du terroriste, qui a été condamné en 2012 à 21 ans de prison suivis d’une détention de sûreté, sont en violation de la Convention européenne des droits de l’Homme.
Le tueur de masse fasciste invoque les droits de l’Homme. C’est en fait la question de l’isolement qui va être au centre des débats cette semaine.  
Breivik jugé sain d’esprit en 2012, devra néanmoins faire face à ses propres contradictions. Il a lui-même refusé ces dernières années des visites ou des mesures de sociabilisation. Il s’est aussi condamné à l’isolement en écrivant noir sur blanc, avant de commettre ses attentats, que la prison était l’endroit idéal pour recruter des combattants.
Breivik cherche aussi et surtout à refaire parler de lui, au grand dam de ses très nombreuses victimes. Dag André Anderssen a survécu au massacre d’Utøya et  il est vice-président de l’association de soutien aux victimes : "Même s’il a essayé de m’enlever la vie, ce procès ne m’intéresse absolument pas. Vu sa personnalité, on pouvait s’attendre à ce qu’il utilise la moindre opportunité pour attirer l’attention sur sa personne.
Nous à l’association, on souhaite surtout que ce procès ne se transforme pas en tribune médiatique pour lui. Cette semaine peut être pesante pour les victimes, beaucoup ressentent comme une obligation de suivre cette affaire au moins un petit peu, cela risque fort de raviver les plaies qu’on tente d’oublier depuis 5 ans…"

MEMORIAL 98



mercredi 22 juillet 2015

Quand les nazis déportaient les Juifs de Varsovie.

                               
Cette photo célèbre provient du rapport adressé par le général SS Stroop à Himmler  après l'écrasement de la révolte du ghetto
Elle porte à son dos la mention " forcés hors de leurs caves" 


A Varsovie, le 22 juillet marque chaque année la commémoration du début de la  grande déportation des Juifs du ghetto en juillet 1942. 
Une marche part du monument de l'"Umschlagplatz" lieu d'où partaient les convois de déportés, parcourt l'ancien espace du ghetto dont il ne subsiste strictement rien et termine devant le centre culturel et de mémoire dédié à Emmanuel Ringelblum, héroïque historien du ghetto et animateur du réseau "Oneg Shabbat". 

C'est le 12 octobre 1940, qui correspondait cette année-là à la fête juive de Yom Kippour, que les nazis annoncèrent à la population juive qu'elle devait déménager dans ce "quartier juif" exigu qui sera ceint de barbelés.    



Alors que le gouvernement polonais actuel multiplie les déclarations et actes à caractère antisémite, en s'attaquant notamment à l'histoire de la Shoah, cette date revêt une signification particulière. 




Cette "Aktion", comme l’appelaient les nazis, débute le 22 juillet 1942, six jours après la rafle du Vel d'Hiv' à Paris

Elle s’inscrit dans le cadre de la plus vaste "Aktion Reinhardt", organisée par les nazis en Pologne occupée; celle-ci inclut la construction des camps d'extermination de Belzec (mars 1942), Sobibor (mai 1942) et Treblinka (juillet 1942). 

Ce dernier camp joue un rôle particulier dans l'extermination des Juifs de Varsovie.  280 000 Juifs déportés de la capitale polonaise y seront assassinés. 

L'Aktion de Varsovie prend fin temporairement le 21 septembre suivant, à nouveau durant le jour de la plus importante fête juive, Yom Kippour. Elle avait débuté le jour de Tish'a Beav, qui commémore par le deuil et le jeûne la destruction du Temple juif de Jérusalme par l'armée romaine

Les nazis, dans leur rage antisémite, utilisaient souvent les dates des fêtes religieuses juives afin de procéder à des persécutions particulières ou de marquer leur "connaissance" du judaïsme.

Après cette grande déportation, le ghetto de Varsovie est réduit à  un camp de travail où 36 000 Juifs survivent officiellement et où 20 à 25 000 clandestins se terrent. Son sursis tenait d’une part à la pénurie de main-d’œuvre gratuite dont l'administration nazie voulait disposer et d'autre part à la nécessité d’une pause afin de recenser et d’expédier vers le Reich les biens volés dans le ghetto. 

Quelques jours après le début de la déportation de juillet, la résistance juive s’unifie dans un « Bloc antifasciste » et se dote d’une branche armée, l’Organisation juive de combat (OJC), fondée le 28 juillet 1942. Cette démarche débouchera plusieurs mois plus tard sur la révolte du ghetto de Varsovie.

Les premières opérations de l'OJC sont dirigées contre les responsables de la "police juive" et autres collaborateurs.

En janvier 1943, une seconde Aktion visant à liquider le reste du Ghetto est interrompue par les nazis eux-mêmes, face à la résistance et au fait que la population se cache dans un réseau souterrain creusé durant des mois. Himmler ordonne alors la destruction du ghetto et de ses habitants. 

Le 19 avril 1943, les unités SS chargées de sa mise en œuvre sont repoussées par des centaines de combattants ne disposant que de quelques revolvers et grenades.
C'est le début du soulèvement du Ghetto

Le commandant allemand est relevé de ses fonctions, le général SS Jürgen Stroop lui succède. Plus de 2000 SS, soutenus par de l‘artillerie et des blindés incendient maison après maison. Les Juifs sont asphyxiés, carbonisés, enterrés vivants dans les abris où ils sont retranchés. Le 16 mai 1943, Stroop fait dynamiter la grande synagogue. Il câble à Himmler : « Il n’existe plus de quartier juif à Varsovie. ». 

Le principal dirigeant de l’insurrection et de l’Organisation Juive de Combat (OJC), Mordehaï Anilewicz, se suicide le 8 mai, suivi quelques jours plus tard par Szmuel Zygielbojm, représentant du mouvement ouvrier juif Bund dans le gouvernement polonais en exil à Londres .

Nos pensées vont vers les victimes de cette extermination et vers ceux qui au cœur des ténèbres, entamèrent la préparation de leur actes héroïques qui apparurent au grand jour dans les mois qui suivirent. 

 

dimanche 12 juillet 2015

Marion Maréchal: la fasciste new-look étend son offensive.

                  
                           Marion Maréchal reçoit Zemmour



 

27 juin 2019
Marion Maréchal poursuit son offensive et trouve de nouveaux relais au sein de LR. Elle est également invitée à prendre la parole lors de la prochaine Université d'été du Medef, ce qui constitue une première de la part du patronat. 
Cette invitation sera ensuite annulée, face au scandale (voir ci-dessous)
Mise à jour du 5 juillet 2019

L'invitation de Marion Maréchal à l'université du Medef a provoqué un tel scandale que ses initiateurs ont été contraints de faire marche arrière et d'annuler la table ronde à laquelle elle devait participer. 
En lieu et place, MM participera à l'université d'été d'un groupe de l'extrême-droite identitaire et catholique intégriste nommé Academia Cristiana. 
Elle renoue ainsi avec la mouvance de l'Action Française et des catholiques extrémistes dont elle a toujours été proche ( voir ci-dessous) 
Elle pourra y assister à des messes intégristes en latin et répéter comme en mai 2016 devant les militants royalistes que les "valeurs républicaines (la) soulent"  :  Précision: Elle a finalement annulé sa participation à cette université d'été. 

Comme nous l'avons indiqué ci-dessous, la prétendue retraitée de la politique travaille avec obstination à la constitution d'un bloc de la droite radicale et de l'extrême-droite, sur la ligne de cette dernière. 

Après l'ex-ministre de Sarkozy, Thierry Mariani, passé au RN, d'autres députés et sénateurs LR tâtent le terrain. Ils ont trouvé le prétexte d'un "diner" avec Mme Maréchal afin, reconnaissent-ils, d'envisager des "actions communes" notamment contre le droit la PMA pour toutes les femmes, qui constitue un des marqueurs de celle qui est proche de toute la mouvance extrême sur ce thème. 
Après l'échec de LR aux européennes et le retrait de Wauquiez, cette droite en perdition est attirée par le pôle d'extrême-droite.
Contrairement à son image médiatique, Marion Maréchal n'est ni "modérée" ni "naïve" 
                         Marion Maréchal s'adresse au congrès des conservateurs US

Elle bénéficie du soutien de Poutine, qu'elle est allée soutenir en Crimée occupée, il y a quelques semaines seulement. Elle a été reçue en grande pompe à Washington, contrairement à Marine Le Pen. Elle dispose de liens importants dans le parti du fasciste Salvini.
Elle est l'héritière des idées de son grand-père, Jean-Marie Le Pen, qu'elle n'a jamais renié, mais également du théoricien d'extrême-droite et antisémite enragé Charles Maurras. A ce titre elle récuse les valeurs républicaines qui la "soulent" ( voir ci-dessous)
Malgré ce profil, les élus LR qui ont tenu une réunion avec elle ne seront pas sanctionnés par leur parti, sous le prétexte qu'ils n'ont pas encore concrétisé leur alliance. Cela montre à nouveau le degré de décomposition de LR. Un éventuel retour de Sarkozy n'y changerait rien, tant ce dernier a sans cesse légitimé les idées de l'extrême-droite.
Le combat contre l'extrême-droite sous ses différentes formes et tactiques, est plus que jamais au cœur du combat antifasciste.

Memorial 98 
  
Mise à jour du 2 juin 2019
Marion Maréchal revient sur le devant de la scène,  sans jamais être partie. Vedette d'une émission de LCI elle présente à nouveau son projet. Elle veut obtenir une fusion de la droite la plus réactionnaire et de l'extrême-droite sous sa direction. La crise de LR qui se traduit par la démission de Wauquiez renforce son offensive.
C'est la ligne de Zemmour qui est d'ailleurs intervenu très récemment dans l'"école" de Marion Maréchal, nommée ISSEP. Lors de cette conférence du 14 novembre dernier, la disciple de Maurras et le propagandiste de Pétain ont manifesté une grande connivence, comme en témoignent ceux qui y ont assisté.
 Il y a quelques semaines Marion Maréchal s'est déplacée en Crimée annexée par Poutine afin de soutenir cette occupation et  afin de recevoir en retour le soutien du chef russe. Celui-ci est le grand ordonnateur de l'extrême-droite en Europe, comme en témoigne encore le scandale qui vient d'éclater en Autriche.  

Quelle que soit la dirigeante du RN et les variantes tactiques portant sur le degré de démagogie sociale à utiliser, les traits fondamentaux du programme du FN demeurent et sont également à combattre : racisme, antisémitisme, nationalisme, xénophobie
Memorial 98

Mise à jour du 6 décembre 2018 

Marion Maréchal fait adopter par son école le parrainage d'un général antisémite, qui en 1938 a traité les Juifs de "cancer". 
La première promotion de son institut de cadres d'extrême-droite nommé ISSEP a choisit le nom du général Lousteau-Lacanau, quelques semaines après que l'armée de terre ait récusé ce même militaire.
 Le nom de celui-ci avait été sélectionné par une promotion de Saint-Cyr, mais devant les révélations sur son passé et le scandale qui s'ensuivit, le commandement fut contraint d'annuler le choix. C'est pour répondre à cet épisode que la prétendue retraitée de la politique a repêché le général antisémite qui fut aussi le porte-plume de Pétain. 
Marion Maréchal confirme ainsi la continuité idéologique qui la relie au dirigeant royaliste et théoricien antisémite Charles Maurras ( voir ci-dessous) .


Mise à jour du 22 juin 2018:

 





Lors d'un meeting des fascistes italiens de la Lega de Salvini début juillet 2018, une bannière en l'honneur de Marion Le Pen.

Le "silence médiatique" prétendu de Marion Maréchal est un leurre. 
En témoigne son intervention en Italie lors d'un colloque intitulé "Invasion barbare, souveraineté et pouvoir" (sic!) 

Est-il utile de parler de Marion Maréchal? Certains semblent penser que toute description de son activité ou de ses idées contribue à bâtir une popularité artificielle. 
C'est une erreur, car son rôle est croissant dans le contexte de la marée brune qui envahit l'Europe et les USA. Son impact est grandissante dans le parti LR et se nourrit de la radicalisation extrémiste imprimée par Wauquiez. Elle apparaît comme le symbole d'une alliance à venir entre toutes les droites, y compris les plus extrêmes, comme c'est c'est déjà le cas en Italie et en Autriche.
Avec l'ouverture de son institut de formation à Lyon  elle renforce sa posture de porteuse de cette convergence autour de "valeurs" racistes,  ultra-réactionnaires, dans la lignée du mentor royaliste et antisémite du 20e siècle, Charles Maurras .  
Notre dossier ci-dessous, débuté en 2015 et régulièrement mis à jour,  permet de suivre l'évolution de celle qui représente un danger grandissant

MEMORIAL 98


Mise à jour du 31 mai 2018:

Elle est de retour sans jamais être partie. Marion Maréchal, selon son nouveau patronyme-gadget, a multiplié les initiatives durant ces derniers mois, notamment en allant prendre la parole lors d'un congrès conservateur aux USA. Elle y a défendu la devise nationaliste de Trump, "America First" . Or ce slogan est issu des courants pro-nazis des années 1930 qui combattaient ainsi tout engagement contre Hitler. 
Elle est entourée d'un appareil médiatique et financier important qui promeut une alliance entre la droite extrême de Wauquiez et l'extrême-droite. Cette alliance se construit sur des thèmes totalement réactionnaires,  racistes, islamophobes et  opposés aux droits des femmes que Marion Maréchal va inculquer dans l'"Académie" qu'elle lance.
Au même moment le Front National va changer de nom et se baptiser "Rassemblement national", reprenant ainsi le titre du parti collaborationniste et antisémite Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat.

A l'heure ou les fascistes semblent triompher en Italie,  nous alertons sur les dangers immédiats qui nous menacent toutes et tous.
Memorial 98  


Mise à jour du 8 septembre 2017:  Marion Maréchal Le Pen, alternative à sa tante Marine Le Pen?

Prétendument retirée de la vie politique, elle profite des tensions au sein du FN, avivées au lendemain d'élections présidentielles et législatives qui apparaissent comme un échec personnel de Marine Le Pen.

Ainsi, selon un sondage, 58% des personnes interrogées la considèrent comme un "atout" pour le FN alors que sa tante n'obtient que 46% à la même question. 


L'ex-députée du Vaucluse, particulièrement proche de son grand-père Jean Marie Le Pen, a, dès le mois de mai dernier, pris soin d'indiquer à "Valeurs Actuelles" qu'elle se réjouissait d'une éventuelle élection de Laurent Wauquiez comme président de LR afin de pouvoir coopérer avec lui:   

"Un profil comme Laurent Wauquiez change la donne.Mais il faut voir ce qu’il fera de ce pouvoir ! Si c’est pour avoir un nouveau Sarkozy, ce n’est pas utile. [...] Ce qui est sûr, c’est que dans le paysage politique actuel à droite, il fait partie de ceux dont les déclarations laissent penser qu’on aurait des choses à se dire et à faire ensemble."


Jean-Marie Le Pen fait des déclarations dans le même sens, rappelant ainsi que c'est lui qui avait mis en place des alliances avec la droite lors des élections régionales de 1998.



Memorial 98

Mise à jour du 9 mai 2017:
Selon de nombreuses annonces médiatiques, Marion Maréchal Le Pen se retirerait de la vie politique. Nous n' y croyons guère. Elle laisse  déjà derrière elle un sillage de haine.
Nous n'oublions pas qu'elle espérait notamment des attentats djihadistes pour faire gagner le FN

Cette décision intervient au lendemain de la présidentielle alors que Marine Le Pen a recueilli 11 millions de voix. Elle a montré le 3 mai, lors du débat télévisé, le visage de la violence fasciste. L'urgence antiraciste et antifasciste est plus que jamais à l'ordre du jour.

MEMORIAL 98
 


Pour ceux et celles qui pensent que la tentative de mise à l'écart de Jean-Marie Le Pen (JMLP) signifie que le FN va bouleverser le fond de ses orientations, la campagne de Marion Maréchal-Le Pen (MMLP), tête de liste en PACA,  constitue un rappel aux réalités.
Lors du lancement de sa campagne le 5 juillet puis lors de ses nombreuses interventions dans les médias, cette dernière a accumulé tous les poncifs les plus violents de la rhétorique raciste :
"Nous ne voulons pas de la Paca black-blanc-beur, mais de la Paca bleu-blanc-rouge ... Il est hors de question que notre région passe de la Riviera à la favela... le remplacement continu d'une population par une autre qui apporte avec elle ses valeurs, sa culture et sa religion".
"Des femmes de nationalité française se voilent, se cachent pour mieux nous cracher au visage..."
"(Mohamed) Merah, (Saïd et Chérif) Kouachi, (Amédy) Coulibaly et (Yassin) Salhi sont les enfants du regroupement familial, du droit du sol, de la repentance anti-française, de l'abandon de l'exigence d'assimilation au profit de la société multiculturelle"

La nouveauté relative de son propos constitue en une violente attaque contre les fidèles de la religion protestante:
« La Provence est une terre d’identité et de résistance. Résistance des princes provençaux face à l’invasion sarrasine, résistance face à la terreur révolutionnaire, face à la réforme protestante, face à l’occupant allemand, face au funeste projet de l’Union européenne en 2005. »
Les représentants de la Fédération protestante ont rappelé que ce propos constituait une approbation des persécutions et massacres subis localement par les tenants de cette religion:  
"... Se souvient-on que la résistance à la réforme protestante dans l’actuelle Provence, ce fut notamment le massacre de plus de 2000 personnes  (protestantes) en 5 jours et 22 villages dévastés dans la vallée du Luberon ? Peypin-d’Aigues, Lourmarin, Cabrières, Mérindol (villages provençaux) sont les noms de villages martyrs où l’on ne se contenta pas de tuer. Voilà donc la résistance que Marion Maréchal Le Pen érige en modèle, voilà le cap qu’elle propose...»
On sait que Marion Maréchal-Le Pen est proche des catholiques intégristes, adepte du pèlerinage de Chartres avec le groupe Notre-Dame de Chrétienté, soutien des militants de la Manif pour tous et des Veilleurs qu'elle avait rencontré officiellement à Versailles le 21 mai pour «dénoncer le rôle de l'Union européenne dans la GPA »
Lors d'une intervention sur BFM-TV et RMC, MMLP a eu recours au thème antisémite à propos de la Grèce en déclarant:
 « Les véritables responsables de cette situation sont en réalité les gouvernements socialistes d’hier qui, avec la complicité de la banque Rothschild, avaient falsifié les comptes grecs »,
L'affirmation est mensongère car c’est la banque américaine d’investissements Goldman-Sachs qui est impliquée dans le montage financier grec, mais depuis le XVIIIème siècle,  la famille Rothschild cristallise la haine des antisémites.
MMLP reprend d'ailleurs au passage les propos du  Métropolite orthodoxe Serafim Mentzelopoulos du Pirée qui dès 2010 s’était lancé  dans des violentes diatribes antisémite, antimaçonniques et négationnistes ciblant également Rotschild en déclarant  : « Adolf Hitler était un instrument du sionisme international et a été financé par la célèbre famille Rothschild dans le seul but de convaincre les Juifs de quitter les terres d'Europe et d’aller en Israël pour établir le nouvel Empire..." 

Elle a aussi plusieurs fois minimisé le nombre de Juifs de France exterminés pendant la Shoah et uniquement mentionné le sort des Juifs de nationalité française, rejoignant en cela Eric Zemmour.  

Plus globalement, MMLP reprend  les thèses du  dirigeant royaliste et antisémite d'avant-guerre et futur pétainiste Charles Maurras.  Celui-ci défendait une théorie des "quatre États confédérés - Francs maçons, juifs, protestants et métèques" - qui constituaient selon lui  l"anti-France" et le "gouvernement de l’étranger". Partisan de Mussolini, Franco et Pétain, il fut arrêté en 1944 et condamné  à la réclusion à vie pour collaboration avec les nazis. Il fut gracié avant sa mort en 1952.

Pour parfaire le tableau MMLP a réalisé une alliance avec Philippe Vardon. Ce fasciste de Nice  est l’ancien porte-parole des jeunesses identitaires, il a également fait un passage au GUD et dans le groupe de rock identitaire "Fraction", avec Fabrice Robert, qui dirige aujourd'hui le Bloc identitaire. Ce groupe diffusait des chants ouvertement nazis. Vardon a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amendes pour incitation à la haine raciale et reconstitution de ligue dissoute. Les jeunesses identitaires ont en effet été considérées en 2007 par le tribunal de grande instance de Nice comme une émanation d'Unité radicale, dissoute par le gouvernement en 2002 après la tentative d'assassinat  de Maxime Brunerie contre Jacques Chirac.

Fascisme, racisme, antisémitisme, le "FN nouveau" est arrivé.

Mises à jour et actualisations du dossier:

Mise à jour du 15 mars 2017

Négationnisme au FN dans l'entourage de Marion MLP: les preuves.

Benoît Loeuillet, ex-dirigeant "Identitaire" devenu en 2015 patron du FN à Nice, à été pris la main dans le sac: il a été filmé tenant des propos négationnistes,  dans un documentaire diffusé ce 15 mars sur C8, et tourné en caméra cachée. Le documentaire, intitulé la Face cachée du Front national, et réalisé pendant deux mois début 2017, visait au départ à comprendre l’attraction qu’exerce le FN sur les jeunes. Les auteurs avaient demandé au parti une autorisation de tournage, qu’ils n’auraient jamais eue. 
Dans une scène, le journaliste Quentin Pichon,  discute avec Benoît Loeuillet  dans  la Librairie du Paillon que ce dernier gère à Nice,. Benoît Loeuillet présente plusieurs livres qu’il vend, dont des livres d’Adolf Hitler ou de Robert Faurisson, "vétéran" du négationnisme. Loeuillet tient alors ces propos : «Je ne sais pas trop quoi penser de la thèse révisionniste( négationniste NDLR). C’est compliqué. Bon, après, je pense qu’il n’y a pas eu autant de morts. Il n’y a pas eu 6 millions.» Puis il enchaîne : «Il n’y a pas eu de morts de masse comme ça a été dit», citant comme «preuve» le prétendu "rapport Leuchter",  document de référence des négationnistes et néo-nazis du monde entier.
Dans le même documentaire,  Philippe Vardon, ex-figure des identitaires niçois, lui aussi désormais conseiller régional FN en Paca mais aussi membre de l’équipe de campagne de Marine Le Pen , ironise lors d’un tractage : «Ça commence à être inquiétant : tous les mecs qui me serrent la main, ils sont noirs.»
Vardon a lui-même largement participé à la diffusion de thèses nazies, comme nous l'indiquons ci-dessous dans l'article.
Marion Maréchal Le Pen, qui réunit tous ce monde est, comme on le sait très proche de la principale figure de la diffusion du négationnisme en France en l’occurrence son grand-père Jean-Marie Le Pen, condamné à de nombreuses reprises pour avoir qualifié les chambres à gaz de "détail". Le président d'honneur du FN finance et parraine la campagne présidentielle de sa fille Marine alors qu'il vient à nouveau d'être condamné pour l'affaire de la " fournée"
Le FN tente de se défausser en excluant Boeuillet suite à la diffusion des preuves, mais ses opinions étaient évidemment connues et tolérées au sein du FN.

MEMORIAL 98
  


Actualisation du 20 décembre 2016

Marion MLP réagit à nouveau comme un vautour après l'attentat de Berlin.
Avec toute l'extrême-droite européenne, Elle accuse Merkel et "les migrants". Cela a déjà été le cas à plusieurs reprises .
Le FN compte sur les attentats afin de favoriser ses projets ( voir ci-dessous le 3 avril et le 29 juin) 
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: le terroriste islamiste est un migrant. responsable. En France et en Europe, stoppons ces dirigeants inconscients !


vous agissez à nouveau comme un vautour, selon votre habitude à de nombreuses reprises

MEMORIAL 98

Actualisation du 5 décembre
Nouvelle attaque de Marion Maréchal Le Pen contre le droit à l'IVG. Elle déclare: " Il faudra revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’avortement car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels."


Elle souhaite donc que l'IVG ne soit plus remboursée intégralement, comme c'est actuellement le cas, depuis le 31 mars 2013.
Cette proposition de la députée FN du Vaucluse va à l'encontre de la ligne défendue officiellement par le FN . Au Monde, Marine Le Pen précise : 
Il n’y aura aucune modification, ni du périmètre, ni de l’accès, ni du remboursement de l’IVG.
De son côté, l'entourage de Marion Maréchal-Le Pen tient à préciser au Lab que la députée n'est absolument pas contre le droit à l'IVG mais s'oppose à son remboursement "illimité" (sic!).

Mais lors de la campagne présidentielle de 2012, Marine Le Pen  avait la même position que Marion MLP en évoquant des "avortements de confort" ou des "avortements de récidive" et disait qu'elle prendrait la décision de dérembourser l'avortement en cas de besoins budgétaires, pour privilégier les actes médicaux "qui ne peuvent pas être évités". 
En 2011 cette fois, Marine Le Pen avait affirmé au journal La Croix: "Je pense qu'il faut cesser de rembourser l'avortement".

MEMORIAL 98 
Mise à jour du 18 octobre 2017 ( voir d'autres actualisations et mises à jour du dossier à la suite de l'article) :


                            Logan Nisin et Marion Maréchal LP

Le terroriste présumé d'extrême-droite Logan Nisin, qui préparait des projets d'attentats contre des migrants et des responsables politiques gardait chez lui une photo avec Marion Maréchal Le Pen.
Il était impliqué dans la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Puis dans celle des législatives, dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône. C'est là que se présentait Jean-Lin Lacapelle dirigeant du FN et proche de Marine Le Pen. Le soir du premier tour, Logan N. est assesseur dans un bureau de vote de Vitrolles. "Il refuse de saluer la plupart des électeurs d’origine maghrébine". Au détour d’une cérémonie de commémoration des 'martyrs' de l’Algérie française au cimetière de Marignane, en mars dernier, un cadre frontiste le contacte à travers un ami commun. Il aimerait lui confier la section locale du FNJ, branche jeunes du FN. On constate une fois de plus les liens entre le parti frontiste et les groupes "radicaux"
 





Actualisation du 4 décembre Marion Le Pen a dressé un message très optimiste au candidat d'extrême-droite autrichien au nom des "patriotes du monde entier" (ci-dessous). Elle pensait sans doute que la partie était gagnée et que le racisme allait connaitre un nouveau succès, après la victoire du Brexit et de Trump. Mais aujourd'hui l'Internationale "noire" encaisse un camouflet. Le parti d'extrême droite FPÖ a reconnu la défaite de son candidat Hofer dimanche soir dans la course à la présidentielle autrichienne, nettement remportée selon les projections par l'écologiste Alexander Van der Bellen à plus de 53 %. Mais le score de 46% pour l'extrême-droite reste énorme et inquiétant. Merci à Trudi/Gertrude, survivante du nazisme, dont la vidéo d'appel à combattre Hofer a rencontré un énorme écho ( voir ici).


 

Cher , je vous souhaite le succès pour ce dimanche. Les patriotes du monde entier sont avec vous !
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Actualisation du 13 novembre 2016

L’internationale raciste et fasciste continue à se mettre en place. Le directeur de campagne de Trump, Steeve Bannon, patron du site d'ultra-droite Breitbart News, envisage de travailler avec Marion Maréchal Le Pen qui s'en réjouit .  Il écrivait déjà il y a quelques mois: 

"Nous pensons que la France est l’endroit où il faut être. Avec ses jeunes entrepreneurs, les femmes de la famille Le Pen… Marion Maréchal-Le Pen est la nouvelle étoile montante. Nous cherchons à ouvrir un Breitbart Paris, voire un Breitbart France..."

Marine Le Pen de son côté n'a cessé de se féliciter de la campagne et du succès de Trump, tout en poursuivant ses relations financières avec Poutine
Memorial 98 

Actualisation du 25 octobre

Marion Maréchal Le Pen se porte au secours de son acolyte Jean-Frédéric Poisson et déclare sur RTL: ‘‘ ... Si votre question c’est de savoir si je pense que Jean-Frédéric Poisson est antisémite, je vous dis non. Je ne crois pas une demi-seconde qu’il soit antisémite’’.

Marion Maréchal-Le Pen n’exclut pas de pouvoir ‘’discuter’’ avec lui s'il se retrouve hors du processus de la primaire.
Celle qui est proche de son grand père, Jean-Marie Le Pen, dont le Parlement vient de suspendre l'immunité parlementaire et qui se réclame des idées de l’antisémite historique Charles Maurras, apporte ainsi son expertise en la matière, avec le soutien et les félicitations de toute la fachosphère.



Actualisation du 23 octobre 

Marion Maréchal organise une manifestation anti-migrants, écrasée numériquement  par les manifestant.e.s en faveur de l'accueil. La dirigeante FN, qui se réclame des "valeurs chrétiennes" méprise ouvertement les prises de position du pape et des évêques français en faveur de l'accueil.  

Une centaine de manifestants du Front national, emmenés par Marion Maréchal-Le Pen, défilaient dimanche 23 octobre dans les rues de la Tour-d'Aigues (Vaucluse) contre l'accueil de migrants. Dans le cadre de la campagne nationale du FN "dédiabolisé",  la députée du Vaucluse avait appelé à manifester contre l'accueil de migrants venus de Calais à Grambois, commune proche de La Tour-d'Aigues sous des drapeaux français et le slogan : "nos communes sans migrants". 

En face, plus de 400 personnes, rassemblées par un collectif de citoyens, étaient venus contrer ce défilé anti-migrants.
En musique, les militants brandissaient des pancartes: "amis, ouvrez-vous", "Le FN, ça sert aryen", ou encore "oui aux migrants, non au F-haine".

Partout dans le pays les manifestant.e.s pour l'accueil dépassent largement les rassemblements du FN. C'est le cas ces derniers jours à Saint-Brévin Les Pins, à Chamonix, à Trébeurden, à Condrieu etc...

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Actualisation du 17 octobre 2016 

Marion Maréchal-Le Pen (MMLP) a été invitée à prendre la parole par les  organisateurs de la Manif pour tous à la tribune le 16 octobre;  la députée du Vaucluse a ainsi permis au Front national de s'exprimer pour la première fois dans le cadre d'un événement  de cette mobilisation réactionnaire.

Place du Trocadéro, sur l'estrade, la dirigeante du FN a été reçue sous les applaudissements. Dans son discours, se mêlaient politique familiale, abrogation de la loi Taubira, crise identitaire... le tout lié évidemment  à la "montée de l'islam en France". "La France sera-t-elle encore elle-même en devenant peut être demain une république islamiste ?", interrogeait la députée .


Le même jour Marine Le Pen déclare qu’elle interdirait "les signes (religieux) ostensibles dans l’espace public", si elle est élue présidente de la République, y voyant un "sacrifice" nécessaire pour lutter contre l’islam politique.
"Je vais interdire les signes ostensibles dans l’espace public. Je vais prendre la loi de 2004 qui est la loi qui a interdit les signes ostensibles à l’école, et je vais l’étendre dans l’espace public" 
Pour Mme Le Pen, cette interdiction touchera indistinctement le voile ou la kippa.

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Mise à jour du 4 octobre 
Philippe Vardon, le dirigeant "Identitaire " rallié à Marion MLP et conseiller régional FN (voir ci-dessous à la fin de l'article) vient d'être condamné à 6 mois de prison ferme pour avoir participé à une agression contre des jeunes le 30 mars 2014 à Fréjus, le soir  du deuxième tour de l'élection du maire FN Rachline. 

Les dirigeants du FN ont immédiatement lancé une campagne de soutien à Vardon, bien connu pour de nombreuses violences et actes racistes. Il a notamment été condamné pour « incitation à la haine raciale » et « reconstitution de ligue dissoute ».
 Ils ont oublié dans ce cas leurs diatribes habituelles contre le "laxisme de la justice"

Memorial 98   
 

Mise à jour du 28 septembre

Le retour du refoulé. Parlant des réfugiés de Calais dans l'émission de Bourdin, Marion MLP dit : « Le problème c’est qu’on va éparpiller la poussière ». Bourdin bondit face à ce terme appliqué à des êtres humains; mais elle justifie « C’est une façon de parler » et ajoute « Vous ne connaissez pas l’expression : cacher la poussière sous le tapis?" 
 
Ce vocabulaire est issu de la tradition fasciste qui "chosifie" et "animalise" les "métèques".

La chef FN rivalise ainsi avec la croisade de Laurent Wauquiez 

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Mise à jour du 12 juillet:

Un an après le lancement de sa campagne, la dirigeante du FN a repris à nouveau sa croisade lors de la " fête BBR" qu'elle organisait  au Pontet le 9 juillet.

Dans son discours, axé sur les questions "identitaires" et sécuritaires, Marion Maréchal-Le Pen s'est dite "attristée voire horrifiée à la constatation que la France est passée aujourd'hui de fille aînée de l’Église à petite-nièce de l'islamisme".
Elle a ajouté ce propos effrayant:  "Si nous pouvons aimer et admirer des cultures étrangères à l'étranger, seules la culture française et ses composantes locales ont droit de cité en France!" .
Elle a aussi estimé que la France était "porteuse d'un terrorisme made in Syndicat de la magistrature".  

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Mise à jour du 11 juillet:

Marion MLP joue les vautours après la mort d’Emilie Loridan, 31 ans et mère de deux enfants qui s'est suicidée victime semble-t-il des graves dysfonctionnements de la CAF pour ses allocations familiales et ses aides au logement.

Dans la foulée, Marion Maréchal-Le Pen s'est empressée de se livrer à une abjecte tentative de récupération, accusant la CAF de privilégier les étrangers avant les citoyens français( "Les autres avant les nôtres") . Sur son compte Twitter officiel elle écrit ceci :


  Marion Le Pen @Marion_M_Le_Pen
Les autres avant les nôtres, voilà le résultat. Pensées émues pour les enfants et la famille d'Émilie.https://twitter.com/lavoixdunord/status/751115368324890625 

Mise à jour du 29 juin:


Les dirigeants du FN  espèrent toujours des attentats:  Bruno Bilde, conseiller spécial de Marine Le Pen reprend la théorie de Marion Maréchal (voir ci-dessous à la date du 3 avril) et déclare le 24 juin dans le Nord
 « Avec le terrorisme, on ne sait pas quels événements peuvent encore intervenir et donc dans quel état d’esprit sera le peuple français d’ici à avril 2017. On peut avoir une bonne surprise. » 
Sa "bonne surprise" dépendrait donc de la multiplication des attentats.

Déjà dopés par la victoire du Brexit, les dirigeants frontistes se préparent ainsi à une campagne présidentielle sécuritaire et xénophobe

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Mise à jour du 14 mai:

Recomposition à l'extrême-droite?
Quelques jours après sa participation au colloque de l'Action Française (voir ci-dessous) Marion Maréchal Le Pen creuse le sillon. 
Elle est venue soutenir publiquement De Villiers et a choisi pour cela un haut lieu du racisme et de l'islamophobie. 
La rencontre officielle a eu lieu le 12 mai lors d'une conférence de ce dernier au gymnase de Charvieu-Chavagneux dont le maire Gérard Dézempte est un multi-récidiviste des attaques xénophobes.

"On s’est déjà rencontrés deux fois", affirme De Villiers, qui ne tarit pas d’éloges  sur la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. Lorsqu’on lui demande ainsi qui il pourrait soutenir pour la présidentielle de 2017, il répond : "Marion ! Pas Marine. Marion."


Dans la même mouvance facho-pétainiste grenouillent aussi Robert Ménard, Eric Zemmour et Patrick Buisson, ancien inspirateur de Sarkozy et maintenant conseiller de De Villiers mais aussi de Laurent Wauquiez.  
On notera que De Villiers soutient la thèse négationniste du prétendu "génocide vendéen" et la distille dans le spectacle du Puy-du-Fou 

Mise à jour du 8 mai:

Marion Maréchal Le Pen a réalisé un véritable triomphe lors du colloque des royalistes-pétainistes de l'Action française, tenu le jour anniversaire de la victoire sur le nazisme

Son arrivée sur scène a été  saluée par un tonnerre d'applaudissements. La chef frontiste a répété ses propos anti-républicains affirmant être « saoulée par les valeurs de la République », servies « à toutes les sauces ». Elle a ajouté que « la France n'est pas une terre d'islam ». Cette tirade a été ovationnée.

Une rappel historique à propos de l'Action française: l'assassin de Jean Jaurès en 1914 était Raoul Villain, proche de l’Action française de l'époque, adhérent d'un groupement d’étudiants nationalistes partisans de la guerre. Influencé par la propagande nationaliste, et sans avoir jamais vu Jaurès, il s’était  mis en tête de tuer « le traître, l’Allemand »

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Actualisation 27 avril 2016 

Marion Maréchal Le Pen creuse le sillon anti-républicain, à la veille de sa participation  le 7 mai à un colloque de l'Action Française sur le thème : "Je suis royaliste. Pourquoi pas vous ?"

Mercredi 27 avril sur iTélé,  la députée du Front national a déclaré :
"Je suis d'une génération, je crois, qui est un peu saoulée par les valeurs de la République qu'on nous sert en permanence et dont on ne sait pas ce qu'elles recouvrent. Et qui évitent, d'ailleurs, d'aller sur le fond des idées puisqu'à partir du moment où on dit 'valeurs de la République', on est exclu du pseudo-champ républicain."

L'un de ses leitmotiv politiques consiste à opposer les racines chrétiennes de la France à l'histoire républicaine, ce qu'elle refait sur iTélé :

"La France, ça n'est pas que la République, ça a commencé d'ailleurs avant la République, je n'oublie pas les seize siècles de chrétienté qui ont précédé et voilà, la Révolution française en fait partie mais elle (la France, ndlr) ne se restreint pas à ça."
Cette charge anti-républicaine et révisionniste sert de couverture à une mise en cause des principes élémentaires d'égalité. Ainsi, dans le choix de l'exemple brandi lors de cette émission par l'élue FN pour critiquer les "valeurs républicaines":  "Moi j'ai entendu la ministre de la Santé expliquer que par exemple, l'AME (Aide médicale aux étrangers, ndlr) faisait partie des valeurs de la République".  Marion Maréchal LP attaque ainsi l'égalité de tout homme et femme devant le droit à la santé. On retrouve ici à nouveau l’obsession frontiste contre la santé des personnes migrantes, déjà illustrée par la charge de racisme biologique utilisée par Marine Le Pen.
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Actualisation du 3 avril 2016:

Marion MLP compte sur de futurs attentats afin de gagner l'élection présidentielle, en "détachant" une partie de la droite. Elle est citée dans le Monde du 3 avril:

« Nous ne sommes pas résignés, même si la marche paraît haute. Imaginons que la crise migratoire s’accélère, qu’il y ait de nouveaux attentats, que Juppé gagne la primaire : il est possible qu’une partie de la droite se détache », veut croire Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse.

La députée FN exprime ainsi "naïvement" la ligne de son parti, qui entretient soigneusement la peur et la haine. Ils espèrent le pire et ils y travaillent. L'intégriste catholique organise sans doute des messes afin que se produisent ces attentats dont elle attend des retombées positives pour son parti. 

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