mercredi 29 octobre 2014

Commémoration du 76ème anniversaire de la Nuit de Cristal

Il y a 77 ans, le 9 novembre 1938, débutait dans toute l’Allemagne et en Autriche la « Nuit de Cristal ».  Durant cette attaque antisémite décidée par les chefs du parti nazi et perpétrée par leurs milices, entre 2000 et 2500 personnes allaient être assassinées, soit durant le pogrom lui-même, soit par la suite dans les camps de concentration où furent envoyés des milliers de Juifs arrêtés.  Des dizaines de synagogues furent profanées et incendiées.

 
Ce dimanche 9 novembre 2014, Memorial 98 vous propose de commémorer ce massacre planifié par les dirigeants nazis au plus haut sommet de l’État. Un massacre que les autorités françaises refusèrent  alors de condamner, au nom de leurs négociations avec l’Allemagne hitlérienne. La France fut ainsi  la seule grande démocratie à ne pas dénoncer à l'époque cette barbarie, malgré le rapport accablant de son ambassadeur à Berlin.

Nous nous rassemblerons à Paris devant le gymnase Japy, lieu où furent enfermés des Juifs arrêtés lors des rafles parisiennes entre 1941 et 1943, avant d'être envoyés vers les camps d'internement de Drancy, de Pithiviers et de Beaune la Rolande, puis vers Auschwitz. Au gymnase Japy, la garde des raflés était assurée par  des gendarmes et des policiers français.
 
Déposer quelques fleurs et quelques bougies, se souvenir ensemble, représente un acte symbolique face à l'offensive raciste et antisémite en cours en France.
Des millions de personnes peuvent désormais entendre un triste provocateur comme Zemmour réhabiliter Pétain et Vichy à la radio et à la télé. A proximité du gymnase Japy, ce soir là comme tous les autres, au théâtre de la Main d'Or, des centaines de personnes riront d'un génocide, à l'invitation de Dieudonné, un néo-nazi comme un autre, que l'on qualifie pourtant d'humoriste.
 
Pourtant, si nous abandonnons nos mémoires, alors, il ne faudra pas nous étonner que les héritiers des assassins puissent refaire l’Histoire, la nier et la travestir. On ne peut pas se contenter d’être horrifié devant les croix gammées qui sont tracées sur des synagogues ou des mosquées. On ne peut pas se contenter d’espérer que l’Etat réprime les fascistes, les racistes et les antisémites. La  démocratie ne se confond pas avec l’Etat ; elle est l’œuvre de ceux et celles qui sont mobilisées. On ne peut pas se contenter  d’en appeler à la République parce que celle-ci n’a jamais constitué à elle seule un barrage infaillible contre les idéologies de la haine.
 
Nous ne sommes pas dans les années 1930.
Mais la banalisation du Front National, le succès des tribuns racistes et antisémites, et surtout l’indifférence et la démobilisation devant ces phénomènes sont aussi liés à l’oubli et à la minimisation de ce que furent les fascismes originels.
Aujourd’hui, de nouveau, des femmes musulmanes, des Juifs sont attaqués dans nos rues. Aujourd’hui de nouveau, des commerces Juifs ou arabes sont incendiés.  L’extrême-droite légale, les Marine Le Pen et les Soral parlent. Leurs troupes répondent à l’appel en répandant la violence partout. Il n’y a qu’un seul fascisme.
Les violences racistes, antisémites ou homophobes loin de se résumer à des faits divers constituent des faits politiques constitutifs de ce fascisme.
La mémoire du nazisme et de ses crimes ne représente pas un « devoir », dont on pourrait alors se décharger sur l’Etat ou sur des associations dédiées.
La mémoire est une arme  notamment en ce qui concerne l’antisémitisme. Celui-ci ne constitue pas seulement un  racisme spécifique dirigé contre les Juifs. Il est présent et  enraciné au cœur des idéologies européennes de la haine, un laboratoire plusieurs fois centenaire d’élaboration des discours et des logiques de stigmatisation et d’oppression. Ces idéologies sont aujourd’hui recyclées pour frapper toutes les minorités et désarmer les progressistes, en développant les peurs et l’irrationnel.
 
 Nous vous appelons à participer à ce
 
rassemblement le dimanche 9 novembre 2014, à 17h 
devant le gymnase Japy, 2, rue Japy, métro Voltaire.

Ensemble, se souvenir et s’armer de détermination à combattre l’extrême-droite, le racisme et l’antisémitisme.
 
Memorial98
 www. memorial98.org
 

Une vingtaine d'arrestations suite à une manifestation d'extrême-droite à Cologne

Allemagne: l'extrême-droite violente se rassemble à Cologne le 26 octobre. On pouvait s'attendre à des violences et "ratonnades", vu le nom du mouvement : "hooligans contre le salafisme".
Un mouvement qui s'est créé sur internet, mais relayé par des partis d'extrême-droite.
Environ 2000 néo-nazis, hooligans et autres militants d'extrême-droite étaient présents, saluts hitlériens à l'appui. Et c'est à tous les étrangers qu'ils s'en sont pris, le slogan repris dans la presse est celui d'"étrangers dehors", mais on trouve aussi "l'Allemagne aux Allemands".

La manifestation du 26 octobre a conduit à une vingtaine d'arrestations, suite aux incidents avec les forces de l'ordre.

Pendant ce temps le procès des assassinats d'immigrés commis par les néo-nazis de la NSU se poursuit... Il s'agit d'assassinats de migrants, sur plusieurs années, présentés longtemps comme des évènements isolés et liés à des règlements de compte, alors qu'il s'agissait d'actes commis par une cellule néo-nazie.
 

lundi 27 octobre 2014

Et si on s'interrogeait sur nos sociétés, où on ne parle des gens dans la merde que s'ils tuent au nom du djihad ?

Face à aux attaques contre le parlement à Ottawa (Canada), la presse s'interroge sur le passé, le parcours, les motivations du tireur. Comme dans cet article du Monde, qui titre Terroriste ou déséquilibré, la personnalité trouble du tireur d'Ottawa.
Ne pas justifier le passage à l'acte terroriste par des causes sociales, cela ne veut pas dire nier leur existence.
Peut-être que le "tireur d'Ottawa" aurait tiré quand même, si quelques années auparavant au lieu de supplier la justice de l'emprisonner pour qu'il puisse sortir de la dépendance au crack, il avait été aidé et pris en charge correctement.
Peut-être qu'il aurait quand même quitté la mosquée de lui même, et serait quand même tombé dans l'intégrisme, si cette même mosquée n'avait pas fermé le local où il dormait parce qu'il était SDF.
Peut-être, comme d'autres , aurait-il décidé de tuer, même s'il avait eu un appartement au lieu d'être SDF
Peut-être que dans des sociétés plus solidaires, plus réconfortantes, il y aurait de toute façon des tireurs fous, et des intégristes, et d'autres formes d'horreur.
Peut-être. En attendant, il y a quelque chose de sérieusement détraqué dans nos sociétés pour que tant de gens soient dans une merde aussi noire, aussi seuls et abandonnés, et qu'on en parle uniquement s'ils tuent au nom du djihadisme.

"(...) avant d'être destruction de cette société de l'extérieur, la perspective du djihad est d'abord destruction du soi, volonté d'effacement par le vide de tout ce qu'on a pu être auparavant. La plupart de ces jeunes décrivent avec minutie la vente de leurs maigres bien matériels, l'abandon de leur
emploi, du domicile familial, la rupture du lien avecl'épouse, avec la fratrie, le vidage du compte en banque. Cette description est accompagnée d'une insistance marquée sur la réaction d'incompréhension et de refus de l'entourage, réaction interprétée comme un élément de plus validant la justesse du choix effectué. Or ce processus de désaffiliation volontaire ressemble trait pour trait à celui des jeunes usagers d'héroïne. Dans ce dernier cas les parents et les proches perçoivent un comportement addictif absolument négatif et destructeur, alors que l'autdestruction est revendiquée par celui qui la vit comme
un choix volontaire et porteur de sens"

Extrait de l'article du blog Memorial98.org : D'où viennent les jeunes djihadistes ?

Manifestation contre les centres fermés pour étrangers en Belgique

Ce blog d'info a déjà évoqué la présence de ministres d'extrême-droite fraîchement arrivés au pouvoir en Belgique.
Ce serait dommage et contre-productif de ne pas parler autant de toutes celles et ceux continuent à se mobiliser concrètement, malgré la peur que peut susciter cet évènement.


Trois cent personnes devant un centre de rétention pour dire NON au racisme d'Etat, c'est important dans ce contexte et c'est rassurant.
Une manifestation s'est en effet tenue le dimanche 26 octobre, devant le centre d'accueil pour réfugiés 127 bis de Steenokkerzeel pour exiger la fermeture des centres fermés et s'opposer aux déclarations récentes du Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration. Celui a annoncé son intention d'augmenter le nombre de places en centre de rétention pour sans-papiers, de 600 à 700; et de remettre en place le placement en rétention et donc l'expulsion des enfants.

En matière d'obscurantisme, personne ne peut donner de leçons. Mesures racistes et paranoïa liées au virus Ebola

En ce moment, on on voit beaucoup de reportages sur les rumeurs, et les paniques dans les pays africains touchés par Ebola, et dont le système de santé publique ne permet pas d'enrayer l'épidémie. Beaucoup d'entre eux ont un ton assez condescendant et paternaliste sur l'obscurantisme qui sévirait dans ces pays.
Mais le recensement des mesures racistes, des crises de paranoïa dirigées contre les populations noires et/ou étrangères en Europe et aux Etats Unis, alors qu'il n'y a pas d'épidémie, montre bien une chose: en matière d'obscurantisme, personne ne peut donner de leçons.

Les Inrocks listent un certain nombre de décisions racistes motivées par Ebola aux Etats-Unis. Alors qu'aucun cas n'est signalé au Rwanda, l'infirmière scolaire d'une petite ville du New Jersey annonce qu'elle prendra régulièrement la température de deux élèves rwandais. Vu le climat (enseignants menaçant de ne pas enseigner, parents annonçant le retrait de leurs enfants), ce sont les parents des enfants rwandais qui n'ont pas envoyé leurs enfants à l'école... Une université du Texas annule l'admission de deux élèves nigérians car l'établissement n'accepte pas d'élèves étrangers venant de pays où des cas d'Ebola sont confirmés" ... Sans compter les remarques sur le président Obama et ses origines
Mais la France n'est pas épargnée : la ligue des droits de l'homme combat un arrêté pris dans le Loiret par le Conseil Général, instaurant des mesures discriminatoires pour les mineurs isolés étrangers. Ceux-ci sont accueillis uniquement s'il y a une place disponible, et s'ils ont un certificat médical attestant qu'ils ne sont pas atteints par le virus.

On peut également signaler la psychose qui s'était emparée d'une école de Boulogne dans les Hauts de Seine. Evidemment, aucun enfant n'a été atteint par le virus Ebola dans cette école.
Par contre trois enfants ont subi un traumatisme et un rejet qui les poursuivra sans doute dans l'avenir, et l'ensemble de la famille s'est retrouvé confrontée à l'horreur d'une mise en cause médiatique nationale.
Tout ça à cause de trois parents imbéciles, racistes, irresponsables et de tous ces journalistes qui leur ont tendu leur micro pour répandre leur psychose et s'acharner sur une autre famille.
Le virus de la haine est décidément le plus contagieux et le plus répandu en France en ce moment: concernant Ebola, il serait grand temps de s'attaquer à la source du mal , à savoir les sites racistes qui propagent la peur et l'irrationnel sur ce sujet depuis des mois.

 Sans compter les propos génocidaires de Jean-Marie Le Pen, au même moment que sa sortie sur la "fournée" contre Patrick Bruel

Accuser une population discriminée d'être responsable de la diffusion de maladies est un classique du racisme. 
On l'a vu au début de l'épidémie de Sida, lorsque les victimes haïtiennes ont été mis en cause dans le développement de la pandémie. Dans les années 1920, les Juifs réfugiés des pays de l'Est furent accusés par l'extrême-droite d'alors d'être porteurs d'une mystérieuse maladie infectieuse dite "maladie n°9" qui n'a jamais existé. 
A d'autres périodes, l'accusation peut s'aggraver et justifier des massacres. Ainsi, durant la période de la peste noire en Europe (1347-1350) les Juifs furent accusés de sa diffusion volontaire. Entre 1347 et 1350, la peste noire emporte un tiers de la population du continent. Certains y voient un acte satanique orchestré par les Juifs qui voudraient dominer le monde en empoisonnant l'air et l'eau. Malgré une bulle du pape Clément VI de 1348, dans laquelle il explique que les Juifs ne sont pas épargnés par la maladie et que l'épidémie sévit même dans les régions sans population juive, des groupes fanatisés partent massacrer les Juifs : 2000 morts à Strasbourg, d'autres victimes nombreuses à Colmar, Worms, Francfort, Cologne et ailleurs. Aucune communauté importante d'Allemagne n'est épargnée par les massacres et les pillages. 

Rwanda: le 31 octobre inauguration à Paris d'une stèle commémorant le génocide des Tutsi.

Enfin, un monument de mémoire à Paris!
Le combat des rescapés du génocide, représentés par l'association Ibuka, et des autres associations, dont Memorial 98, a abouti. En ce 20e anniversaire du génocide, un monument va donc être inauguré.  
Avec Ibuka France nous vous invitons à participer nombreux  à l'inauguration de la stèle en hommage aux victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, le 31 octobre 2014 à 10h15 au Cimetière du Père Lachaise, en présence de la Maire de Paris et d'autres personnalités.
Pour s'y rendre: Métro Gambetta, entrée 71, rue des Rondeaux, 88e Division, allée des Fédérés, à Paris 20ème
Le programme de la matinée est le suivant:
prises de parole officielles
 témoignage d'un rescapé

dimanche 26 octobre 2014

Royaume-Uni : 4 semaines de prison pour le tweet antisémite d'un néo-nazi

Le 7 août, un jeune néo-nazi de Liverpool envoie un tweet représentant une députée travailliste, Luciana Berger, avec une étoile jaune sur le front, la traitant de "juive communiste" et avec le hashtag "Hitlerwasright" (Hitler avait raison).
Chez lui, la police a trouvé des reliques nazies, dont un drapeau SS et des drapeaux du groupe néo-nazi britannique National Action.

Il a été condamné à 4 semaines de prison pour avoir posté un message "agressif, choquant, indécent ou obscène".
Son compte comportait d'autres tweets antisémites ainsi que de nombreuses références à l'extrême-droite.

Les réseaux suprémacistes blancs ont réagi en lançant une campagne d'insultes sur les réseaux sociaux, avec plusieurs sites donnant des indications sur comment envoyer des messages de comptes Twitter anonymes. La police enquête sur ces messages de haine envers la députée et une autre de ses collègues.

Voir sur le site Memorial 98, à propos de l'utilisation antisémite de Twitter en France : Twitter, un fil antisémite ?