dimanche 14 mai 2017

Argentine: mobilisations contre l'impunité des tortionnaires de la dictature militaire


                              
                                        Immense mobilisation en Argentine




Mise à jour du 8 aout 2018 


La référente médiatique des opposants à la libéralisation de l'IVG en Argentine est Marianna Rodriguez Varela, militante ultra-catholique. Elle condamne l'IVG même en cas de viol ou de danger pour la vie de la femme enceinte. Elle est également la fille de d'Alberto Rodriguez Varela, ministre de la Justice durant la dictature militaire de 1976 à 1983 et ensuite avocat du chef de la junte militaire Videla lors du procès sur le vol des bébés pendant la dictature et leur remise à des proches du régime.
Le parcours de Mme Varela, qui reprend l'option catholique intégriste de la  dictature, est l'inverse de celle la fille du tortionnaire Miguel Etchecolatz (voir ci-dessous) 

Memorial 98


                      

 Mise à jour du 24 mai 2018 

Bonne nouvelle dans la lutte contre l'impunité: la cour de Cassation autorise enfin l'extradition de l'ex-policier argentin Sandoval, afin qu'il soit jugé en Argentine. Mais cet avis ne concerne qu'un seul dossier, celui de Hernan Abria (voir ci-dessous). De plus Sandoval va certainement contester à nouveau l'arrêté d'extradition. Le combat se poursuit donc

                           La mère de Hernan Abria, victime de Sandoval, manifeste

MEMORIAL 98

Mise à jour du 1er juin 2017




Mobilisation contre l'impunité d'un tortionnaire présumé réfugié en France; soutien de MEMORIaL 98

« LA JUSTICE FRANÇAISE DOIT EXTRADER L’EX-POLICIER ARGENTIN, MARIO SANDOVAL »


Paris, Buenos Aires – Le jeudi 1er juin, la Chambre de l’Instruction de la Cour d’appel de Versailles tiendra audience sur la demande, soumise il y a 5 ans par la République d’Argentine, d’extrader Mario Sandoval. Ancien officier de la police de Buenos Aires, il est poursuivi en Argentine pour crimes contre l’humanité commis durant la dictature (1976-1983). Pour nos organisations, il est temps que Mario Sandoval soit extradé et réponde de ses actes devant la justice argentine.
Cette audience fait suite à l’arrêt de la Cour de Cassation de février 2015 qui était revenue sur l’autorisation d’extradition donnée par la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Paris, en mai 2014.
Mario Sandoval est poursuivi dans le cadre de l’enquête menée par le juge argentin Sergio Torres sur les crimes commis au sein de l’École supérieure de mécanique de la marine (ESMA) de Buenos Aires, le plus grand centre de détention et de torture clandestin, dans lequel plus de 5 000 détenus ont disparu durant la dictature. Mario Sandoval est mis en cause, alors qu’il était agent de la coordination fédérale de la police argentine, dans l’enlèvement et la disparition, en octobre 1976, d’Hernan Abriata, militant de la Jeunesse universitaire péroniste.
Mario Sandoval s’est installé en France en 1985, au retour de la démocratie en Argentine.
La famille Abriata, en particulier la mère d’Hernan, Beatriz, âgée de 90 ans et témoin impuissant de l’enlèvement de son fils par Mario Sandoval et son commando, réclament justice depuis plus de 40 ans.
Nos organisations appellent la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Versailles à suivre l’exemple de la Cour d’Appel de Paris. Elle doit prendre la mesure de l’importance du jugement de Mario Sandoval par la justice argentine dans le cadre de la lutte contre l’impunité que mène ce pays, conformément aux obligations internationales de la France, en matière de poursuites des auteurs de disparition forcées.
Elle doit ainsi faire écho aux propos du Procureur général de la Cour d’Appel de Paris, François Falletti, qui au terme du procès devant la Cour d’Assises de Paris d’anciens responsables de la dictature chilienne, rappelait en 2010 : « Lorsque le sentiment de surpuissance passe par la torture, la dégradation, la négation de l’existence, le message doit être clair. Cela doit donner lieu à des sanctions quel que soit le temps, quel que soit l’espace » .


Audience le 1er juin à 9h00
Cour d’Appel de Versailles,
5 rue Carnot 78 000 Versailles
RER C Gare de Versailles Château / Rive Gauche

Co-signataires :

FIDH -Fédération internationale des ligues des droits de l’homme.
Son organisation membre en France :
LDH -Ligue des Droits de l’Homme
Ses organisations membres en Argentine :
CAJ – Comité de Acción Jurídica
CELS – Centro de Estudios Legales y Sociales
LADH – Liga Argentina por los derechos del hombre
Avec :
ACAT – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture
FAL – France Amérique latine,
Assemblée de citoyens argentins en France

MEMORIAL 98

Paris, le 30 mai 2017

Immenses mobilisations contre un projet aboutissant à l'impunité des tortionnaires de la dictature.



Des centaines de milliers d’Argentin.e. s brandissant les symboliques foulards blancs des Mères et grands-mères de la place de Mai ont défilé le 10 mai à Buenos Aires, contre la décision de la Cour suprême d’alléger la peine d’un ancien tortionnaire de la dictature (1976-1983).

« On doit protester pour qu’ils n’osent pas relâcher les auteurs de génocides à nouveau », a ainsi déclaré une participante,  Alba Cervantes,  qui portait autour du cou la photo de son frère disparu le 20 septembre 1977, Miguel « Cacho » Cervantes. Des marches similaires ont eu lieu dans d’autres villes argentines.

Le 3 mai, la Cour Suprême,  plus haute juridiction du pays, avait accepté de raccourcir la peine d’un ex-agent paramilitaire, Luis Muiña, condamné à 13 ans de prison pour enlèvement et torture d’opposants sous le régime militaire. Il avait profité d’une loi connue sous le nom « Deux pour un », en vigueur de 1994 à 2001, permettant de compter comme double chaque jour passé en détention provisoire au moment d’appliquer la peine prononcée en jugement.





La loi visait à réduire la surpopulation carcérale et aucune limite n’était prévue, pouvant ainsi s’appliquer aux délits de droit commun comme aux crimes contre l’humanité. Dans le cas de Luis Muiña, le premier à en bénéficier, il avait passé  de neuf ans en prison avant d’être jugé. Mardi 2 mai, un tribunal fédéral avait  déclaré la loi « inconstitutionnelle » tandis que deux autres anciens bourreaux se sont empressés de demander à bénéficier de la même mesure, provoquant un tollé dans le pays, profondément marqué par cette page  terrible de son histoire.
 En effet  pendant la dictature militaire de 1976 à 1983, 30 000 opposants au régime ont disparu ou ont été tués par les militaires, selon les chiffres des associations de défense des droits de l'homme

Recul de l'impunité

Signe de l’émotion, les députés, puis les sénateurs ont adopté en urgence, dans la journée du 10 mai et à l’unanimité, une loi limitant la portée de la décision de la Cour Suprême. Les auteurs de crimes contre l’humanité ne pourront plus bénéficier de réductions de peines. 

Le combat des "Mères de la place de Mai",

C'est l'occasion aussi de saluer et faire connaître l'extraordinaire combat des "Mères de la place de Mai",  organisation fondée en 1977, en pleine dictature militaire . Ces femmes se rassemblaient tous les jeudis après-midi depuis le 30 avril de cette année, en plein centre de la capitale argentine, afin de réclamer des informations sur leurs enfants et petits-enfants "disparus".

Pendant la dictature argentine. 500 nourrissons ont été volés à leurs parents, selon les associations. Les prisonnières enceintes étaient gardées jusqu'à l'accouchement puis leur bébé leur était enlevé. Et "parfois les enfants de moins d'un an aussi ont été volés »,. Les nourrissons étaient remis à des proches du régime, qui dissimulaient tout de son origine à l'enfant adopté.

Les militaires leur ayant ordonné de « circuler » en raison de l’état de siège qu'ils avaient décrété, les mères et grands-mères  décidèrent de tourner en rond sur la place sur la place de Mai (Plaza de Mayo) en face du palais présidentiel de la Casa Rosada. Elles marchaient pendant une demi-heure, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, remontant ainsi symboliquement le temps et critiquant l’impunité des militaires responsables des massacres et des tortures.
En signe de protestation, les Mères portaient des foulards blancs (symbolisant les langes en tissu de leurs bébés) pour commémorer la disparition de leurs enfants.
Plusieurs des fondatrices ont été assassinées en décembre 1977 par le colonel Astiz, en même temps que des religieuses françaises engagées à leur côté.
Leur travail avait déjà permis d’identifier 97 des 500 enfants enlevés ou nés en détention durant la période militaire et clandestinement adoptés par les familles des militaires, policiers ou de proches du pouvoir.


                              Manifestation des mères et grand-mères sur la place de Mai

La lutte contre l'impunité et pour le retour des disparu(e)s constitue un de nos engagements majeurs, dans le cadre du combat contre le négationnisme.

De Buenos-Aires à Alger, de Mexico à Santiago du Chili, ce combat se poursuit jusqu' à soit retrouvée la trace de ceux et celles qui ont été enlevé(e)s et qu'en soient punis les responsables.

Mise à jour du 2 juin 2017

L’immense mobilisation contre l’impunité bouleverse les enfants des tortionnaires, qui sortent du silence.
 « C’est un monstre, je le répudie. ».  Celle qui parle en ces termes de son propre père est la fille d’un des plus sordides symboles de la dictature argentine (1976-1983), Miguel Etchecolatz. Aujourd’hui âgé de 88 ans, l’ancien policier est en prison, quatre fois condamné à la réclusion à vie, reconnu coupable de près d’une centaine d’homicides, enlèvements et tortures, commises à l’époque où il était le chef des 21 centres de détention illégale mis en place par le régime militaire dans la province de Buenos Aires.
Depuis le retour de la démocratie, le travail de mémoire avait été porté par les familles des quelque 30 000 disparus, notamment les Mères et les Grands-Mères de la place de Mai. Mais aujourd’hui, c’est au tour des enfants des tortionnaires de faire entendre leur voix.
Mariana D, la fille de Miguel Etchecolatz, a raconté son histoire à une revue numérique argentine « Anfibia ». Dans une longue interview, publiée récemment, elle décrit son enfance aux côtés du tortionnaire, qui signifiait, dit-elle, vivre avec « un être infâme » et « sans scrupule » qui provoquait en elle de la « terreur ». Si elle se présente comme Mariana D., c’est parce qu’elle a obtenu de la justice, en 2016, de pouvoir changer son nom de famille, synonyme, pour elle, « d’horreur, de honte et de douleur ». Elle se dit aujourd’hui « entière, libérée », mais préfère ne pas dévoiler sa nouvelle identité.
A la suite de ce témoignage, et sans la connaître personnellement, d’autres filles de tortionnaires ont osé à leur tour briser le sceau du silence qui pèse sur leurs familles. Elles ont créé une page Facebook, « Histoires de désobéissance, fils et filles de génocidaires pour la mémoire, la vérité et la justice », pour témoigner et partager leur expérience.
« Nous nous sommes réuni.e.s pour (…) prendre position, parce que nous ne nous sentions pas représentés par les voix des familles de tortionnaires qui s’exprimaient jusqu’à présent », expliquent-elles sur la présentation de la page. Les familles des militaires concernés ont, en effet,  toujours soutenu publiquement leurs parents, accusés de crimes contre l’humanité.
« Lutte pour la mémoire, la vérité et la justice »
« Ce dont nous sommes en train d’accoucher nous donne la force de participer à la lutte pour la mémoire, la vérité et la justice », a ainsi posté sur Facebook Liliana Furio, dont le père a été lui aussi condamné à perpétuité.
 « Je ne ressentais pas de la haine, mais de la tristesse, parce que je voulais qu’il change », a confié pour sa part Erika Lederer, fille d’un obstétricien de la maternité clandestine de Campo de Mayo, à Buenos Aires, où sont nés de nombreux enfants d’opposantes éliminées après leur accouchement puis donnés en « adoption » à des militaires, parfois même aux assassins de leurs parents.
Un des principaux détonateurs de ces témoignages a été la sentence rendue le 2 mai par la Cour suprême, ouvrant la voie à une réduction des peines de prison des anciens tortionnaires ( voir ci-dessous). Miguel Etchecolatz, entre autres, avait demandé à en bénéficier. Mais ce verdict avait soulevé une telle indignation que, quarante-huit heures plus tard, le Congrès avait approuvé à l’unanimité une loi pour freiner cette mesure, et des centaines de milliers de citoyens avaient manifesté à Buenos Aires.
Ce jour-là, au milieu de la multitude de manifestant-e-s se trouvait Mariana D.. Elle descendait dans la rue pour la première fois. C’est alors qu’elle a décidé de raconter son histoire. Avec d’autres filles de tortionnaires, elle a aussi décidé de participer, le 3 juin, à la nouvelle manifestation du collectif féministe Ni Una Menos (« Pas une [femme] de moins »), créé en 2015 pour lutter contre les violences sexistes qualifiées en Amérique latine de « féminicide ».
Aujourd’hui psychologue et professeure dans une université privée, Mariana, elle-même victime de la violence de son père, qui frappait ses trois enfants, est convaincue qu’Etchecolatz, auquel sa famille ne rend plus visite depuis plusieurs années, « mérite de mourir en prison ».

La lutte contre l'impunité des tortionnaires et des auteurs de violences contre les femmes nécessite notre solidarité, d'autant que certains des bourreaux sont réfugiés en France 

MEMORIAL 98





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