Affichage des articles dont le libellé est égalité des droits. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est égalité des droits. Afficher tous les articles

dimanche 14 juin 2015

Irlande du Nord: grande mobilisation en faveur du mariage pour tous.

Mariage pour tous: l' exemple de la République d'Irlande encourage la mobilisation en Irlande du Nord.
20000 personnes, soit dix fois plus de manifestants qu'attendu,  ont défilé à Belfast, le samedi 13 juin 2015. L'association "Rainbow Fund, qui défend les droits des LGBT nord-irlandais,  se félicite de ce succès dans un pays qui compte moins de 2 millions d'habitants et dans lequel les différentes Églises disposent encore d'un poids considérable. Un rapide calcul montre que la manifestation de Belfast correspondrait à 600 000 personnes en France.
Trois semaines jour pour jour après le « oui » massif des Irlandais au référendum sur le mariage homosexuel, leurs voisins nord-irlandais ont manifesté en nombre, à Belfast. Le Parlement d’Irlande du Nord a déjà pourtant rejeté à quatre reprises la légalisation du mariage gay.
Le mariage pour tous… dès maintenant,  réclamaient les manifestantEs!. Il s'agit  d'une mobilisation exceptionnelle et inattendue, directement encouragée par la grande victoire populaire dans la République d'Irlande voisine. L'homophobie et la discrimination ont subi une défaite conséquente. 

Ainsi une manifestante déclarait aux reporters  ne pas comprendre pourquoi les homosexuel(le)s de son pays ne sont pas logé(e)s à la même enseigne que ceux d’Angleterre, d’Écosse ou du pays de Galles : « En Irlande du Nord, on est en arrière des autres pays. Ça a changé en Irlande du Sud, c’était fantastique. Alors j’espère que nous aussi on peut avoir ce droit, pour tout le monde."
La pression est maintenant forte sur le Parlement d'Irlande du Nord. De plus, un couple du même sexe,  marié en Angleterre a récemment demandé à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) que son union soit légalement reconnue en Irlande du Nord. La décision devrait être connue dans les prochaines semaines. 
Au lendemain de cette mobilisation nord-irlandaise qui  représente un coup d éclat, on ne peut oublier à quel point la hiérarchie catholique française ainsi que les intégristes et toute la droite et l'extrême-droite ont réussi ici à instrumentaliser cette question. On pense aussi aux engagements de Sarkozy envers les groupes issus de cette radicalisation réactionnaire consistant, s'il revient au pouvoir en 2017,  à annuler le mariage pour tous.     

 

mardi 12 mai 2015

Montpellier: entre chasse aux Roms et soutien à Dieudonné, rien de nouveau au FN

Actualisation 18 mai 2016:


Le conseiller municipal Djamel Boumaaz, qui a entre temps quitté le FN, s'est à nouveau "illustré" lors de la journée mondiale contre l'homophobie du 17 mai à Montpellier en s'attaquant au drapeau LGBT. Il l'a enterré symboliquement pour "alerter l'opinion publique sur le lobby gay et lesbien (LGBT) qui envahit nos institutions"
Raciste, antisémite, homophobe, fasciste, il cumule toutes les haines.

Memorial 98 

Au niveau national ,  les affrontements de pouvoir et les divergences stratégiques et politiques sont au cœur de l'actualité du FN.
Mais sur le terrain, la synthèse entre les "anciens" et les "modernes" se fait beaucoup plus facilement.

 A Montpellier par exemple, le Front National est tenu depuis la création du parti par la famille Jamet: le père, Alain, pro-Algérie Française et ex-poujadiste était parmi les fondateurs du FN avec Le Le Pen. Sa fille France Jamet, actuelle conseillère régionale reconnaît elle-même avoir eu cette place grâce à Jean-Marie Le Pen qui l'a soutenue pour être tête de liste en 2010. 

Militante FN depuis 1974, France Jamet n'a évidemment jamais élevé la voix contre une position de Jean Marie Le Pen, et déclare assumer l'histoire de son parti. Ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui de déclarer sur France 3 que sa ligne est désormais celle de Marine Le Pen, puisque le congrès du FN a élu Marine Le Pen.

Sur le terrain, la continuité est de mise, que ce soit sur le racisme ou l'antisémitisme, même si cette continuité n'exclut pas un renouvellement des stratégies.

Le FN de Jean-Marie Le Pen avait échoué à créer ses propres syndicats: à Montpellier aujourd'hui, le FN profite des ambiguïtés de certains syndicats existants pour y recruter du monde. Le second de Jamet aux municipales, Djamel Boumaaz, est aussi élu au CHSCT du réseau de transports de Montpellier . Il a eu cette place en étant sur les listes de la CFTC.  Il en a usé pour coordonner avec le délégué FO de ce secteur une campagne violemment raciste demandant des "bus spéciaux" pour les habitantEs roms d'un bidonville. Les propos tenus contre les Roms , notamment sur leur "odeur intenable" n'ont rien à envier aux déclarations de Jean Marie Le Pen sur la présence "urticante et odorante " des Roms, déclarations pour lesquelles il a été condamné en justice.
Mais comme Djamel Boumaaz est censé faire partie de ces nouveaux et respectables responsables de terrain du FN, sa propagande passe mieux auprès des médias: ainsi  à propos de cette affaire, les journalistes de France Télévisions la reprennent-ils sans recul en évoquant le "droit des salariés à travailler dans des conditions convenables", entérinant ainsi l'idée selon laquelle la présence de Roms dans un bus serait une atteinte aux conditions de travail !

De même, les élus FN de Montpellier ne se répandent pas forcément tous les matins en déclarations historiques précises visant à réhabiliter Pétain où à faire des chambres à gaz un "détail de l'Histoire". Au "nouveau " FN, on a compris qu'il y avait des stratégies bien plus sûres mais tout aussi significatives et parlantes pour l'électorat antisémite. Djamel Boumaaz a ainsi tenu à publier un communiqué indiquant qu'il avait acheté sa place pour le meeting de Dieudonné du 9 avril à Montpellier, dont l'interdiction a été annulée par le tribunal administratif. La présence officielle d'un responsable FN aux côtés d'un pro-nazi ouvertement négationniste en dit aussi long et aussi précis qu'une déclaration sur le sujet.  Djamel Boumaaz se protège évidemment avec l'argument éculé mais très populaire de la "défense de la liberté d'expression". 

Localement, l'éviction de Jean-Marie Le Pen est donc vécue comme un sacrifice douloureux mais nécessaire pour les caciques du FN, qui n'ont pas changé de logiciel raciste et antisémite sur le fond, mais perçoivent la nécessité d'une adaptation et d'un renouvellement de l'expression, des moyens de diffusion et de propagation des idéologies de la haine. 

Le renouvellement symbolique exprimé par la mise à mort politique du vieux chef est donc avant tout  un renouvellement dans la continuité des fondamentaux racistes et antisémites du parti.

Abonnez vous à ce blog afin de recevoir tous les articles (à droite  de l'écran en renseignant votre adresse mail dans la rubrique Newsletter)
Retrouvez aussi les prises de position et articles de fond de Memorial 98 ici  http://www.memorial98.org/ et abonnez vous

Memorial 98

dimanche 26 avril 2015

Faits religieux en entreprise: analyse d'une enquête

L'observatoire du fait religieux en entreprise (OFRE) et la compagnie de travail intérimaire Randsadt publient la nouvelle édition de leur enquête commune. 

Une enquête dont on se demande bien en quoi une entreprise d'intérim y est légitime, aux côtés d'un observatoire lié à une chaire de recherche associée au Centre de recherches sur l'action politique en Europe (CRAPE) rattachée notamment à Sciences-Po Rennes...

La presse s'est largement fait l'écho de cette enquête, et il faut signaler l'article du Monde, ou plus exactement la photo qui a été choisie pour illustrer l'article. Une photo dans la lignée islamophobe et anti-syndicale de certaines illustrations du dessinateur phare du quotidien, Plantu...

Avant de se pencher sur le cru 2015, revenons sur les résultats de l'enquête 2014...
Alors qu'en 2014, un comparatif des réponses des cadres RH et de celles des autres managers et employés était publiée, l'édition 2015 ne distingue plus... mais on sait que les réponses émanent quasi exclusivement de managers. Pas étonnant, l'étude 2014 révélant une perception différente entre services RH et le reste des salariés.
28% des cadres RH ont été confrontés à des questions liées au fait religieux, et dans 6% des cas la situation s'est révélée conflictuelle. Pour autant, 41% pensent que ce sujet va poser de plus en plus de problèmes.
Mais seuls 14% des managers de proximité et employés disent avoir été confrontés au fait religieux en entreprise.
Donc, les services RH "voient" plus de questions liées au fait religieux (admettons, cela peut être lié à des questions qui leur sont posées directement et non aux managers de proximité), mais surtout s'attendent à voir le phénomène grossir et devenir plus problématique. Ce qui veut dire aussi que leur manière d'appréhender les choses est modifiée par cette perspective.

Le compte-rendu de l'enquête 2014 était très lisse, aucune religion n'étant cité. Cela dit, dans une interview au quotidien Libération, le directeur de l'OFRE se lâchait un peu plus : les entreprises qui rencontrent une majorité de cas bloquants " sont situées dans les grandes agglomérations qui comptent une plus grande diversité de populations, et une plus grande représentation de la religion musulmane qui, si elle est de moins en moins seule représentée dans les cas bloquants, demeure majoritaire. Ce sont aussi des entreprises qui emploient une main-d’œuvre peu qualifiée. Ainsi, les centres d’appels, le bâtiment, le secteur médicosocial, les usines sont plus touchées. Les demandes et les conflits sur le fait religieux demeurent très rares chez les cadres."
On voit là que la question religieuse, pour les employeurs, se pose dans le cadre des relations de classe dans les rapports sociaux au travail. Les secteurs soient disant les plus touchés sont tout simplement ceux où l'organisation du travail est la plus contraignante pour les salariés; où les conditions de travail sont difficiles; où des stratégies patronales sont mises en oeuvre pour éclater les collectifs de travail, favoriser l'individualisme; où le travail se fait sur le modèle du "juste à temps", avec

L'enquête 2015  apporte quelques éléments intéressants du point de vue de la lutte antiraciste.
Même si le flou qui entoure bien des éléments de l'enquête n'aide pas à l'analyse. En effet, beaucoup de données sont vagues, soit sur l'échantillon soit sur la nature des réponses.


Tout en rappelant que la majorité des situations n'est pas conflictuelle, les résultats montreraient une hausse de la fréquence de "faits religieux en entreprise". Mais l'enquête n'indique pas si les entreprises interrogées sont représentatives des entreprises en France, ni quels sont leur taille ou leur secteur d'activité. De plus, dans un contexte de stigmatisation de l'islam, mais aussi de mobilisation des réseaux catholiques notamment dans le cadre du refus du mariage pour tous, il est possible que des évènements soient repérés comme faits religieux alors qu'ils ne l'étaient pas forcément auparavant.
Une nouvelle question a fait son apparition (du moins n'apparaît-elle pas dans le compte-rendu de l'enquête 2014) : les motifs qui rendent une situation complexe à gérer. Et la première cause citée est celle de la menace d'une accusation de racisme ou de discrimination.
Cette donnée est à rapprocher d'une autre : selon l'enquête, 22% des personnes interrogées pensent avoir été témoins de discrimination au travail liée à la pratique religieuse, et 26% des pratiquants pensent en avoir été victimes. C'est une proportion importante, même si là encore, rien n'est dit sur la nature des faits discriminatoires, ni les réactions (ou leur absence) des témoins et victimes de ces discriminations.

Même si les cas sont rares, l'intervention de personnes extérieures à l'entreprise serait une nouveauté. La qualité de ces personnes n'étant pas citées, on ne peut pas en déduire grand chose de précis. Il pourrait s'agir aussi bien de structures religieuses, d'organisations syndicales non implantées dans l'entreprise, de partis politiques, de collectivités ou d'élus, d'associations antiracistes ...

92% des personnes interrogées disent ne pas être gênés par la pratique religieuse de certains de leurs collègues, et 85% pensent qu'une demande basée sur des motifs religieux devrait être traitée comme n'importe quelle  demande personnelle.

Il y a là sans doute une piste intéressante à réfléchir, en terme d'égalité. Trop souvent, notamment dans les milieux syndicaux, le contexte religieux d'une revendication de salariés (ou d'exigences de la direction) amène à se positionner de manière morale sur la religion en général ou sur la religion en question.
Alors que la plupart des demandes correspondent à des besoins que rencontrent n'importe quel salarié : pouvoir s'absenter plus facilement de son travail (pour une fête religieuse, pour des démarches administratives, pour un proche malade...), avoir plus de liberté dans la prise des pauses, avoir un choix suffisamment large dans les cantines pour toutes les pratiques alimentaires (qui sont loin d'être toutes religieuses), s'habiller comme on veut tant que la sécurité n'est pas en jeu...

Memorial 98


samedi 11 avril 2015

Journée internationale des Roms : la solidarité face aux expulsions et aux discriminations

Le 8 avril se tenait la journée internationale des Roms. Alors qu'une manifestation est prévue ce samedi à Paris à l’initiative d'Amnesty International, c'est l'occasion de donner quelques exemples des politiques ou propos discriminants et déshumanisants qui visent les Roms au quotidien, de la part des pouvoirs publics, de certains partis, voire de syndicats. Mais aussi quelques initiatives de solidarité, des batailles pied à pied pour l'accès aux droits fondamentaux...

Nous ne recenserons pas tous les arrêtés d'expulsion et les évacuations de bâtiments ou terrains occupés par les Roms, tant ils sont nombreux et fréquents. En France, les pouvoirs publics ont en 2014 expulsé un campement tous les 3 jours, un record européen...

A Lyon, depuis novembre 2014, une tranchée de 2 mètres entoure tout un côté d'un campement rom, empêchant les voitures d'accéder au terrain occupé. Un terrain dont la Métropole du Grand Lyon est propriétaire. 
Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon et président de la métropole applique depuis maintenant trois mandats une politique d'expulsion systématique des camps de roms, définissant ainsi localement et 10 ans avant l'heure la politique d'un Manuel Valls Ministre de l’intérieur.

Le syndicat des conducteurs de bus FO de Montpellier demande des mesures de ségrégation contre les Rroms, exigeant une navette spéciale et indiquant que des conducteurs se plaindraient de l'odeur, refuseraient de toucher les pièces utilisées par les Roms pour payer.  FO, dont le représentant déclare à la presse que « C’est une véritable infection », reçoit le soutien d'un élu municipal FN, lui même conducteur de bus, ancien délégué CFTC et toujours élu indépendant au CHSCT de l'entreprise...
Ce même syndicat FO se contente de juger les propos de son représentant "malheureux".
La CGT TAM Montpellier rappelle de son côté sur sa page facebook que "le service public est un gage d'égalité".
Les usagers de la ligne sont pour leur part dérangés par les propos haineux.

A Tourcoing, une centaine de personnes a manifesté le 8 avril devant la mairie, face aux menaces d'expulsion d'un terrain appartenant au Département. La mairie elle a lancé une pétition demandant l'expulsion...

A Couëron, près de Nantes, il a fallu aller au tribunal pour obliger le CCAS (centre communal d'action sociale) à fournir une domiciliation, indispensable pour recevoir du courrier et pour toute démarche administrative, mais aussi pour la scolarisation des enfants.

Près de 200 franciliens sont venus manifester leur solidarité et s'opposer à la haine envers les Roms, lors du rassemblement du samedi 11 avril Place de la Bastille.

samedi 7 mars 2015

Mineurs isolés en danger : manifestation solidaire devant l'Hôtel de Ville ( VIDEO)


A Paris plus d'un millier de mineurs, isolés, en danger dans les rues. Sans logement, sans accès aux droits fondamentaux: en un an le taux d'acceptation de ces jeunes par la PAOMIE, chargée par le Département de Paris de gérer la situation de ces jeunes est passé de 50% à moins de 20%.

Un choix budgétaire cynique, au mépris du droit, qui s'étend dans tous les départements d'Ile de France. Ce matin devant l'Hôtel de Ville, une manifestation a rassemblé ces jeunes et leurs soutiens, parmi lesquels de nombreux enseignantEs et personnels des collèges et des lycées, qui mènent des luttes depuis des mois pour ces élèves sans-papiers.




Jeudi dernier, 26 février, la PAOMIE, Plateforme d’accueil et d’orientation des mineurs isolés étrangers gérée par l’association France Terre d’Asile sur délégation de la Ville de Paris, a été occupée par plusieurs dizaines de jeunes mineurs étrangers qui demandaient « la mise à l’abri et la prise en charge de tous ».
Une délégation des jeunes occupants a été reçue par la direction de la PAOMIE, sans aucun résultat. La Ville de Paris, contactée dès le début de l’occupation, a nié l’évidence et a refusé de venir sur place prendre en compte les questions posées par les jeunes occupants. Vers vingt deux heures, la police a expulsé les jeunes sans ménagement, les rejetant à la rue, où ils ont à nouveau passé la nuit. ( extrait du communiqué de la LDH)

Selon RESF, depuis 2012, huit jeunes étrangers au moins, de ceux que l’on appelle Mineurs Isolés Etrangers (MIE), ont été traduits devant les tribunaux lyonnais, le Conseil général du Rhône qui les avait pris en charge se portant partie civile. Tous condamnés en première instance à des peines de plusieurs mois de prison, assorties ou pas du sursis, à des années d’interdiction du territoire ainsi qu’à de lourdes sanctions financières (jusqu’à 260 000 €). Accusés d’usurpation d‘identité, de faux et d’usage de faux dès l’instant où un test d’âge osseux les décrète majeurs, et, selon la presse locale, « d’avoir vécu aux crochets du contribuable ». Soumis aux mêmes tests qui les décrètent majeurs, d’autres jeunes, plusieurs centaines vraisemblablement, sont exclus de l’Aide sociale à l’Enfance (ASE) et se retrouvent à la rue. On peut signer l'appel "Mineurs Etrangers Proscrire les Tests Osseux ici