" Il faut les mettres au four" ( sic). Voilà où en sont les menaces sur la page " Pas de migrants à Serent", page dont l'animateur se disait " pas d'extrême-droite" au journal Le Télégramme , il y a quelques jours. Si peu d'extrême-droite qu'il poste entre autres des vidéos du site proche de Soral "Independenza Web Tv". Quant au maire de Sérent (56), les propositions d'attaque à son encontre postées sur la page vont des œufs pourris au pétage de gueule.
Il y a pas mal de monde sur cette page, alors qu'il s'agit d'un sujet local concernant une commune de 3000 habitants. Le maire et l’État envisagent d'y installer quelques familles de réfugiés dans un bâtiment public vide. Sur place, le projet ne rencontre pas une opposition démesurée, moins de trente personnes ont participé au premier rassemblement organisé par le FN, et beaucoup évidemment étaient des militants départementaux d'extrême-droite.
Mais la page en question a été relayée dès sa création dans les réseaux de l'extrême-droite française, et on y trouve donc même des fascistes canadiens. Depuis quelques jours, le maire et les salariés de la mairie subissent une campagne d'intimidation d'envergure nationale: mails et coups de fils menaçants et insultants se multiplient, puisque la page Facebook, relayée par le principal site d'extrême-droite Fdesouche, par Résistance Républicaine satellite de Riposte Laïque et autres pages identitaires, a appelé au harcèlement.
L'objectif de la campagne est double: faire peur aux habitants en leur présentant les migrants comme un problème et un danger direct. Mais aussi faire craindre aux autorités des troubles à l'ordre public ainsi que l'attaque des réfugiés et de leur lieu d'installation éventuel afin de faire annuler le projet.
Ces craintes ne sont d'ailleurs pas infondées: les esprits s'échauffent sur la page,et les commentaires appelant à démolir les migrants ou prédisant que "la maison des migrants va pas durée longtemps" ( sic ) sont applaudis, de même que ceux appelant à les pendre eux et le maire " aux crochets d'un abattoir".
En Allemagne, cette ambiance de surchauffe haineuse sur les réseaux sociaux aboutit à des attaques incendiaires contre les centres de réfugiés, mais aussi à des campagnes d'intimidations musclées contre les élus qui veulent accueillir des migrants. En France, à Calais, des commandos armés véhiculés tabassent régulièrement des migrants.
Le raciste qui a créé la page " Pas de migrants à Serent" et ses collègues de la France entière ont déjà marqué un point: les médias titrent "Polémique à Sérent" , alors que la "polémique" est en réalité une campagne concertée menée par l'extrême-droite, du FN aux néo-nazis assumés. Une campagne qui ne se fonde pas sur une réalité locale, mais sur la puissance des réseaux fascistes extérieurs.
Mais le mouvement de solidarité avec les migrants est aussi puissant , notre seule faiblesse étant notre manque d'organisation. Les seuls combats perdus d'avance sont ceux qui ne sont pas menés.
Premier objectif: faire fermer cette page de haine raciste, qui appelle ouvertement à mettre les gens au four. Signalons là massivement à Facebook. Il suffit de se rendre sur la page ( https://www.facebook.com/pasdemigrantaserent ) puis de cliquer sur le signe visible sur l'en-tête de la page, apparait alors un menu, cliquer sur "Signaler" et suivre les indications.
Et ne nous arrêtons pas là: à l'heure où le gouvernement déclare souhaiter créer de nouveaux instruments légaux contre le racisme, exigeons qu'il mobilise déjà les outils existants. Pourquoi l'auteur d'une page qui appelle à tuer des migrants ou à tabasser un élu n'est-il pas inquiété immédiatement, ainsi que les commentateurs qui menacent ouvertement et en utilisant leur vrai nom ?
Posez la question à la plateforme de signalement internet du gouvernement en joignant notre article: il suffit de cliquer ici.
Puis tenez au courant des réponses que vous recevez en nous contactant memorial.infos@gmail.com ou sur Facebook .
ET soutenez le collectif "Serent Terre d'accueil", qui organise samedi 17 octobre à 14h30 un rassemblement pour l'accueil des réfugiés devant la mairie. Leur page Facebook est ici, à liker sans modération
Les braillements de haine se renforcent avant tout lorsque le silence les entoure. A Sérent, comme ailleurs, ne laissons pas le racisme triompher.
Merkel caricaturée en islamiste dans un photomontage
Attentat de Berlin : Angela Merkel, cible des extrêmes droites européennes ( 19 décembre 2016)
C'est un véritable déchaînement. L''extrême droite allemande et ses cousines européennes n'ont
pas besoin d'attendre. Elles ont déjà trouvé leur coupable: il s'agit
de la chancelière Angela Merkel. On voit réagir l'internationale raciste qui s'organise autour de Trump, Farage et Poutine ( dont le parti vient de signer un accord de coopération avec l'extrême-droite d'Autriche)
"Ce sont les morts de Merkel !" a dénoncé Marcus Pretzell, un des responsables du mouvement Alternative pour l'Allemagne (AfD), sur son compte Twitter.
Frauke Petry, présidente de l'AfD, a surenchéri: La menace islamiste "a été importée de manière systématique et
irresponsable au cours de l'année et demie écoulée", a-t-elle dénoncé.
Partout en Europe, l'extrême droite désigne Angela Merkel comme la
première coupable de l'attentat de Berlin. Le député néerlandais Geert
Wilders, chef du parti PPV, islamophobe assumé et allié du FN, a ainsi posté cette image sanglante sur Twitter.
"Blâmer des politiciens pour les actions d'extrémistes ? C'est une pente glissante, Nigel."
En
France aussi, pas la peine d'attendre pour cibler la chancelière
allemande. Marion Maréchal Le Pen a été la première à la dénoncer ( voir ici).
Marine Le Pen exige "l'arrêt immédiat de la répartition des migrants dans nos communes". Ménard en rajoute "Ceux qui
défendent l'immigration massive portent une lourde responsabilité",
affirme-t-il en visant Merkel mais aussi les autres dirigeants politiques favorables à cette prétendue"invasion"
Chez Les Républicains, certains prennent le même chemin .
Ainsi le député Guillaume Larrivé juge que "le 'wilkommen' de Mme Merkel a
été une erreur historique. Sa politique migratoire absurde, hors de tout
contrôle, est une tragédie".
Attaque à la tête de porc contre Angela Merkel: la police allemande a
annoncé samedi 14 mai avoir découvert devant la permanence de la chancelière
Angela Merkel dans sa circonscription du nord-est de l'Allemagne une
tête de cochon et "une inscription insultante" dont elle a refusé de
livrer le contenu.
Une patrouille de police a découvert la tête
d'animal vers 5h40 du matin devant le local de députée
d'Angela Merkel à Stralsund, au bord de la mer Baltique, où elle est
élue depuis 26 ans. Merkel est personnellement mise en cause par ceux
qui s'opposent à l’accueil des réfugiés et qui la caricaturent en
islamiste ou en Juive. C'est le cas en Allemagne même, particulièrement devant la poussée électorale de la droite radicale et xénophobe AfD . Sa mise en cause
provient aussi de gouvernements européens, dont Manuel Valls à Munich
le 13 février (voir ci-dessous)
En même temps le nombre d'incendies criminels en Allemagne contre des centres
d'hébergement de réfugiés a fortement augmenté depuis le début de
l'année 2016 a indiqué le président de la police criminelle allemande
(BKA), Holger Münch, dans un entretien à la presse samedi 14 mai .
«Ce qui nous inquiète tout particulièrement c'est que l'ampleur de la
violence croît», a-t-il souligné . «Cette année, il y a déjà eu 45 incendies criminels».
Sur l'ensemble de 2015, année où l'Allemagne a vu arriver quelque 1,1
million de migrants, 92 incendies criminels contre des foyers de
demandeurs d'asile ont été répertoriés, contre 6 seulement en 2014,
selon des statistiques publiées par le BKA fin janvier.
«Les auteurs de ces actes criminels sont en majorité des hommes et
près de 80% viennent du lieu où l'acte criminel est commis».
Actualisation 16 avril 2016:
François Hollande a osé prétendre lors de l'émission "Dialogues citoyens" du jeudi 14 avril, qu'il applique la même politique que Merkel à l'égard des migrants. La journaliste Léa Salamé a bien fait de qualifier ce propos de "plaisanterie" . Alors que la journaliste l'interrogeait sur la politique migratoire de la France, elle a réagi quand il a nié toute divergence avec celle menée par l'Allemagne, en osant:
"Avec Madame Merkel, nous avons une position identique...
- Sur les migrants?
- Oui, identique...
- C'est une plaisanterie?"
Il faut rappeler que l'Allemagne à accueilli à peu près un million de migrants contre 30 000 en France. De plus lors de la même émission Hollande a répondu honteusement à celui qui était présenté comme un électeur du FN que la Jungle de Calais avait été "nettoyée", revendiquant ainsi la violence exercée à l'encontre des migrants qui s'y trouvaient
Actualisation 25 Février: Manuels Valls s'est joint à la cohorte peu glorieuse des détracteurs de l'accueil des réfugiés en Allemagne. Lors d'un discours à Munich le 13 février, il a ainsi déclaré vouloir « faire passer un message d’efficacité et de fermeté : l’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ». Auparavant il avait même ironisé grassement devant les journalistes : « Il
y a quelques mois, les médias français demandaient : “Où est la Merkel
française ?’’ ou voulaient donner le prix Nobel à la chancelière.
Aujourd’hui, je constate les résultats…"
Ces propos de Valls sont prononcés au moment où le gouvernement allemand durcit considérablement les conditions de l'accueil
Les députés allemands ont adopté jeudi 25 février à une large majorité une
série de mesures visant à durcir les conditions d'asile.
Les députés du Bundestag, ont adopté
par 429 voix pour et 147 contre (4 abstentions) ces mesures, très
critiquées par l'opposition de gauche et les associations d'aide aux
réfugiés.
Une trentaine de députés socialistes sur 193, pourtant membres de la
coalition sociaux-démocrates/conservateurs de la chancelière Angela
Merkel, ont ainsi voté contre.
Parmi eux, l'ancien chargé des questions sur les droits de l'homme au
gouvernement, Christoph Strässer (SPD), démissionnaire lundi de ses
fonctions, en désaccord avec le durcissement de la politique d'accueil.
Les députés ont validé le train de mesures, dit "Asylpaket II",
qui avait été approuvé par les partenaires de la coalition fin janvier
et qui prévoit notamment de durcir les conditions du regroupement
familial.
Désormais, les migrants bénéficiant de la "protection subsidiaire", qui se situe un cran en dessous du statut de réfugiés, n'auront plus le droit pendant deux ans de faire venir leur famille.
Le texte prévoit aussi la mise en place en Allemagne de cinq centres
d'enregistrement des candidats à l'asile pour accélérer notamment
l'examen des demandes ayant le moins de chances d'aboutir et faciliter
les expulsions des personnes déboutées. Les aides sociales vont
également être réduites.
Les députés ont aussi approuvé un texte distinct facilitant
l'expulsion des délinquants étrangers. Cette mesure avait été décidée
après les agressions de la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne (ouest),
où des centaines de femmes avaient été agressées par des hommes
présentés par les autorités comme étant majoritairement originaires
d'Afrique du Nord.
A. Merkel refuse néanmoins toujours de plafonner le nombre de réfugiés
venant dans le pays, et s'oppose à la fermeture des frontières en Europe
pour en juguler l'afflux. Elle prône au contraire une approche
européenne passant notamment par des quotas d'accueil par pays, se
heurtant à l'opposition de nombre de partenaires européens.
L'Autriche, alliée à l'Allemagne sur cette question tout au long de
2015, s'en est désolidarisée cette année, limitant drastiquement le
nombre de demandeurs d'asile qu'elle acceptera sur son territoire.
Actualisation 7 janvier Un
grand nombre d'agressions de femmes ont eu lieu lors des célébrations
du Nouvel An notamment à la gare centrale de Cologne, apparemment par
des personnes d'origine maghrébine. Nous condamnons vivement ces
horribles agressions sexistes. Nous rejetons l'exploitation raciste et anti-réfugiés qui en est faite par l'extrême-droite en Allemagne (notamment Pegida) et en France par le FN. Samedi
9 janvier il y aura 2 manifestations opposées à Cologne: d'une part
l'extrême-droite avec Pegida et des groupes de hooligans appelle à un
rassemblement pour dénoncer les étrangers et réfugiés. D'autre part un
large mouvement anti-raciste rassemblé dans le front "Cologne contre
l'extrême-droite" organise un rassemblement autour des mots d'ordre
suivants: Stopper Pegida/ Non à la haine raciste/ Non à la violence
sexiste ( en allemand: "Pegida NRW stoppen! Nein zu rassistischer Hetze –
Nein zu sexueller Gewalt!")
Actualisation du 31 décembre
Angela Merkel maintient le cap lors son allocution du Nouvel An pour 2016 en déclarant que l'afflux record de réfugiés en Allemagne est "une chance", mettant
en garde contre ceux, "plein de haine", qui veulent "exclure les
autres".
"J'en suis convaincue : si elle est correctement appréhendée, la
grande tache actuelle qui consiste à accueillir et à intégrer tant de
gens est une chance pour demain", a déclaré Mme Merkel.
"Il est évident que l'afflux de tant de gens va encore nous
demander beaucoup. Cela va coûter de l'argent, nous demander du temps et
de la force - notamment en ce qui concerne l'intégration de ceux qui
vont rester durablement ici", a ajouté Mme Merkel, contestée en Europe
et en Allemagne dans son propre camp conservateur pour sa politique
d'ouverture.
"Il est évident que nous devons aider et accueillir ceux qui
cherchent un refuge chez nous", a-t-elle martelé, remerciant ses
compatriotes pour leurs actions "exceptionnelles" en faveur des
migrants.
L'Allemagne a accueilli en
2015 environ 1,1 million de migrants, cinq fois plus qu'en 2014. Le
gouvernement va publier début janvier les chiffres officiels.
Mme Merkel a mis en garde ses compatriotes contre
les mouvements hostiles aux réfugiés, à l'image du mouvement
Pegida, particulièrement actif à Dresde (est), et du parti Alternative
pour l'Allemagne (AfD).
"Il est important de ne pas suivre ceux qui, le cœur froid ou
plein de haine, se réclament eux seuls de l'identité allemande et
veulent exclurent les autres", a-t-elle insisté, appelant l'Allemagne "à
ne pas se laisser diviser".
La chaine publique ZDF proposera sur internet un sous-titrage en
arabe et en anglais de l'allocution de Mme Merkel afin "d'atteindre de
nombreux réfugiés", a indiqué la chaîne dans un communiqué.
Actualisation du 13 novembre:
Merkel contrainte de reculer devant la pression des dirigeants de son parti et de revenir partiellement sur sa politique d’ouverture aux réfugiés.
Cette reculade forcée suit notamment les déclarations du ministre des finances, Wolfgang Schäuble. La veille, celui-ci avait comparé le flux de migrants à une « avalanche » et s’était clairement distancié de la position défendue par Angela Merkel sur la question.
Actualisation du 18 octobre: l'auteur
de l'attaque était membre au début des années 1990 d’un parti
d’extrême droite allemand interdit depuis. En fait il s'agit du FAP
(Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei ou Parti allemand de la liberté
), un parti ouvertement nazi qui a été interdit, avec beaucoup de
retard eu égard à ses activités violentes contre des réfugiés, en
1995. Selon les enquêteurs, il
n’avait plus de contact avec cette mouvance mais aurait été repéré pour
ses commentaires xénophobes sur divers forums sur Internet.
Actualisation du 17 octobre:
Grave agression raciste à Cologne: la candidate indépendante aux élections
municipales du 18 octobre favorite dans les sondages (soutenue par les Verts et le parti de droite CDU) attaquée par un
raciste opposé à l'accueil des migrants. Mme
Henriette Reker, a été poignardée samedi 17 octobre sur un marché où
elle faisait campagne, un acte aux motivations "racistes" liées à la
politique d'accueil des réfugiés.
Henriette Reker, grièvement blessée au cou par un homme de 44 ans était responsable de la prise en charge des réfugiés à la mairie de
Cologne.
L'agresseur, interpellé juste après les faits, "a dit qu'il avait commis
cet acte avec une motivation raciste", a précisé un responsable de la
police de Cologne. L'agitation contre l'accueil des réfugiés s'est
accentué ces derniers temps, mettant aussi en cause Angela Merkel, alors
même que son gouvernement est en train de durcir les conditions des
demandes d'asile.
Depuis plusieurs semaines Angela Merkel est violemment attaquée sur l'accueil des réfugiés, comme en témoigne l'image ci-dessus diffusée au journal télévisé national de l'ARD, qui la montre voilée et entourée de minarets. Ces attaques racistes et sexistes proviennent de l'extrême-droite rassemblée derrière Pegida mais aussi du parti chrétien-démocrate bavarois CSU, et du ministre des finances Schaüble soutenu par l'aile droite du parti CDU.
Beaucoup plus choquant, ces positions restrictives sont reprises par la direction des sociaux-démocrates du SPD, qui donne désormais de la voix
contre l'ouverture des frontières aux réfugiés venus de
pays en guerre. Sigmar Gabriel président du parti et par ailleurs vice-chancelier, juge que "nous devons absolument parvenir à réduire sensiblement l'année prochaine le nombre de réfugiés en Allemagne." Pour lui, il en va de "la cohésion de la société allemande". Thomas Oppermann, président du groupe parlementaire SPD et numéro deux du parti, déclare même qu'"il y a des limites à la capacité d'accueil". La gauche du parti SPD proteste vivement.
On notera au passage que cette bataille politique en cours invalide les
prétendues explications "économiques" sur les motifs de la décision du
gouvernement allemand pour l'accueil des réfugiés qui seraient motivées avant tout par la volonté de disposer d'une main-d’œuvre à bas prix. Cette analyse est largement diffusée par l'extrême-droite européenne et par les divers complotistes qui relayent ses messages mais aussi par des secteurs de la "gauche souverainiste" tels que le Parti de gauche et son dirigeant Jean-Luc Mélenchon. Or s'il s'agissait juste
d'avoir de la main-d’œuvre à bas prix, on comprend mal que les autres dirigeants de la droite ne soient pas d'accord et attaquent Merkel. Peut-on penser que la CSU et Schaüble, très fortement liés au patronat, représentent aussi les intérêts des salariés d'Allemagne?
Il y a sans doute chez Merkel une dimension politique "humaniste" particulière, qui
s'est déjà traduite par ses nombreuses déclarations publiques contre l'islamophobie
et l'antisémitisme et sa participation récente à des initiatives publiques dans ce domaine.
En réalité, derrière l'attaque violente contre Merkel, se développe une offensive contre les réfugiés eux-même et aussi contre le mouvement de solidarité qui s'est développé en Allemagne même et aussi dans différents pays d'Europe. Les manifestations de ces derniers jours à Vienne, Copenhague et Paris en témoignent.
Nous n'oublions rien des positions passées d'Angela Merkel qui a dénoncé le "multiculturalisme" et dont le parti s'est compromis dans des campagnes xénophobes, pas plus évidemment que ses positions économiques.
De même la défendre contre la campagne en cours ne remet nullement en cause l'opposition
aux autres aspects actuels de la politique de Merkel dans ce domaine, par exemple à propos de la volonté de durcir la politique européenne à l'égard des "migrants économiques" et de mettre en place des "hot-spots" destinés à trier les migrants. Nous n'oublions pas, concernant la Syrie, sa volonté de négocier avec Bachar El-Assad.
De son côté François Hollande fait de beaux discours avec Merkel pendant que son administration continue à entraver l’accueil des réfugiés et migrants et met même en œuvre des expulsions de demandeurs d'asile soudanais .
C'est pourquoi un grand mouvement de solidarité avec les sans-papiers, demandeurs d'asile, migrants est plus que jamais nécessaire
Dans plusieurs pays d'Europe se déroulent d'importantes manifestations de soutien aux réfugiés et migrants.
A Vienne en Autriche, le lundi 31 août
20 000 personnes ont manifesté.
En Allemagne, des centaines d’initiatives de soutien
aux réfugiés se déroulent un peu partout dans le pays dont les manifestations dans les stades, à Dresde (place forte du mouvement xénophobe Pegida), dans les journaux, par des initiatives concrètes d'accueil.
Sous la pression, Angela Merkel est amenée à faire des déclarations comme celle-ci: "Quelle honte que des réfugiés syriens fuyant la guerre et l'oppression
soient accueillis chez nous par les cris racistes de braillards ivres".
Les médias manifestent leur surprise face à cette mobilisation en Allemagne. Ils ont déjà oublié les grandes chaines humaines qui avaient mobilisé des centaines de milliers de personnes dans ce pays contre les crimes racistes des années 90.
Ils méconnaissent le travail quotidien d’associations de défense des réfugiés comme Pro-Asyl. Ils ignorent que parmi les supporters des clubs de foot existe aussi une forte tradition anti-fasciste.
Malgré les politiques répressives des gouvernements et le matraquage médiatique sur la "submersion" par les réfugiés c'est dans toute l'Europe que des collectifs locaux, des associations mettent en œuvre des actions de solidarité pratique et modifient les rapports de force. Dans un petit pays comme l'Islande (330000 habitants), le gouvernement a indiqué qu'il recevrait uniquement une "poignée" de réfugiés au titre des quotas, mais plus de 10000 personnes se sont déjà engagées à accueillir des réfugiés.
Il faut maintenant que
s'exprime ouvertement en France, dans toutes les villes, un large mouvement de
soutien aux migrants, réfugiés, exilés, sans-papiers.
Oui, toutes ces catégories et toutes ces dénominations car l'égalité ne se divise pas. On ne peut pas d'un côté, proclamer une ouverture aux réfugiés et d'autre part laisser dans la totale précarité des sans-papiers présents ici depuis des années.
Il y a quelques
semaines s'est exprimé le soutien aux exilés de La Chapelle à Paris et on a pu y constater une grande détermination et l'apparition d'une nouvelle génération de personnes mobilisées.
Maintenant une autre situation nouvelle s'est créée à l'échelle de l'Europe et la
mobilisation est donc d'un autre niveau.
De très nombreuses personnes
désirent manifester leur opposition au racisme et à la manière dont sont
(mal)traités en France les migrants et réfugiés et exprimer leur solidarité
envers ces derniers.
Une grande mobilisation est donc à l'ordre du jour dans tous le pays
avec tous les groupes, collectifs, associations, organisations de soutiens et tous ceux et celles
qui en ont assez de voir parader dans les médias le FN et Les Républicains, les Sarkozy, Estrosi et Bruno Le Maire, ceux et celles qui veulent voir enfin les partis qui se
réclament de la gauche mettre en œuvre une réelle politique d'ouverture et
d'accueil.
A Paris, à Calais, à la Courneuve , à Vintimille et dans toutes ces villes et bourgades où au quotidien on attend que s'affirme un rapport de forces. C'est dans la rue que doit s'exprimer la participation au grand mouvement européen de solidarité. Le temps presse.
Ci-dessous quelques-unes des images venues d'Allemagne et qui se diffusent massivement " Les réfugiés sont les bienvenus" ainsi que l'appel du journal allemand à très grande diffusion "Bild", qui s'est illustré
dans le passé par des articles xénophobes. Il lance cette fois-ci une
campagne "Wir Helfen" (nous aidons), de soutien aux réfugiés et reprend
même le sigle "Refugees Welcome". Un témoignage supplémentaire de la
situation dans ce pays.
L'assassin présumé de la députée britannique Jo Cox , Thomas Mair ,
était un soutien de longue date de la National Alliance, principale
organisation néo-nazie aux Etats-Unis, selon le très sérieux Southern Poverty Law Center (SPLC), institut américain dédié à la surveillance des mouvements extrémistes aux USA. Le SPLC a publié sur son site deux factures au nom de Thomas Mair datant de 2003, pour l’achat de plusieurs publications de la NA, dont un manuel destiné à la confection d’armes artisanales (chimie des poudres et explosifs, manuel des munitions improvisées, etc).
Mair était aussi l'un des premiers abonnés à S. A. Patriot, revue sud-africaine d'un mouvement suprématiste blanc, pro-apartheid ouvertement opposé aux «sociétés multiculturelles» et à «l'expansion de l'Islam».
D’autres cas de violences homicides néo-nazies ont eu lieu récemment en Grande-Bretagne et ont rencontré un très faible écho médiatique, comme dans le cas du docteur Sarandev Bhambra attaqué à la machette en janvier 2014. Memorial 98
En France, un silence troublé seulement par quelques dépêches de presse assez lapidaires entoure les suites des arrestations menées en Picardie, à Ham,
contre un groupe néo-nazi, le White Wolf Klan. Treize nouvelles mises en examen pour violences volontaires entre les membres même du
groupe viennent d'être annoncées, mais on ne sait toujours pas qui était visé par la tentative d'homicide volontaire pour
laquelle ils ont été interpellés initialement.
En Allemagne d'ailleurs, d'autres groupes similaires sont actifs sur le territoire.
Le 6 mai 2015, plusieurs membres d'une organisation terroriste néo-nazie ont été interpellés dans ce pays. La police indique qu'ils projetaient des attentats contre des lieux de cultes musulmans et des centres accueillant des réfugiés. Ces attentats auraient sans doute été meurtriers, au vu du matériel explosif puissant retrouvé aux domiciles des présumés terroristes.
Au Royaume Uni, se tient en ce moment le procès d'un suprémaciste blanc, soupçonné d'avoir voulu assassiner plusieurs membres de la famille royale. Il revendique son admiration pour le norvégien Andreas Breivik et avait développé une obsession raciale mortifère contre les bruns aux yeux noirs, selon lui signes du métissage conduisant la race blanche au déclin.
Le terrorisme d'extrême-droite est une réalité bien vivante en Europe: mais sans même se pencher sur l'hypothèse malheureusement crédible de certaines complaisances policières envers cette mouvance, on doit constater une très grande indifférence sociale à ce phénomène.
Celle-ci est a été relevée récemment par l'étude d'une entreprise privée de sécurité suisse qui met en lumière des éléments parlants sur le terrorisme néo-nazi en Allemagne: contrairement à d'autres formes de terrorisme, la violence d'extrême-droite n'est pas l'objet de beaucoup de recherches scientifiques d'ampleur. Les faits existants ne sont donc que rarement reliés entre eux alors même que des facteurs communs relient les agissements des activistes violents de cette mouvance.
Cette étude met notamment en relief plusieurs points communs.
Les groupes terroristes néo-nazis sont le plus souvent de petite taille , quelques individus pouvant commettre un nombre importants de crimes. Très souvent, ces groupes, voire individus ne revendiquent pas leurs actes, parce qu'ils estiment que le choix des cibles, dans l'immense majorité, des immigrés, des Juifs ou des militants de gauche parlent d'elles même, et que l'acte en lui même suffit à générer l'effet recherché, à savoir la terreur dans le groupe social visé.
Dans l'immense majorité des cas, également, le laps de temps entre la constitution du groupe et le passage à l'acte violent est très court, moins d'un an. Ce dernier élément suppose donc d'une part un conditionnement préalable très fort des individus concernés et correspond effectivement à l'ambiance des mouvances néo-nazies dans laquelle des jeunes gens vont se socialiser: l'univers néo-nazi actuel offre en effet tout le panel d'une culture de mort et d'apologie de la terreur apte à radicaliser extrêmement rapidement les nouveaux adeptes. On notera également qu'un passage à l'acte aussi rapide après la constitution d'un groupe destiné à commettre des actes très violents suppose aussi l'accès à des connaissances et à des moyens matériels pour pouvoir agir. Si les groupes sont de petite taille, voire même parfois composés d'un seul individu, cela ne signifie donc nullement qu'ils correspondent au mythe des Loups Solitaires propagés par les médias: en effet, se procurer des armes et l'ensemble de la logistique permettant d'agir implique des inter-actions avec un milieu beaucoup plus large.
Malheureusement, en France, pour le moment, l'analyse sociale, médiatique, scientifique, politique reste bien en deçà de ce qui pourrait permettre de comprendre et de combattre un phénomène dont tout montre, pourtant, qu'il est en plein développement. A commencer par l'explosion des actions de " basse intensité" commises par de très jeunes gens, notamment ce qu'on peut appeler les opérations "croix gammées": il ne se passe pas un mois, sans que dans les journaux locaux soient relatées la découverte dans de petites villes ou villages d'inscriptions néo-nazies recouvrant les murs . Ainsi, ce 15 mai, à Proyart, c'est le parvis de l’Église qui est maculé à la craie de croix gammées et de slogans xénophobes. Si les journaux sont prompts à se moquer de sigles souvent mal dessinés, de fautes d'orthographe dans les mots inscrits et si ces éléments indiquent souvent la très grande jeunesse des auteurs, cela rend la chose encore plus inquiétante. Ce "fait maison" maladroit des jeunes néo-nazis indique une volonté d'action autonome forte, malgré l'absence de moyens, sans utiliser par exemple des affiches de groupes militants existants.
Cette volonté d'action s'exprime aussi dans les profanations de cimetières Juifs ou musulmans, le stade d'au dessus du passage à l'acte. Là aussi, le néo-nazi, généralement un peu plus âgé, se saisit finalement de ce qui est à sa portée immédiate pour exprimer concrètement sa haine, le stade suivant étant l'agression de personnes physiques.
Si ces passages à l'acte peuvent paraître dérisoires et au fond très anecdotiques, des affaires comme celle de Ham montrent bien que leurs auteurs sont pourtant ceux qu'on va retrouver ensuite dans des groupes armés et prêts à passer à l'action: Jérémy Mourain, le principal animateur du White Wolf Klan a par exemple été condamné plusieurs fois pour des faits de ce genre.
Aussi, l'hypothèse selon laquelle ces actes seraient aussi des rituels de passage, des épreuves initiatiques permettant de "gagner la confiance" des militants plus vieux et plus expérimentés, ceux qui ont des armes, des réseaux et des potentiels matériels plus vastes, mériterait-elle d'être creusée.
Malheureusement, dans le cas du néo-nazisme, il n'existe pas d'espaces d'études et de combat contre la radicalisation: pas de numéro à appeler si l'on trouve des portraits de Hitler sur le téléphone de son fils de 14 ans, pas d'étude des signes inquiétants chez l'adolescent, pas de structures de "déradicalisation".
En réalité face aux jeunes militants néo-nazis, l'intervention étatique se divise en deux catégories , généralement selon la classe sociale de l'intéressé: les jeunes issus des classes populaires se faisant attraper suite à un acte violent passent en comparution immédiate et prennent des peines modérées mais incluant souvent quand même un passage par la case prison. Cela a été le cas par exemple, pour les jeunes gens qui ont tenté d'incendier récemment une mosquée à Mâcon. Quant à ceux qui sont issus de classes favorisées ou élèves de prestigieuses écoles militaires, la justice les oriente généralement vers des procédures longues, pendant lesquelles les avocats de la défense auront largement le temps de créer les conditions d'un acquittement ou d'une peine symbolique. C'est par exemple, le cas des cadets du lycée de l'Armée de l'air qui avaient aussi projeté un attentat contre une mosquée.
Le néo-nazisme violent dérange : c'est un phénomène qui ne correspond pas au discours dominant sur ce que sont les tares de nos sociétés. Les discours violents contre l'immigration ou les musulmans, le repli nationaliste exacerbé sont tenues par des forces désormais intégrées au jeu politique et en pleine expansion, et s'intéresser au phénomène néo-nazi, c'est aussi regarder en face une des traductions concrètes de ces discours banalisés.
Mais ce qu'on ne regarde pas continue à exister et à se développer.
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Centre d'accueil de réfugiés victime d'un attentat néo nazi à Vorra le 12 décembre 2014
On les a décrit comme des groupuscules sans importance. On a accusé
celles et ceux qui alertaient sur leur développement d'être à côté de la
plaque politiquement, d'utiliser des concepts antifascistes dépassés, à
un moment où l'extrême-droite "faisait sa mue démocratique".
Aujourd'hui, les néo-nazis sont candidats du FN, les néo-nazis ont des
élus dans plusieurs pays d'Europe...et des démocrates commencent à avoir
peur de faire de la politique et préfèrent quitter des fonctions
électives face aux menaces. Le maire de Tröglitz a pris une décision courageuse en démissionnant le 7 mars 2015 de son mandat dans une ville de l'est de l'Allemagne, suite à des pressions de néo-nazis concernant l'ouverture d'un centre pour réfugiés. Car démissionner était finalement la seule manière d'attirer
l'attention sur un danger qui nous menace tous, et sa parole d'élu,
aura -t-elle, au moins, brisé le silence médiatique sur la terreur brune.
C'était il y a un mois... Le maire avait démissionné en dénonçant
publiquement sa solitude face aux intimidations et menaces des néo-nazis
contre lui et sa famille.
Il y a quelques jours, un incendie criminel a dévasté le futur centre de réfugiés prévu dans la commune, contre lequel les néo-nazis avaient manifesté à de nombreuses reprises depuis le début de l'année 2015. Les attentats contre les lieux d'accueil des réfugiés se multiplient en Allemagne : on en a recensé 150 en 2014.
Le néo-nazisme déjà très implanté et actif a évidemment été boosté par
Pegida, mouvement où ses troupes donnaient l'impulsion. Dans plusieurs
villes d'Allemagne, des mouvements issus de cette mobilisation raciste
de masse annoncent des listes aux prochaines élections.
Comme
partout extrême-droite légaliste et extrême-droite extra-légale sont
étroitement et structurellement liées, et se renforcent mutuellement.
Comme partout, l'éventail du fascisme se déploie dans toutes les directions: élections, agitation de rue, violence pogromiste.
Manifestation antiraciste à Tröglitz, Allemagne
Malgré tout, les antiracistes se mobilisent : un rassemblement de 300 personnes a eu lieu samedi 11 avril à Trögitz, contre le racisme et la xénophobie.
Nouvelle tentative d'extension de mobilisations de type Pegida, mouvement islamophobe lancé en Allemagne et dont la dynamique s'est calmée après la publication d'une photo d'un des dirigeants grimé en Hitler.
Cette
fois-ci c'est le parti italien d'extrême-droite Ligue du Nord qui tente
de surfer sur la vague, ce samedi 28 février 2015. Comme en Grande-Bretagne le même jour et en
Autriche récemment, les contre-manifestants sont beaucoup plus nombreux
que les xénophobes.
A Newcastle les militants antiracistes étaient 2000, cinq fois plus que les manifestants anti-islam.
Malgré cet aspect positif, il faut mesurer la
gravité de la situation en Europe et en France. L'extrême-droite est à
l'offensive et les partis conservateurs suivent une orientation
nationaliste largement influencée par cette pression.
Lundi 6 janvier 2015, comme d'autres lundi, des manifestations islamophobes se sont tenues dans plusieurs villes d'Allemagne. Mais à part à Dresde, les plus nombreux étaient du côté antiraciste !
A Berlin,il y avait 5000 antiracistes pour 300 manifestants "anti-islamisation". Même rapport de force à Cologne en faveur des partisans de l'égalité et de la solidarité avec les étrangers et les musulmans.
A
Hambourg, la manifestation anti-raciste a été organisée par un
collectif baptisé «Européens tolérants contre la crétinisation de
l’Occident» (Tegida).
A Dresde les manifestations islamophobes sous
l'égide de Pegida ("patriotes européens contre l'islam") s'étendent, mais environ 5000 personnes sont descendues dans la rue à l'appel du collectif "Dresde sans nazis".
A Munich 12000 personnes selon la police, ont manifesté contre Pegida avec pour mot d'ordre "les réfugiés sont les bienvenus".
"Ici, des milliers de personnes se dressent ensemble contre le racisme
et l'exclusion", a lancé le maire social-démocrate de la ville, Dieter
Reiter. Ailleurs, des contre-manifs ont rassemblé 2.500 personnes à
Bonn (ouest), 2.000 à Kassel (centre) et 700 à Würzburg (sud). Dans ces
villes, les déclinaisons locales de Pegida n'ont à chaque fois pas
dépassé les 250 personnes.
Les
initiatives locales en solidarité avec les réfugiés se multiplient:
cours d'allemand gratuits, examens et soutien psychologique pour les enfants qui viennent de zones de guerre, formations spéciales pour les travailleurs sociaux afin de mieux appréhender les problématiques propres aux réfugiés... Des étudiants berlinois ont créé un site (www.fluechtlinge-willkommen.de qui signifie bienvenue aux demandeurs d'asile) collectant, pour les réfugiés, des annonces de chambres libres dans des colocations. Ou encore cette journaliste, Birte Vogel, qui a créé un blog rassemblant les projets de soutien aux réfugiés. Aide aux repas, achats de matériel dans des supermarchés: la Berlinoise Ulrike Meier met la main à la pâte dans un foyer qui héberge depuis début décembre une centaine de réfugiés dans le centre de la capitale allemande. "Accueillir des réfugiés est un défi énorme" mais "nous sommes ouverts et nous voulons aider", explique-t-elle à l'AFP. Pegida est "un mouvement extrêmement populiste" qui reflète en un sens une partie de la société mais certainement "pas ce qu'est l'Allemagne" dans sa totalité.