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samedi 9 juillet 2016

Nouveau scandale antisémite dans la gauche espagnole.

  

Un an après le scandale antisémite qui a touché la municipalité Podemos de Madrid, on assiste à une nouvelle irruption de ce genre dans la gauche espagnole.  
La section de Madrid du parti de gauche Izquierda unida, allié de Podemos, qui regroupe l'ancien PC et une partie de la gauche radicale, a diffusé une image scandaleuse (ci-dessus) à l'occasion de la visite d'Obama, contre laquelle elle appelle à manifester le 10 juillet. 

On y voit une image grossière du président américain étreignant une caricature de Juif à papillotes et retirant une liasse de dollars de la poche de ce dernier.

La sélection de stéréotypes antisémites et conspirationnistes les plus répugnants est particulièrement choquante. Elle semble directement tirée de la tradition fasciste. 
L'image d'Obama en "noir à grosses lèvres" est elle aussi issue de ce fond abject.

On notera qu'au même moment la campagne de Trump aux USA a elle aussi recours a une imagerie antisémite à l'encontre de Hillary Clinton (ci-dessous) associant la corruption et l'étoile juive et tirée d'une site néo-nazi


 

On assiste d'ailleurs actuellement à des nombreuses campagnes négationnistes et antisémites sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook et Twitter.

Cette nouvelle irruption antisémite à Madrid se produit quelques semaines après la révélation de graves problèmes d'antisémitisme au sein du Labour britannique

On avait déjà noté dans ce dernier cas une tolérance inexcusable à l'égard de positions racistes antisémites au sein de ce parti, puisque des mesures ne furent prises que suite à des révélations et scandales, alors que la direction du Labour était bien alertée et informée des horreurs diffusées depuis des mois voire des années.

Le scandale de Madrid résonne à nouveau comme une alerte particulièrement grave, montrant une diffusion de thèses antisémites, complotistes et négationnistes au sein de la gauche, au motif de défendre les causes anti-guerre ou  palestinienne. 

Ces causes se trouvent au contraire salies et affaiblies par la tonalité antisémite de ces "soutiens". 

Une vigilance particulière est nécessaire face à cette véritable peste que représente la diffusion du racisme et de l'antisémitisme au sein de la gauche et du mouvement social. 

 

MEMORIAL 98

 

 


 

lundi 15 juin 2015

Madrid: un élu de la nouvelle municipalité a tenu des propos antisémites. Dehors!

Guillermo Zapata, élu à la municipalité de Madrid avec Manuela Carmena, tête de liste de la coalition citoyenne soutenue par Podemos, doit être mis à l'écart après ses messages antisémites postés sur son compte Twitter en 2011 et 2014.

Parmi ses messages polémiques, un tweet diffusé le 31 janvier 2011 et qui reprend un grand classique négationniste et antisémite : "Comment mettre cinq millions de juifs dans une Fiat 600 ? Dans le cendrier" ainsi que d'autres "plaisanteries" abjectes visant notamment une victime de l'ETA. Il n'y a aucune justification à laisser en place un tel individu qui salit l'espoir né de la victoire contre la vieille droite post-franquiste.

 Le conseiller municipal rattaché à la culture et aux sports de la ville de Madrid a présenté ses excuses avant de fermer son compte Twitter, explique la radio Cadena SER. Il se défend d'être antisémite mais se positionne comme un "humoriste" : "J'ai toujours aimé l'humour noir et cruel", car "je considère comme une expression saine de se moquer des horreurs commises par nous, les êtres humains", a-t-il expliqué.
Il prétend maintenant qu'il avait mis en ligne ces propos il y a quatre ans "entre guillemets parce qu'ils entraient dans le cadre d'une discussion sur les 'limites de l'humour'", qui avaient été vivement débattues en janvier et février 2011 en Espagne.
Le débat était à l'époque né du limogeage par le journal El Pais d'un réalisateur, Nacho Vigalondo, après plusieurs tweets négationnistes et antisémites, eux aussi présentés comme "humoristiques".  Guillermo Zapata entendait ainsi défendre son ami Vigalondo.
"A présent, certains de ces tweets écrits dans ce contexte, celui d'une conversation sur l'humour noir, ont été récupérés dans le but d'être présentés comme si ces idées étaient les miennes, alors que je ne les défends absolument pas", écrit Guillermo Zapata. Et de plus, pour rajouter encore aux stéréotypes des antisémites pris en flagrant délit, il dit avoir toujours été "intéressé par la culture juive". Quatre ans après ses propos et à veille d'être nommé adjoint à la Culture, il s'excuse opportunément:
"Je condamne fermement tout type de racisme et évidemment également l'antisémitisme. J'estime que de l'Holocauste juif découle une leçon que l'humanité ne devrait jamais oublier, pour que cela ne se reproduise jamais".

Manuela Carmena semble hésiter  La maire n’exclut pas de destituer Zapata, mais elle ne s’est pas encore prononcée de manière définitive. Elle a ainsi déclaré fort justement que " l'humour noir ne peut pas être cruel selon moi ni faire du mal,  se disant inquiète de l'attitude que peut avoir face à "l'humour noir", une personne en qui j'avais confiance..." . Mais elle a toutefois précisé n'avoir pas encore pris sa décision, après un bref entretien téléphonique avec l'intéressé dimanche 14 juin. Je dois parler avec Guillermo demain et réfléchir à ce que je dois faire (...) savoir ce qu'il pense vraiment..."
Certains de ses proches ont quant à eux dénoncé “une campagne féroce pour délégitimer une équipe disposant d’un fort soutien populaire”. Ceux-là préparent sans doute déjà une mise en cause d'un "lobby juif", suite à la demande légitime de la communauté juive espagnole adressée à la maire pour exiger la démission de Zapata ou le limoger immédiatement.

Pour nous il est clair que des racistes, des antisémites, des islamophobes, des "humoristes cruels" n'ont pas leur place dans des responsabilités publiques, particulièrement dans une équipe issue du mouvement social et qui veut rénover la gauche.

Post-scriptum: Manuela Carmena a tranché et dans le bons sens, Guillermo Zapata ne sera pas adjoint à la Culture dans son équipe municipale.