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dimanche 13 novembre 2016

Rosa Parks: héroïne du combat contre la ségrégation raciale.



                              Rosa Parks et Martin Luther King



Le 13 novembre 1956 représente une date majeure dans l’histoire du mouvement des droits civiques et de la lutte contre la ségrégation raciale  aux États-Unis. 


Ce jour là, la Cour suprême des USA statua, par l'arrêt dit « Browder v Gale »,  que la ségrégation dans les bus était anticonstitutionnelle. 

Cette décision répondait au mouvement de boycott des bus pratiquant cette ségrégation lancé à Montgomery, en Alabama, depuis le 5 décembre 1955, au lendemain de la condamnation de Rosa Parks (voir ci-dessous)
La nouvelle ne parvint à Montgomery que le 20 décembre suivant. Le boycott cessa le lendemain, après 381 jours de mobilisation.   

Quelques jours après l’élection d’un Trump qui a mené une campagne raciste et discriminatoire, il est important de se souvenir du long combat, encore largement inachevé, des Afro-américains vers l’égalité des droits. 
La multiplication des crimes racistes commis par la police mais aussi le terrorisme d’extrême-droite dirigé contre les Afro-américains comme à Charleston en juin 2015 indiquent la gravité de la situation. 
D'ores et déjà, après la présidentielle, les actes et paroles racistes sont en forte augmentation aux USA, comme lors du Brexit  en Grande-Bretagne    

La ségrégation raciale était répandue dans les transports publics aux États-Unis, et même officialisée par une décision de la Cour suprême en 1896.

Dans les bus de Montgomery, les quatre premiers rangs étaient réservés aux Blancs. Les Noirs, qui représentaient 75 % des usagers, devaient utiliser les places à l'arrière du bus. 
Ils pouvaient néanmoins s'asseoir dans la zone centrale, mais seulement jusqu'à ce que des Blancs en aient besoin; ils devaient alors soit céder leur place et aller vers le fond, soit quitter le bus. 
Si les places centrales étaient occupées, les Noirs devaient tout de même acheter leur billet à l'avant, mais devaient ressortir du bus avant de rentrer par la porte arrière pour rejoindre les emplacements qui leur étaient destinés au fond du bus.

C’est contre cette discrimination raciste que se dresse Rosa Parks lorsque, le 1er décembre 1955, elle refuse d'obéir au conducteur de bus Blake qui lui ordonnait de laisser sa place à un Blanc et d'aller s'asseoir au fond du bus.

Depuis de nombreuses années, la communauté noire se plaignait de la situation. Avant le refus de Rosa Parks, devenu célèbre, Claudette Colvin, une adolescente âgée de 15 ans avait été arrêtée le 2 mars 1955 pour avoir enfreint ce règlement, et d'autres personnes l'avaient payé durement, parfois de leur vie.
Rosa Parks en témoigne : « Ma résistance à ces mauvais traitements dans le bus n'ont pas commencé avec cette arrestation. J'ai fait beaucoup de marche à pied à Montgomery. » 
Elle en avait fait l'expérience un jour pluvieux de novembre 1943, quand le même chauffeur de bus, James Blake, comme à son habitude, lui indiqua de payer sa course à l'avant, redescendre et de remonter par la porte arrière. Voyant que l'accès par l'arrière est encombré, elle décide d'aller directement vers le fond. Blake furieux, la main sur son revolver, l'empoigne pour la ramener vers l'avant. Elle laisse alors tomber son sac à main et s'assied un instant sur un siège réservé aux passagers Blancs pour le récupérer. Blake lui laisse à peine le temps de descendre du bus, qu'il redémarre. Ironie du sort, elle se confrontera au même chauffeur le 1er décembre 1955, alors qu'elle cherchait à l'éviter depuis cet événement.

Ce jour de 1955, elle n'avait pas planifié son geste, mais une fois décidée, elle l'assume totalement. Après son travail, elle prend le bus vers 18 heures. Alors qu'elle s'est assise au milieu, quatre personnes blanches montent à l'arrêt devant l’Empire Theater mais il n'y a de places assises que pour trois passagers. Le quatrième le signale à Blake qui demande aux Noirs d'une rangée du milieu d'aller à l'arrière. Ces derniers refusent puis finalement les trois hommes noirs obtempèrent, mais Rosa reste dans cette rangée, acceptant uniquement de se déplacer à droite.
Blake, furieux qu'elle refuse de se déplacer dans la colored section, descend du bus et appelle son chef, qui lui indique de faire venir la police. Rosa Parks est alors arrêtée, emmenée au poste de police de l'Hôtel de ville puis transférée à la prison. 
Elle prend contact avec un avocat noir, membre de la NAACP (National association for the advancement of coloured people) , principale association de défense des droits des Noirs américains. Celui-ci comprend l'intérêt symbolique du combat à mener. Il appelle un avocat blanc, Clifford Durr, qui accepte de contester la loi sur la ségrégation dans les bus. Ils la font libérer le lendemain soir.

La nuit suivante, cinquante dirigeants de la communauté afro-américaine, emmenés par un jeune pasteur peu connu à l'époque, Martin Luther King, se réunissent pour discuter des actions à mener à la suite de l'arrestation de Rosa Parks . Ils y fondent la Montgomery Improvement Association, dont ils élisent King comme président. Il y popularisera les pratiques de la désobéissance civile.


Le mouvement a trois revendications immédiates:
1. Que les Blancs et les Noirs puissent s'asseoir où ils veulent dans l'autobus.
2.   Que les chauffeurs soient plus courtois à l'égard de toutes les personnes.
3.   Que des chauffeurs noirs soient engagés.

Boycott

Jugée et inculpée de désordre public ainsi que de violation des lois locales le  5 décembre, Rosa Parks écope d'une amende de 10 dollars (plus 4 dollars de frais de justice). Ses avocats décident de faire appel.

La veille du procès, 35 000 tracts ont été distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus à compter du lundi 5 décembre. Le mot d'ordre fut repris par le journal noir local, The Montgomery Advertiser et reconduit après une réunion à l'église. 

C'est le début du boycott des bus de Montgomery; il se prolongera pendant 381 jours. Des douzaines de bus publics restèrent au dépôt pendant des mois jusqu'à ce que la loi sur la ségrégation dans les bus publics fût levée. La plupart  des usagers marchèrent à pied ; des taxis conduits par des Noirs firent des trajets au tarif du bus (10 cents). Localement, quelques Blancs les soutinrent, parfois par idéologie, parfois simplement parce qu'ils avaient besoin que leurs employés noirs viennent travailler. Peu à peu, grâce en partie à l'écho international qu'eut le mouvement, des fonds ont commencé à arriver, permettant de mettre en place un service d'autobus parallèle, ou plus modestement l'achat de paires de chaussures.
Des actes racistes violents furent perpétrés, y compris le dynamitage des domiciles de Martin Luther King et de l'avocat Edgar Nixon.
Ce mouvement provoqua beaucoup d'autres protestations contre la ségrégation menée aux États-Unis.

Décision de la Cour suprême

Finalement, le 13 novembre 1956, la Cour suprême des USA statua par l'arrêt dit « Browder v Gale », qui proclama que la ségrégation dans les bus était anticonstitutionnelle. La nouvelle ne parvint à Montgomery que le 20 décembre suivant. Le boycott cessa le lendemain.

Toutefois, la violence continua avec des tirs contre les bus et le domicile de Luther King et des explosions visant les églises fréquentées par les Noirs. Et, si la ségrégation avait été abolie dans les bus de l’État , ce n'était pas encore le cas pour les liaisons entre les différents États. Un groupe de jeunes fonda le Freedom Ride (qui peut se traduire par les voyages de la liberté), mais après quelques jours, un de ces bus fut stoppé par le Ku Klux Klan ; ses occupants furent frappés et le car brûlé. Ce n'est qu'en 1964  que les lois ségrégationnistes furent abrogées par le Civil Rights Act qui interdit toute forme de ségrégation dans les lieux publics, puis en 1965  par le Voting Rights Act qui supprime les tests et les taxes imposés pour devenir électeur. Ces moyens étaient utilisés afin d’empêcher les Afro-américains de voter.


Alors que s'ouvre aux États-Unis une période d'affrontements, nous rendons hommage aux combattant.e.s des droits civiques et de l'égalité, à Rosa Parks, Martin Luther King et tous les autres, pionniers d'un avenir nécessaire.



Actualisation du 14 novembre: hommage à deux autres héroïnes, Barbara Henry et Ruby Bridges

14 novembre 1960 : la lutte contre la ségrégation raciale et pour les droits civiques des Noirs bat son plein.

Le président Eisenhower a concédé l’ouverture des écoles blanches aux Afro-américains.
Ruby Bridges, alors âgée de 6 ans, est la première à franchir les portes d’une école de La Nouvelle-Orléans, sous les huées et les projectiles d’une foule blanche déchaînée.

Face aux menaces de mort, de kidnapping et de torture que la famille Bridges reçoit, le président Eisenhower envoie, le lendemain, quatre gardes fédéraux (Marshalls) pour la protéger (ci-dessous)



Les parents blancs retirent immédiatement leurs enfants de l’établissement. 

Tous les enseignants, à l'exception d'une professeur blanche nommée Barbara Henry, refusèrent également de faire cours s'il y avait une enfant noire dans l'école. Pendant un an, Mme Henry enseigna donc uniquement à Ruby, comme si elle enseignait à toute une classe.
Son père perdit son emploi suite à et ses grands-parents, agriculteurs du Mississippi, furent renvoyés de leurs terres.

Ruby Bridges, aujourd'hui Bridges Hall, vit toujours à La Nouvelle-Orléans. Elle est maintenant la porte-parole de la Ruby Bridges Foundation, fondée en 1999 pour promouvoir « les valeurs de la tolérance, du respect et de l'appréciation des différences ». Décrivant la mission de cette association, elle dit : « le racisme est une maladie importante ».



Memorial 98 

Mise à jour du 5 novembre 2018

Alors que Donald Trump encourage la violence contre les minorités et ses opposants, le combat et la figure de Rosa Parks demeurent plus que jamais des exemples de détermination et de courage. Sa lutte contre les discriminations représente l'avenir d'une humanité débarrassée du racisme et des ségrégations de tous ordres.

MEMORIAL 98 
 
 Mise à jour du 3 janvier 2019



La parution de la traduction du témoignage de Rosa Parks  "Mon Histoire" (ci-dessus, éditions Libertalia, 10 Euros) constitue une excellente nouvelle. Ce petit volume relate sa vie d'enfant noire en Alabama et bien sûr ses combats contre la ségrégation et pour les droits civiques.

Memorial 98




mercredi 28 octobre 2015

En mémoire de Zyed Benna et Bouna Traoré: morts sans justice




Anniversaire de la mort tragique de Zyed Benna et Bouna Traoré, victimes de la traque policière puis de la négligence des ces mêmes policiers, qui savaient pourtant que ces jeunes étaient en danger de mort. C'est à eux, à leurs familles, à leurs amis et à la population de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil que vont nos pensées.

Et pourtant un certains nombre de médias choisissent de parler essentiellement "d'émeutes" et de violences qui ont suivi leur mort.

27 octobre 2005, Clichy-sous Bois (Seine-Saint-Denis): Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, meurent électrocutés après que la police les ait poursuivi. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, prétend que les enfants auraient volé sur un chantier. Accusation fausse et infamante. Cette accusation, qui transforme Zyed et Bouna en délinquants, est colportée jusqu'à ce jour par la propagande d'extrême-droite, après avoir été reprise par le très sarkozyste Estrosi

La veille de ce jour, le 26 octobre, le même Sarkozy avait évoqué  à Argenteuil les "racailles"
des quartiers, quelques mois après avoir menacé de nettoyer "au Karcher" la cité des 4000 de la Courneuve. Il préparait déjà sa campagne présidentielle de 2007 et  la course à l'électorat  du Front National, en reprenant les thèmes de ce dernier.
Le ministère de l'"Identité nationale" était à l'horizon de ce quinquennat qui se termina par une campagne encore plus raciste

Les amis des adolescents, leurs voisins et plus globalement la jeunesse des quartiers populaires, répondirent par des manifestations qui, comme une traînée de poudre solidaire, se propagèrent à des dizaines de villes. Ces manifestations témoignaient de l'immense sentiment de discrimination que ressentent les habitants de ces quartiers, victimes du racisme et des violences policières et subissant de plein fouet les inégalités sociales.

A Clichy-sous-Bois et dans la ville limitrophe de Montfermeil, les forces de police brutalisaient les habitants et ceux qui tentaient de rétablir le calme. Le 30 octobre une grenade lacrymogène d'origine policière explosait à proximité de la mosquée des Bosquets de Clichy-sous-Bois, en plein mois du Ramadan.

Le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy décrète l'état d'urgence. Plus de 6.000 personnes sont interpellées, 30 communes instaurent un couvre-feu.

Dix ans après, le 18 mai 2015, la justice a relaxé en appel les policiers qui avaient poursuivi Zyed Benna, Bouna Traoré et Muhittin Altun (grièvement blessé dans les mêmes circonstances). Ils ont été acquittés et ne sont responsables de rien.

La rage demeure. Dans ce contexte, la récente décision gouvernementale de contester la condamnation  de  cinq contrôles d'identité "au faciès"  en se pourvoyant en Cassation représente une violence supplémentaire.
Comme le déclare un des avocats de ceux qui avaient gagné en appel: « C’est une manière de dire que les règles d’égalité et de non-discrimination ne s’appliquent pas à la police. Pour les jeunes que nous défendons, c’est une preuve de plus qu’ils vivent dans un système ségrégationniste et que la gauche choisit de le perpétuer "
 De plus, cette décision est contraire aux engagements de François Hollande durant la campagne présidentielle de 2012, qui avait promis de mettre fin à ces contrôles discriminatoires.

Le combat continue pour l'égalité sociale, contre le racisme et les discriminations, en mémoire aussi de tous les jeunes victimes de violences policières. 

Actualisation du 27 juin 2016 :

La relaxe des deux policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger a été confirmée le 24 juin par la cour d’appel de Rennes. Depuis une décennie et une procédure interminable, la justice s’échine à nier toute responsabilité de ces policiers.  L’un des avocats de la partie civile annonce d’ores et déjà un pourvoi en cassation.
Nous soutenons la poursuite de ce combat  pour la justice.

Memorial 98


Actualisation du 18 mai 2016

Coïncidence des dates: deux jours avant la manifestation d'organisations policières, le tribunal de Rennes a totalement relaxé les deux policiers impliqués dans la mort de Zyed et Bouna.  Le tribunal de Rennes a rendu son jugement lundi 16 mai, et suivi les réquisitions du parquet qui réclamait la relaxe des deux policiers poursuivis dans cette affaire, pour non-assistance à personne en danger.
Le tribunal a décidé que les deux policiers n’avaient pas connaissance d’un danger « certain et imminent » pour les jeunes quand ils ont quitté les lieux. Les adolescents de 15 et 17 ans se trouvaient pourtant à l’intérieur du transformateur, mais les agents ont toujours affirmé avoir ignoré cette information au moment des faits.

La conséquence de ce jugement est très concrète: la relaxe écarte en effet tout versement de dommages et intérêts aux familles des deux victimes et à Muhittin Altun, gravement blessé. Le président du tribunal a estimé que le traitement politique et médiatique des événements avait « considérablement alourdi la souffrance des familles », mais que, comme ce dommage n’était pas imputable aux personnes poursuivies, leur requête était irrecevable.

Une fois de plus c'est l'injustice qui triomphe. Elle nourrit l'exclusion et la marginalisation des victimes de violences et  des habitants des quartiers populaires.

Memorial 98

mercredi 9 septembre 2015

Concours de haine de maires contre les réfugiés






Mise à jour du 25 mars 2017




Gérard Dézempte, dont la décision discriminatoire sur les réfugiés a été annulée par la justice,  parraine Marine Le Pen pour la présidentielle
Le tribunal administratif de Grenoble a annulé une décision de ce maire de Charvieu-Chavagneux (Isère) qui se disait prêt à accueillir des réfugiés à la « condition expresse » qu’ils soient chrétiens.



L’affaire remonte à septembre 2015, en pleine crise des migrants. À l’époque, le maire de Charvieu-Chavagneux  avait pris la décision d’accueillir des réfugiés, mais à la « condition expresse » qu’ils soient chrétiens.
Il  arguait alors que, au Moyen-Orient, « la minorité chrétienne est discriminée et anéantie en raison de sa qualité de minorité chrétienne » et qu’il fallait donc « revenir au principe même qui fonde le droit d’asile, c’est-à-dire la persécution qui engendre l’accueil »,
C’est cette décision que le tribunal administratif de Grenoble a annulé, le 16 mars, confirmant une première décision de suspension en référé, en novembre 2015, après un recours de la préfecture, opposée à la décision communale.
Le tribunal estime en effet que « la commune n’est pas fondée à soutenir qu’eu égard aux persécutions dont ils font l’objet dans leurs pays d’origine, les chrétiens réfugiés en France se trouveraient dans une situation différente des autres réfugiés pour leur hébergement, ni que la différence de traitement entre réfugiés (…) serait justifiée par l’intérêt général ».
Le tribunal rejette aussi l’argument de la sécurité, mis en avant par la ville. Elle avait plaidé que « les chrétiens n’attaquent pas les trains armés de kalachnikov, qu’ils n’abattent pas des journalistes au sein de leur rédaction et qu’ils ne procèdent pas à la décapitation de leur patron »,

 
Égalité devant la loi.
Lors de l’audience, le rapporteur public avait aussi demandé l’annulation de la décision, se fondant notamment sur l’article 1 de la Constitution qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Cet article « interdit de traiter différemment les individus sur la base de critères comme la religion, la race ou l’origine ethnique », avait argumenté l’avocat de SOS Racisme, partie civile au dossier, interrogé par France 3. « En réservant des logements à une catégorie de population, cette décision excluait le reste [des migrants] et générait donc une discrimination fondée sur la religion, poursuivait-il. Elle méconnaissait donc le principe d’égalité devant la loi. »
Le tribunal a condamné la ville à verser 600 € à l’association au titre des frais engagés.

Une autre décision fait scandale
Récemment, le maire divers droite de la ville, qui a parrainé Marine Le Pen pour l’élection présidentielle, a de nouveau fait scandale, en interdisant les cours d’arabe et de turc à l’école primaire (une vingtaine d’élèves en bénéficiaient), au motif qu’« on est en train de donner la possibilité à des gens de lire un certain nombre de documents qui leur permettront de se radicaliser ». La suppression de « l’enseignement des langues et cultures d’origine » à l’école est une des 144 engagements du programme de Marine Le Pen.

MEMORIAL 98 

 
Évidemment Robert Ménard, maire de Béziers est hors-concours: les fascistes dans son genre sont toujours les plus forts dans la manipulation et dans l'expression de la haine. La Une du journal municipal de Béziers ci-dessus constitue de plus un faux grossier, puisque qu'il s'agit d'une photo de l'agence AFP prise le 18 juin en Macédoine. Les deux  pseudo-pancartes faisant référence à Béziers ont été rajoutées par la mairie de Ménard sur la photo originale, qui n'en comporte évidemment pas. Pour mémoire Ménard est soutenu par le Front National, mais aussi par le parti Debout la France du député Dupont-Aignan.

Mais plusieurs maires "Les Républicains" ne sont pas loin de Ménard. Ce sont tous ceux qui déclarent ne vouloir accueillir que des "chrétiens" car les réfugiés "musulmans" sont à leurs yeux des terroristes en puissance. Le premier à lancer cette idée discriminatoire et islamophobe a été le maire de Roanne, qui a été suivi par plusieurs autres membres de son parti.

L'exemple le plus frappant est celui de Gérard Dézempte, maire de Charvieu-Chavagneux dans  l'Isère, dont nous retraçons le parcours. Il a fait adopter par le conseil municipal de sa ville,  à l'unanimité,  une résolution visant "pallier la politique étrangère irresponsable de l’État (il soutient Bachar El Assad) en accueillant une famille de réfugiés, à la condition expresse que ce soit une famille chrétienne".  Il justifie ce choix en reprenant les mots du FN: "« l’entrée de milliers de clandestins chaque année […] entraîne l’arrivée massive d’infiltrés djihadistes sur le territoire ».

Son parcours est significatif: Dézempte est un multi-récidiviste. Maire depuis 1983, conseiller général et ancien conseiller régional, RPR, il a été partisan de Charles Millon c'est dire de l'alliance au conseil régional de Rhône-Alpes avec le FN de Bruno Gollnisch en 1998. A nouveau UMP, Gérard Dézempte a déjà défrayé la chronique en  matière de racisme et d'islamophobie.

Voici un extrait de ses "exploits:
- 1989 : un bulldozer envoyé par sa mairie détruit "par erreur" un local de prière musulman. Il a fait l'objet d'un non-lieu.
- 1994 : sous sa présidence, la commission d'attribution de logement de l'Opac de l'Isère réalise le logiciel "Habitat 400", pour planifier la répartition des étrangers et des Français d'origine étrangère.
- 1997 :  il veut organiser un référendum local proposant l'instauration d'un "seuil de tolérance" d'étrangers dans les HLM de la commune. Cette mascarade est annulée par la Cour d'appel de Lyon.
-2000:  les Ghezzal, un couple de Français d'origine maghrébine, souhaitent acheter un pavillon sur le territoire de sa commune. Après avoir signé un compromis de vente avec les propriétaires, les époux Ghezzal reçoivent une lettre de la mairie les informant de son intention d'utiliser son droit de préemption pour transformer cette maison en local associatif. Mais quelques mois plus tard, ils apprennent que la vente s'est concrétisée avec un autre acheteur, dont le nom sonne plus "français", sans que la mairie n'ait usé de son droit de préemption. En novembre 2006, Gérard Dézempte était condamné à trois ans d'inéligibilité et 1 500 euros d'amende. Condamnation confirmée par la Cour d'appel de Grenoble en novembre 2006. L’affaire est encore en cours, suite à des aspects juridiques sur la préemption fictive, non reconnue par la Cour de Cassation comme mode de discrimination.

Entre-temps, en 2013, Dézempte a été condamné  pour avoir participé à l’élaboration du PLU (Plan local d’urbanisme) alors que ce PLU concernait des parcelles foncières dont il est le propriétaire. Un homme digne de confiance et un modèle d’honnêteté.

Sans surprise Dézempte soutient le régime syrien et déclare que cette crise migratoire est liée "à l’inconscience de son président (F. Hollande), qui a décidé d’attaquer Bachar Al-Assad et qui réalise que ce n’était pas une bonne chose". C'est aussi le cas de Ménard à Béziers qui proclame son soutien au régime Assad, comme toute l'extrême-droite française et européenne.
La porosité entre des fractions des Républicains et le Front National fait une nouvelle démonstration de sa nocivité, sur le dos des réfugiés syriens.

Le mouvement de soutien et de solidarité à l'égard des réfugiés et de tous les migrants est plus que jamais nécessaire. C'est de sa force que dépendent les décisions qui seront prises par les maires et le gouvernement.

Memorial 98





lundi 31 août 2015

Islamophobie: après la plage, le maire de Wissous sévit à la cantine.

A Wissous (Essonne), l'été dernier , le maire Richard Trinquier ( Les Républicains) s'était illustré, à peine élu, par une offensive raciste virulente. Non content d'avoir tenté d'interdire "Wissous Plage" à des femmes portant un voile, l'élu avait ensuite diffusé sur des affiches le nom des courageuses qui avaient osé porter l'affaire en justice et gagné. Sur les murs Facebook des élus de la majorité municipale, les menaces et les insultes contre les habitants musulmans de la commune avaient atteint un niveau de violence extrêmement élevé, tandis que certains de ses habitantEs témoignaient aussi de prises à parti dans leur quotidien. 

A l'époque, l'UMP avait "suspendu" Trinquier, et l'exclusion était promise par certains responsables. Mais à la finale, Trinquier s'est contenté d'enlever une délégation à une de ses adjointes; il est toujours aux Républicains. Rien d'étonnant dans un contexte de course à l'échalote raciste entre ce parti et le FN: les positions islamophobes de Trinquier sont désormais tout à fait celles de Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, dès l'été dernier l'initiative démagogue de Trinquier avait inspiré immédiatement Nadine Morano, qui s'était empressée de livrer à la vindicte publique une femme musulmane croisée sur une plage et photographiée par ses soins.

C'est donc très logiquement, qu'en cette rentrée, Trinquier, qui bon gré mal gré a du renoncer à la discrimination à la plage, se venge à la cantine scolaire. A son tour, il annonce en effet la "suppression de menus de substitution", comme l'ont fait avant lui, d'autres maires Les Républicains , comme celui de Châlons sur Saône. Trinquier traduit d'ailleurs très bien l'objectif de ces mesures, en évoquant dans la presse uniquement "les enfants qui ne mangent pas de porc". La consommation de cochon comme obligation laïque est évidemment parfaitement ridicule, mais cela témoigne d'un dévoiement très courant de la notion de laïcité, qui devient une simple défense des pires lubies identitaires. 

Traduites en actes concrets au quotidien, ces lubies identitaires n'ont pas comme seul effet la complication du quotidien pour les personnes discriminées: elles créent une inégalité profonde au sein de la population, faisant des gens concernés d'éternels étrangers de l'intérieur, surveillés, pointés du doigt, et humiliés en permanence. Des portions grandissantes de l'espace public sont désormais le lieu de la chasse et de l'exclusion dès le plus jeune âge : l'école, les sorties scolaires, les espaces de loisir, la cantine. Dans le même mouvement, les  victimes de ce racisme ordinaire et local se voient imposer une stigmatisation et règlementation de tous leurs comportements les plus banals, de l'habillement jusqu'à la nourriture

D'ailleurs à Wissous, Trinquier a fait un pas de plus dans la désignation raciste institutionnalisée de "l'ennemi intérieur"; en juillet dernier, il a créé une "commission extra-municipale des cultures et de la diversité." Dans la présentation de cette commission, il en évoque les cibles, en mélangeant volontairement et allègrement , origine, culture et religion. Dans le Parisien il évoque ainsi "des gens d'origine juive, musulmane et catholique", avant d'évoquer plus loin "l'étude de l'histoire de ces peuples afin de les aider à s'intégrer". De quels peuples s'agit-il dans son projet ? Les musulmans et les Roms, puisqu'il évoque immédiatement l'affaire de Wissous Plage, et les habitants Roms d'un bidonville de la commune. La création de la fameuse commission fait en effet suite à une autre initiative de Trinquier: en juin dernier, il a "accompagné" des "riverains " venus menacer les résidents du bidonville, et à a cette occasion, flirté avec la violence physique

La religion, comme la misère du bidonville créent donc des "peuples"  selon Trinquier , des "minorités " dont "il est hors de question qu'elles imposent à l'autre "leur point de vue". 

Wissous est une petite commune de quelques milliers d'habitants: le racisme municipal de Trinquier y a crée en miniature ce dont l'extrême-droite et la droite extrême rêvent au niveau national, une discrimination banalisée, prise au travers de mesures de proximité, étayées par une propagande excluante et anxiogène de tous les instants. 

Les laboratoires du racisme ne se cantonnent pas aux villes FN, et malheureusement, la création de ces petites féodalités discriminatoires n'est pour l'instant pas combattue de manière nationale. Certes certains ministres du gouvernement condamnent, par exemple, la suppression de menus de substitution. Mais il suffirait de rendre obligatoire l'alternative végétarienne pour stopper définitivement les initiatives locales. De même, la persécution contre les Roms ne risque pas de s'arrêter à droite si elle est pratiquée aussi à gauche, ce qui est le cas actuellement, comme vient de le montrer l'exemple de la Courneuve.

dimanche 2 août 2015

Les Roms victimes des nazis et de leurs héritiers

                                         
                                                        Des Roms déportés




Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, 2897 Roms survivants dans le camp furent assassinés dans les chambres à gaz lors la liquidation du « Zigeunerlager » (« le camp des tsiganes ») d’Auschwitz-Birkenau. 

Le « Zigeunerlager » avait été établi par un décret de Himmler en décembre 1942. Le 29 janvier 1943, son administration, le RHSA, ordonne la déportation de tous les Roms d'Allemagne et des pays occupés vers Auschwitz ( ci-dessous)


Déjà le 8 décembre 1938, dans le décret sur « la lutte contre le fléau tsigane » Himmler  avait ordonné le recensement "intégral" des Tsiganes. A partir de 1940, ils furent déportés par milliers dans des camps de travail et des ghettos en Pologne, en application de l’ordonnance nazie du 27 avril 1940 dite de « transplantation » ( Umsiedlungserlass ) .
Au total, 20.000 Roms sur les 23.000 détenus dans le "Zigeunerlager" à Auschwitz-Birkenau y ont trouvé la mort  à partir du début de 1943. 13.000 d’entre eux étaient originaires d’Allemagne et d’Autriche, les autres venant de pays soumis au Troisième Reich ou collaborant avec lui.
Entre avril et juillet 1944, environ 3.500 Roms et Sinti ont été transférés vers d’autres camps. Certains d’entre eux ont survécu aux épreuves de la persécution, mais 85 % de ceux qui ont été transportés initialement  à Auschwitz Birkenau ont été exterminés.

Les historiens estiment que les nazis et leurs alliés auraient exterminé environ 25% des Tsiganes européens. Sur un peu moins d'un million de Roms vivant en Europe avant la guerre, jusqu'à 220 000 auraient ainsi été tués par le nazisme. Un exemple particulier est celui du lieu de mise à mort de Babi-Yar en Ukraine( voir ici)

 

 
                                               Commémoration Rom à Auschwitz-Birkenau

Pendant des décennies, les Roms et Sinti qui avaient survécu aux persécutions nazies ont été réduits au silence. Après 1945, de nombreux pays n’ont ni reconnu ni condamné leurs persécutions raciales, et ils ont en outre continué leurs pratiques discriminatoires à l’égard des Roms et des Sinti, y compris dans le processus de restitution des biens pillés par les nazis.  Du fait que la commémoration dépend  de la reconnaissance officielle ainsi que de la recherche et de l’historiographie, les souffrances des Roms et des Sinti ont très peu attiré l’attention.

Face à cette situation, les Roms et les Sinti ont lutté pour être reconnus et occuper la place qui est la leur parmi les victimes du régime nazi.

C'est en 1979 seulement que l’Allemagne a reconnu officiellement que l’extermination des Roms et des Sinti était fondée sur des raisons raciales, par décisions du Parlement de RFA.

C'est à partir de 1984 que les Roms et les Sinti eux-mêmes ont commencé à commémorer leur génocide à Auschwitz, le 2 août, date de la liquidation du  « Zigeunerlager », avec la participation des représentants des États et de la communauté internationale (voir la photo en Une de l'article).

C'est en 2001 seulement que le musée national d’Auschwitz a ouvert une exposition permanente sur le génocide des Roms et des Sinti.  Ce pavillon  représente maintenant un lieu de mémoire important qui documente l'ensemble du processus de persécution mis en œuvre par les nazis et leurs alliés, dont la France de Pétain


On connaît le sort de discrimination et de racisme qui continue à accompagner la vie des populations Roms en Europe.
Elles sont la cible de multiples attaques venant de tous les bords; certains responsables de l'UMP se sont spécialisés dans la dénonciation haineuse des Roms à la suite de Sarkozy et de Le Pen.

Mais à gauche aussi,  les propos et les actes discriminatoires à leur égard perpétuent l'oppression dont sont victimes ceux qui ont payé un si lourd tribut au nazisme. 


MEMORIAL 98 

Mise à jour du 28 juin 2019
Bonne nouvelle judiciaire: la Cour d'appel a confirmé la condamnation de Franck Sinisi conseiller municipal de Fontaine (Isère) . Cet alors responsable local du FN, conseiller municipal, avait proposé en Mars 2017 de "récupérer les dents en or" des Roms pour financer leur hébergement . 
C’est un retour du refoulé génocidaire: les nazis "récupéraient les dents en or" de ceux qu'ils exterminaient, y compris les Roms. Déjà condamné en première instance en novembre 2017, il avait fait appel.
Mais il reste encore conseiller municipal car le préfet ne l'a pas démis de son mandat comme il peut et doit le faire (  voir ci-dessous aux dates du 17 mars et 8 décembre 2017)
Memorial 98


Mise à jour du 2 aout 2018
L'actualité rappelle que les Roms demeurent menacés en Europe: d'une part en Ukraine avec l'attaque meurtrière d'un camp par une milice d'extrême-droite et d’autre part en Italie avec les mesures de fichage et d'expulsion annoncées par le fasciste Salvini, ministre de l'Intérieur.
Les héritiers des nazis poursuivent leur œuvre de haine.
Memorial 98


Mise à jour du 8 décembre 2017

Dans l'affaire du responsable local du FN et conseiller municipal qui a proposer de financer des logements d'accueil pour les Roms en récupérant "leurs dents en or" (voir ci-dessous) , le tribunal a donc qualifié son qualifié son propos d'"incitation à la haine raciale"
Il a été condamné le 28 novembre 2017 à deux mois de prison avec sursis, 2.000 euros d'amende ainsi qu'une peine d'inéligibilité sur une période de quatre ans. Devant le tribunal, le prévenu avait prétendu qu'il s'agissait d'un trait d'humour. Et avait ajouté ne pas savoir "ce qui s'était passé pendant la Seconde Guerre mondiale avec les juifs".  Par ailleurs, il assurait ne rien avoir "contre les étrangers", étant lui-même "d'origine italienne".
Après la polémique, le FN a été contraint d’exclure Franck Sinisi . Celui-ci a immédiatement  rejoint le parti fasciste et intégriste-catholique Civitas.  Il est défendu par un avocat, Damien Viguier, intervenant régulier sur le site de Soral et très proche de ce dernier



Mise à jour du 17 Mars 2017: un élu FN "veut arracher les dents en or" des Roms.


Horreur au conseil municipal de Fontaine (Isère) dans la banlieue résidentielle de Grenoble: un responsable local du FN, conseiller municipal, propose de "récupérer les dents en or" des Roms pour financer leur accueil . C’est un retour du refoulé génocidaire: les nazis "récupéraient les dents en or" de ceux qu'ils exterminaient, y compris les Roms:

« Au regard des difficultés liées à l’accueil des Roms sur l’agglomération, la Ville de Fontaine est favorable à l’implication de la Métropole aux côtés de l’Etat et du Département dans l’hébergement ». Lorsqu’il a prononcé ces mots, le maire Jean-Paul Trovero ne pouvait imaginer le commentaire qui suivrait de Franck Sinisi, élu d’opposition FN : « Pour loger les Roms, je pense qu’il pourrait y avoir un auto-financement. La Métropole devrait leur payer le dentiste… afin de récupérer leurs dents en or ». 
Cette déclaration a lieu au moment ou Jean-Marie le Pen, père de Marine, parraine et finance la campagne présidentielle de la cheffe du FN. Il a été condamné récemment pour ses propos de haine contre les Roms et sa menace d'une "fournée" contre les Juifs

MEMORIAL 98 


Actualisation du 25 juin 2016

Une première bienvenue en France: inauguration dans le Lot et Garonne d'un monument qui commémore le massacre de 14 tziganes le 23 juin 1944 par les Waffen SS; la même unité pendra 12 personnes dans le village voisin de Dunes.
Il aura fallu attendre 72 ans pour cette reconnaissance, qui doit maintenant être suivie d'autres initiatives de mémoire.

MEMORIAL 98




vendredi 3 juillet 2015

Discrimination : une gérante de camping relaxée après avoir interdit l'accès à une femme voilée.

Suffira-t-il désormais d'alléguer qu'"on n'est pas raciste" pour pouvoir discriminer en toute liberté ?
Confrontées à une discrimination, les victimes devront-elles faire justice elle-mêmes pour ne pas être accusées d'avoir trop peu fait valoir leurs droits ?

Ces questions peuvent paraître absurdes et caricaturales, elles se posent cependant après un deuxième jugement de relaxe prononcé à l'encontre de la gérante d'un camping de Dax.

En novembre 2013, comme tant d'autres retraités, Nama Mohamed et son époux avaient programmé un séjour avec leur camping car: ils ont réservé et même payé des arrhes dans un établissement. Mais à leur arrivée, la gérante signifie très clairement à l'époux de Nama, que celle-ci ne pourra accéder aux parties communes du camping, puisqu'elle porte le voile. Ces affirmations ne seront jamais niées par la gérante, qui évoquera également en justice l'existence d'un "règlement intérieur " portant sur ce point. Celui-ci, qu'il existe ou non, serait évidemment illégal.

Mme Mohamed et son époux prennent la décision qui s'impose face à cette interdiction d'accès raciste: ils quittent immédiatement les lieux et vont déposer plainte. Le soir même, Nama Mohamed fait un passage par la case hôpital à cause d'une montée de tension consécutive à la discrimination.
Premier signe de mollesse devant la discrimination avérée, le procureur commence par proposer une "médiation pénale" à la victime, comme si l'acte était finalement minime. Celle-ci refuse légitimement.

En première instance, le procureur requiert cependant une condamnation pour la gérante. Mais le tribunal la relaxe estimant que la discrimination n'est pas assez "caractérisée": en clair, Mr et Mme Mohamed ont eu le tort de partir suite aux déclarations de la gérante, au lieu de déclencher une altercation, qui aurait permis de "caractériser " le refus. Les juges prennent pour argent comptant les justifications de la gérante qui affirme qu'"on aurait pu s'arranger" si les époux "avaient insisté".  Le jugement donne donc tort au couple d'avoir gardé son calme et de s'en être référé aux autorités et à la loi . Il faudrait donc "insister" devant celles et ceux qui nous discriminent ....

Malheureusement, le Ministère Public, au lieu de se montrer encore plus offensif en appel, n'y requiert plus qu'une amende avec sursis contre la gérante et déclare à l'audience qu'il faut bien admettre que celle-ci n'est pas raciste. La raison de cette affirmation ? La gérante n'avait pas refusé les arrhes et la réservation des époux Mohamed,bien que leur nom laisse deviner leurs origines.....
Une justification absurde et dangereuse: dans la plupart des cas, les discriminations ne sont pas faites sous des formes aussi évidemment condamnables juridiquement. En plein mois de novembre, on ne peut guère refuser une réservation en prétendant le camping complet, sans que le motif raciste apparaisse clairement.

Bien au delà de ce cas précis, bien des propriétaires ou des employeurs reçoivent, pour un entretien ou une visite d'appartement des candidats qu'ils souhaitent de toute façon évincer pour des motifs discriminatoires, et ce afin justement de rendre la discrimination moins détectable.
Le droit criminaliste la discrimination, indépendamment de son auteur, comme pour toutes les infractions. C'est l'acte qui doit être examiné et incriminé, sans quoi les lois n'auraient plus de sens: imagine-t-on un conjoint violent être relaxé au motif qu'il verse chaque année un don à une association de lutte contre les violences conjugales ?

Pourtant la Cour d'Appel de Pau a relaxé la gérante du camping. On notera que cette dame "pas raciste", avait au départ affirmé mensongèrement que Mme Mohamed portait une forme de voile intégral, avant de changer sa version et ses justifications....
Cette décision contredit une jurisprudence bien établie depuis l'affaire Truchut, en 2006: la situation était parfaitement similaire , refus opposé dans un gîte à une femme , au motif explicite du port du voile. La condamnation de la gérante,   avait ulcéré des militantEs islamophobes notamment issus des rangs de la gauche féministe, qui avaient créé peu avant la condamnation, le groupe raciste désormais bien connu Riposte Laïque.

Ce retour de jurisprudence de la Cour d'Appel de Pau  reflète ce qui se passe à l'extérieur du tribunal: ces dernières années, les appels à interdire le voile dans des espaces toujours plus nombreux se multiplient, qu'il s'agisse du public (Universités) ou de l'extension au secteur privé. Certains n'hésitent donc plus à discriminer, avec la loi contre eux, car ils comptent sur l'indulgence sociale et judiciaire.

Cette décision renforcera d'autant plus leur détermination. Aux antiracistes de montrer la leur, en dénonçant vigoureusement ce déni de droit.

vendredi 15 mai 2015

Islamophobie, nationalité française : les "Républicains" annoncent la couleur

Dans l'énorme brèche ouverte par Sarkozy, qui mène campagne contre les musulmans et l'Islam, s'engouffrent les surenchères islamophobes les plus extrêmes. Ainsi en région PACA, là où sévit Christian Estrosi, un maire UMP propose carrément d'interdire le culte musulman

La réaction particulièrement perverse de Sarkozy montre la gravité de ce que prépare le chef de l'UMP. Voici son Tweet dont l'élément clé est le "même si" : " Je condamne cette proposition même si la laïcité c’est aussi fixer des limites. Droit et limites, cela va ensemble" A noter que Chardon, le maire UMP de Venelles, reprend ainsi les thèmes de Geert Wilders, dirigeant du parti xénophobe aux Pays-Bas et allié de Marine Le Pen , qui prétend fermer toutes les mosquées du pays.

Rappelons que la première convention des Républicains, nouveau nom prévu de l'UMP, est consacrée à l'"Islam".
De plus, Eric Ciotti secrétaire général adjoint, propose que la nationalité française repose sur le droit du sang (il faut des parents français pour être français);  le droit du sol actuel serait réservé uniquement aux ressortissants de l'Union Européenne. Le débat sur les questions de nationalité et de naturalisation est un vieux thème de la danse droite/extrême-droite.
 Déjà en 2010-2011, une partie de l'UMP voulait obtenir un retour aux lois Pasqua de 1993...

MEMORIAL 98

mardi 5 mai 2015

Thierry Mariani lobbyiste au service de Assad et Poutine


                                          Mariani en adoration devant Assad
25 août 2019
Comme nous l'avons annoncé ci-dessous Mariani se rend à nouveau auprès de Bachar El-Assad
Ce sixième pèlerinage se déroule alors que Poutine et le régime Assad bombardent sans relâche les populations civiles de la région d'Idlib

4 juillet 2019
A peine élu au Parlement européen sur la liste RN de Jordan Bardella, Mariani se remet au travail pour le compte de Bachar El-Assad et Poutine. 
Il annonce déjà un sixième voyage à Damas avec ses acolytes du RN  
 

8 janvier 2019
Mariani franchit officiellement le pas et figurera sur la liste du RN/FN pour les élections européennes. Il est à la fois le haut parleur de Poutine et de Assad et le tenant de mesures racistes. C'est lui qui dès 2007 avait été à l'origine de l'amendement visant à imposer des tests ADN aux étrangers demandant le regroupement familial .

La coïncidence fait qu'un autre ancien ministre de droite, Luc Ferry, également tenant de Poutine et Assad, défraye la chronique au même moment en déclarant que les policiers et l'armée doivent se servir de leurs armes contre les manifestations des Gilets jaunes. 
La radicalisation d'extrême-droite touche ainsi dans les hautes sphères de la droite.

Memorial 98





1er décembre 2017: la députée LR Valérie Boyer prend la suite de Mariani à l'Assemblée nationale dans la défense de Assad. 

Elle figure ici à Damas aux côtés du bourreau (2e à gauche) ainsi que sous un immense portrait de lui. Ancrée dans la droite dure de Fillion puis de Wauquiez elle se distingue par son islamophobie militante 
 8 octobre 2017 

Mariani n'est plus député, il a été battu lors des législatives de juin 2017. Il poursuit néanmoins  son activité de lobbyiste de Assad et Poutine 


Mise à jour du 12 avril 2017
Thierry Mariani récidive gravement, quelques jours l'attaque au gaz sarin du régime Assad qui a tué plus de 87 personnes. Il a organisé le 11 avril au centre culturel russe de Paris, c'est à dire chez Poutine, un "colloque" sur la Syrie, en présence du ministre-adjoint des Affaires étrangères syrien et donc co-responsable des massacres. 
 Cette initiative de soutien devait se tenir à l'Assemblée nationale mais devant les protestations, elle a été déplacée au coeur de l'implantation de la propagande poutinienne à Paris, alors qu'une précédente initiative de ce type qui devait se tenir à la Sorbonne avait pu être annulée, grâce notamment à une mobilisation vigoureuse de Memorial 98. 
La tonalité complotiste et mensongère du prétendu colloque, mettant en doute la responsabilité d'Assad dans la tuerie, correspond à la posture de Mariani (voir ci-dessous son profil raciste) et des différents groupes fascisants qui y étaient présents, dont l'officine "SOS Chrétiens d'Orient".  La responsabilité de Fillon, dont Mariani est un soutien affirmé et un proche, est pleinement engagée, d'autant qu'il a souvent été dans le même sens du soutien à Assad et Poutine.
La participation du député PS Bapt représente un scandale particulier et on se demande pourquoi il n'est pas expulsé de ce parti. 
L'assemblée de soutien au criminel de guerre Assad et à ses massacres représente un acte gravissime dans lequel les participants s'associent aux actes du bourreau de son peuple; ils en payeront le prix, un jour ou l'autre.

Memorial 98
  
Actualisation du 8  Janvier 2017 Mariani et ses acolytes organisent les relations publiques d'Assad. C'est lui qui a arrangé l'invitation du dictateur  à une séance de propagande sur la radio publique France Info
Assad se permet de justifier les massacres d'Alep en lançant: "Toutes les guerres sont mauvaises, c'est parfois le prix à payer" On notera que c'est exactement l'argument de mauvaise foi qu'utilisent ses soutiens français de droite, dont Mariani, et de gauche dont Jean-Luc Mélenchon. 


Le prétexte des "terroristes" d'Alep qui sert à justifier son terrorisme d’État est factuellement faux puisque Daech a été expulsé de la ville depuis janvier 2014 par ces mêmes forces révolutionnaires contre lesquelles la dictature syrienne s’est acharnée. C’est contre une cité libérée de Daech depuis près de trois ans que le régime Assad, la Russie et l’Iran ont mené la campagne la plus meurtrière du conflit syrien.
                                           Mariani chez Assad

Actualisation du 13 décembre 2016

Mariani se réjouit de la conquête d'Alep par Poutine, Assad et leurs alliés. Il nie les massacres dénoncés par l'ONU. C'est un  ami de toujours de Bachar #Assadsin.
Il prévoit d'ailleurs de se rendre bientôt chez Assad, afin de lécher les bottes sanglantes de ce dernier. Ces positions de Mariani impliquent pleinement Fillon, lui-même soutien amical de Poutine et fort complaisant à l'égard d'Assad, dont il a souvent dit qu'il fallait "l'aider"







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Roland Dumas, compagnon de route de Dieudonné, ami de Jean-Marie Le Pen  et de nombre de dictateurs avait choisi de faire la promotion de ses mémoires en affichant dans les médias la haine raciale la plus éhontée: il avait ainsi développé la thèse du complot Juif guidant la main du gouvernement en ciblant nommément Manuel Valls sous "influence juive".

Le lendemain de ces déclarations volontairement fracassantes, non seulement l'ancien Ministre les confirmait sur France 24, mais il en profitait pour déclarer que les "Arabes" ne pouvaient pas vivre en démocratie et qu'ils avaient besoin de "régimes forts": sa déclaration avait pour contexte une condamnation des révolutions survenues en Syrie, Tunisie ou en Libye. Dumas a été très proche de l'inamovible ministre syrien de la Défense de Hafez El Assad, le général Tlass, qui aidait les antisémites et  négationnistes du monde entier.

Cette promotion de ses "œuvres" par la haine lui a valu l'admiration d'un jeune lectorat bien particulier: celui des jeunes de la Droite Populaire qui l'invitent le 14 mai pour une conférence à Neuilly Sur Seine. A l'UMP, manifestement les théories de l'"influence juive" attirent tellement qu'elles permettent de dépasser les clivages avec un ancien socialiste.

Le chef des jeunes de la Droite Populaire, Pierre Gentillet, qui avait déjà dénoncé le "terrorisme intellectuel du CRIF" lorsque Dumas avait été mis en cause pour ses propos initiaux soutient évidemment l'initiative. Récidiviste dans les propos antisémites; il avait aussi mis en cause les prénoms pas assez français des enfants de Vincent Peillon.

Il n'est pas le seul: Thierry Mariani, actuel député des Français de l'étranger,  se déclare également solidaire de ce café débat, et indique qu'il n'y a rien de choquant à dénoncer l'"influence juive". Déjà en 2014, Mariani avait qualifié la décision du Conseil d’État d'empêcher la tenue d'un meeting antisémite de Dieudonné de "mise en place d'un Ordre Moral Officiel".

Ceci n'étonnera que ceux qui séparent l'antisémitisme et le racisme, et pensent que l'un n'entraîne pas forcément l'autre: en termes de passerelles avec l'extrême-droite, Mariani n'en est certes pas à sa première initiative. 
C'est lui qui avait été à l'origine de l'amendement visant à instaurer des tests ADN aux étrangers demandant le regroupement familial en 2007.

Il n'avait pas non plus attendu Ménard et le FN pour proposer lors de la discussion sur ce même projet de loi sur l'immigration déjà très dur, d'y ajouter la possibilité de ficher sur des bases ethniques et raciales, afin de faire des "statistiques". Parmi ses autres obsessions partagées avec le maire de Béziers figure également l'apologie de la colonisation et des partisans de l'Algérie française. Mariani avait ainsi proposé de faire qualifier de "crimes contre l'humanité", les "souffrances " vécues par les colons pendant la guerre d'indépendance algérienne.

Mariani se situe bien dans une mouvance idéologique importante de l'UMP ( Maintenant LR Ndlr): son positionnement est allie un discours sans cesse concurrent de celui de l'extrême-droite la plus dure en ce qui concerne le racisme et l'islamophobie, et des saillies à caractère antisémite. C'était déjà la ligne suivie par des hommes comme Jacques Médecin, le mentor de Christian Estrosi. C'est aussi celle suivie actuellement à Asnières par le maire UMP Manuel Aeschlimman dont certains adjoints ont été mis en cause pour avoir tenu publiquement les propos antisémites les plus abjects.

Comme Roland Dumas, Thierry Mariani a été ministre. Il pourrait bien le redevenir un jour, comme quoi les antisémites d’État ne sont pas un anachronisme du passé et sont évidemment également de fervents promoteurs de la discrimination raciste la plus dure.

Post-scriptum du 8 mai :  Gentillet fraternise à nouveau avec les dirigeants du FN au soir du 1er mai de violences exercées par le parti frontiste.

MEMORIAL 98 
Mise à jour du 29 novembre 2018

Mariani chez Marine le Pen ou chez Nicolas Dupont-Aignan?
En vue des prochaines élections européennes, le lobbyiste de Poutine et Assad fait monter les enchères à l'extrême-droite. Il annoncera sa décision en janvier, alors que les deux listes facho lui font les yeux doux. Sa proximité avec le Kremlin est recherchée. A ce jour le chef de LR , Laurent Wauquiez fait preuve d'une grande complaisance à l'égard de l'ancien ministre de Sarkozy, membre de son parti. Aucune sanction n'a été prise contre lui à ce jour. 

Memorial 98



Mise à jour 12 mars 2018

Mariani est à la fois le haut parleur de Poutine et le tenant de mesures xénophobes, comme nous l'indiquons ci-dessous. 

C'est à ce double titre qu'il appelle de ses voeux une alliance entre le parti LR dont il est membre et le Front/Rassemblement National.

En effet, dans toute l'Europe, Poutine soutient, par tous les moyens à sa disposition, le développement des partis d'extrême-droite ainsi que l'alliance de ces partis avec la droite plus institutionnelle. Dans ce but les médias du Kremlin dont Sputnik et la télévision RT mènent des campagnes conspirationnistes et  racistes mettant en cause les migrants.

On a pu constater les résultats de cette offensive en Autriche, en Allemagne et plus récemment en Italie.
On notera que Mariani a déjà reçu le soutien de Jean-Frédéric Poisson, ex-député et candidat lors de la primaire de la droite pour la présidentielle. Il avait alors fait des déclarations antisémites sans d'ailleurs être exclu de la primaire
 

MEMORIAL 98 
Actualisation du 22 novembre 2016:

Thierry Mariani, lobbyiste pour Assad et Poutine, est un des soutiens actifs de Fillon, qui partage les mêmes orientations sur la Russie et la Syrie.
Ils viennent de recevoir le renfort du candidat antisémite Poisson, pro-Poutine et Assad, qui s'est rallié à Fillon au lendemain du premier tour de la primaire