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lundi 21 septembre 2020

Hyper Cacher: une tuerie antisémite en procès.

Les quatre victimes de l'Hyper Cacher


Hypercacher: aujourd'hui débute la partie du procès concernant les meurtres antisémites du 9 janvier 2015.
Ils ne relèvent pas de la "prise d'otages" comme le répètent souvent les médias, mais du massacre de personnes tuées parce que Juives.
Nos pensées se portent vers les victimes de cet attentat: Yohan Cohen, Yohav Hattab, François-Michel Saada, Philippe Braham. 
Les survivant.e.s sont  traumatisés pour une longue période comme en témoigne Zarie Sibony, caissière de l'Hyper Cacher:" J'ai entendu des pas lourds qui revenaient vers moi, raconte-t-elle. J'ai vu ses bottes militaires, j'ai vu comment il était habillé. J'ai vu ses armes. Là, j'ai compris qu'il y a avait un problème. C'est là qu'il s'est mis en face de moi et il m'a dit : 'Ah ! T’es pas encore morte, toi, tu ne veux pas mourir'. Il a tiré. J'ai entendu la détonation. Il est parti et j'ai remarqué qu'après, je pouvais bouger. Je ne comprenais pas comment il avait réussi à me rater." 
De nombreuses questions se posent encore:  
Qui a commandité et financé le massacre réalisé par Amedy Coulibaly ?
Qui a organisé le double attentat de Charlie revendiqué par Daesh et celui de Vincennes revendiqué par Al-Qaïda, alors que ces deux groupes terroristes se concurrencent et se combattent violemment? 
S'agit-il de Abdelnasser Benyoucef, alias Abou Mouthana qui a été un haut cadre de l’organisation Etat islamique (EI) où il était sans doute chargé des opérations extérieures?  Présumé mort dans la zone irako-syrienne en 2016, l’apparition de son nom est liée à l’interrogatoire d’une de ses ex-épouses rentrée de Syrie fin 2019, se disant repentie de la cause djihadiste. Aujourd’hui incarcérée, elle l’a désigné lors d’une audition devant un juge d’instruction dans une procédure connexe, en février 2020.
Autre question: il n'est pas question dans ce procès de Claude Hermant. Or, il est très probablement l'homme qui a armé Amedy Coulibaly, le tueur de l'Hypercacher. Il lui a fourni au moins quatre pistolets semi-automatiques et sans doute un fusil d'assault, tous remilitarisés et prêts à l'usage. Et ce dans le cadre d'un trafic d'armes de guerre dont la police avait connaissance, à des degrés encore inconnus, puisque le néo-nazi, militant depuis des dizaines d'années était également indicateur de police. Claude Hermant, dont l'affaire a été classée secret défense, n'a pas été inculpé pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, alors que c'est le cas par exemple, pour celui qui a fourni un gilet pare-balles à Coulibaly, mais celui-ci n'était pas d'extrême-droite.
 
Des dates problématiques de procès

La coïncidence des dates fait que cette partie du procès débute au lendemain immédiat de la fête juive de Roch Hachana et à quelques jours de celle de Yom Kippour. 
Or, dans ce calendrier judiciaire, la laïcité est mise à toutes les sauces, y compris les plus inhumaines. Ainsi des auditions importantes auront lieu le jour de Yom Kippour, date la plus importante du calendrier religieux juif. Cela n'était pas prévu ainsi à l'origine mais le tribunal se retranche derrière la laïcité pour refuser un aménagement de date demandé par les familles des victimes. Or depuis très longtemps , les fonctionnaires et maintenant les travailleur-e-s en CDI musulmans, juifs, chrétiens orthodoxes peuvent, sur demande écrite, bénéficier de 3 jours d'ASA ( autorisation spéciale d'absence) pour raison religieuse. Ces trois jours correspondent aux journées considérées comme les plus importantes de ces trois confessions. Les travailleurs hindous et bouddhistes peuvent aussi en bénéficier. Ce qui est possible dans le milieu professionnel ne serait donc pas praticable au cours d'un procès?
Ajoutons qui si cet aménagement est finalement mis en œuvre, cela donnera l'occasion aux antisémites de proclamer que les personnes juives, à la différence des autres, ont droit à des aménagements de la laïcité. Le piège est installé.
Mise à jour : la première audience ( compte-rendu du journal Le Monde)
Coulibaly expose son antisémitisme meurtrier. A 15 h 10, il appella BFM-TV pour faire corriger le bandeau en bas de l’écran de la télévision, qui ne donnait pas le bon nombre d’otages et ne mentionnait pas les morts. La conversation retentit dans la salle.

« Avez-vous visé ce magasin pour une raison particulière ?, demande le journaliste de BFM.

- Oui.

- Laquelle ?

- C’est juif. »

Plusieurs avocats de la défense soulignent qu’il est acquis que toutes les armes d’Amedy Coulibaly ont transité par le trafiquant Claude Hermant, et s’interrogent sur son absence dans le box des accusés.  Le commissaire Christian Deau, manifestement, se pose la même question. Sommé de donner son avis, il bredouille, brode un peu, explique qu’en tant qu’enquêteur il travaille sous l’autorité judiciaire, puis : « Une décision a été prise, euh, elle a été prise quoi. » 

Lassana Bathily témoigne

Face à la cour d’assises spéciale de Paris, l’ancien salarié, déroule les dix minutes de ce huis clos en sous-sol pendant lesquelles il pensait que les frères Kouachi étaient les preneurs d’otages: sa proposition de regagner le rez-de-chaussée par le monte-charge et de s’enfuir par la sortie de secours, refusée par les clients qui la jugent trop risquée ; la chambre froide dont il éteint le moteur pour y mettre plusieurs personnes à l’abri ; sa fuite en solitaire grâce au monte-charge, le cœur qui bat, la crainte de tomber sur un terroriste au rez-de-chaussée, et finalement la sortie. 

Dehors, les policiers le mettent au sol, le fouillent, le menottent brutalement. « J’étais en pleine panique. Ils me demandent : “Vous êtes combien dans le magasin ?” Je dis : “Une vingtaine de personnes.” Ils disent : “Comment ça, vingt terroristes ?” Je dis : “Je suis pas terroriste, je travaille là !” Ils m’ont gardé une heure et demie dans une voiture, ils m’ont pris pour un complice. Je peux comprendre. »

Le quiproquo évacué, Lassana Bathily facilitera l’assaut en dessinant un plan du magasin et en indiquant les clés qui permettent d’ouvrir le rideau de fer puis la porte d’entrée.

« La religion, on n’en parlait même pas »

C’est une fois les otages libérés qu’il apprend la mort, survenue quatre heures plus tôt, de Yohan Cohen, son collègue devenu « plus qu’un ami, un frère ». Pendant leurs deux années communes au magasin, Lassana Bathily avait remarqué qu’il recouvrait souvent sa kippa d’une casquette dans la rue, et qu’il mettait les sacs à l’envers « pour pas qu’on voie la marque Hyper Cacher ». « Il me disait : “Je traverse tout Paris pour aller à Sarcelles, j’ai peur qu’on m’agresse.” Je lui disais : “On est dans un pays laïque, tout le monde se respecte.” »

Amedy Coulibaly était musulman et d’origine malienne, et le président de la cour aimerait savoir ce que cela inspire à Lassana Bathily, lui-même malien musulman arrivé en 2006 en France, ce pays qui « [lui] a tout donné », et dont il possède la nationalité depuis janvier 2015.

« Il y a dix magasins Hyper Cacher en Ile-de-France, sept ou huit sont tenus par des musulmans, répond-il. Pour nous, les musulmans, les juifs, c’est des frères. Quand j’ai su que la personne qui avait tué mon frère venait de mon pays, ça m’a fait énormément mal. Peut-être qu’il était entouré par les mauvaises personnes ? J’ai toujours du mal à comprendre. »

Salarié à l’Hyper Cacher, « je faisais le ramadan, j’avais mon tapis de prière, ça se passait très bien avec mes collègues Zarie, Andréa, Samuel. La religion, on n’en parlait même pas quoi. Pour moi, la religion, c’est privé. Tout le monde doit se mettre ça dans la tête. Les terroristes sont là pour créer de la haine entre les religions. Mais on est des humains d’abord. L’humanité, c’est plus important que la religion ».

Ci-dessous, recensement d'attaques contre des synagogues et institution juives par des djihadistes et des néonazis

Tunisie, en 2002

Le 11 avril, 21 personnes -14 Allemands, cinq Tunisiens et deux Français- sont tuées dans un attentat-suicide contre la synagogue de la Ghriba, sur l'île de Djerba (sud), le plus ancien lieu de culte juif en Afrique. L'attentat est revendiqué par Al-Qaïda.

Turquie, en 2003 

Le 15 novembre, des véhicules remplis d'explosifs frappent deux synagogues d'Istanbul, Neve Shalom et Beth Israel, faisant 30 morts et plus de 300 blessés. Les attentats sont revendiqués par une cellule turque d'Al-Qaïda.

France, en 2012

Le 19 mars, Mohamed Merah tue trois enfants et un enseignant dans l'école juive Ozar Hatorah à Toulouse.

Etats-Unis, Belgique, en 2014

Le 13 avril, un suprémaciste blanc connu pour son antisémitisme attaque un centre communautaire et une maison de retraite juifs du Kansas (centre), tuant trois personnes dont aucune n'était juive.

Le 24 mai, un homme ouvre le feu dans le hall d'entrée du Musée juif de Bruxelles, faisant quatre morts.  Mehdi Nemmouche a été condamné r à la prison à perpétuité pour ces assassinats, considérés comme le premier attentat commis en Europe par un combattant revenu de Syrie.

France et Danemark, en 2015

Le 9 janvier, Hyper Cacher

Le 14 février, un terroriste qui avait prêté allégeance au groupe terroriste État islamique, ouvre le feu sur un centre culturel de Copenhague où se déroule une conférence sur la liberté d'expression, tuant un cinéaste.  Puis il , il abat un fidèle juif de 37 ans qui montait la garde devant la synagogue de Copenhague où était célébrée une bar-mitzvah, avant d'être tué par la police.

États-Unis, en 2018

Le 27 octobre, douze personnes juives sont tuées par un suprémaciste blanc qui sème la terreur dans la synagogue «Tree of Life» de Pittsburgh en plein office du shabbat. Robert Bowers, qui a ainsi perpétré l'attaque la plus sanglante commise contre des Juifs aux États-Unis

États-Unis en 2019

Le 27 avril, un homme de 19 ans se revendiquant comme antisémite et islamophobe tue une femme et fait trois blessés, dont un rabbin, en attaquant à l'arme automatique une synagogue près de San Diego (sud de la Californie), au dernier jour des festivités de la Pâque juive.

Allemagne Halle 9 octobre 2019

Attentat antisémite et xénophobe ayant fait deux morts, commis par un militant néonazi à Halle  le 9 octobre, jour de la plus importante fête juive de Yom Kippour. Stephan Baillet ne réussit pas à entrer dans la synagogue dans laquelle il voulait commettre un massacre et tue deux passants, dont un devant un restaurant turc pris comme cible "alternative" 

                                         Devant la synagogue de Halle

MEMORIAL 98
 

jeudi 4 avril 2019

Dieudonné échappe à nouveau à l'incarcération malgré ses fraudes




                                           Dieudonné arrive au procès

Mise à jour du 25 juin 2021 
La cour d’appel a confirmé, le 23 juin, la condamnation de Dieudonné à trois ans d’emprisonnement, dont deux ferme, ainsi que 200 000 € d’amende, pour avoir notamment détourné plus d’un million d’euros de recettes non comptabilisées de ses spectacles. Mais une fois de plus l'agitateur antisémite échappe à l'incarcération, comme nous l'avions d'ailleurs prévu ( voir ci-dessous).
En effet sa peine sera aménagée en "détention à domicile avec un bracelet électronique, en placement extérieur ou semi-liberté". Cette complaisance judiciaire contraste fortement avec le sort habituellement réservé à des peines beaucoup plus faibles. Celui qui tire ses bénéfices de la diffusion de la haine antisémite continue à bénéficier d'un traitement de faveur.
 
MEMORIAL 98
 
 
5 juillet 2019: Bonne nouvelle
Dieudonné condamné à deux ans de prison ferme pour fraude fiscale abus de biens sociaux  et blanchiment. C'est plus que ce qu'avait requis le Parquet ( voir ci-dessous). C'est une excellente nouvelle qui devrait se traduire par son incarcération. Mais le risque existe que le Parquet ou une autre instance bloquent cette incarcération, comme dans le cas de son compère Soral. Ce dernier est protégé par le Procureur de Paris.

Memorial 98



Le parquet de Paris a requis, le 3 avril, dix-huit mois de prison ferme contre Dieudonné, soupçonné notamment d’avoir détourné plus d’un million d’euros de recettes de ses spectacles et d’avoir fraudé le fisc.
Les poursuites portent sur la période 2009-2014.

Ce procès se produit enfin alors que Dieudonné et ses acolytes ont sans cesse cherché à infiltrer le mouvement des Gilets jaunes.
Ils  ont multiplié les provocations à base de "quenelles" complaisamment brandies devant les caméras.
Ainsi une vingtaine de dieudonnistes affublés de Gilets jaunes se sont exhibés lors du rassemblement du 22 décembre à Montmartre.


Avec d'autres, l'antisémite enragé ont tenté d'orienter le mouvement social vers des buts racistes et complotistes. A ce titre il représente un véritable danger.


Dieudonné est jugé à partir depuis le 26 mars pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux devant la 11e chambre correctionnelle de Paris, spécialisée dans les affaires financières. Il est accusé d’avoir dissimulé près de 1,5 million d’euros au fisc  durant la période de 2009 à 2014.
Tout au long des audiences de son procès le 26 mars, Dieudonné, le quenellier antisémitea opposé au tribunal correctionnel son « droit au silence » , tout en se disant « innocent » de ce qui lui est reproché. Mais pour les deux procureurs à l’audience, « les faits sont têtus » et « la culpabilité des prévenus » – Dieudonné, sa compagne et leur société, Les Productions de la plume – « ne fait aucun doute ».
 
Aux yeux de l’accusation, il « n’est pas un artiste bohème déconnecté » des chiffres, mais le gérant de fait de cette société dirigée officiellement par sa compagne, « créée pour favoriser sa dissimulation ». Entre 2009 et 2014, selon le calcul du parquet, « 1,2 million d’euros ne passent pas sur les comptes bancaires » de l’humoriste, qui se disait dans le même temps ruiné et insolvable.
Dieudonné est notamment soupçonné d’avoir détourné à son profit des recettes en liquide de ses spectacles, non comptabilisées sur les comptes des Productions de la plume, d’avoir minoré ses déclarations d’impôts, blanchi une partie des espèces en les expédiant à l’étranger, et organisé son insolvabilité. Plus de 657 000 euros en espèces avaient été retrouvés à son domicile en 2014, et lui et ses proches ont envoyé plus de 565 000 euros à l’étranger, principalement au Cameroun, où il a des liens familiaux. Son théâtre parisien de La Main d’or, dont il a depuis été expulsé, ne renfermait ni caisse enregistreuse ni terminal de paiement bancaire. Soit, selon le parquet, « une organisation entièrement tournée vers l’encaissement occulte des espèces ».


L'antisémitisme le plus violent rapporte gros, et les soi-disant "parias" ont un portefeuille bien rempli. 

Malgré quelques annulations de spectacle et  sanctions judiciaires de l'époque, le chiffre d’affaires de la société de Dieudonné a progressé de 45% en 2014.
Pour l’année 2014, sa société, Les Productions de la Plume - officiellement dirigée par sa compagne, Noémie Montagne - a déclaré un chiffre d’affaires de 4,2 millions d’euros. Ce montant est en hausse de 45% par rapport à l’exercice 2013 et plus de deux fois supérieur à celui de 2012. Le bénéfice avant impôts s’est établi à 1,6 million d’euros, soit plus de trois fois le résultat de 2013.

Ces chiffres reflètent la réussite des spectacles et des DVD de Dieudonné mais aussi d’un "merchandising" savamment entretenu. Sur la boutique en ligne de son site, les fans peuvent acheter des casquettes, des verres, des coques de téléphone, des lunettes et  des tongs à l’effigie de “Dieudo”.”

A ce sujet d'ailleurs, une information sur le procès en expulsion qui a eu lieu pour son théâtre de la Main d'Or évoquait un autre aspect de l’indulgence dont Dieudonné a pu bénéficier durant de longues années. Le politicien antisémite a pu exercer son activité sans disposer de l'assurance obligatoire et ce pendant deux ans. Les fermetures d'établissements commerciaux pour raison de sécurité ne manquent pourtant pas dans la capitale, pas plus que les contrôles sur les lieux recevant du public.

Concernant le procès actuel, le juge d’instruction avait ordonné le renvoi de Dieudonné devant le tribunal correctionnel pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale ainsi que pour l’organisation frauduleuse de son insolvabilité
Déjà condamné à de multiples reprises pour ses sorties antisémites, il est accusé d’avoir dissimulé près de 1,5 million d’euros au fisc.
Les investigations, déclenchées en 2013, ont mis au jour des énormes sommes en liquide manipulées pendant cinq ans par Dieudonné, qui se disait à l’époque ruiné et insolvable,
Dieudonné conservait « depuis des années des recettes de ses spectacles en espèces non comptabilisées » sur les comptes de sa société « dans des proportions importantes », écrit le juge Renaud Van Ruymbeke dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel.
En janvier 2014, les enquêteurs avaient ainsi découvert plus de 650 000 euros en espèces dans les coffres forts de la propriété d’Eure-et-Loir du couple, vendue par Dieudonné pour solder ses dettes, mais rachetée par sa société de production, officiellement gérée par sa compagne.
Dieudonné avait justifié cette somme par la billetterie de sa tournée en France pour son spectacle Le Mur.
« Ce montant est hors de proportion avec la caisse déclarée depuis l’origine », estime le juge, qui relève également la présence « d’importantes grosses coupures, peu compatible avec des paiements d’une clientèle se rendant au spectacle ».
670 000 euros de virements à l’étranger
Par ailleurs, entre 2009 et 2014, Dieudonné, qui ne remplissait plus que de faibles déclarations de revenus, voire aucune pour l’année 2011, a réalisé d’importants transferts d’espèces à l’étranger. Près de 670 000 euros ont été envoyés, parfois par l’intermédiaire de ses proches, au Cameroun, en Chine et aux Émirats arabes unis.
Début 2014, lors d'une perquisition à la propriété du couple, au Mesnil-Simon (Eure-et-Loir), les enquêteurs avaient saisi des piles d'enveloppes remplies de billets de 5 à 500 euros dans des coffre-fort. Total révélé à l'époque: 650.000 euros et 15.000 dollars en liquide.
"Le produit de la billetterie", avait alors justifié l'un de ses avocats, Jacques Verdier.
Pour le juge d'instruction, ces montants sont pourtant "hors de proportion" avec le montant des recettes déclarées les années précédentes, a indiqué la source proche du dossier.
Les enquêteurs se sont aussi intéressés à un compte bancaire en Suisse, qui a permis au couple de s'offrir un bateau de plaisance en 2012, pour environ 70.000 euros, a raconté la source. Entendu par la justice suisse, en décembre 2015, l'homme gérant ce compte a prétendu qu’il était destiné à recevoir l'argent des spectacles de Dieudonné en Suisse.

Le démagogue antisémite est également un profiteur cupide prêt à tout pour faire prospérer son commerce de la haine. 

Articles et dossiers supplémentaires de Memorial 98 concernant Dieudonné ci-dessous:









MEMORIAL 98





mardi 20 octobre 2015

Marine Le Pen enfin jugée pour la comparaison entre musulmans et Occupation nazie.

Actualisation 20 octobre: le procureur Bernard Reynaud a demandé la relaxe de la dirigeante fasciste, estimant qu’elle parlait « d’un certain nombre de personnes » et non « pas de toute la communauté » musulmane.

Il aura fallu presque cinq ans à la justice pour faire comparaître Marine Le Pen suite à ses propos assimilant les prières musulmanes à l'Occupation nazie.

Les propos incriminés remontent à décembre 2010 à Lyon. Le temps de la prétendue "dédiabolisation" était déjà venu. Pourtant, lors d'une réunion publique de militants du Front National, Marine Le Pen, alors en campagne pour la présidence du parti face à Bruno Gollnisch, avait dénoncé les prières de rue des musulmans en les comparant à l'Occupation. 

Elle avait ainsi déclaré:
"Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire". Et d'ajouter: "C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers, dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes, il n'y a pas de blindés, pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants".
En deux phrases, l’héritière Le Pen avait ainsi marqué sa continuité avec son père dans le domaine de la transgression et du révisionnisme, en faisant référence au nazisme comme arme contre les musulmans . 
Mais en même temps elle imprimait sa marque en indiquant qu’elle s’inscrivait dans la propagande de l’extrême-droite européenne qui désigne les immigrés musulmans, souvent issus des anciennes colonies, comme des « envahisseurs »

A six semaines des élections régionales, alors que la campagne frontiste se caractérise par d'intenses attaques racistes, la présidente du FN comparaîtra le 20 octobre pour "provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion".  Elle encourt une peine d'un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. 

Évidemment elle tentera de transformer son procès en tribune raciste, alors que le soir même elle adroit à nouveau à un passage dans l'émission vedette "Des paroles et des actes". Elle va tenter d'entretenir la confusion entre islamisme extrémiste et culte musulman. On note à ce propos qu'aujourd'hui dans au moins deux municipalités frontistes (Fréjus et Mantes-la-Ville), les maires s'opposent violemment à la construction de mosquées. Ainsi ils dénoncent des prières de rue qui sont le résultat d'un manque de place et s'opposent dans le même temps à l'ouverture de lieux de cultes dignes.

Marine Le Pen fera face à plusieurs parties civiles, dont le Collectif contre l'islamophobie en France qui avait déposé plainte dès le 1er décembre 2011 et le Mrap  ainsi que la Licra.

Nous espérons qu'elle sera condamnée pour cette provocation à la haine.


samedi 4 avril 2015

Deux mois de prison avec sursis pour avoir écrit "mort aux Arabes" sur une mosquée

Les intentions laborieusement masquées des dirigeants fascistes sont bien souvent trahies par leur base. Ainsi les ténors de l'extrême-droite parlementaire s'évertuent à nier tout racisme dans leur discours islamophobe, prétendant qu'il n'y jamais là que la critique d'une religion et de ses excès pour justifier les persécutions.
Mais sur le terrain, le militant lui, exprime la fonction réelle de l'islamophobie par ses actes: armé d'un saut de peinture, il s'attaque à la mosquée, mais écrit..."Mort aux Arabes", tout simplement. 

L'homme qui a peint ses mots sur le portail de la mosquée de Poitiers s'est vu infligé une peine légère: deux mois de prison avec sursis et 200€ d'amende pour incitation à la haine raciale...

jeudi 26 mars 2015

Un exploitant de salles rompt son contrat avec Dieudonné et voit sa démarche validée en justice

Quand on veut, on peut : le spectacle de Dieudonné est pour le moment annulé par décision de justice à Avignon. Ou plus exactement, la justice a confirmé que la rupture de contrat, à l'initiative d'Avignon Tourisme, qui gère le Parc des Expositions, vis à vis des producteurs de Dieudonné, n'était pas abusive.

Ici, pas de procédure bâclée et vite fait pour dire qu'on a tenté quelque chose: mais des avocats qui ont travaillé sur le contenu du contrat et ses clauses, et démontré que la maison de production de Dieudonné reste volontairement très vague lorsqu'elle loue une salle, se contentant d'un intitulé "Dieudonné en tournée" sans préciser la nature du "spectacle" et son orientation.

En effet, un exploitant de salles n'a absolument pas d'obligation de louer à n'importe qui pour n'importe quoi sans garantie, ni précisions, comme le laissent penser les gros patrons de ce secteur qui prétendent toujours être pieds et poings liés devant le fasciste.

Lire aussi l'article Dieudonné, la guerre c'est la paix et autres saluts nazis inversés

dimanche 22 mars 2015

Une organisation d'extrême-droite déboutée dans une plainte pour "racisme anti-blanc"

C'est une invention de l'extrême-droite, mais qui a tendance à se répandre : le soit-disant "racisme anti-blanc". Certaines associations antiracistes ont d'ailleurs repris ce concept, notamment le MRAP dans la défense en 2010 d'un couple de Perpignan, dont l'un des membres est un militant de l'extrême-droite catholique.

L'association AGRIF, tendance chrétienne intégriste, et dont le président (Bernard Antony) est un ancien député FN, avait porté plainte contre un livre et un clip intitulés "Nique la France". Les deux auteurs étaient donc inculpés aux motifs d' « injure publique » et de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe. »

Le tribunal a estimé le 19 mars 2015, selon ce qu'en rapporte l'AFP, que la notion de racisme anti-blanc "ne recouvre aucune réalité légale, historique, biologique ou sociologique", que "la blancheur ou la race blanche" n'est "en aucune manière une composante juridique de la qualité des Français" et que "les Français blancs dits de souche ne constituent pas un groupe de personnes" au sens de la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Pour comprendre ce jugement, il faut avoir une définition correcte de que l'on appelle racisme. 
Le racisme est un phénomène social, il implique des rapports collectifs particuliers, économiquement, politiquement. Le racisme comporte notamment des aspects d'oppression (étatique, culturelle) et d'exploitation économique d'une ou plusieurs minorités.
Il est important de souligner cette dimension sociale.
Oui, un « Blanc », un "Français de souche" peut se faire traiter de fromage blanc ou ponctuellement être en minorité numérique. Mais cela ne conduira pas à ce qu’il soit contrôlé au faciès par la police ; à ce qu’il se voit refuser, parce qu'il est blanc, l’entrée d’une boite de nuit ou un logement ; ni à ce qu’il soit en butte, parce qu'il est blanc, à des tracasseries administratives pour refaire sa carte d’identité. Ni à ce qu’on questionne, parce qu'il est blanc, la légitimité de sa citoyenneté française ou son « intégration ».  Ses seuls nom ou couleur de peau ne donnent pas lieu à des discriminations.

Le racisme est une notion qui a émergée de réalités historiques : la colonisation des Amériques, de l'Afrique, de grandes parties de l'Asie et de l'Océanie, et les luttes qui ont été menées pour l'égalité et l'indépendance; l'émigration vers l'Europe et la poursuite de politiques et de modes de fonctionnement racistes, dans l'embauche, le traitement médiatique, etc...
Or ces réalités historiques et contemporaines, ce sont l'esclavage pour les Noirs, le statut des indigènes en Algérie, ce sont les boulots les plus durs et les conditions de logement les plus dégradées pour les immigrés en France, ce sont les liens faits en permanence entre origine maghrébine ou africaine et délinquance.


Les divisions qu'opère le racisme ne sont pas les seules à exister, elles se croisent et se superposent avec celles nées de l'exploitation capitalisme, avec le sexisme et l'homophobie (et donc une vision viriliste), avec le nationalisme et la xénophobie.
Mais en invalidant la notion de "racisme anti-blanc", la justice a remis quelques pendules à l'heure.

Reste encore du chemin à parcourir, pour faire condamner les auteurs de violence racistes, y compris ceux qui agissent dans le cadre des institutions, faire disparaître les tribunes des propagandistes de haine, combattre l'antisémitisme et l'islamophobie.
Un chemin qui passe notamment par les luttes communes et le refus des identités assignées et figées, d'où qu'elles viennent. 

dimanche 15 mars 2015

Quand juges et journalistes cherchent des excuses à une militante antisémite assumée


Un cas exemplaire: celui d'une antisémite militante, qui assume son idéologie même devant un tribunal correctionnel où elle comparaît après un mois de détention. Pour se construire et agir, cette jeune femme s'est socialisée politiquement uniquement sur internet, comme beaucoup ces dernières années.
Mais le cas est également exemplaire en ce qui concerne le ressenti actuel sur l'antisémitisme: tout au long de l'audience, même les juges cherchent à lui faire dire qu'elle ne pense pas ce qu'elle dit, qu'elle a un problème mental. Le journaliste de La Nouvelle République qui a fait un article sur le procès est lui aussi dans cette optique, évoquant l'enfance difficile de la jeune femme, sa solitude et ses problèmes sociaux et relationnels.
A l'antisémitisme assumé et raisonné de Mathilde Visage, on cherche des circonstances atténuantes individuelles et des causes pathologiques. Bien évidemment, si Mathilde Visage avait été un homme, musulman et/ou arabe, les choses auraient été bien différentes.