lundi 26 octobre 2015

Montoire 24 octobre 1940, Pétain et Hitler officialisent la collaboration.







Le 24 octobre 1940, Pétain rencontrait Hitler à Montoire-sur-le-Loir. La poignée de main de Montoire annonce la collaboration

C'est lors du  discours de Pétain du 30 Octobre 1940, après cette rencontre avec Hitler, qu'est annoncée pour la première fois explicitement cette collaboration, qui se déploiera dans de très nombreux aspects, au plus grand profit du Reich nazi et de ses  acolytes français.
On notera que dans ce discours, Pétain indique qu'il s'est rendu librement à la rencontre avec Hitler, sans aucune pression allemande et qu'il utilise le terme nazi de « Führer » quand il mentionne ce dernier. 

A cette date du 30 octobre, le régime de Vichy a déjà promulgué plusieurs lois racistes très orientées.
Il s’agit de la possibilité de déchoir de sa nationalité un Français naturalisé (16 juillet 1940), de l’abrogation du décret Marchandeau du 21 avril 1939 pénalisant le délit d’injure ou de diffamation raciale et l'amnistie des faits commis de ce type depuis cette date ( 27 août ) le premier statut discriminatoire des Juifs du 3 octobre (publié le 18 octobre ), l’abrogation du décret Crémieux de 1870 (qui accordait la nationalité française aux Juifs d’Algérie) le 7 octobre. 

On sait maintenant que Pétain a lui-même durci les dispositions du statut des Juifs, comme le montrent ses mentions manuscrites sur ce document, mises à jour par le Mémorial de la Shoah

Il n’a en rien constitué un « bouclier » contre les nazis comme le prétendait une partie de l’historiographie de la droite et comme le proclame l’extrême-droite et son défenseur Eric Zemmour.

La parution d'une version actualisée du livre des historiens Paxton et Marrus "Vichy et les Juifs" (première parution en 1981) qui révéla l'ampleur de l'implication pétainiste dans la déportation des Juifs de France, permet de rappeler à quel point l'antisémitisme actif de ce régime permit aux nazis de mener leur œuvre de mort.  

Nous n’oublions pas que chaque 11 novembre, de 1987 à 1992, François Mitterrand alors président de la République, a fait déposer une gerbe de fleurs présidentielle sur la tombe du Maréchal Pétain, à l’île d’Yeu, au prétexte du rôle de ce dernier lors la première guerre mondiale ( au cours de laquelle il fut d'ailleurs particulièrement actif dans le massacre des soldats révoltés ) 
Les associations de résistants et de victimes du nazisme avaient beau protester unanimement, rien n'y faisait. En 1992 le scandale fut plus important, car une large campagne publique se déroulait contre ce geste de révérence à l'égard du chef de la collaboration. 
Du coup, le préfet de la Vendée, chargé par la présidence de la République de fleurir la tombe  le 11 novembre, dut attendre cette année-là 17 h 15 pour se rendre en hélicoptère sur l'île d'Yeu, lieu de sépulture de Pétain. Il craignait  d'être confronté aux manifestants présents sur place. C'était juste après que Serge Klarsfeld et la quarantaine de personnes l'accompagnant eurent pris le dernier bateau régulier de retour de l'île. Ils étaient venus «s'assurer qu'une gerbe ne sera plus déposée sur la tombe de Pétain par le président de la République». Au bout du compte, la gerbe du préfet côtoyait celles déposées dans les heures précédentes par Jean-Marie Le Pen et par "l'Association nationale Pétain Verdun" (ANPV, émanation des nostalgiques de Vichy). 
Devant l’ampleur du scandale, Mitterrand fut contraint de suspendre l'hommage à Pétain à partir de 1993, c'est à dire à la toute fin de son deuxième septennat.

On notera  que Pétain avait déjà manifesté son antisémitisme lors du pogrom nazi de la Nuit de Cristal en novembre 1938

Saisi d'un texte de protestation contre ce pogrom, il avait rayé de sa main la formulation mentionnant la condamnation des "violences antijuives" au profit d'une formule plus neutre "persécution religieuses ou racistes". Ses autres modifications vont dans le même sens d'atténuation de cette déclaration (voir ci-dessous le fac-similé de ses modifications). 
   



Il y a une continuité entre le programme antisémite des nazis qui envisageaient ouvertement l'exclusion et l'élimination des Juifs, la mise en pratique de cette politique lors de la Nuit de Cristal, puis le discours d'Hitler du 30 janvier 1939, à Berlin, devant le Reichstag annonçant la Shoah:
« Aujourd'hui, je serai encore un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d'Europe devait parvenir encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le résultat ne serait pas la Bolchevisation du monde, donc la victoire de la juiverie, au contraire, ce serait l'anéantissement de la race juive en Europe. ».

C'est à cela que Pétain et son régime ont apporté leur concours enthousiaste. C'est aussi ce que nous commémorerons, comme chaque année, le 7 et 9 novembre, lors de l’anniversaire de la Nuit de Cristal nazie de 1938.   


MEMORIAL 98











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