Affichage des articles dont le libellé est égalité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est égalité. Afficher tous les articles

dimanche 22 mars 2015

Une organisation d'extrême-droite déboutée dans une plainte pour "racisme anti-blanc"

C'est une invention de l'extrême-droite, mais qui a tendance à se répandre : le soit-disant "racisme anti-blanc". Certaines associations antiracistes ont d'ailleurs repris ce concept, notamment le MRAP dans la défense en 2010 d'un couple de Perpignan, dont l'un des membres est un militant de l'extrême-droite catholique.

L'association AGRIF, tendance chrétienne intégriste, et dont le président (Bernard Antony) est un ancien député FN, avait porté plainte contre un livre et un clip intitulés "Nique la France". Les deux auteurs étaient donc inculpés aux motifs d' « injure publique » et de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe. »

Le tribunal a estimé le 19 mars 2015, selon ce qu'en rapporte l'AFP, que la notion de racisme anti-blanc "ne recouvre aucune réalité légale, historique, biologique ou sociologique", que "la blancheur ou la race blanche" n'est "en aucune manière une composante juridique de la qualité des Français" et que "les Français blancs dits de souche ne constituent pas un groupe de personnes" au sens de la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Pour comprendre ce jugement, il faut avoir une définition correcte de que l'on appelle racisme. 
Le racisme est un phénomène social, il implique des rapports collectifs particuliers, économiquement, politiquement. Le racisme comporte notamment des aspects d'oppression (étatique, culturelle) et d'exploitation économique d'une ou plusieurs minorités.
Il est important de souligner cette dimension sociale.
Oui, un « Blanc », un "Français de souche" peut se faire traiter de fromage blanc ou ponctuellement être en minorité numérique. Mais cela ne conduira pas à ce qu’il soit contrôlé au faciès par la police ; à ce qu’il se voit refuser, parce qu'il est blanc, l’entrée d’une boite de nuit ou un logement ; ni à ce qu’il soit en butte, parce qu'il est blanc, à des tracasseries administratives pour refaire sa carte d’identité. Ni à ce qu’on questionne, parce qu'il est blanc, la légitimité de sa citoyenneté française ou son « intégration ».  Ses seuls nom ou couleur de peau ne donnent pas lieu à des discriminations.

Le racisme est une notion qui a émergée de réalités historiques : la colonisation des Amériques, de l'Afrique, de grandes parties de l'Asie et de l'Océanie, et les luttes qui ont été menées pour l'égalité et l'indépendance; l'émigration vers l'Europe et la poursuite de politiques et de modes de fonctionnement racistes, dans l'embauche, le traitement médiatique, etc...
Or ces réalités historiques et contemporaines, ce sont l'esclavage pour les Noirs, le statut des indigènes en Algérie, ce sont les boulots les plus durs et les conditions de logement les plus dégradées pour les immigrés en France, ce sont les liens faits en permanence entre origine maghrébine ou africaine et délinquance.


Les divisions qu'opère le racisme ne sont pas les seules à exister, elles se croisent et se superposent avec celles nées de l'exploitation capitalisme, avec le sexisme et l'homophobie (et donc une vision viriliste), avec le nationalisme et la xénophobie.
Mais en invalidant la notion de "racisme anti-blanc", la justice a remis quelques pendules à l'heure.

Reste encore du chemin à parcourir, pour faire condamner les auteurs de violence racistes, y compris ceux qui agissent dans le cadre des institutions, faire disparaître les tribunes des propagandistes de haine, combattre l'antisémitisme et l'islamophobie.
Un chemin qui passe notamment par les luttes communes et le refus des identités assignées et figées, d'où qu'elles viennent. 

jeudi 8 janvier 2015

Pour que le vivre ensemble ne reste pas qu'un rêve

Face à ceux qui sont prêts à mourir, si c'est le prix à payer pour le plaisir de voir le sang couler, on ne peut rien.
Si ce n'est tenter à chaque instant de construire des sociétés plus douces, plus justes, qui donnent envie à plein de gens de vivre et de se lever pour les défendre.
Ce rêve-là existe à Charlie Hebdo, puisque chaque semaine, ils publient un article en soutien à un humain sans-papier.
Ce rêve là existe chez tant et tant de gens, qui entre autre choses, sont musulmans.
Mais c'est un rêve qui ne ne se partage pas facilement. Les cauchemars de haine, de sang, de vengeance sont facilement transmissibles. On décide vite et facilement de ne pas vivre ensemble. Et les fascistes, de tous bords sont là pour nous prendre au mot de trop, et c'est lorsque la mort frappe, qu'on réalise qu'ils ont tué aussi une part de notre rêve.

Je ne suis pas Charlie, pas plus aujourd'hui qu'avant hier, parce que beaucoup de leurs mots me disaient "nous ne pouvons pas vivre ensemble". Mais parfois d'autres mots disaient le contraire, et si la haine ne les avait pas tués, peut-être qu'un jour, j'aurais pu être Charlie.

Partout en Europe, d'autres fascistes aiguisent leurs couteaux et pensent qu'on peut, tuer et opprimer des musulmans, que le moment est venu. Je ne suis pas croyante, et il est bien des moments où j'ai le sentiment que bien des croyants, de toutes obédiences n'ont guère envie de vivre avec moi. Mais il en est d'autres, où au delà du Nom qu'on lui donne, je reconnais mon rêve dans le leur, et où je sais qu'on le tue à chaque fois qu'on leur fait du mal.

lundi 5 janvier 2015

Refus d'inhumation d'un bébé rom : l'aboutissement d'un processus de déshumanisation et de refus des droits fondamentaux

S'acharner même sur les morts, pour enlever toute dignité aux vivants, et ce même si les morts sont des enfants. Les processus de deshumanisation en passent toujours par là, pour pouvoir pousser les persécutions jusqu'à leurs extrêmes limites, il faut habituer les esprits à traiter les humains comme des monstres d'une autre espèce, qui n'ont pas le droit même aux rituels qui font sens dans la société lorsque la mort survient.

C'est ainsi que le maire de Champlan (Essonne), a refusé l'inhumation d'un bébé rom, mort le 26 décembre de la mort subite du nourrisson.
"Nous avons peu de places disponibles", a simplement affirmé mercredi l'élu divers droite, selon des propos rapportés par "Le Parisien". "Priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux".


La mairie de Wissous a accepté que l'enterrement se fasse dans la commune. Mais rappelons que le maire de cette ville est Richard Trinquier, pro-OAS et ultra-droite. Il se refait une réputation d'humaniste à bon compte après avoir cet été affiché sur les murs de sa ville le nom des femmes musulmanes qui avaient porté plainte contre lui parce qu'elles étaient interdite de piscine estivale. Sur son mur Facebook, ses adjoints postaient également des appels au meurtre. 

Le maire de Champlan (Essonne), Christian Leclerc, a nié dimanche 4 janvier 2015 avoir pris cette décision.
 Mais sa prestation à la télé a été très vaseuse et complètement improbable au niveau des justifications, les journalistes de BFM TV qui espéraient sans doute pouvoir dénoncer un hoax antiraciste, comme ils aiment tant le faire étaient très embarassés devant son peu de crédibilité. 
Le maire de Champlan avait d'ailleurs profité d'un cas de tuberculose non contagieux d'un des enfants roms scolarisés, pour afficher un avis qui exagérait largement la situation et stigmatisait les Roms.


L'attitude de ce maire n'est que l'extrême conséquence de la politique globale menée à l'égard des personnes roms, et que beaucoup de celles et ceux qui se sont indignées ces derniers jours, parmi nos responsables politiques oublient bien aisément ce qu'ils et elles font au quotidien, en terme de persécution et de refus des droits fondamentaux 

dimanche 21 décembre 2014

Les mobilisations poussent la maire de Paris à demander la régularisation de sans-papiers

La meilleure preuve que la lutte paie, loin du découragement et du sentiment d'impuissance : Anne Hidalgo n'est pas une "frondeuse", elle n'est pas à la gauche du PS, ni à la gauche de la gauche.

Si, aujourd'hui, elle demande à Cazeneuve une (petite) opération de régularisation, c'est parce qu'à Paris, les collectifs de sans-papiers et les personnes solidaires s'organisent et mettent la pression, sans se laisser intimider par le racisme ambiant, sans défaitisme. Cette initiative de sa part est également le résultat des mobilisations lycéennes pour leurs camarades. Et c'est un grand début, pas seulement pour les personnes concernées, mais parce que cela fait émerger une parole de gauche, une revendication de gauche, au milieu des revendications racistes et sécuritaires.

Au lieu de céder au découragement, et à l'amertume répétitive sur les "engagements non tenus", prenons en de la graine: les promesses n'engagent que ceux qui les font respecter, le changement, c'est maintenant, si on se mobilise pour que ce soit le cas. Et pas seulement pour la régularisation des sans-papiers, mais pour les droits que nous voulons gagner !

dimanche 2 novembre 2014

Une décision porteuse d'espoir et d'égalité pour les mères voilées interdites de sorties scolaires

Enfin l'espoir d'être traitées à égalité des autres parents pour les mamans voilées !


«Le principe, c'est que, dès lors que les mamans ne sont pas soumises à la neutralité religieuse (…), l'acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l'exception», a déclaré le 21 octobre dernier Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Education.  Alors que depuis 2012, une circulaire interdit aux parents portant des signes religieux ostensibles d'accompagner les sorties scolaires.

Si elle n'est pas contrecarrée jusque dans son propre camp, la décision de la Ministre de l'Education pourrait enfin apaiser les choses, rétablir la dignité des parents et des élèves. En effet, l'interdiction faite aux mères voilées d'accompagner leurs enfants en sortie a exclu une partie des femmes de la vie scolaire.

Cette exclusion, qui a supprimé de fait, des espaces d'interaction et de dialogue avec les enseignantEs ne peut que favoriser les mouvements réactionnaires ou fascistes qui cherchent à répandre peurs et rumeurs contre l'Education Nationale, et exploitent le sentiment légitime de rejet.

On souhaite donc que la Ministre puisse aller jusqu'au bout et ne pas être entravée, comme c'est malheureusement souvent le cas dès que quelqu'un dans ce gouvernement a une idée raisonnable et progressiste.
En effet, comme dans l'affaire du licenciement d'une salariée voilée à la crèche Baby Loup dans les Yvelines, on cherche à dénaturer la notion de laïcité. Cette notion s'applique à l'Etat et à ses institutions, et pose un cadre à leur personnel, qui se doit d'être neutre vis à vis du public, et ne pas pratiquer de discriminations. Il n'y a aucun sens à exiger la laïcité dans les entreprises privées (comme la crèche Baby loup) ou de la part d'individus comme les mères portant un foulard.

lundi 27 octobre 2014

Manifestation contre les centres fermés pour étrangers en Belgique

Ce blog d'info a déjà évoqué la présence de ministres d'extrême-droite fraîchement arrivés au pouvoir en Belgique.
Ce serait dommage et contre-productif de ne pas parler autant de toutes celles et ceux continuent à se mobiliser concrètement, malgré la peur que peut susciter cet évènement.


Trois cent personnes devant un centre de rétention pour dire NON au racisme d'Etat, c'est important dans ce contexte et c'est rassurant.
Une manifestation s'est en effet tenue le dimanche 26 octobre, devant le centre d'accueil pour réfugiés 127 bis de Steenokkerzeel pour exiger la fermeture des centres fermés et s'opposer aux déclarations récentes du Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration. Celui a annoncé son intention d'augmenter le nombre de places en centre de rétention pour sans-papiers, de 600 à 700; et de remettre en place le placement en rétention et donc l'expulsion des enfants.

dimanche 26 octobre 2014

Quimper : deux fois plus d'antiracistes que de manifestants anti-mosquée !

A Quimper, le samedi 25 octobre 2014, les antiracistes étaient au moins deux fois plus nombreux que les racistes qui avaient prévu un défilé islamophobe, contre la construction d'une mosquée. 
La manifestation d'extrême-droite s'est donc tenue sous forte protection policière. Il paraît que les caisses de l'Etat sont vides, il serait plus simple d'interdire les manifs racistes que de mobiliser pour les protéger.


http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2014/10/25/contre-la-mosquee-ou-contre-l-intolerance-les-anti-manifestent-quimper-578178.html

jeudi 23 octobre 2014

New York, cartes de résident pour tous, y compris pour les sans papiers : un pas vers l'égalité ... sur un chemin qui n'est pas sans embûches


Après d'autres villes comme Los Angeles, San Francisco ou New Haven, la municipalité de New York, dirigée depuis peu par un maire démocrate, Bill de Blasio, a décidé d'instaurer une carte de résident pour tous en janvier 2015.

Une initiative prise dans un contexte où le discours sur l'immigration, même illégale, chez les hommes politiques ou dans la presse, est plus nuancé que bien souvent en Europe. On peut aux USA la présenter comme une force économique et sociale dynamique, comme un phénomène positif.
Lors d'un de ses premiers discours, le 10 février 2014, de Blasio a d'ailleurs déclaré : "à tous mes concitoyens New Yorkais qui sont sans papiers, je dis : New York City est votre ville, à vous aussi, et nous ne forcerons aucun des résidents de la ville à vivre dans la clandestinité"
["To all of my fellow New Yorkers who are undocumented, I say: New York City is your home, too, and we will not force any of our residents to live their lives in the shadows," de Blasio said during his first State of the City speech February 10.]

Cela signifie que cette carte sera accessible aux sans papiers, nombreux à vivre à New York. Mais aussi aux sans domicile fixe, ou aux ex-détenus qui ont du mal à faire aboutir leurs démarches pour une "identification card". 
Cette carte suscite également l'enthousiasme dans le mouvement LGBT, puisqu'il devrait être possible de déclarer le genre de son choix, une première pour une carte officielle.

Cette carte permettra les démarches dans les services municipaux, comme l'inscription à la bibliothèque, mais aussi l'ouverture d'un compte ou la signature d'un bail. Elle pourra également être présentée aux forces de l'ordre pour justifier de son identité, en cas de contrôle de la police municipale (qui a une grande partie des attributions de la police nationale en France ou en Belgique) mais aussi pour porter plainte.
Elle ne sera pas acceptée par les agences fédérales, ni pour acheter de l'alcool ou du tabac (les contrôles ne sont pas systématiques mais nettement plus fréquents qu'en France).

Des craintes, légitimes, ont été cependant soulevées par des associations, à commencer par la New York Civil Liberties Union. Elles pointent du doigt le risque que le fichier constitué par les dossiers de demande soient utilisés pour l'arrestation des immigrés sans titre de séjour, et proposent des mesures de sécurisation du fichier, à commencer par la notification aux premiers concernés quand une agence gouvernementale accède à leur dossier.
Les fichiers, qui pourrant contenir des informations médicales, sur la scolarité des enfants, des relevés bancaires, sont en effet accessibles aux forces de l'ordre, avec un mandat, ou par la police new yorkaise pour permettre des enquêtes sur la fraude... Cette dernière condition avait été mise par le Département de la Police New York (NYPD) pour accepter le projet. 

Pour éviter que cette carte ne soit demandée que par des sans papiers ou des précaires, ce qui pourrait avoir un effet stigmatisant ou facilitateur lors des contrôles, la mairie a annoncé le 19 septembre que la carte donnerait droit pendant un an à la gratuité dans de nombreux lieux culturels, dont plus de 30 musées.
Mais contrairement à ce qu'ont déclaré certains détracteurs, cette carte ne donne hélas pas le droit de vote, même pour les élections locales... Enfin, pas encore.

Rappelons qu'il n'existe pas aux Etats Unis de carte d'identité. Le document d'identité le plus courant est le permis de conduire, mais tout le monde ne l'a pas (à New York, la moitié des habitants de plus de 16 ans n'a pas de permis). Cette carte de résident qui sera délivrée par la mairie de New York pourra donc servir de justificatif aux habitants.