jeudi 23 juillet 2015

Le massacre d'Oslo symbolise le terrorisme d'extrême-droite


Actualisation 23 juillet

Selon la police allemande "le lien est évident" entre l'auteur de la tuerie de Munich du 22 juillet et le tueur norvégien Anders Breivik, (source chef de la police de Munich);  l’auteur du massacre utilisait la photo de Breivik comme identifiant de sa messagerie WhatsApp. On notera aussi qu'il a réalisé ses attaques le jour du 5e anniversaire du massacre d'Oslo.

Memorial 98

Actualisation  22 juillet 2016

En ce cinquième anniversaire des massacres d'Oslo et d'Utoya, nous rendons hommage aux 77 victimes de Anders Breivik. Ses crimes ont été suivis par d'autres de la même veine en Europe et très récemment en Italie.

Memorial 98 


Actualisation 20 avril:

 La justice norvégienne reconnait le droit du meurtrier nazi à ne pas subir une peine d’isolement stricte. Elle applique les principes des droits de l'Homme même à celui qui les rejette totalement; cela constitue une bonne attitude à même de contribuer à réduire l'influence de celui qui se présentait comme un "martyr". 
 
Elle a donné raison mercredi 20 avril à  Breivik, qui a tué 77 personnes en 2011, dans le procès qu’il a intenté à l’Etat pour des conditions de détention qu’il juge « inhumaines ».
« La Cour (...) est arrivée à la conclusion que le régime carcéral implique un traitement inhumain de Breivik », a estimé le tribunal d’Oslo, faisant valoir que l’extrémiste de 37 ans, qui se présente comme ouvertement néo-nazi, était maintenu à l’isolement depuis près de cinq ans.
La juge a en revanche débouté Breivik d’une demande qui concernait le contrôle de sa correspondance. La censure de ses échanges postaux est justifiée aux yeux des services du procureur par la nécessité de l’empêcher de former un « réseau extrémiste ».

Ce jugement applique le principe énoncé en 2011 par Jens Stoltenberg, alors 1er Ministre Norvégien, après l'attentat d'Oslo et le massacre d'Utoya:
«J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur.»
«Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»



Actualisation 15 mars 2016:
Breivik attaque l’État en justice, au nom des droits de l'Homme et fait le salut nazi en arrivant au tribunal.
La justice norvégienne va examiner pendant quatre jours si les conditions de détention du terroriste, qui a été condamné en 2012 à 21 ans de prison suivis d’une détention de sûreté, sont en violation de la Convention européenne des droits de l’Homme.
Le tueur de masse fasciste invoque les droits de l’Homme. C’est en fait la question de l’isolement qui va être au centre des débats cette semaine.  
Breivik jugé sain d’esprit en 2012, devra néanmoins faire face à ses propres contradictions. Il a lui-même refusé ces dernières années des visites ou des mesures de sociabilisation. Il s’est aussi condamné à l’isolement en écrivant noir sur blanc, avant de commettre ses attentats, que la prison était l’endroit idéal pour recruter des combattants.
Breivik cherche aussi et surtout à refaire parler de lui, au grand dam de ses très nombreuses victimes. Dag André Anderssen a survécu au massacre d’Utøya et  il est vice-président de l’association de soutien aux victimes : "Même s’il a essayé de m’enlever la vie, ce procès ne m’intéresse absolument pas. Vu sa personnalité, on pouvait s’attendre à ce qu’il utilise la moindre opportunité pour attirer l’attention sur sa personne.
Nous à l’association, on souhaite surtout que ce procès ne se transforme pas en tribune médiatique pour lui. Cette semaine peut être pesante pour les victimes, beaucoup ressentent comme une obligation de suivre cette affaire au moins un petit peu, cela risque fort de raviver les plaies qu’on tente d’oublier depuis 5 ans…"



Le 22 juillet 2011, il y a 4 ans jour pour jour, une bombe placée dans une voiture piégée explosait dans le quartier des ministères à Oslo. L'attentat visait une ex-Première ministre, personnalité du Parti travailliste et tuait huit personnes. Une heure et demie plus tard le terroriste d'extrême-droite qui avait commis l'attentat, Anders Breivik,  se rendait sur l'île d'Utoya, à proximité d'Oslo, déguisé en policier. Ce jour-là, avait lieu un rassemblement des membres de la Ligue des jeunes travaillistes (gauche), auxquels l'ancienne ministre déjà visée avait rendu visite un peu plus tôt. Breivik pourchasse et massacre méthodiquement les jeunes; il parvient à tuer 69 personnes, soit au total 77 morts dans la journée. «J'ai fini maintenant», a-t-il déclaré aux policiers au moment de son arrestation.

Le procès du militant d'extrême-droite a eu lieu moins d'un an après, en avril 2012, et a duré trois mois. Au début du procès Anders Breivik a fait son entrée le poing levé, provoquant l'assistance. Plus tard, il verse quelques larmes d'émotion devant la projection d'un film "anti-islam" qu'il a réalisé. Le deuxième jour du procès, Breivik veut s'expliquer et lit pendant plus d'une heure un document qu'il a lui-même rédigé, dans lequel il explique vouloir «protéger les Norvégiens de souche» contre «l'invasion musulmane». Il ne montre aucun remords et déclare: «Je le referais.». Breivik a en effet commis un massacre terroriste précisément orienté
Il a abattu individuellement les jeunes participants au rassemblement de jeunes de la gauche travailliste.   
Il a d'ailleurs déclaré lui-même qu'il avait voulu s'en prendre au Parti travailliste, alors au pouvoir en Norvège, parce que selon lui, ce parti de gauche avait  trahi le pays. Breivik a voulu «  porter un coup d'arrêt au recrutement de nouveaux membres au sein de ce parti », qui selon lui, « favorise la venue massive de musulmans en Norvège ». Islamophobie et lutte contre le "multiculturalisme" constituent les motivations de celui qui avait largement participé aux activités du parti norvégien de la droite radicale, le  "Parti du Progrès" (sic!), ouvertement xénophobe et anti-immigrés dans un pays qui ne se confronte pas à une crise sociale

Le 24 août 2012, le verdict est prononcé: Anders  Breivik est condamné à 21 ans de prison pour «homicides volontaires» et «actes de terrorisme», la peine maximale en Norvège. La justice pourra néanmoins la prolonger s'il reste considéré comme dangereux.
 
Breivik symbolise un terrorisme d'extrême-droite particulièrement actif dans toute l'Europe et aux USA ( Charleston). On notera d’ailleurs la mise en garde de l' avocat qui avait  accepté de défendre Breivik, Geir Lippestad. En tant qu’avocat et que membre du parti social-démocrate, il avait jugé nécessaire de défendre le droit de l'extrémiste à s'exprimer durant son procès, estimant que le débat ouvert reste l'arme la plus efficace contre son discours.
Lippestad s'est ensuite inquiété, dans un livre tiré de son expérience, de voir le tueur d'Oslo devenir un "personnage culte".  Il écrit : "…Quand on voit des images de Russie, des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne, de Grèce, de Suède et d'autres pays où il a des supporters, Breivik est indubitablement en train de devenir un modèle qui peut influencer d'autres personnes à avoir des pensées, des idées et des projets qui à terme peuvent muer des jeunes gens en terroristes et non pas en citoyens respectueux de la loi".

Cette préoccupation à rebondi à l'occasion du 4e anniversaire de la tuerie. Une exposition a ouvert le jour de la date anniversaire de l'événement dans le complexe gouvernemental d'Oslo. Elle présentera au public les souvenirs de cette journée, notamment le faux uniforme de policier que portait l'ultranationaliste le jour de la tuerie, mais aussi sa fausse carte d'identité, des débris de la voiture piégée. Cette exposition  a été organisée par le gouvernement norvégien lui-même et fait polémique. 
Les organisateurs ont expliqué vouloir montrer les preuves accablant Breivik, telles qu'elles ont été présentées au procès. Certaines familles de victimes décrient cette exposition. Un des avocats des parties civiles au procès, John Christian Elden, s'est indigné sur Twitter: «Un musée Breivik dans le complexe gouvernemental ? Non merci. Envoyez ces objets au musée criminel de Trondheim à la place.» Un militant des Verts norvégiens a, lui, parlé du risque que «ce "centre d'information" devienne un lieu de pèlerinage pour l'extrême droite». 

Le danger est en effet réel dans un contexte marqué par l'offensive xénophobe et le développement de noyaux terroristes fascistes particulièrement violents. 

Memorial 98

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