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mardi 17 septembre 2019

Macron, à droite toute, s'en prend à la santé des demandeurs d'asile



 
"L'immigration est une chance ... ça ne devrait pas inquiéter la population française . Déclaration d'Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, le 2 mars 2017"
Quelques semaines plus tard il était élu face à Marine Le Pen car des millions de personnes s'étaient mobilisées afin de battre la candidate du Front National ( ci-dessous notre contribution de l'époque )

Cela rend d'autant plus scandaleuse sa volte-face qui revient à légitimer les thèses de l'extrême-droite et de plus à stigmatiser les couches populaires qui en seraient porteuses. 

Macron veut durcir encore la politique gouvernementale en matière d’immigration et d’asile. Comme souvent dans ce cas le prétexte avancé est celui de l’influence du Rassemblement national dans les milieux populaires. 
Lors de la réunion de la majorité LREM du 16 septembre, il a  ainsi déclaré:   "Nous n'avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet (de l'immigration) en face", adoptant une ligne beaucoup plus dure sur ce sujet alors que jusqu'ici il défendait  le droit d'asile. "Je crois en notre droit d’asile, mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui manipulent. Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons. Cela donne quoi ? Des quartiers ou le nombre de mineurs non accompagnés explose", a-t-il averti, selon un participant.
Selon lui, "la question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n'ont pas de problème avec cela: ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec", a-t-il souligné.
"La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l’extrême droite. On est comme les trois petits singes: on ne veut pas regarder".
"Vous n'avez qu'un opposant sur le terrain: c'est le Front national (devenu Rassemblement national, ndlr). Il faut confirmer cette opposition car ce sont les Français qui l'ont choisie. Il y a deux projets : celui du repli, faire peur ou bâtir une solution ouverte mais pas naïve", a-t-il conclu.
Ainsi celui qui apparaît comme le « président des riches », après avoir démonté l'ISF et baissé la fiscalité sur les revenus financiers, a recours à la démagogie la plus nauséabonde afin de justifier son choix de s’en prendre aux plus faibles et de les désigner comme cibles de la vindicte prétendument "populaire" .
Celui qui a accumulé les déclarations les plus méprisantes à l’égard des salarié.e.s  et personnes sans emploi ( "le pognon de dingue des aides sociales" ) se présente tout à coup comme voulant rompre avec les «  bourgeois ». Et pour cela il choisit non pas  une politique sociale mais le recours à la xénophobie censée le réconcilier avec le « peuple »  qu’il méprise tant.
Pour Macron, les pauvres sont débiles, illettrés et porteurs du virus fasciste.
Il avait déjà tenté ce type de diversion au moment du "grand débat" qu'il avait lancé en décembre 2018, pour faire face au mouvement des Gilets jaunes. A la surprise générale il avait mentionné l'immigration comme un thème central de ce débat, alors que ce sujet n'apparaissait nulle part dans les revendications et manifestations. Il avait d'ailleurs dû reculer sur ce thème, qui avait été abandonné. 
Sa fréquentation assidue de son prédécesseur Sarkozy  a sans doute une part dans ce tournant. L’ancien président, qui a sans cesse légitimé les thèmes du FN/RN et  créé un ministère de l’immigration et de l’identité nationale discourt partout sur le danger de l’immigration africaine et se réclame lui aussi du peuple, en déclarant « Le peuple dit: On ne peut pas accueillir toute l'immigration. Et c'est vrai »
La récente lune de miel de Macron avec Poutine joue également dans ce sens. Ce dernier, qui soutient tous les partis d’extrême-droite en Europe attaque frontalement sur le thème des migrants« qui peuvent tuer, piller et violer en toute impunité parce que leurs droits doivent être protégés », en qualifiant d’« erreur monumentale » la décision prise en 2015 par la chancelière allemande, Angela Merkel d’accueillir un million de réfugiés du Moyen-Orient, en majorité des Syriens. 

Un exemple immédiat de ce que signifie le tournant de Macron: intox raciste et sexiste sur les "prothèses mammaires" par le délégué général du parti présidentiel.

L’aide médicale d’État, créée en 2000 permet aux étrangers sans papiers ces, de bénéficier de soins médicaux pris en charge. C’est une mesure élémentaire d’humanité et également de santé publique. Elle est la cible permanente de la droite et de l’extrême-droite qui y voient une occasion facile de  taper sur les migrants et de faire croire qu’on peut ainsi économiser des sommes importantes.

Ainsi en juin 2018, le Sénat, a majorité de droite, voulait transformer l'aide médicale d'Etat, en une "aide médicale d'urgence" lors de l'examen du projet de loi asile et immigration. Agnès Buzyn avait alors protesté en déclarant :
 "L'amendement du Sénat réservant l'AME aux soins urgents est contraire à une politique de santé publique responsable visant à soigner le plus vite possible. Il ne peut aboutir qu'à l'engorgement des urgences, augmenter le coût des soins et favoriser l'émergence de maladies contagieuses", 
Or Stanislas Guérini, délégué général de La République en marche, député de Paris, membre du noyau fondateur de En Marche, très proche de Macron  a lancé une offensive sous forme de « fake news » à propos de prothèses mammaires prétendument remboursées par l’AME, dans le cadre d’opérations esthétiques. Interrogésur CNews, il déclarait : Il y aura un rapport sur l’AME dans peu de temps. J’entends qu’il puisse y avoir des abus d’utilisation de l’AME pour financer des prothèses mammaires. Là, on voit bien qu’on n’est pas dans une situation d’urgence. S’il y a des abus… Il faut être précis, eh bien nous corrigerons ces abus», explique-t-il. 

Pourtant, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, interrogée le lendemain de cette déclaration explique ne pas savoir pourquoi Stanislas Guérini a «pris cet exemple». «Je n’ai aucune information particulière. […] Il y a toujours un travail pour lutter contre la fraude mais pas particulièrement les prothèses mammaires, je ne sais pas, je n’ai pas eu le temps de vérifier, et en tous les cas ça ne m’a pas été rapporté», ajoute-t-elle. 

La Caisse nationale d’assurance maladie explique que «les soins médicaux et hospitaliers sont pris en charge à 100%, dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale, pour les frais d’hospitalisation et d’intervention chirurgicale», dans le cadre de l’AME. L’AME ne rembourse en fait que les prothèses mammaires prescrites pour raisons médicales. Cela comprend les implants mammaires «posés initialement au motif d’une chirurgie réparatrice pour raisons médicales», donc après un cancer, par exemple, ou dans certains cas de malformation mammaire. Mais en aucun cas pour des raisons esthétiques.
C’est donc par une campagne de mensonges sexistes et racistes à l’encontre des femmes victimes de cancers du sein qu’a été lancée l’offensive politique de Macron et de ses proches. Cela augure de mesures et de discours particulièrement mensongers et répressifs, aggravant le caractère délétère de la loi Collomb.

Face à cette agression, il y a une nécessité urgente de mise en place d’un large front des associations de défense, des syndicats et partis ainsi que de toutes les personnes qui se préoccupent du sort des réfugiés et migrants  

MEMORIAL 98 
4 décembre 2019
A l'approche du mouvement social contre la réforme des retraites, le chef du parti macroniste, Stanislas Guérini, délégué général de LREM, multiplie les dénonciations contre la gauche qui défilerait avec l'extrême-droite en soutien aux grévistes. C'est le même qui a lancé l'intox raciste sur les prothèses mammaires à visée esthétique prétendument remboursées par l'aide médicale d’État ( voir ci-dessous)

13 novembre: la députée LREM Jennifer de Temmerman quitte le groupe parlementaire macroniste en protestation contre les mesures restreignant les droits à la santé pour les demandeurs d'asile et migrants, comme elle l'explique dans la lettre ci-dessous


5 novembre: nouvelle escalade de Macron et de son gouvernement

Édouard Philippe sort le grand jeu en annonçant un ensemble de mesures restrictives et répressives. Les principales touchent  les droits basiques à la santé et au regroupement familial. Il s'agit d' imposer un délai de carence de trois mois aux demandeurs d'asile, avant d'accéder à la Protection universelle maladie (Puma). Aujourd'hui, ils peuvent demander à bénéficier de cette protection sociale de base dès l'enregistrement de leur demande d'asile. Ce retard apporté aux soins représente une mesure cruelle et totalement contraire aux principes de la santé publique.
En s'attaquant au regroupement familial, le pouvoir reprend un domaine qui sert depuis longtemps de thème d'agitation au FN/RN: Marine Le Pen réclame un référendum afin de le supprimer 
La droite LR est en voie d'alignement suivant en cela la ligne de Sarkozy puis de Wauquiez ( voir ci-dessous à la date du 7 octobre).
Il en de même pour les "quotas d'immigration". L'usage de ce terme a pour fonction de recycler la politique de Sarkozy. Ce dernier semble obséder Macron qui lui témoigne une attention permanente ( voir ci-dessous) 

Face à cette offensive démagogique qui ouvre un boulevard au RN, une riposte d'ampleur est urgente. Elle doit rassembler dans des manifestations de rue les syndicats, associations et tous ceux et celles qui ne veulent pas que continue à se développer un climat de discrimination généralisée

MEMORIAL 98




 

Emmanuel Macron choisit le média d'extrême-droite Valeurs Actuelles pour parler d'immigration et d'Islam. Ce média est coutumier des couvertures et articles les plus nauséabonds dans ce domaine. Il a été condamné en décembre 2015 pour provocation à la discrimination et à la haine, comme sa vedette Zemmour.
C'est la première fois depuis Chirac qu'un président en exercice s'entretient avec un média d'extrême droite. C'est un message supplémentaire dans la ligne de sa dérive ciblant les migrants.
Quelques jours auparavant, Stanislas Guérini, délégué général de La République en marche, avait lancé un nouveau ballon d'essai en évoquant la création d'un secrétariat d’État à l'immigration comme lors des "années Sarkozy " selon ses propres termes 
On se souvient que la création d'un tel ministère, couplé à l"Identité nationale" avait symbolisé la politique xénophobe de Sarkozy. Ce dernier, qui a souvent légitimé les idées du FN/RN,  est très apprécié de Macron, qui multiplie les honneurs et marques de sympathie à son égard. 
A ce stade, le projet  de ministère ou de Haut commissariat est suspendu,  en raison notamment du désaveu que cela impliquerait à l'encontre de Castaner et de son administration. Mais il réapparaitra sans doute, à mesure que s'approfondira la calamiteuse politique macroniste. 
Il paraît que tout ceci traduit la volonté du locataire de l'Elysée d'installer son futur duel avec Marine Le Pen pour la présidentielle de 2022. Pour l'instant, il s'agit surtout d'énormes concessions à la propagande raciste de cette dernière. 

MEMORIAL 98


  
 Mise à jour du 7 octobre: le regroupement familial à nouveau mis en cause.



Alors que va s'ouvrir à l'Assemblée nationale le débat sur l'immigration  voulu par Macron, il apparaît que ce dernier veut également s'attaquer au droit au regroupement familial des immigrés résidant régulièrement dans le pays.
Ce droit de vivre en famille est reconnu par de nombreuses conventions internationales. Il est néanmoins souvent entravé par la multiplication des obligations matérielles qui réduisent son autorisation. C'est pourquoi il n'a concerné que 12 000 époux et enfants d'immigrés en 2018, sur 90 000 autorisations de séjour pour raisons familiales. La majorité de ces autorisations concerne en fait des français qui font venir leur épouse. 
Malgré ce faible volume le regroupement familial sert depuis longtemps de thème d'agitation au FN/RN: Marine Le Pen réclame un référendum afin de le supprimer. La droite LR est en voie d'alignement suivant en cela la ligne de Sarkozy puis de Wauquiez.

C'est devant ce totem raciste que Macron veut s'incliner et entraîner avec lui les députés LREM, dont certains résistent (voir ci-dessous) 
#nelaissonspasfaire

MEMORIAL 98



Mise à jour du 25 septembre 2019:
Emmanuel Macron ouvre une offensive globale contre les migrants et les demandeurs d'asile. Il offre un boulevard au RN en déclarant: 
 " On a une explosion des entrées qui sont liées au sujet sanitaire, avec des gens qui viennent pour se faire soigner en France. Ce sont des phénomènes qu'on doit regarder et auxquels on doit apporter une réponse..." ( voir ci-dessous sur les intox sexistes de Stanislas Guérini)

La députée LREM Delphine Bagarry ( ci-dessous) a réagit fortement au discours de Macron le 16 septembre.  Elle l'a commenté en ces termes

«J’avais l’impression d’écouter non pas l’homme de la campagne présidentielle mais un responsable du Front national», s’indigne la députée  qui se dit «choquée» par le contenu de ce discours.
Elle est maintenant convoquée et menacée par Stanislas Guérini, délégué général de LREM, qui a lancé l'intox sur les prothèses mammaires à visée esthétique prétendument remboursées par l'aide médicale d’État ( voir ci-dessous)
Cette députée fait partie d'un groupe de parlementaires qui a publié une déclaration s'opposant à la ligne de durcissement et d'exclusion prônée par Macron.


MEMORIAL 98

samedi 19 novembre 2016

#ParisAgainstTrump, 19 novembre 2016

Une première manifestation contre Donald Trump a réuni des centaines de participantEs ce 19 novembre à Paris. Beaucoup de colère mais aussi de solidarité avec des pancartes et des slogans réaffirmant explicitement la nécessité de l'unité de toutes les luttes contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, contre le sexisme , l'homophobie , la transphobie ou le validisme. Très peu d'organisations progressistes françaises étaient présentes, mais beaucoup d'antiracistes étaient quand même venus, d'où aussi des pancartes anti-FN et de bienvenue aux réfugiés.

Évidemment, l'extrême-droite antisémite et raciste avait choisi de venir jouer la provocation. Les plus connus d'entre eux, Vincent Lapierre et son équipe d’Égalité et Réconciliation, le site de Soral, ont été reconnus et éconduits fermement. Face à leur volonté manifeste de chercher les coups pour jouer les martyres, des slogans antifascistes et un cordon sanitaire a fini par les repousser. 
Ils n'étaient cependant pas seuls, puisque des militants d'un autre média d'extrême-droite, Independenza Web TW, ont également déambulé dans la manifestation. Ces incidents illustrent une nouvelle fois la nécessité d'une vigilance accrue dans les mobilisations: de nombreuses personnes ne savent pas qui sont les fascistes qui se présentent comme "journalistes indépendants", et c'est aussi aux organisateurs qu'incombe la responsabilité de protéger les gens contre l'extrême-droite, même si chacun doit être prudent de son côté et ne pas s'exprimer devant une caméra sans s'être renseigné avant sur l'identité des prétendus " journalistes". 


 













MEMORIAL 98

mardi 9 août 2016

Marsault, dessinateur d'extrême-droite et harceleur en meute.


25 septembre 2019: Marsault de retour et toujours haineux
Le "dessinateur" condamné pour harcèlement (voir ci-dessous) avait alors déclaré qu'il se retirait des médias et des réseaux sociaux. Il est revenu sur Twitter , dans un nouveau festival de sexisme et d'homophobie, sous prétexte d'une mise en cause des journalistes

MEMORIAL 98 
Mise à jour du 22 janvier 2019: bonne nouvelle; Marsault est condamné pour harcèlement contre Mégane Kamel, militante féministe et antiraciste ( voir ci-dessous).
Il écope de 5000 euros d'amende ainsi que la même somme avec sursis et devra verser 2000 euros d'indemnisation à sa victime.
Le procès s'est tenu en décembre, Marsault a déclaré qu'il "assumait" et ne "regrettait pas".
Nous réitérons notre soutien à Mégane Kamel qui a subi la violence fasciste et des menaces barbares
MEMORIAL 98 



Quand on lit les textes de Marsault sans regarder ses dessins, on le classe immédiatement à l'extrême-droite. Par exemple, lorsqu'il publie une diatribe contre le concert de Black M à Verdun, reprise par tous les sites d'extrême-droite (1): diatribe où il évoque très banalement la "racaille qui se fait sucer par les médias", le prétendu "racisme anti-blancs", ou lorsqu'il attribue le trafic de stupéfiants aux Noirs et aux Arabes. Du Zemmour, en plus pathétiquement viriliste encore. 

Quand on regarde les dessins de Marsault sans lire ses textes, on le classe immédiatement à l'extrême-droite. Le même fantasme décliné toutes les semaines,  les mêmes scènes de tabassages de gauchistes, de féministes, d'antiracistes par un mec trop musclé, le crâne rasé. 

Quand on se renseigne un peu sur la carrière de Marsault, ça le classe aussi à l'extrême-droite: Marsault a été publié longtemps par Égalité et Réconciliation, et a bénéficié de l'audience du site d'Alain Soral et de Dieudonné pour se faire connaître. Et aujourd'hui Marsault est publié par Ring, maison d'édition qui accueille Laurent Obertone, auteur entre autres d'une ode au terroriste d'extrême-droite Breivik. Elle accueille aussi un des journalistes phare de Valeurs Actuelles ainsi que les délires racistes de Renaud Camus, et publie dans son magazine des "Manifestes de la Dissidence Blanche".

Il n'est donc pas très étonnant que Marsault ait également des méthodes d'extrême-droite: furieux de la fermeture de sa page Facebook, le dessinateur a lancé un appel à harceler une militante féministe qui saluait la fermeture de cette page. Le résultat: des insultes, des menaces de viol, de tabassage et de meurtre adressées par centaines à la militante en question, à ses amis, à sa famille, la diffusion de ses photos et de son identité un peu partout sur des pages fascistes. En voici quelques exemples ci-dessous: reproduire ces immondices pourra choquer, mais il est nécessaire que chacun sache de quoi on parle lorsqu'on évoque une campagne de haine fasciste parmi d'autres.





Bref, Marsault qu'il l'assume ou pas est banalement d'extrême-droite. Et de manière très banale dans ce pays, il a énormément de soutiens, beaucoup de succès et peu d'ennuis. 
L'homme qui passe sa vie à fantasmer le tabassage de ses ennemiEs féministEs et antiracisTes pleure sur l'horrible blessure infligée par la fermeture de sa page Facebook mais a déjà plus de 60 000 fans sur sa page de secours. 
L'homme qui se croit très courageux lance sa meute sur une militante, puis vient dire qu'il n'est pas responsable si la meute mord un peu trop fort. 

Si vraiment le règne du politiquement correct fantasmé par Marsault existait, celui-ci aurait de gros ennuis avec la justice pour cette campagne de haine ciblée lancée de sa page, qui constitue évidemment une infraction pénale. Malheureusement, aujourd'hui la haine sexiste, lorsqu'elle est portée par des racistes d'extrême-droite est tolérée et même applaudie. Malheureusement, Marsault est également soutenu par les éternels défenseurs de la liberté d'expression, comme si la violence raciste , sexiste, antisémite, homophobe , dessinée, écrite, fantasmée , ressassée était un vague inconvénient que les victimes devraient supporter pour garantir la liberté des bourreaux.

Reste à faire le minimum en attendant mieux : dire notre solidarité et notre respect aux militantes féministes qui affrontent la horde brune ( par exemple sur la page féministe Paye ta Schneck)  et continuer à dénoncer le fascisme, dont la violence dessinée est toujours l'ébauche de la violence tout court.
 (1) voir par exemple sur Fdesouche: http://www.fdesouche.com/730637-marsault-vous-degoutez-bande-de-charognes


Mise à jour du 30 novembre 2018

Marsault va devoir répondre de ses actes de harcèlement mais poursuit ses attaques tous azimuts . Il assigne en justice et réclame 45000 euros à Yan Lindingre, ex-directeur du magazine de BD Fluide Glacial qui a rappelé ses liens avec Soral ( ils sont maintenant brouillés) et a écrit à son propos sur Facebook (extrait) :   Cette nouvelle espèce qui nous envahit, ces dessinateurs de droite et d'extrême droite, émerge au même moment que des mouvement néonazis totalement décomplexés, à travers l'Europe, font florès. Ça ne choque plus l'opinion. Moi si”. Lindingre  assume ses propos et en appelle à la solidarité. 

Le facho aura quant à lui à répondre devant la justice de la violente campagne de harcèlement contre la militante féministe Mégane Kamel, victime d'un véritable lynchage en ligne organisé par Marsault et ses relais, comme nous l'avons décrit ci-dessus. Il comparaitra lors d'un procès le 7 décembre prochain  pour  "provocation publique à la haine et la violence en raison du sexe". 
Le magazine féministe Causette, qui soutient Mégane Kamel, publie des échanges avec Marsault témoignant de la violence sexiste de ce dernier.

Nous renouvelons notre entière solidarité à celles et ceux qui partagent le combat contre Marsault et ses séides. Nous avons nous -même subi de nombreuses dénonciations, y compris nominales suite à notre dossier de 2016 ( ci-dessus) notamment de la part des ultra-réactionnaires de Causeur, de  JSSNews .

MEMORIAL 98





Mise à jour du 2 septembre 2018
Nouveau rebondissement autour de Marsault. Une galerie parisienne nommée Art Maniak prévoyait d'exposer ses dessins. Ce projet était d'autant plus choquant que la même galerie avait en 2017 accueilli le prix Artémisia, qui récompense chaque année un livre de BD créé par des femmes. Une mobilisation énergique initiée par l'artiste et blogueuse Tanx  à contraint la galerie à renoncer. C'est un bon résultat mais du coup Marsault réagit avec ses méthodes habituelles en ciblant spécifiquement "Tanx" qui a exposé le scandale. Il récidive ainsi en organisant le harcèlement de cette lanceuse d'alerte à qui nous apportons notre entier soutien.




Memorial 98 

Mise à jour du 8 août 2018

Mise à jour du 8 août 2018
Marsault vient de publier un texte ouvertement raciste et violent (ci-dessous). Il se réclame du suprémacisme blanc et appelle à l'affrontement armé "préventif".
Notre alerte, publiée il y a deux ans jour pour jour, avait rencontré de nombreuses réactions d'incrédulité de ceux qui voyaient  chez lui une expression "rebelle". Elle nous avait également valu des dénonciations nominales de la part de médias favorables au racisme de Marsault, comme Causeur et le torchon JSSNews


MEMORIAL 98

samedi 2 avril 2016

Orelsan, porte-parole des bourreaux légitimes, même devant la justice.


Après sept ans de procédures judiciaires, dont un passage par la Cour de Cassation,  le rappeur Orelsan a donc été relaxé, le 18 février pour les propos sexistes de la chanson " Sale Pute". L'arrêt de la Cour de Versailles vaut qu'on s'y attarde, tant son contenu concerne toutes les victimes potentielles de sexisme, d'homophobie ou de racismes. 

La Cour commence ainsi:
« Le domaine de la création artistique, parce qu’il est le fruit de l’imaginaire du créateur, est soumis à un régime de liberté renforcé afin de ne pas investir le juge d’un pouvoir de censure qui s’exercerait au nom d’une morale nécessairement subjective de nature à interdire des modes d’expression, souvent minoritaires, mais qui sont aussi le reflet d’une société vivante et qui ont leur place dans une démocratie. » Or, relève l’arrêt, le rap est « par nature un mode d’expression brutal, provocateur, vulgaire, voire violent puisqu’il se veut le reflet d’une génération désabusée et révoltée ».

La question qui s’est posée aux juges était donc de déterminer si les paroles incriminées cherchaient volontairement à injurier les femmes et à inciter à la violence contre elles ou si elles étaient d’abord et principalement « l’expression du malaise » d’une partie d’une génération. C’est cette deuxième voie que la cour d’appel de Versailles a retenue :

« Orelsan dépeint, sans doute à partir de ses propres tourments et errements, une jeunesse désenchantée, incomprise des adultes, en proie au mal-être, à l’angoisse d’un avenir incertain, aux frustrations, à la solitude sociale, sentimentale et sexuelle ». Les propos de ses personnages sont également, selon la Cour,  « le reflet du malaise d’une génération sans repère, notamment dans les relations hommes femmes ».

Relevant que le rappeur « n’a jamais revendiqué à l’occasion d’interviews ou à l’audience, la légitimité des propos violents provocateurs ou sexistes tenus par les personnages de ses textes », la cour estime que « la distanciation avec ces propos, permettant de comprendre qu’ils sont fictifs, est évidente ».

Sanctionner de tels propos « au titre des délits d’injures publiques à raison du sexe ou de la provocation à la violence, à la haine et à la discrimination envers les femmes reviendrait à censurer toute forme de création artistique inspirée du mal-être, du désarroi et du sentiment d’abandon d’une génération en violation du principe de la liberté d’expression », conclut la cour en prononçant la relaxe du rappeur.

Ces longs extraits de la décision montrent son caractère éminemment politique.
Les juges de la Cour d'Appel ont clairement défini ce qui relève du malaise d'une "génération révoltée" , et quelles expressions du "malaise" ainsi défini peuvent faire l'objet d'une liberté d'expression absolue pour les artistes censés représenter cette fameuse "jeunesse". En clair, on est dans son rôle d'artiste "représentatif d'une génération " si on décrit avec complaisance les envies de meurtre d'un homme contre une femme. 


A peu près en même temps que la relaxe d'Orelsan, deux jeunes hommes auteurs de paroles certes peu amènes envers les forces de l'ordre, mais relevant d'un classicisme artistique également très banal dans le rap ont, eux écopé, en Charente, d'une condamnation pour apologie de crime et injure publique envers un corps constitué . Eux ont eu beau évoquer leur liberté artistique et des références connues en matière de chansons contre la police, rien n'y a fait. Cette fois ce n'était pas de l'art, mais du délit.

Il ne s'agit pas d'exiger la judiciarisation de l’art, de la musique ni du rap. Le rap est violent par nature. Les films d’horreur le sont. La violence dans l’art ne date pas d’hier. Se mettre dans la peau de personnages odieux ou violents est aussi un procédé littéraire très banal. 

N'en reste pas moins plusieurs questions, qu'illustrent ces condamnations différenciées. Selon quels critères décide-t-on qu'un artiste qui s'exprime en disant "Je" crée un personnage et ne parle pas en son nom ? La Cour d'Appel de Versailles affirme que Orelsan n'ayant jamais exprimé de propos sexistes publics hors de ses chansons, il ne peut donc s'agir que d'un personnage fictif. L'argument ne tient évidemment pas: par définition, un artiste s'exprime principalement dans son œuvre, et ce qu'il dit à côté ne peut pas d'emblée infirmer le contenu de celle-ci. 
De plus, en matière de rap, dès 1996, les membres du groupe Ministère Amer étaient condamnés pour les paroles de leur chanson " Sacrifice de Poulet", et non pas au regard de ce qu'ils auraient dit ou pas à côté. 

La vérité, c'est que pour certains artistes, la question de la dissociation entre le "Je" de l'artiste et le "Je" fictif n'est pas posée par les juges.

D'une part, parce que le statut d'artiste lui même est construit en fonction de critères préexistants. AInsi Orelsan, rappeur encensé par la critique musicale, érigé en artiste global, et pas seulement considéré comme "rappeur", n'a pas le même statut devant un juge que les membres d'un petit groupe de banlieue, issus des classes populaires et "dangereuses". Dans ce dernier cas, l’œuvre est considérée comme la simple prolongation verbale de leurs errances sociales. Très nettement, dans la décision judiciaire comme dans beaucoup de défenses d'Orelsan, ce qui a été dit, c'est que l'homme ne pouvait pas être le personnage de la chanson, que c'était une "évidence"... évidence qui ne vaut pas pour des catégories sociales et racisées considérées d'emblée comme sexistes et violentes dans leur ensemble.
"Détail" important, Orelsan, dans sa chanson " Saint Valentin"  néologise la mort sous les coups de Marie Trintignant, coups donnés par un autre chanteur blanc des classes moyennes Bertrand Cantat. Ce dernier à lui aussi a fait l'objet de mille défenses de son acte, forcément "accidentel", forcément pas compatible avec l'homme que chacun pensait connaître. 

D'ailleurs, Orelsan aura bénéficié des mêmes analyses complaisantes en ce qui concerne des textes explicitement homophobes ET attaquant la lutte contre l'homophobie: "bientôt pour prouver que t'es pas homophobe, il faudra que tu suces des types", voilà par exemple les paroles reprises dans un article de Libération, en 2011, article intitulé " Orelsan, ni pute, ni soumis", et prenant la défense du jeune homme. Un an plus tard, dans la rue, les réactionnaires de la Manif pour tous allaient dire la même chose que lui, en nombre, et Libération trouverait la chose moins drôle et décalée. 

Ce que dessine la décision des juges de la Cour d'Appel, ce n'est donc pas tellement le portrait d'UNE génération de révoltés désenchantés, mais bien plutôt le contour sociologique des hommes dont le sexisme, sous forme d'art ou de violence pure, est toujours, sinon excusable , du moins compréhensible. On reste d'ailleurs songeur devant la similitude des mots décrivant une génération d'hommes "sans repères dans les relations homme-femme", avec ceux sans cesse utilisés par le néo-nazi Soral pour décrire la prétendue oppression exercée par les féministes: "mal-être, désarroi, sentiment d'ABANDON". Comme on est toujours abandonné par quelqu'un , que ce quelqu'un dans la chanson est une femme qu'on veut tabasser , on ne peut qu'en déduire une chose: pour la Cour d'Appel, l'appel à la violence sexiste est une réaction logique, sinon légitime aux actes concrets des femmes, ou du moins de certaines femmes. 

La liberté d'expression artistique est donc une nouvelle fois au service de l'oppression: la violence sexiste doit pouvoir se dire, faute de brider la création. Est-ce valable aussi pour l'expression de la violence raciste ? Force est de constater que très peu de plaintes sont déposées en France contre le rock ou le rap néo-nazi et identitaire. Dans ce domaine, aussi la liberté d'expression n'est guère remise en cause, comme le montrent d'ailleurs les nombreux concerts néo-nazis qui se tiennent en France chaque année, sans susciter une quelconque interdiction. Nul doute aussi, qu'avec une décision pareille, autorisant à mettre en scène la violence la plus dure contre une femme au nom de la "création artistique" d'une "génération désenchantée", les artistes racistes pourront eux aussi se targuer d'une certaine représentativité , d'un sentiment d'abandon, et d'un gros malaise. 

D'aucuns répondront que les femmes n'ont qu'à répondre à Orelsan et mettre en scène la violence contre les hommes: certaines l'ont fait , par exemple le groupe CLIT , dans une parodie d'Orelsan intitulée Saint Valentin. Parodie immédiatement censurée et à plusieurs reprises pour " Contenu sexuellement explicite" par YouTube. Comme quoi, la liberté d'expression, pour les femmes  n'a même pas besoin d'être censurée au tribunal, une plate-forme commerciale peut très bien s'en charger. En estimant que des femmes nues sont de nature à perturber les mineurs, quand la mise en scène de violences contre les femmes est au contraire banalisée, du moins lorsqu'elle émane d'hommes issus de la majorité dominante. 

L'affaire Orelsan , loin d'être anecdotique, reflète au contraire une réalité sociale et culturelle très française, à la fois ancienne et très actuelle: le privilège du "second degré" comme de l'"expression artistique" du racisme , de l'antisémitisme , du sexisme et de l'homophobie pour certaines catégories de la population. De Céline à Houellebecq, en passant par Orelsan ou Marc Edouard Nabe, les justifications du pire restent toujours les mêmes, le "talent", "la provocation réussie", la nécessité " de comprendre l’œuvre en entier" autoriseraient toutes les formes d'expression de la domination, et rendraient même celle-ci " subversives" et "révoltées". 

Mais les faits sont têtus: fantasmer sur le meurtre des femmes est si peu l'expression d'une révolte quelconque, que même la très conservatrice Cour d'Appel de Versailles l'excuse. Selon elle, on peut donc comme Orelsan cracher: "  (Mais ferme ta gueule) ou tu vas t'faire marie-trintigner"

MEMORIAL 98

jeudi 3 septembre 2015

RTL relaye une rumeur raciste et complotiste: la machination d'Olivier Mazerolle

Actualisation du 16 juin :

Mazerolle récidive; il relaye des rumeurs grotesques et alarmistes à propos des supporters de foot.
Ainsi le 14 juin sur RTL il a interpellé le ministre Le Foll en reprenant un photo-montage parodique :
« Sur les images on voit même un homme brandir une pelle, comment tout cela a-t-il pu rentrer dans le stade ? (…) Avec la palpation à l’entrée, on ne devrait pas avoir de fumigène ni de pelle. » 
Mazerolle n'a même pas pris la peine de vérifier cette pseudo-information et se déconsidère une fois de plus après avoir relayé une rumeur raciste contre Myriam El Khomri (voir ci-dessus)

Actualisation 28 avril 2016:

Nouvelle manipulation xénophobe autour de la loi travail: attention il ne s'agit pas ici du contenu réel de la loi et des débats et mobilisations qu'elle entraîne. Il est question  d'une manipulation complotiste  dans la continuité des attaques qui avaient accompagné la nomination de la ministre du Travail (voir ci-dessous). Un message totalement mensonger, qui a beaucoup circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux, affirme que cinq jours fériés chrétiens seraient menacés par la loi travail. L’Ascension, les lundis de Pâques et de Pentecôte, le 15 août ainsi que la Toussaint disparaîtraient, car « ces fêtes traditionnelles sont d’un autre temps et ne correspondent plus au principe de la laïcité ».
On voit bien les intentions racistes du site d’extrême droite Volontaires-France.fr qui a lancé cette rumeur.

Memorial 98

Actualisation du 10 février 2016:

Najat Vallaud-Belkacem s'attaque -à juste titre- aux rumeurs sexistes, racistes, complotistes, qui se répandent à son encontre, notamment à propos de la réforme de l'orthographe.

Au delà du débat (légitime) sur ces modifications conçues par l'Académie française, il s'agit pour la fachosphère de nier la légitimité d'une personne issue de l'immigration à se mêler de ce qui touche à la langue française. C'est un type d'attaque profondément ancrée dans la droite nationaliste et l'extrême-droite françaises. Elles ont déjà été utilisées contre des écrivains d'origine juive accusés d'être "incapables de comprendre l'enracinement de la langue française" et contre Jean Zay, ministre de l’Éducation sous le Front Populaire, harcelé par l'extrême-droite et assassiné par la Milice. On note ici le parallélisme de ce types de campagnes antisémites et xénophobes qui portent aussi sur le nom, prétendument modifié voire dissimulé (voir ci-dessous).

Memorial 98

En plein débat sur les réfugiés et les migrants, la propagande xénophobe ne faiblit pas.
Sur RTL ce matin (jeudi 3 septembre), le nouveau présentateur-vedette de la station, Olivier Mazerolle,  recevait  la fraîchement nommée ministre du Travail, Myriam El Khomri. Et il a attaqué d'emblée avec une question absurde : «Vous êtes marocaine par votre père, ça donne quel trait de caractère ?» .... Puis il passe a une question beaucoup plus perverse :  «Alors vous avez décidé de faire carrière avec votre nom de jeune fille, alors que vous auriez pu vous présenter sous le nom de femme mariée, votre mari est un Bordelais pur sucre, pourquoi, parce que c'est important de montrer qu'en France quand on s'appelle Khomri on peut aussi bien réussir que je sais pas moi, Marceline Dupont ?»

On se demande d'où sort ce patronyme étrange de "Marceline Dupont" ? En fait Mazerolle a simplement recyclé la rumeur d'extrême-droite qui a parcouru le Net lors de la nomination de Najat Vallaud-Belkacem comme ministre de l’Éducation Nationale, en aout 2014. Cette campagne, relayée par les complotistes, prétendait que la ministre s'appelait en réalité Claudine Dupont,  mais utilisait un nom "maghrébin" afin de se faire bien voir des populations d'origine immigrée et de la presse.  

"Claudine Dupont c'est moins vendeur que Najat Vallaud-Belkacem ?", écrivait ainsi un internaute, diffusant une carte d'identité pourtant barrée par le mot "fake" ( factice).

L'information était évidemment toute aussi fausse que la carte d'identité qui était censée l'étayer.
La fausse carte circule depuis 2013 et avait déjà été contredite par le site de référence Hoaxbuster.com. Ironie de l'histoire, l'image relayée par la plupart des faussaires a elle-même été créée pour démonter la rumeur.
La manipulation est d'autant plus vicieuse qu'il y a bien un lien entre le patronyme "Claudine Dupont" et la nouvelle ministre. Il fait allusion à une petite phrase attribuée par Le Point à Ségolène Royal en 2013 et démentie par celle-ci : "Elle s'appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là".

Afin de dissimuler l'origine de son forfait, Mazerolle a simplement remplacé "Claudine" par "Marcelline".
Nous interpellons d'ailleurs RTL sur ce nouveau dérapage à caractère raciste et sexiste de son présentateur -vedette.
On remarquera que les femmes en politique sont particulièrement mises en cause en raison de leurs origines. Myriam El Khomri avait déjà été la cible d'attaques racistes lors de sa première nomination à la politique de la Ville, tout comme Najat Vallaud-Belkacem. Cela a aussi été le cas de Rachida Dati attaquée par Le Pen en raison de sa double nationalité puis d'Eva Joly attaquée en tant qu'étrangère successivement par Marine Le Pen puis par François Fillion.

En colportant une rumeur sexiste, raciste et complotiste, Mazerolle est triplement condamnable. Nous attendons la réaction de la direction de RTL et du CSA.
  

dimanche 3 mai 2015

La taille d'une jupe justifie l'exclusion d'élèves musulmanes: discrimination à l'infini.

Un simple bandeau, une robe noire ou une simple jupe: désormais les jeunes filles de confession musulmane sont exclues en nombre pour le port de vêtements que les non-musulmanes peuvent évidemment mettre sans souci aucun.
Sur cette base, la possibilité de discrimination devient évidemment infinie. 

A Charleville Mézières, une collégienne a été refusée d'accès à l'établissement pendant deux jours à une semaine d'intervalle, ce qui est bien une exclusion temporaire, pour le port d'une jupe achetée dans un magasin populaire. Un courrier de l'Académie valide implicitement la position de l'établissement et le fait qu'une jupe puisse être considérée comme un signe religieux ostentatoire: "Dans ce travail quotidien avec un public adolescent, il est parfois difficile de distinguer simplement ce qui relève du port ostentatoire de signes religieux de la provocation ou de la tentation d'éprouver les limites des règles communes". On notera les mots utilisés et le raisonnement validant une possibilité de discrimination quasi-infinie: le personnel peut décider de sanctionner une "tentation d'éprouver les limites" qu'il aura lui-même déterminée. 

De tous temps adolescents et adolescentes se sont affirmés par des tenues vestimentaires détournées et semblables exprimant ceci ou cela. 
Une jeune anarchiste mettait il y a 20 ans des Doc Martens qui voulaient dire: " Allez tous vous faire foutre l'école, les profs, l'Etat et ainsi de suite, tandis qu'il y a quelques années, les jeunes fascistes adoptaient, eux, le style casual, des tenues plutôt discrètes avec des marques peu connues et une coupe courte mais pas rasée, dont l'ensemble était immédiatement reconnaissable par toute personne avertie. 
La taille de la jupe, la coupe de cheveux, le pantalon serré ou large, la boucle d'oreille portée toute seule, et un tas d'autres signes sont utilisés pour affirmer une identité, le plus souvent transitoire, le plus souvent également parfaitement associable à d'autres signes exprimant des identités contradictoires. 
On voit ainsi dans certains endroits des jeunes filles sortir du lycée, mettre leur foulard, se repoudrer et allumer une clope avant de partir vaquer en groupes rieurs. On vit aussi et on voit encore de jeunes anarchistes punk décider à seize ans de tomber enceintes d'un type et de garder leur bébé, en arborant un T-shirt No Future. Quand une société en vient à régresser psychologiquement au point d'accorder plus d'importance encore que ne le font les ados à ces signes, on mesure d'une part, l'impact profondément abêtissant du racisme, mais également son ampleur. 
Que ces questions préoccupent l'ensemble du champ social, alors que d'autres comme la disparition de l'enseignement du latin, ou le peu de place accordé à celui des langues vivantes, ou les inégalités effroyables générées par la réforme des rythmes scolaires ne mobilisent même pas le camp de la gauche qui se dit attachée au progressisme et à la raison en dit long non pas sur l'islam mais sur l'idéologie qui gangrène ce pays en ce moment.... 

Il y a là un processus de déshumanisation profondément inquiétant, dès lors qu'il touche des mineures, et qui montre d'ailleurs à quel point l'islamophobie est proche dans ses ressorts de la "logique" antisémite, qui, elle , aussi a toujours justifié l'exclusion et la persécution des Juifs, de tous les Juifs et notamment des enfants, en les déshumanisant et en en faisant l'incarnation d'un danger tangible. 

Parmi les positions de Memorial98 figure l'opposition à toutes les mesures d'exclusion de l'école des jeunes musulmanes ou de tout autre jeune en raison de sa tenue. Voir nos articles :