vendredi 20 juillet 2018

Netanyahou congratule les antisémites et aggrave les discriminations

Mise à jour du 31 aout 2018: 

Après Orban,Nétanyahou se prépare à accueillir en grande pompe le président philippin Dutertre, qui mène une politique d’assassinat d'usagers de drogues et qui bafoue quotidiennement les droits de l'homme dans son pays. 

 Ce démagogue avait revendiqué en 2016 sa proximité avec le nazisme en déclarant 
 « Hitler a exterminé trois millions de Juifs. Aujourd’hui, il y a trois millions de toxicomanes [aux Philippines]. Je serais heureux de les exterminer. Au moins, si l’Allemagne a eu Hitler, les Philippines m’auront, moi."
Face au scandale international, il avait du retirer son propos et s'excuser. Sa visite prévue au mémorial de la Shoah de Jérusalem ( Yad Vash'em) constitue une profanation et une une injure aux victimes du nazisme.  Sa venue provoque des protestations en Israël. Celles-ci vont certainement s'intensifier avec la dernière déclaration en date de Duterte justifiant le viol des femmes par leur beauté ( !) 

Memorial 98

Mise à jour du 8 aout 2018:
 Un débat spécial a eu lieu le 8 aout  au Parlement israélien à propos de la loi raciste "État-Nation", sur décision de l'opposition et comme le permettent les règles de la Knesset. Netanayahou a boycotté ce débat. Des militants du parti de centre-gauche Camp sioniste ont déployé et brandi la déclaration d'indépendance d'Israël de 1948  qui stipule que l’État assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ..."  en contradiction avec le texte récemment adopté  ( voir ci-dessous l’analyse de cette loi discriminatoire). Le combat se poursuit



Memorial 98
Mise à jour du 4 aout 2018: 

Immense manifestation de protestation contre la loi raciste. Des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux Druzes, se sont rassemblés sur la place Rabin à Tel-Aviv.
 La revendication centrale était l'exigence d'égalité: en hébreu. "Shivion"  



Mise à jour du  28 juillet: mobilisations en série contre la loi raciste.

Après l'adoption précipitée de la dite « Loi de l’État-nation » qui bafoue notamment les droits de la minorité arabe, des protestations émergent dans différents secteurs: dans la population arabe druze particulièrement impliquée dans l'armée de métier et la police israéliennes et qui se sent renvoyée à un statut inférieur et dans de larges secteurs de la société civile. Du coup certains ministres membres de la coalition dont le ministre des Finances Kahlon reviennent sur leur soutien à ce texte. Un député arabe membre du parti travailliste, Zoheir Bahloul, vient de démissionner du parlement afin de protester. 
                                        Députés arabes déchirant le projet de loi

Ces derniers jours on assiste aussi à des mobilisations des LGBT victimes de discriminations dans l'accès à la GPA, légalisée pour les femmes souffrant de stérilité mais pas pour les gays en raison de l'opposition des religieux intégristes.. Soixante mille personnes ont manifesté dans ce cadre.
Cette accumulation de protestations n'en est sans doute qu'à son début ( voir ci-dessous l'analyse de la loi)

Memorial 98



Il accueille en grande pompe l’ultra-réactionnaire Viktor Orban le jour où il fait lui-même voter une loi qui officialise les discriminations contre la minorité arabe d’Israël.
Viktor Orban a été précédé le 10 juin à Jérusalem par le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, qui se trouve à la tête d’une coalition avec la formation d’extrême-droite Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ). Or malgré les déclarations lénifiantes de Kurz, le parti FPÖ est truffé d’antisémites qui ne se gênent pas pour agir. Un nouveau scandale vient d’ailleurs d’éclater à ce sujet : le gouvernement régional du Land de Basse-Autriche, qui entoure Vienne, veut établir des fichiers nominaux de Juifs autorisés à manger cacher. Idem pour le hallal. Cela provient de la volonté d’un ministre issu du Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) du Land de limiter considérablement les méthodes d’abattage religieuses.
Face au gouvernement antisémite du PiS polonais, Nétanyahou a fait preuve de la même complaisance.  Ainsi une loi « mémorielle »  adoptée par le Parlement à Varsovie fin janvier  a provoqué un scandale international. Le texte prévoyait jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité » dans le contexte de la seconde guerre mondiale.
Ce délit a été finalement abandonné sous sa forme pénale, mais reste ouvert à des plaintes civiles issues des organisations nationalistes polonaises. Malgré cela,  Nétanyahou a accepté le 27 juin  une déclaration commune israélo-polonaise qui était marquée, selon le mémorial de la Shoah de Jérusalem, Yad Vashem, par « des erreurs graves et des tromperies ».  Elle représente les Polonais en héros ou en victimes, minimisant leur participation aux crimes contre les Juifs et renvoie dos à dos l’antisémitisme et un prétendu « anti-polonisme ». Le grand chercheur sur la Shoah, qui fait autorité en la matière, le Pr Yehouda Bauer, a vivement condamné cette déclaration qui représente selon lui une « trahison » des victimes de la Shoah en Pologne.
Georges Soros, un ennemi commun
Avant l’arrivée de M. Nétanyahou à Budapest  en juin 2017, Viktor Orban avait qualifié l’ancien dictateur hongrois Miklos Horthy  d’« homme d’Etat exceptionnel »
Celui qui a été « régent » dictatorial de la Hongrie de 1920 à 1944 a promulgué des lois anti-juives  dès 1920 et c’est sous sa surveillance que plus d’un demi-million de Juifs hongrois ont été déportés et exterminés à Auschwitz  en quelques mois en 1944. 
                                                Miklos Horthy et Hitler en 1938
Devant Nétanyahou, Orban avait assuré à l’époque que la Hongrie aurait une «  tolérance zéro envers l’antisémitisme ». Au même moment exactement, il  poursuivait une campagne d’affichage antisémite contre le milliardaire philanthrope George Soros, qui a consacré des fonds considérables depuis la chute du du Mur de Berlin en soutien aux sociétés civiles d’Europe orientale.
Viktor Orban a désigné ce dernier comme le suppôt caché de la cause des migrants, le bouc émissaire de sa politique nationaliste. Cela n’a nullement dérangé le premier ministre israélien. Bien au contraire : il partage l’aversion de son homologue, qui est aussi celle d’Etats autoritaires comme la Russie.
C’est en effet Orban qui a fait connaître vraiment la campagne contre Soros, reprise depuis par les  racistes du monde entier.
Cette  campagne mettait  en cause George Soros, philanthrope américain d’origine hongroise et juive, l’accusant de vouloir utiliser sa fortune et les ONG qu’il soutient pour « installer un million de migrants » en Hongrie et dans l’Union européenne. 
  
Soros est la cible de tous les fascistes, complotistes et antisémites à travers le monde, en raison de son appui matériel à des ONG de défense de la démocratie, de défense des migrants, des Roms et d’autres causes du même ordre.

Le pouvoir hongrois de Viktor Orban a été particulièrement violent à son égard, ainsi que l’indiquait le quotidien pro-gouvernemental hongrois « Magyar Idők », selon lequel George Soros serait à l’origine de tous les maux liés à l’Union européenne :  :«Il faut voir les choses en face : Le véritable président de la Commission européenne n'est autre que George Soros. Ce dernier a véritablement phagocyté l'Union européenne. Jean-Claude Juncker n’est qu’une marionnette de cette sombre figure qui tire les ficelles en coulisses. Les décisions prises par l’Union européenne et toutes les institutions doivent désormais plaire à ce vieillard infiniment malveillant, richissime et hargneux … »   
A l’initiative du gouvernement des affiches ont été collées un peu partout dans le pays avec la mention : « Ne laissez pas Soros rire et avoir le dernier mot »



                                       Les affiches anti-Soros

Certaines sont collées sur le sol des trams et des trains, pour que les passagers le piétinent. Les responsables du judaïsme hongrois constatent qu’il s’agit là d’une  campagne antisémite. Sur certaines photos on trouve des graffitis: « sale juif ». 
Andras Heisler,  président de la principale organisation juive de Hongrie, Mazsihisz, avait exigé le retrait immédiat  de ces affiches car « elles attisent l’antisémitisme ». A sa demande l’ambassadeur d’Israël, Yossi Amrani a publié dans un premier temps un communiqué validé par le ministère israélien des Affaires étrangères et  déclarant notamment  « . En ce moment, au-delà de la critique politique d’une certaine personne, la campagne évoque non seulement de tristes souvenirs mais aussi la haine et la peur. » la réponse d’Orban a été négative.
Contredisant la déclaration de l’ambassadeur Netanyahu a fait publier un nouveau communiqué annulant de fait  le texte: « Israël déplore toute expression d’antisémitisme dans un pays quel qu’il soit et soutient les communautés juives partout où elles confrontent la haine. C’était le seul but du communiqué publié par l’ambassadeur d’Israël en Hongrie. Ce texte n’était nullement destiné à délégitimer les critiques formulées à l’encontre de Georges Soros, qui continuellement sape le gouvernement démocratiquement élu d’Israël en finançant des organisations qui diffament l’état juif et cherchent à lui nier le droit de se défendre »
En effet Soros finance également des ONG de défense des droits de l’homme,  qui critiquent les conséquences de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Il y a donc complaisance coupable de Netanayahu à l'égard d'Orban, alors que  ce dernier favorise les campagnes antisémites et compte dans son entourage de nombreux négationnistes, dans un pays qui a vu sa population juive exterminée en quelques mois en 1944
Netanayahu est un récidiviste : il avait déjà commis des déclarations mensongères atténuant la responsabilité des nazis dans la Shoah etla reportant sur le Mufti de Jérusalem.
    
Puis en février dernier, Nétanyahou a prétendu que M. Soros finançait les campagnes de protestation contre l’expulsion d’Israël  des réfugiés d’Erythrée et du Soudan vers des « pays tiers » africains. Le milliardaire est devenu l’incarnation du « complot immigrationniste » y compris au de la droite en Israël. 

En campagne pour sa réélection en vue des législatives du 8 avril 2018 ,  Orban a  redoublé le 15 mars  dernier ses propos à caractère antisémite et complotiste. C’était à l’occasion de la fête nationale, marquant le 170anniversaire de la révolution d’indépendance hongroise (1848).
Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, il a repris à son compte les théories du complot : « Ce n’est pas contre nos partis d’opposition anémiés que nous devons lutter, mais contre un réseau international structuré en empire, a-t-il affirmé. Contre des médias entretenus par des groupes étrangers et des oligarques de l’intérieur (…), contre le réseau des ONG financées par les spéculateurs internationaux, englobé et incarné dans la personne de George Soros. »
Selon lui, ce milliardaire juif américain d’origine hongroise organiserait ce que l’extrême droite appelle le « grand remplacement » des populations européennes, avec l’aide de la Commission européenne (dirigée par un membre du PPE, Jean-Claude Juncker). « Si nous laissons faire, sur les deux décennies à venir, des dizaines de millions de migrants prendront la route de l’Europe à partir de l’Afrique et du Proche-Orient. La partie occidentale de l’Europe regarde tout cela les bras croisés (…). Les jeunes d’Europe occidentale connaîtront le jour où ils se retrouveront en minorité dans leur propre pays. »
Hors de l’UE, Orban cite notamment comme « camarades de combat » les Etats-Unis, qui ont « élu un président hostile à l’immigration »
Le ton a des relents antisémites des années 1930 : « Nous avons affaire à un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas droit, mais tortueux, il n’est pas honnête, mais sournois, il n’est pas national, mais international, il ne croit pas dans le travail, mais spécule avec l’argent, il n’a pas de patrie parce qu’il croit que le monde entier est à lui (…). Nous avons fini par renvoyer chez eux le sultan et ses janissaires, l’empereur Habsbourg et ses fidèles, les soviets et leurs camarades, et maintenant nous allons en faire autant avec l’Oncle George et son réseau. S’il te plaît, retourne en Amérique et occupe-toi plutôt du bonheur des Américains. »

En France, c’est «  Valeurs Actuelles » qui a relayé cette campagne  le 9 mai dernier, au lendemain de l’anniversaire de la capitulation nazie, en titrant sur le « complot de Soros contre la France » 



c’est par une diatribe anti-Soros que Matteo Salvini s’est défendu le 12 juin à la télévision, en pleine crise née de son refus d’accueillir l’Aquarius dans les ports italiens «« Ils financent les ONG, c’est une réalité ! Soros rêve d’une Europe pleine d’immigrés » L’argument est un joker qu’il n’hésite pas à jouer chaque fois que ses détracteurs tentent de le prendre par les sentiments. Derrière SOS Méditerranée ou les autres ONG qui viennent au secours des migrants se cacherait en réalité George Soros.  

Une loi discriminatoire 
Nétanyahou  se place dans ce courant et vient encore de le prouver en faisant adopter une loi fondamentale dite « Loi de l’État-nation » qui bafoue les droits de la minorité arabe. Celle-ci  compte 20% de la population dans les frontières de 1967, en dehors même des territoires occupés. L’un des point les plus graves concerne le statut de la langue arabe, qui est dégradé vis à vis de l’hébreu. Elle n’est plus comme auparavant  langue d’État , au même titre que l’hébreu, mais se voit promettre un vague « statut spécial ». Cette nouvelle Loi fondamentale  favorise exclusivement  « le développement des communautés juives », considérées comme « valeur nationale ». Elle affirme que l’État « agira pour encourager et promouvoir leur établissement et leur consolidation ».
La formulation initiale de cet article prévoyait la possibilité d’établir des communautés uniquement réservées aux Juifs. Elle avait provoqué de vives critiques de la part du procureur général et de nombreux autres juristes s’émouvant de l’institutionnalisation de la discrimination contre les Arabes. Le président  de l’État  Réouven Rivlin, dans une démarche rare, avait même pris la plume pour alerter les députés en écrivant:
« Regardez la société israélienne et demandez-vous : au nom de la vision sioniste, sommes-nous prêts à soutenir la discrimination et l’exclusion d’hommes et de femmes sur la base de leur origine ethnique ? »
Le mot démocratie est absent de la Loi fondamentale. Mais c’est surtout l’inégalité entre citoyens qui est fustigée par ses critiques. Un seul député du Likoud, Benny Begin, fils de l’ancien premier ministre et dirigeant historique de la droite Menahem Begin a exprimé de vives réserves et s’est abstenu au moment du vote. « Un patriotisme qui n’est pas associé aux droits de l’homme dégénère en nationalisme », a-t-il averti.
La nouvelle loi adoptée rompt avec la déclaration d’indépendance d’Israël de 1948, sur « la fondation de l’État juif dans le pays d’Israël »,  et était bien plus ouverte dans ses formulations. Il y était notamment écrit ceci, au sujet de l’égalité des droits entre tous ses citoyens :
« L’État d’Israël sera ouvert à l’immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés ; il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture ; il assurera la sauvegarde et l’inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations unies. »

La loi n’a été adoptée au Parlement que par 62 voix contre 55 mais elle va entraîner des conséquences graves en renforçant les discriminations et le nationalisme le plus agressif. La coalition d'extrême-droite qui gouverne Israël porte une responsabilité historique dans cette dérive.

AH

MEMORIAL 98





mardi 19 juin 2018

Trump emprisonne des enfants: agissons maintenant !



Mise à jour du 5 juillet:


Les mobilisations se sont multipliées aux USA  afin de protester contre la séparation des enfants de leurs parents et plus globalement contre la politique d'immigration de Trump.

 Mise à jour du 21 juin

Trump a été contraint de reculer, face à l’ampleur des protestations aux USA et dans le monde entier. Mais l'incertitude continue de régner, notamment sur le sort des 2300 enfants déjà séparés de leurs parents. Nous exigeons la libération immédiate de ces enfants et de leurs familles. La violence exercée à leur encontre doit être réparée. Nous continuons  à diffuser et faire signer l'appel public dans ce sens et qui a déjà recueilli 400 signatures 

https://www.change.org/p/donald-trump-lib%C3%A9ration-imm%C3%A9diate-des-enfants-emprisonn%C3%A9s-par-trump-ils-doivent-retrouver-ler-famille

MEMORIAL 98

Mise à jour du 20 juin:

Trump contraint de reculer. Face à l'énorme scandale soulevé par la séparation des enfants de migrants et aux très nombreuses protestations dans le monde entier, le président US publie un nouveau décret.
Selon ses termes, il n'y aurait plus de séparation, pourtant jugée légitime par le même Trump et ses ministres. Connaissant les ruses et mensonges du président US, nous appelons à pour suivre et étendre la signature et la diffusion de notre appel ci-dessous, déjà soutenu par 300 personnes.

Votre signature est précieuse ainsi que la diffusion de la pétition autour de vous.
Dans notre pays également, des enfants se retrouvent dans des centres de rétention, avec leurs parents. Les autorités françaises ont déjà été condamnées pour cela à plusieurs reprises par la justice européenne. Avec la Cimade nous demandons que soit mis fin à cette pratique indigne dont aucun enfant ne sort indemne ( pétition unitaire ici )

 

Nous exigeons à nouveau la libération immédiate de tous les enfants et de leurs familles; pas d'enfants et de familles en rétention!


Memorial 98




Ne laissons pas l'agitateur raciste Trump maintenir en détention des enfants dont le seul tort est d'être des enfants de migrants. Protestons en signant la pétition qui lui adressée. Macron doit aussi se prononcer
Signons la pétition initiée par Memorial 98 et diffusons la afin d'arracher la libération des enfants emprisonnés et de leurs familles: 
Horreur aux USA. Des enfants âgés de 4 à 10 ans, récemment séparés de leur famille , pleurent en appelant leurs parents. Environ deux mille enfants sont actuellement placés dans des centres de rétention fermés aux USA pendant que leurs parents migrants sont emprisonnés dans l’attente d’un jugement.

C’est ce que l’on entend dans l’enregistrement récupéré par le média d’investigation américain ProPublica.
On entend des pleurs, et un enfant qui demande en sanglots : "Je veux partir avec ma tante, je veux qu'elle vienne".
L'enfermement de ces enfants viole tous les droits humains et les conventions internationales.
Il doit y être mis fin immédiatement. 
Nous exigeons: Mr Trump, libérez immédiatement  les enfants ! 
Mr l'Ambassadeur des USA en France, transmettez notre protestation; Mr le Président Macron joignez vous à nous afin de réclamer la libération des enfants!
Trump ne se contente pas de traquer les familles de migrants et de les séparer, il incite également à la persécution raciste en Europe et attaque le gouvernement allemand, coupable à ses yeux d'être trop accueillant. Toute sa campagne électorale a été dominée par la dénonciation violente des migrants
L'Internationale raciste se développe et se structure de Rome à Vienne et de Budapest à Washington.
Ainsi Marine Le Pen stigmatise les parents des enfants emprisonnés et soutient Trump.

Dans notre pays également, des enfants se retrouvent dans des centres de rétention. Les autorités françaises ont déjà été condamnées pour cela à plusieurs reprises par la justice européenne. Avec la Cimade nous demandons que soit mis fin à cette pratique indigne dont aucun enfant ne sort indemne ( pétition unitaire ici )

Face à la vague xénophobe, construisons la riposte de la solidarité. 


MEMORIAL 98


vendredi 1 juin 2018

Trump: le facho exposé


 

Mise à jour du 6 septembre 2018

Paranoïa à la Maison-Blanche:  après la parution du livre de Bob Woodward  et du témoignage d'un haut responsable, Trump tente de trouver à tout prix l'origine des fuites.

Mise à jour du 18 juillet 2018 
Face au scandale provoqué par ses propos complaisants à l'égard de Poutine, Trump est contraint de reculer et de reconnaître que le pouvoir russe est intervenu durant la dernière campagne présidentielle aux USA. Il argue d'un prétendu lapsus qui aurait déformé ses propos. Cette volte-face se produit après celle qu'il a opéré sur les enfants de migrants séparés de leurs familles. Mais pour autant le président US ne renoncera pas à son alliance politique avec Poutine, basée sur les traits communs de leurs orientations et dirigée contre les pays européens que Trump décrit comme des "ennemis". Le duo #TrumPoutine va continuer à sévir.

MEMORIAL 98
 


Mise à jour du 17 juillet 2018 

Trump décrète des sanctions commerciales étendues au nom de son slogan « America First » (« L’Amérique d’abord »). Il s'attaque avant tout à l'Union Européenne, veut imposer par la menace un Brexit dur et s'entend avec Poutine.Il protège ce dernier contre les preuves d'intervention des hackers russes dans sa campagne présidentielle.

Le duo Trump-Poutine, ou carrément #TrumPoutine, représente un grave danger au niveau mondial. L'un et l'autre soutiennent les partis d'extrême-droite en Europe et leurs campagnes racistes. Ils aspirent à un nouveau partage du monde, comme celui qui fut mis en place par les accords de Yalta d'après la deuxième guerre mondiale. 

Dans ce cadre, Poutine pourra renforcer sa mainmise sur la Syrie et sur la Crimée, alors que Trump se concentrera sur les mesures "protectionnistes" tirées de America First et des accords commerciaux bilatéraux.

America First , mot d’ordre central du président US, provient du mouvement pro-nazi des années 1930 et 40 aux USA. Il a été lancé par le parti républicain dans les années 1920, mais sa notoriété est liée à son utilisation intensive en faveur de la neutralité à l'égard du nazisme. 
Le slogan a notamment été promu par l’organisation du même nom « America First Committee », fondée en septembre 1940, dont l’aviateur Charles Lindbergh, antisémite enragé et admirateur d'Hitler, était le porte-parole. Elle militait contre l’engagement américain dans la Seconde Guerre mondiale et favorisait une alliance avec les nazis.


                      Lindbergh décoré par Goering en 1938 à Berlin    


Lindbergh estimait ainsi que “la démocratie était finie en Europe, que les puissances occidentales ne pouvaient pas résister face à la machine de guerre nazie et que les États-Unis avaient intérêt à pactiser avec Adolf Hitler”

En septembre 1941, lors d'un meeting d' « America First », Lindbergh précise, lors d'un discours demeuré célèbre par son infamie: « Qui sont les agitateurs bellicistes (en faveur d'une guerre contre les nazis) et répond immédiatement  " les Britanniques, les Juifs et l'administration Roosevelt", reprenant ainsi les cibles de la propagande hitlérienne. 

Le grand écrivain Philip Roth, récemment décédé, a imaginé dans son roman "uchronique" intitulé Le Complot contre l'Amérique l'accession au pouvoir de Lindbergh et ses conséquences. 
« America First » a également représenté le nom d’un parti nationaliste créé en 1944 et mené par le pasteur pro-nazi Gerald L.K. Smith. 

Cette expression a donc été ensuite taboue dans la vie politique américaine, car elle était ainsi associée à la neutralité envers le nazisme. Elle a été reprise uniquement par le politicien Pat Buchanan, héraut des courants "faucons " et antisémite notoire. Il a d'ailleurs battu Donald Trump pour l'investiture du Reform Party en 2000

Le slogan a ensuite refait surface 2016 lors de la campagne présidentielle de Donald Trump, qui en a fait le mot d'ordre central de son programme isolationniste. Il a même utilisé deux fois cette expression lors de son discours d'investiture et la reprend souvent lors de ses meetings, associé à son autre mantra nationaliste " Make America great again" .

Il sert aussi de bannière aux groupes racistes violents, tels le Ku Klux Klan qui prospèrent à l'ombre de Trump. Ils ont fait campagne pour lui et il les  notamment soutenus lors de la tuerie de Charlottesville
http://info-antiraciste.blogspot.com/2017/08/charlottesville-chronique-dun-meurtre.html
                                                               Un groupe du KKK



Ce slogan représente en fait le concentré du nationalisme agressif qui caractérise toutes les partis et mouvances d’extrême-droite aux USA et dans le monde entier.Il est repris et défendu par Marion Maréchal, star montante de l'extrême droite et incarnation du fascisme new-look,

Ainsi lors de son discours devant le congrès conservateur de Washington, le 22 février 2018, elle déclarait :  « Ça ne me choque pas quand Donald Trump dit ''America First'' . En fait, je suis pour l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je suis pour la Grande-Bretagne d’abord pour les citoyens britanniques et je veux ''La France d’abord'' pour le peuple français ».
Et pour clarifier le contenu de ce approbation,  la fasciste new-look ajoutait « « après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise catholique à petite-nièce de l’islam »

Sous l'effet de la victoire électorale de Trump et du Brexit, les tenants de la régression nationaliste sont partout à l'offensive. Le gouvernement italien d'extrême-droite qui vient de se mettre en place en représente la manifestation la plus récente. Le dirigeant fasciste Salvini, ministre de l'Intérieur et traqueur de migrants, est un compagnon de route  de longue date de Poutine ,dont il arbore le portrait. En déplacement à Moscou, Salvini réclame la suppression des sanctions de l'Union européenne, décidées après l'annexion armée de la Crimée en 2014.


Contre cette vague qui nous menace toutes et tous, le combat pour la solidarité et contre la haine nationaliste sont plus que jamais d'actualité.  





MEMORIAL 98









lundi 23 avril 2018

Antisémitisme : la supercherie d’un appel.


                       Latifa Ibn Ziaten et Samuel Sandler

La parution d’un appel contre l’antisémitisme est à priori une bonne nouvelle. Nous ne serons jamais de trop pour lutter contre l’antisémitisme et tous les racismes.

En effet, nous ne sommes pas de ceux qui, au sein même de la gauche, tergiversent ou minimisent la gravité des actes antisémites ou qui cherchent à les excuser au nom de la situation au Moyen-Orient.
 L'horreur des actes et crimes antisémites nous révolte et nourrit notre combat.

Nous rejetons tous les antisémitismes, anciens ou prétendument nouveaux, quelle que soit leur justification, car ils représentent tous la continuité de la persécution des Juifs. 
Nous prenons au sérieux la gravité de la situation ici et dans toute l'Europe au moment ou l'antisémitisme fait un retour fracassant dans le sillage de la droite radicale antisémite au pouvoir en Pologne, en Hongrie et en Autriche, et  qui menace en Allemagne
Nous sommes sensibles à la peine et à l'inquiétude de ceux et celles qui subissent les manifestations de l'antisémitisme et nous mobilisons pour les soutenir, comme récemment lors de la marche en mémoire de Mme Knoll


C'est au nom même de cet engagement résolu contre les actes et discours antisémites, quelle que soit leur origine ou leur prétexte, que nous condamnons le contenu de l'appel Val-Sarkozy-Wauquiez-Ferry-Valls  

La présence d’islamophobes et de racistes parmi les signataires semblait indiquer d’emblée qu’il s’agissait d’une initiative douteuse. 
Le texte publié dans Le Parisien par Philippe Val ( reproduit intégralement ci-dessous) a une toute autre fonction que son objet proclamé, comme en atteste son argumentation particulièrement sensationnaliste et perverse.

ll s’agit pour ses promoteurs de stigmatiser et désigner la population musulmane comme principale, voire seule coupable de l’antisémitisme dans ce pays et au passage de dénoncer la gauche, les médias et les « élites ».
Cela se fait  par un message véritablement « populiste » qui triture le langage et lance des accusations vagues et dangereuses.
Le recours à la notion d’ « épuration ethnique » dont seraient victimes les Juifs de ce pays de la part des musulmans, donne la mesure d’une volonté d’opposer des populations par la référence à de situations dramatiques de guerre et de persécutions.
On notera que les musulmans Rohingya sont actuellement victimes d’une réelle épuration ethnique de la part de l’armée et du pouvoir de Birmanie. Des centaines de milliers de personnes ont du fuir leur villages et leurs maisons sous la menace.   

La phrase introductive du texte donne le ton : «  Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie - qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre - dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. »  

Il s’agit donc à nouveau de nier l’existence de l’islamophobie dans la société française en manipulant une concurrence des victimes d’actes racistes et en les opposant, alors qu'il faut au contraire tisser des liens entre elles. Plusieurs des signataires de l’appel mènent depuis des années un combat acharné contre la notion d’islamophobie et ont ainsi trouvé le moyen de poursuivre cette croisade.
Puis il est question d’un prétendu silence des médias à propos de l’antisémitisme attribué à des « élites », dont ne font pas partie les signataires ? Ces élites nieraient le danger islamiste ou l’excuseraient. On reconnaît la patte de Manuel Valls qui  déclarait après les attentats de janvier 2015 « « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser » avant de devoir retirer ce propos provocateur.

 A qui s’adresse l’accusation suivante, contresignée par trois anciens premiers ministres ( Raffarin, Valls, Cazeneuve) et un ancien président de la République, Sarkozy ?   «  …Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif… ».
On notera que concernant Sarkozy, il a pour sa part toujours été cherché les voix  du FN tenant du « vieil antisémitisme »  . Il était conseillé en cela par son mentor Patrick Buisson, adepte des thèses de Charles Maurras, dont le centenaire de la naissance rappelle qu’il fut le grand porteur de l’antisémitisme dans la société française   

La preuve la plus évidente de la malignité des intentions de cet « appel » est son thème de conclusion qui demande « que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par [le concile] Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime »
Ainsi donc, il suffirait que des «autorités théologiques » musulmanes condamnent l’antisémitisme et triturent le Coran. Mais qui peut penser une seconde que cela provoque le moindre effet sur des personnes « radicalisées » ?  Celles-ci rejettent justement les « autorités théologiques »  et toute interprétation qui ne justifie pas leurs actes .
Au passage les auteurs  mentent effrontément en prétendant que les "incohérences de la Bible" ont été "abolies". De quelles "incohérences" s'agit-il?   Qui a « aboli » quoi, et comment ? On se demande comment le grand rabbin Korsia peut cautionner de tels propos ?

Au total,  il s’agit donc d’une manipulation politique qui n’a que l'islamophobie à proposer comme solution en matière de lutte contre l'antisémitisme. Or il y a urgence en la matière, non seulement en France mais dans toute l'Europe.

C'est dans ce contexte que nous interpellons les pouvoirs publics: où sont donc les plans ambitieux annoncés autrefois par les différents gouvernements dans ce domaine ? Quels nouveaux outils ont été mis à la disposition de celles et ceux qui souhaitent combattre le fléau de l'antisémitisme ? Où est l’effort d’éducation et de solidarité nécessaire ?
 
Depuis l'unique annulation d'un meeting de Dieudonné à Nantes en janvier 2014, accompagné par la promesse de Manuel Valls de faire fermer les principaux sites antisémites français, de réguler enfin l'expression de la haine sur les réseaux sociaux, qu'est ce qui a été fait concrètement ?  Le négationnisme en ligne se porte toujours aussi bien.


L’assassinat de Mme Mireille Knoll est ainsi survenu trois jours après la relaxe judiciaire d'Alain Soral, accusé d’incitation à la haine raciale pour avoir diffusé une nouvelle fois un montage antisémite. Les juges l'ont acquitté au prétexte que  "Le montage en cause, aussi contestable soit-il, ne constitue ainsi pas une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, contenant un appel ou une exhortation, même implicite, rejaillissant sur la totalité d'une communauté définie par l'appartenance à la religion juive". 
Les magistrats ont utilisé la jurisprudence de la Cour de cassation, qui estime depuis juin 2017 qu'une "incitation manifeste" ne suffit pas à caractériser le délit et qu'il faut désormais "pour entrer en voie de condamnation" que les propos relèvent d'un "appel" ou d'une "exhortation". 
Ainsi il faudrait maintenant un appel direct à la violence raciste pour que la justice agisse.
Devant l’adhésion que suscitent Dieudonné et Soral dans une partie de la jeunesse, comment ne pas s’interroger sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la radicalisation ultra-rapide de beaucoup de jeunes, qui épousent les thèses et la cause des intégristes de Daech en quelques mois, en quelques semaines ? Pour qu’une graine pousse à vitesse accélérée, il lui faut un terreau fertile; force est de constater que la culture pathologiquement antisémite, propagée par l’extrême-droite française depuis des années, constitue une part importante de ce terreau fatal. L'appel ne fait aucune référence à ces grands diffuseurs d'un antisémitisme violent.
L’appel de Philippe Val et de ses soutiens représente par son orientation de division et de haine, un mauvais coup porté au combat contre l’antisémitisme.  


Nous sommes plus que jamais déterminés à combattre tous les antisémites et tous les racistes, quelles que soient leurs justifications et leurs obédiences. Il n' y a aucune excuse ou justification dans ce domaine, pas plus que pour tout autre acte raciste. Nous rejetons également toute minimisation ou banalisation de la gravité des actes et propos antisémites. Les Juifs de France, qui représentent moins de 1 % de la population, sont, selon les statistiques officielles, la cible d’un tiers des actes haineux recensés dans le pays.

Notre soutien va vers toutes les initiatives de  terrain qui veulent construire une réelle solidarité contre l'antisémitisme et tous les racismes. Il en est par exemple ainsi du combat commun de Latifa Ibn Ziaten et Samuel Sandler, parents des victimes de Merah

MEMORIAL 98


   
Nous rappelons ici quelques récentes turpitudes des responsables politiques signataires, voire porte-parole de l’appel:

Laurent Wauquiez : une de ses premières mesures en tant que président de la région ARA a été de diminuer la subvention attribuée au Mémorial des enfants juifs d'Izieu. Face au scandale, il a du ensuite revenir en arrière; voir ici http://info-antiraciste.blogspot.fr/2015/04/enfants-juifs-dizieu-les-traces-de-la.html
Wauquiez veut mettre en cause le droit du sol, reprenant ainsi les thèses identitaires du Front national, intégrées dans la droite par l'intermédiaire du Club de l'Horloge. 

Manuel Valls, Elisabeth Badinter islamophobe revendiquée, Gilles Clavreul délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra) au bilan catastrophique et leurs proches du « Printemps républicain » également soutiens de la manipulation de Sarkozy sur le burkini voir ici http://info-antiraciste.blogspot.fr/2016/01/vallsa-lattaque-contre-la-laicite.html

Sarkozy, dont l’activité politique a toujours reposé sur la récupération des thèmes du FN voir ici http://info-antiraciste.blogspot.fr/2016/08/sarkozy-est-lordonnateur-direct-des.html et ici http://info-antiraciste.blogspot.fr/2015/12/sarkozy-legitime-nouveau-le-front.html

Luc Ferry, soutien affiché de Poutine et Assad, tenant de la thèse négationniste d’un « génocide vendéen » voir ici http://info-antiraciste.blogspot.fr/2015/05/luc-ferry-evoque-le-genocide-vendeen-et.html

Memorial 98 


 Le texte de l’Appel «Cette terreur se répand »

« L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre.
Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que la France sans les Juifs, ce n’est plus la France, il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés - et certains torturés - parce que Juifs, par des islamistes radicaux.

« Une épuration ethnique à bas bruit »

Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie - qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre - dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France - c’est-à-dire environ 50 000 personnes - ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau.
Pourquoi ce silence ? Parce que la radicalisation islamiste - et l’antisémitisme qu’il véhicule - est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne… Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société. Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif.

« Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie »

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXIème siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France.
En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.
Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France. »