lundi 6 avril 2015

Ménard apologiste de l'Algérie coloniale

Sans doute parce qu'il n'a pas officiellement l'étiquette du FN (même s'il en a le soutien), Robert Ménard, le maire de Béziers, est particulièrement audacieux dans la mise en œuvre d'une politique d'extrême-droite. L'utilisation des services municipaux à des fins de propagande ne lui posent aucun souci: affiches annonçant la venue d'Eric Zemmour, campagne publicitaire sur l'armement de la police municipale...

Les discours politiques officiels de Ménard et son apologie de la colonisation et de l'OAS n’étaient pas l'aboutissement mais le début. Il a d'abord débaptisé la Rue du 19 mars 1962, date de l'Armistice à la fin de la guerre d'Algérie. Celle qui portait ce nom a été rebaptisée Rue du  Commandant Denoix de Saint Marc, du nom d'un officier putschiste et pro-OAS  le 14 mars dernier au cours d’une cérémonie officielle. 
Des associations, dont Memorial 98 avaient appelé à manifester ce jour là à Béziers  La suite c'est la répugnante et méprisable banalisation, avec des mots croisés "Algérie française" dans le journal municipal. Comme un crachat dans la figure de la partie de la population dont les parents ou les grands parents ont subi la colonisation.

dimanche 5 avril 2015

Les jupes des filles n'ont jamais la bonne longueur

Metronews rapporte un incident dans un collège de Montpellier, concernant une vingtaine de jeunes filles. La cause du problème ? Elles portaient des jupes longues... Et comme certaines sont connues pour porter le voile à l'extérieur, forcément, ça devient suspect.
Ce n'est pas le premier incident à ce sujet, le même journal avait signalé des faits similaires en 2012 dans le Val d'Oise.
Tout est rentré dans l'ordre grâce au dialogue, indique le rectorat. Mais on a quand même une principale qui décide  quels vêtements sont acceptables dans l'établissement, et qui a convoqué les parents de plusieurs élèves et menacé certaines collégiennes d'exclusion. C'est d'ailleurs après un premier incident concernant deux jeunes filles portant des jupes longues que par solidarité, une vingtaine de camarades a décidé de venir au collège avec la même tenue.

Autrefois aussi, on traquait chez la jeune fille tout signe indiquant qu'elle ne suivait pas le chemin tracé pour elle: une mèche dépassant du chignon, une trace de rouge à lèvres, une jupe trop courte était interprété chez celles qu'on soupçonnait déjà d'être sur une mauvaise pente comme une insupportable provocation.
La traque à la perversion est de retour : être musulmane, c'est être une mauvaise fille, et les mauvaises filles cherchent toujours à fauter, c'est bien connu. Ce qui est innocent chez les autres est coupable chez elles.
L'islamophobie ajoute son poids au sexisme qui fait que les tenues des filles, surtout à l'adolescence, sont non pas un choix personnel, mais un sujet de débat. Trop courtes, trop longues, trop moulantes ou trop amples, les tenues des femmes restent soumises au jugement des autres, soumises à des impératifs extérieurs. 

Pas de quartier avec les petites sorcières en herbe: une partie du personnel éducatif assume désormais clairement des punitions à la tête de la cliente, et justifie le racisme et la discrimination ouverte au nom de la laïcité.

samedi 4 avril 2015

Plantu: négationnisme, sexisme, islamophobie, violence.

 
Sur le blog, nommé « Je te fais un dessin »  qu’il tient sur la plateforme Internet du Monde, le dessinateur Plantu a publié le 2 avril un dessin négationniste et sexiste d’une rare obscénité. Il s’agit selon lui de dénoncer le marketing de l’anorexie. 
La scène représente le viol d’une prisonnière des camps nazis par un SS. La déportée tient dans les mains un magazine de mode, et le SS lui intime : « tourne les pages salope ». En arrière fond, le portail d’Auschwitz, avec l’inscription « marketing macht frei ».

Que dit ce dessin de Plantu ? Qu’être vouée à l’extermination, la sienne en tant qu’individu, et celle aussi de toute sa communauté, avec la culture, l’histoire, les langues qui en sont parties intégrantes, c’est équivalent à être obsédée par la minceur voire la maigreur, conçue comme idéale dans certains milieux. Que finalement les camps, ça ne devait pas être si terrible que ça, parce qu’aujourd’hui, les survivantes squelettiques seraient sur les podiums des défilés de mode. Et puis ce dessin dit aussi qu’une femme, c’est toujours bon à violer, quel que soit l'état dans lequel elle se trouve.

Le négationnisme prend deux formes principales. Il s’agit d’une part  de la négation, clairement affirmée ou sous-entendue via le doute systématique de faits  et d’autre part de la banalisation, via notamment des comparaisons qui permettent de minimiser l’horreur de la « solution finale ».
C’est dans cette deuxième catégorie que se place le dessin de Plantu. Les phénomènes à dénoncer ne manquent pas en ce monde, mais on se doit de les dénoncer pour ce qu’ils sont, tout simplement. Quel besoin, si ce n’est en raison de cette imprégnation antisémite, de toujours comparer à la Shoah ?
Ce relativisme n’est pas nouveau, il peut même être issu d’une « ultra-gauche » dégénérée. Ce dessin de Plantu rappelle en effet la comparaison ignoble faite par le journal « La banquise » dans les années 1980, entre le numéro tatoué sur le bras des déportés de certains camps et le numéro de Sécurité sociale (voir cet article à propos des racines et excroissance du négationnisme pour la citation exacte)
Plantu est un récidiviste dans ce domaine.
En janvier 2014, à un moment où l’interdiction de spectacles de Dieudonné faisait la une de l’actualité, Plantu avait sur i-télé fait part de ses positions. Il affirmait  son soutien à Dieudonné, au nom de la "liberté d’expression".  On comprend dans l’entretien que Plantu va voir ses spectacles, et qui ne ferait "que critiquer la religion, toutes les religions", avec parfois quelques "provocations".
Dans cette émission Plantu reprenait ainsi mot pour mot les arguments des avocats de Dieudonné, selon lesquels celui-ci critiquerait "toutes" les religions, sans évidemment fournir le moindre exemple de critique autre que celle ciblant le judaïsme.
Deux questions se posaient déjà à ce moment-là : Plantu se trouvait-il sur la pente du dessinateur Konk, qui lui aussi dessinait à la une du Monde pendant de nombreuses années et qui devenu négationniste et fasciste,  publie maintenant dans Minute et Rivarol?
 
Autre question, comment allait réagir le journal Le Monde, alors que son éditorialiste dessinateur se plaçait à ce point aux côtés de Dieudonné ?

Sans doute Plantu rejettera-t-il sa caractérisation comme antisémite, bien que certains de ses propos dans cette émission de 2014 font percevoir une hostilité à l’égard de la communauté juive et du CRIF, l’organisation qui, pour certains, en est le symbole. Mais, au-delà de l’individu et de ses convictions et positions, nous interrogeons le contenu qu’il produit, avec ses paroles, ses dessins, sa manière d’aborder les sujets  et les effets de ce qu’il produit. Et indéniablement, ce dessin de Plantu alimente le négationnisme, banalise la Shoah, à travers le relativisme et les fantasmes pornographiques autour des relations entre SS et déportéEs dans les camps.

On peut donc se reposer les questions déjà évoquées : dans quelle dynamique Plantu se place-t-il ? Et qu’a à dire Le Monde des productions de son dessinateur-vedette, publiées sur le site du journal ?

Mise à jour du 20 novembre 2019 

 Plantu récidive et escalade. A l'occasion de la journée mondiale de défense du droit des enfants, il publie ( ci-dessous) pour L'Express un dessin nauséabond et le relaye sur son compte Twitter. Si on comprend bien, il s'agit pour lui de dénoncer la demande des femmes de djihadistes, gardées prisonnières, d'être ramenées en France avec leurs enfants. Les détails sanguinolents et sexistes de ce dessin attribuent à ces femmes des crimes atroces. 
La question est à nouveau posée à l'Express et au Monde: vont-ils continuer à offrir à Plantu une tribune lui permettant de publier ce genre d'horreurs et d'appels à la violence contre ces femmes ?
 



PLANTU
@plantu
·
LA JOURNÉE DU DROIT DES ENFANTS. (le dessin de l’Express).


  
Memorial  98

Actualisation du 31 mars 2016


Plantu poursuit sa campagne. Il publie ce 31 mars un dessin décrivant les femmes porteuses d'un foulard sous la forme de porteuses d'un sac-poubelle. Plantu reprend ainsi les thèmes les plus sexistes et vulgaires de la propagande raciste qui traînent sur les sites fascistes. Cette "image" est aussi utilisée par le très islamophobe maire de Wissous (91) Richard Trinquier. Ainsi en octobre 2012, il partage un photomontage sordide, une mère et sa fille voilées de la tête aux pieds et vêtues de noir, y sont assimilées à deux grands sacs poubelle qui les encadrent. Sa légende : «Photo de famille.»



Actualisation 30 mars 2016

Nouvelle production nauséabonde de Plantu ce 30 mars. Il assimile les femmes porteuses d'un foulard et les porteuses d'une ceinture explosive lors d'un attentat-suicide. Dans le contexte des attentats de Bruxelles (et de Lahore) ce dessin cherche à accentuer la stigmatisation de ces femmes. On notera l’obsession sexiste de Plantu.   

MEMORIAL 98

Projet d'attentat contre une mosquée par des élèves d'un lycée militaire

Quatre élèves de première et terminale dans un lycée militaire près de Grenoble sont mis en examen pour avoir projeté un attentat à l'explosif contre une mosquée à Montélimar. Chez l'un des suspects, la police a saisi du "matériel", à savoir des armes et des munitions. Si la presse leur accorde le bénéfice du doute sur un futur passage à l'acte, les éléments montrent que les lycéens avaient déjà fait des repérages des lieux, et qu'ils s'étaient renseigné sur la fabrication d'explosifs. Un projet en bonne voie de concrétisation, donc... La même chose venant de jeunes musulmans deviendrait une affaire nationale de terrorisme, mais ce n'est qu'un fait divers. Et ces jeunes ne seraient pas simplement sous contrôle judiciaire, mais en préventive...

L'armée évoque le projet isolé de quelques jeunes éléves: circulez, y'a rien à voir ?
Memorial98 avait publié il y a quelques semaines un article sur l'imprégnation profonde de l'extrême droite islamophobe et néo nazie dans certains régiments : http://www.memorial98.org/article-de-castres-a-carcassone-chronique-de-la-tradition-coloniale-et-de-la-haine-raciste-125529792.html

Ce type de projet n'est pas sans précédent, il suffit de repenser à l'affaire Lavigne, un sympathisant d'extrême-droite qui avait jeté un engin incendiaire sur la mosquée de Libourne et prévoyait de tirer sur la mosquée dé Vénissieux.

Ce projet d'attentat n'est donc pas un fait isolé, mais s'inscrit dans une tradition à la fois d'une partie de l'armée et de l'extrême-droite.
Un projet à mettre en lien également avec la vague d'actes racistes et islamophobes qui a pris de l'ampleur depuis les attentats de Paris en janvier dernier.

Deux mois de prison avec sursis pour avoir écrit "mort aux Arabes" sur une mosquée

Les intentions laborieusement masquées des dirigeants fascistes sont bien souvent trahies par leur base. Ainsi les ténors de l'extrême-droite parlementaire s'évertuent à nier tout racisme dans leur discours islamophobe, prétendant qu'il n'y jamais là que la critique d'une religion et de ses excès pour justifier les persécutions.
Mais sur le terrain, le militant lui, exprime la fonction réelle de l'islamophobie par ses actes: armé d'un saut de peinture, il s'attaque à la mosquée, mais écrit..."Mort aux Arabes", tout simplement. 

L'homme qui a peint ses mots sur le portail de la mosquée de Poitiers s'est vu infligé une peine légère: deux mois de prison avec sursis et 200€ d'amende pour incitation à la haine raciale...

jeudi 2 avril 2015

Front National: Le Pen haut-parleur de son antisémitisme.

Pendant la campagne des élections départementales, de nombreux candidats FN ont multiplié les déclarations antisémites, négationnistes et islamophobes.

 La direction du FN a parfaitement toléré ces propos et les a minimisés. Au lendemain du scrutin, le président d'honneur du FN, Jean- Marie Le Pen, en profite pour renouveler sa diatribe négationniste sur le "détail" des chambres à gaz. Une fois de plus, le vieux chef fasciste tente de justifier son échec politique personnel en l'attribuant à la puissance du « lobby juif ». Cela a déjà été le cas lors du congrès de Tours de 2011, au cours duquel il a passé la direction à sa fille en l'accompagnant de ces propos: "  «  le Front National a été victime d’une véritable persécution judiciaire et médiatique orchestrée par la police de la pensée « Durafour crématoire », « détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », « inégalité des races »… Tous mes propos ont été détournés de leur sens réel afin de me juger en sorcellerie parce que je refusais de me soumettre à la dictature de la Police de la pensée..." Selon le député européen FN, c'est donc le "lobby juif " qu'il a maintes fois stigmatisé qui l'a l'empêché d'accéder au pouvoir. Le Pen entend plus que jamais peser dans le Front National. Il s’appuie sur ses différents relais, dont  les plus connus sont Marion Maréchal le Pen, Golnisch, le maire de Beaucaire,  ainsi que ses amis personnels et propagandistes "extérieurs" du FN  Dieudonné et Soral. 

 Il utilise surtout la présence notable d'un discours antisémite  assumé par le FN, à la surprise de certains. La dissociation de Marine Le Pen est tout sauf violente, tout comme d'ailleurs lors des propos de son père sur la "fournée" de Juifs ou du caractère bénéfique du virus Ebola . La chef du FN est en "désaccord sur la forme et le fond " avec les propos de son père sur les chambres à gaz mais ne condamne pas son antisémitisme et son négationnisme. Elle pense que ses propos ne sont pas opportuns et trop brutaux. Mais sous sa direction, le FN continuera d'être un parti antisémite, raciste, dans lequel ces opinions seront acceptées, tolérées et même encouragées à condition de respecter certains codes de parole. Les associations et personnes qui se réclament de l' antifascisme ont la responsabilité d'assumer cette bataille. 

lundi 30 mars 2015

Le négationniste Bricmont accueilli par l'Université de Grenoble: protestons!

Ce mercredi 1er avril , Jean Bricmont animera plusieurs débats sur la "liberté d'expression" à l'UFR 1 de l'Université de Grenoble.

Depuis longtemps, Jean Bricmont est plus connu pour ses affinités avec l'extrême-droite antisémite que pour ses travaux universitaires. Bricmont est en effet de ces polémistes à qui la mouvance antisémite ouvre toujours ses colonnes : il suffit de chercher ce qu'il pense du négationnisme sur Google pour tomber sur un long entretien donné à Silvia Cattori, de la mouvance dieudonniste et soralienne ou mieux encore sur une de ses lettres à Paul Eric Blanrue, l'hagiographe du négationniste Faurisson. Lettre où Jean Bricmont tutoie « amicalement » (ce sont ses termes) celui qu'il nomme affectueusement « Cher Paul Eric ». De fait, entre Paul Eric Blanrue et Jean Bricmont, il y a un point commun ancien: les deux sont d'ardents "zététistes", et c'est d'ailleurs une association également "zététiste" qui invite aujourd'hui le second. En France, Blanrue a co-fondé le cercle zététique et animé celui-ci sans que ses prises de positions royalistes et sa collaboration avec des journaux d'extrême-droite ne fassent problème avant le milieu des années 2000.

Quant au contenu des entretiens et lettres ouvertes de Jean Bricmont sur des sites d'extrême-droite, il ne laisse guère de place à l'ambiguïté concernant ce que Jean Bricmont pense des négationnistes. Mr Bricmont reconnaît ainsi un « grand courage » aux révisionnistes, comme il dit. Quel courage en effet que celui consistant à nier l'assassinat de millions de gens par des génocidaires , et à insulter les survivanTes de ce génocide....

Quant à son avis réel sur les thèses négationnistes, il est transparent : en effet, Bricmont, bien loin de respecter une soit-disant « neutralité », emploie constamment les mots-clefs de la rhétorique antisémite et négationniste : pour lui  les lois protégeant les victimes des génocides et leur mémoire constituent par exemple une « propagande de guerre », une « sacralisation » , une « diabolisation de l'ennemi ». Le négationnisme est une forme d'antisémitisme parmi les plus violentes : il s'agit en effet d'accuser les victimes d'avoir inventé les crimes et donc de les désigner comme les bourreaux « véritables ». Dans ce contexte prétendre que les lois contre le négationnisme sont de «  la propagande de guerre » et de la « diabolisation de l'ennemi » ,n'est évidemment pas autre chose que soutenir le mensonge négationniste.

D'ailleurs comme tous les propagandistes de l'extrême-droite, Mr Bricmont farouche défenseur de la liberté d'expression des néo-nazis, ne trouve par contre jamais à redire contre les dictateurs comme Assad ou Khadafi, "victimes innocentes de l'Occident, dominé par Israël".

La prose de Jean Bricmont n'a donc rien d'extraordinaire, ni d'innovant au regard de celle de ses amis ouvertement d'extrême-droite, comme Paul Eric Blanrue.

Mais son prestige de scientifique et d'"intellectuel" lui permet d'être invité à l'université par ses pairs.qui défendent cette invitation au motif que Mr Bricmont dénoncerait le « délit d'opinion chez les négationnistes comme chez les autres ». Du moins, c'est la réponse qui a été faite par l'Université sur son compte Facebook . Voici donc le négationnisme intronisé par la direction d'une université comme une opinion parmi d'autres, ni plus, ni moins....et l'Université serait donc un lieu qui n'aurait pas à trancher entre diverses « opinions », qui se valent toutes.



On voit là tout l'objectif qui se dissimule derrière la volonté d'abolir les lois antiracistes, et parmi elles, celles qui condamnent une des formes pernicieuses de la propagation de la haine, le négationnisme. Il s'agit bien de mettre au même niveau la recherche historique et le mensonge le plus éhonté, la charlatanerie et la science. Au nom du droit à « douter de tout », l'objectif des Bricmont et consorts n'est jamais que la destruction de la raison au profit des thèses les plus délirantes, sans aucun début de preuve. Dans le monde merveilleux de la liberté d'expression totale, tout ne sera qu'opinions, la parole de l'historien mise au même niveau que celle du négationniste, l'expérience de la victime au même niveau que le mensonge du bourreau.

Evidemment, ce nivellement par le bas aboutit dans les faits à la domination des faussaires et de l'extrême-droite. Ainsi l'Université de Grenoble fait de Jean Bricmont un invité d'honneur qui a le libre choix de son intervention mais prévient d'éventuels contradicteurs : ne seront admis que ceux qui respecteront devant le Maître « la rigueur argumentative que nécessite un tel débat ».

Bref, celui qui défend la liberté inconditionnelle d'expression des négationnistes, dont on cherchera en vain la « rigueur argumentative », est à la tribune, mais dans les gradins, chacun est prié de mesurer ses mots s'il souhaite s'exprimer.

Evidemment, les antiracistes n'ont rien à faire dans un « débat » avec un polémiste qui donne du « cher ami » aux antisémites comme Paul-Eric Blanrue, et qui s'épanche à longueur d'année dans les médias d'extrême-droite.

La seule question posée par l'invitation faite à Jean Bricmont est celle de la banalisation des défenseurs des néo-nazis négationnistes au sein de ce qui est censé être un lieu de savoir et de culture.

Le négationnisme n'est pas une opinion, c'est une oppression directe des victimes de racisme et d'antisémitisme, et l'Université n'a pas à être le relais de ses propagandistes à peine masqués.

C'est pourtant ce qui se passe aujourd'hui à Grenoble.

Vous pouvez protester en transmettant ce texte ou le vôtre à la direction de l'Université.