vendredi 19 juin 2015

Sarkozy escalade et imite Jean-Marie Le Pen.


Sarkozy escalade sans cesse, à un rythme vertigineux.
Après avoir lancé les duettistes Estrosi et Ciotti, puis Hortefeux et Eric Woerth sur les terrains de l'islamophobie et du droit du sol, le chef des "Républicains" apparaît directement sur le devant de la scène.
D'emblée, il se porte sur le terrain du Front National, à la fois sur le fond mais aussi dans la forme,  brutale et haineuse. Son attaque à sur "la fuite d'eau", à laquelle sont assimilés les migrants, représente un décalque des expressions de Jean-Marie Le Pen. D'ailleurs ce dernier s'en prenait il y a 2 mois, le 7 avril, dans Rivarol, au "torrent de l'immigration", après avoir invoqué le virus Ebola comme "solution". 
Alors que des migrants se noient dans les eaux de la Méditerranée et d'autres mers, cette situation évoque chez Sarkozy et dans l'extrême-droite des métaphores aquatiques violentes et vulgaires. C'est le retour du refoulé, comme en son temps chez Hortefeux.

  Une fois de plus, en préparation des prochaines échéances électorales,  Sarkozy se jette  à corps perdu dans une tentative de récupération des électeurs et des thématiques du Front National. Il se sent conforté par les nouveaux succès des partis xénophobes dans d'autres pays d'Europe, comme lors des législatives au Danemark le 18 juin. Ainsi se met en place, une fois de plus, le cercle vicieux: les politiciens attisent la haine xénophobe puis se déclarent obligés d'y répondre favorablement. Le Conseil de l'Europe a plusieurs fois dénoncé cet engrenage. 
  
Les contorsions de Sarkozy sur le respect et la compréhension qu’il porterait aux électeurs FN sont parfaitement calculées et perverses.
Dans le document ci-dessous, on constate que depuis 2006 et sans doute même avant, sa tactique est identique : étaler sa compassion envers cet électorat frontiste et le flatter en approuvant ses choix.
C'est ce que montre cet extrait du livre « Les hommes d’Etat » de  Bruno Le Maire (alors ministre),  qui retrace le déroulement de la période 2006/2007, vue de l'intérieur du gouvernement : 
« …13 juin 2006, Villepin, alors premier ministre, reçoit à déjeuner Nicolas Sarkozy qui fait le point sur la situation politique ; ce dernier commente :
« Le Pen (alors JMLP) , en ce moment, il engrange. Il engrange un maximum. Moi, je dis jamais du mal des électeurs de Le Pen, jamais. Les électeurs de Le Pen, je dis toujours que c'est des victimes. Des victimes de quoi? J'en sais rien. Mais c'est des victimes. Pour nous, l'élection de 2007 se jouera sur les électeurs de Le Pen. On les prend, on gagne. On les prend pas, on perd...»

De 2007 à 2012 puis à 2017, la stratégie se répète et se recycle, dans une spirale sans cesse plus violente.
Dans ce but, Sarkozy n'hésite aucunement à contredire toutes ses déclarations précédentes sur le droit du sol qu'il disait vouloir préserver, voire sur la place de l'Islam.

 Les protestations indignées des porte-parole du PS contre Sarkozy  ne nous font pas oublier la manière dont sont actuellement traités les migrants et les Roms ainsi que le rejet par Hollande et Valls des "quotas" de réfugiés proposés par l'Union Européenne. Il s'agit en réalité d’équilibrer l'accueil des réfugiés et d'inciter certains pays dont la France à en prendre leur part. Ici aussi la gauche au pouvoir  devrait méditer l'échec des sociaux-démocrates danois qui ont couru après la droite radicale sur le terrain du durcissement du droit d'asile et ont perdu comme Jospin en son temps qui suivit la ligne de Chevènement  et fut éliminé de la présidentielle de 2001.

Plus que jamais les batailles contre le racisme, pour l’Égalité des Droits, pour la solidarité avec les réfugiés, demeurent d'une actualité brûlante.


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