samedi 15 novembre 2014

Se souvenir ensemble pour lutter, contre tous les racismes et tous les négationnismes : commémoration à Paris du 76eme anniversaire de la Nuit de Cristal

Photo de Butch Stein.Memorial 98 appelait cette année à une commémoration à Paris de la Nuit de Cristal. D'autres commémorations ont eu lieu, à Reims, dans le pays Basque, mais également dans d'autres pays, comme les Pays Bas. 
Ce dimanche 9 novembre, quelques bougies, quelques fleurs, quelques mots, pour dire qu’on n’oublie pas cette nuit de sang du 9 novembre 1938 où les nazis ont donné libre cours à la violence antisémite , incendiant les synagogues, tuant hommes, femmes et enfants, dans ce qui n’était que le début d’un génocide.Photo de Butch Stein.
Plusieurs dizaines de personnes, devant le gymnase Japy où sous Vichy des gendarmes et des policiers français gardaient des hommes, des femmes et des enfants, qui ont été ensuite exterminés à Auschwitz.

Quelques bougies, quelques fleurs, quelques mots pour refuser ensemble tous les racismes, tous les négationnismes, tous les fascismes et partager nos mémoires, qui ne ne s'affrontent pas mais au contraire se renforcent .
UniEs contre l'antisémisme et l'islamophobie, contre l'homophobie et contre tous les racismes.

Les vidéos de la plupart des interventions sont en ligne sur le site Memorial98
Photo de Butch Stein.
Photo de Butch Stein.Photo de Butch Stein.
 
 


vendredi 14 novembre 2014

Dans les rues de Paris comme sur les murs de pompes funèbres musulmane à Orléans : face à un symbole universel de la haine, unissons tous les antiracismes


Voici deux photos prises à Orléans, fin octobre, dans une entrepris de pompes funèbres musulmane

Il y en aura toujours pour opposer lutte contre l'antisémitisme et lutte contre l'islamophobie. Il y en aura toujours pour comparer, diviser, semer la haine et la discorde entre les victimes. Il y en aura toujours pour dire que la meilleure protection est encore de se replier sur soi, et son identité, que l'antiracisme universaliste a échoué.

Mais les antiracistes universalistes savent encore voir l'évidence: celle de la croix gammée peinte sur cette entreprise de pompes funèbres musulmanes dévastée fin octobre à Orléans, cette croix gammée qui a aussi souillé le boulevard Raspail avec d'autres inscriptions néo-nazies la nuit anniversaire de la Nuit de Cristal.

Face à cet ennemi commun qui n'hésite plus à arborer le néo-nazisme comme étendard, qui peut se payer le luxe de la division ?

mardi 11 novembre 2014

La préférence nationale imposée par des voisins fascistes, opposés à l'installation d'une famille rom

C'est une histoire où il y a de la solidarité et du racisme. Une histoire qui pour le moment finit mal.

Elle se passe à Roubaix. Après l'expulsion par la mairie PS d'un camp de Roms, un médecin, le docteur Lamarre, décide d'héberger des familles dans les locaux de son ancien cabinet médical.Mais suite à des contrôles, les conditions de logement sont déclarées insalubres.  Une situation qui se rapproche de celle de ce prêtre de Saint Etienne, jugé (et relaxé en première instance) pour avoir hébergé des sans papiers dans des locaux de sa paroisse.
Certaines familles partent, celles qui restent finissent par être relogées. Sauf que le racisme et la violence ont empêché une famille de s'installer dans la maison pour laquelle elle avait signé un bail avec un bailleur social.

Résumons : l'organisme mandaté par l'Etat s'est trouvé confronté à des individus menaçants qui ont proféré des propos racistes et annoncé qu'ils allaient mettre le feu au logement.

Réaction logique et légale ? Dépôt de plainte immédiat contre les individus non seulement pour la famille, mais aussi pour les agents chargés d'une mission de service public et par le propriétaire.

Réaction dans la France de 2014: l'organisme mandaté par l'Etat refuse le logement à la famille et obéit aux individus violents et racistes.

Ce n'est pourtant pas la première famille rom à avoir reçu des menaces lors de son installation dans un vrai logement à Douai, comme le révèle un article sur le relogement des expulsés des campements dans le Nord.

La préférence nationale imposée par des fascistes et validée par la République...

lundi 10 novembre 2014

Rendu du procès de militants fascistes pour une violente agression à Lyon

Le journal Libération se fait l'écho du jugement de 8 militants fascistes dans la violente agression d'un couple à Lyon le 15 janvier 2011. 
Les agresseurs étaient notamment armés de battes de baseball, et y sont allés de tellement bon coeur contre le couple qui sortait d'un concert, que la batte s'est fendue. Malgré un traumatisme crânien, une hémorragie cérébrale et 60 jours d'ITT pour la jeune fille, et des crises d'épilepsie et des difficultés à marcher pour le jeune homme, les skinheads échappent aux assises...

Les condamnations vont de 5 ans fermes pour les principaux prévenus à des peines de sursis pour n'avoir rien fait lors de l'agression.

On notera la présentation, de l'AFP, reprise par Libération, qui renvoie dos à dos ce qu'elle appelle " bandes d'ultra-droite" et "bande d'ultra-gauche", allant ensuite jusqu'à évoquer la version des ratonneurs qui expliquent être venus "venger" une prétendue agression à leur égard. 
Quant aux jeunes fascistes, peut-être l'accusation brandie par les deux plus lourdement condamnés (ainsi que les menaces) contre leurs camarades, accusés de les avoir balancés et chargés pour s'en sortir enseignera-t-elle à certains ce qu'il en est de "l'honneur" et de la "solidarité Blanche " que ces gens là mettent en avant. Une vaste fumisterie, solidaires pour tabasser et tuer, pas pour assumer, comme toujours.

L'article de Libération évoque en fin d'article la confirmation par la Cour d'Appel de la condamnation (à des peines de prison avec sursis) de militants fascistes nationalistes qui avaient agressé 4 militants des Jeunesses Communistes à Grenoble dans l'Isère en 2012.

samedi 8 novembre 2014

Villes Front National : l'absurdité du nationalisme et du racisme appliqués aux marchés

La mairie Front National de La Beaucaire a les forains dans le collimateur. La police municipale procède depuis deux semaines à des contrôles sur le marché et a dressé de nombreux procès verbaux. Cette multiplication de procès verbaux peut conduire à des interdictions temporaires. Il faut dire que le maire, Julien Sanchez, a le projet de transformer le marché en "marché provençal"...

L'absurdité dans tout ça, c'est que demain, quand les commerçants actuellement présents (dont une partie ne remettent que la sévérité et la fréquence des contrôles) seront virés parce que pas assez "provençaux", les marchands de santons, de savons à la lavande, et autres bondieuseries régionalistes ne vont pas se ramener pour autant. Parce que le commerçant va là où il vend.
Mais c'est bien dans le sens des conneries racistes qu'on n'entend pas qu'au FN: du genre imputer la fermeture des charcuteries ou des brasseries à 12 euros le plat à la présence de boucheries halal et de kebab et demander leur fermeture. Bah non, c'est juste que le saucisson artisanal tout le monde peut pas se le payer, on va à Carrefour. Et on mange des grecs parce que c'est moins cher qu'une blanquette.
Mais bon , quand les électeurs du FN crèveront la dalle dans des villes fantômes, peut-être qu'ils penseront avec leur estomac. 

Ces histoires de marché semblent être une constante du FN au pouvoir dans le sud-est de la France. 
Déjà au milieu des années 1990, quand Toulon était dirigée par le Front National Jean Marie Le Chevallier, à peu près la même chose avait été mise en place. A l'époque, la mairie avait modifié les modalités de paiement des emplacements, notamment pour le marché de l'après midi (vêtements, maquillage, accessoires...). De fait, la plupart des commerçants (dont un certain nombre d'Africains, peu nombreux à Toulon) n'avaient plus les moyens de payer. Le marché s'est réduit à presque plus rien... Là aussi, la mairie a mis en place un marché "provençal", minuscule, ridicule, avec du flutiau (provençal, faut-il le préciser), en boucle, en guise de fond sonore. 
Si le but était de faire disparaître le peu de vie, d'animation et de multiculturalisme de la ville, c'était tout à fait réussi.

jeudi 6 novembre 2014

La Rochelle, Amiens: Ultra violence homophobe au quotidien

"J'ai mon point de vue. Il y a des choses que je ne tolère pas, comme l'homosexualité".

Julien Poyac est droit dans ses bottes de néo-nazi. Soutenu moralement par les voix homophobes légitimées socialement, celle des réactionnaires et de l'extrême-droite qui depuis deux ans ont le même point de vue que lui.

Julien défend le sien avec ses poings et une matraque. Le samedi soir, il chasse. Et quand il trouve une proie , il reconnaît la frapper quand elle est tombée à terre puis la poursuivre quand elle se relève. C'est ce qu'il a fait à un homme après une nuit de traque à La Roche sur Noyon, et ce qui lui coutera deux ans ferme ce 20 octobre

Jeudi 30 octobre, à Amiens, Mohamed Ramdani , lui,  a pris six mois pour s'être jeté sur deux hommes, dans un bar tabac . Il avait le même point de vue que Julien Poyac.  «  Sales pédés. On va niquer vos mères. On va vous brûler  »., a-t-il dit aux victimes. Il a également le même âge que Julien, 21 ans.

Dans les deux cas, une jeunesse passée en partie dans l'ambiance de haine homophobe massive de ces derniers temps: où l'on tout entendu contre les minorités homosexuelles, lesbiennes et trans. Violeurs d'enfants, pervers sadiques, pédophiles, à la tête d'un complot contre nos chères têtes blondes. Des incitations à la haine et la violence sur les chaînes d'infos, sur le net, à l'Assemblée Nationale.

La montée des violences actuelles est logique et prévisible. Elle ne peut que s'amplifier si l'on ne fait pas taire les homophobes, si on leur concède le droit au débat sur l'inacceptable

mercredi 5 novembre 2014

Se souvenir des migrants morts à Calais, parce que l'indifférence tue notre humanité

Nous reprenons ici la liste des victimes à Calais de la fermeture des frontières, dressée par le site Passeurs d'hospitalité, un site qui recense au quotidien ce que vivent les migrants à Calais, ce qui se joue derrière les annonces ministérielles et les règlementations.
Alors que le Ministre de l'Intérieur annonce l'ouverture d'un centre d'hébergement de jour, mais surtout des renforts policiers pour démanteler les filières de passeurs et expulser les sans-papiers, le site Passeurs d'hospitalité explique que les policiers sont loin d'être en sous-effectifs. Les CRS affectés à Calais étaient 80 en 2012, ils sont aujourd'hui 350 et attendent une centaine d'agents en renfort !


Ils sont morts, ici, à Calais, depuis un an, parce qu'ils voulaient passer une frontière. Ce n'est pas pour préserver leur humanité qu'il faut se souvenir d'eux. 
C'est pour préserver la nôtre, qui s'effrite un peu chaque jour, usée par nos indifférences.

Robiel Habton, 24 ans, venu d’Érythrée, mort le 9 octobre 2013 en essayant d’entrer dans le port à la nage.

Yemani Gebrenegous Eokbo, venu d’Érythrée, mort dans la nuit du 9 au 10 décembre 2013 d’une maladie cardiaque chronique, alors qu’il ne réussissait pas à obtenir à Calais le traitement dont il avait besoin.

Un exilé, 17 ans, venu d’Iran, mort dans la nuit du 30 au 31 janvier 2014, fauché sur l’autoroute, le chauffeur ne s’est pas arrêté.

Un exilé, 30 ans, venu d’Iran, mort dans la nuit du 2 au 3 février 2014, tué d’un coup de fusil.

Un exilé, une vingtaine d’années, venu d’Albanie, mort le 9 mars d’un coup de couteau sur un parking d’autoroute au sud de Calais.

Mesfin Germa, venu d’Éthiopie, mort le 12 mars 2014 fauché par un véhicule sur l’autoroute, le chauffeur ne s’est pas arrêté.

Senay Berhay, venu d’Éthiopie, retrouvé mort dans le canal le 14 mars 2014, il avait disparu et ses amis le cherchaient depuis plusieurs jours.

Un exilé, venu d’Éthiopie, mort le 15 mars 2014 écrasé sous le chargement du camion qui l’emmenait dans la mauvaise direction.

Mengs Mehdane, 16 ans, venu d’Érythrée, mort le 5 mai 2014 en sautant du camion qui l’emmenait dans la mauvaise direction.

Youssef Haroun, 18 ans, venu du Soudan, mort le 23 mai 2014 en essayant de se glisser sous un autocar sur un parking.

Ahmed Abdallah, 16 ans, venu du Soudan, mort le 23 juillet sur le sol britannique en tombant du bus sous lequel il était caché.

Un exilé, venu du Soudan, mort le 26 septembre 2014 noyé dans le canal lors d’une bagarre.

Sara, 16 ans, venue d’Éthiopie, morte dans la nuit du 20 au 21 octobre 2014 fauchée par une voiture sur l’autoroute.

Un exilé, venu du Soudan, mort le 22 octobre 2014 en sautant d’un pont sur un camion.

Afom, 26 ans, venu d’Érythrée, mort le 25 octobre 2014 après neuf jours de coma, il avait été renversé par une voiture quand il revenait du commissariat de Coquelles après une arrestation.