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vendredi 28 août 2015

Sciences Po Paris: du Front de Gauche au Front National, en passant par le nationalisme.

Le Front National exhibe à nouveau une prise de guerre venue du Parti de Gauche, un étudiant parisien, Davy Rodriguez. Comme souvent la gauche radicale observe un silence gêné sur ce transfuge, et sur le parcours politique qui a précédé ce ralliement. 

Pourtant, Davy Rodriguez n'est pas juste un sympathisant, ou un encarté distrait qui serait passé brièvement par la gauche sans vraiment y accorder d'importance. On trouve trace de son investissement dans la vie du Parti de Gauche dès 2011, où il publie notamment un article sur une réunion portant sur la convergence des luttes des salariés face aux licenciements.

Surtout en 2013, c'est bien en tant que militant du Parti de Gauche qu'il va participer à une convergence politique d'un tout autre genre: il fait en effet partie des fondateurs du "CRE Sciences PO". Critique de la Raison Européenne se présente comme une initiative " trans-courants", regroupant droite et gauche autour du patriotisme et de la lutte contre l'Europe actuelle. L'organisation se positionne bien entendu autour de la défense de l"Europe des Nations". 

Aux côtés de Davy Rodriguez, on trouve des chevènementistes, et également le responsable de Debout les Jeunes, l'organisation de jeunesse de "Debout la France',  le parti de Nicolas Dupont-Aignan. 

Les positions de ce parti contre les immigrés sont connues de tous: la ligne dure de Dupont-Aignan n'a absolument rien à envier à celle du FN, et ce n'est pas pour rien que Debout La France a tissé de alliances européennes avec l'UKIP anglaise, le parti d'extrême-droite de Nigel Farage. Dupont-Aignan déclarait encore récemment, comme Estrosi qu'il y "avait des terroristes parmi les migrants", contribuant ainsi à la déshumanisation de ceux qui meurent par milliers en mer et aux frontières. 

Le CRE Sciences Po se consacre essentiellement à l'organisation de conférences : on y verra Jean-Pierre Chevènement, Jacques Sapir, qui vient de faire un coming-out définitif sur son rêve d'alliance avec le FN.... mais également Henri Guaino, très proche de Nicolas Sarkozy.

Mais sa " convergence nationale" va bien plus loin: ainsi en avril dernier, c'est le CRE qui organise, à Sciences Po, un débat avec Gaetant Dussaussaye , directeur du Front National de la Jeunesse (FNJ). 

Passer de la collaboration avec Debout La France à l'adhésion au FN relève d'un parcours qui n'a absolument rien d'anormal ou d'exceptionnel, les deux partis étant très proches: Nicolas Dupont- Aignan a ainsi déclaré qu'il prendrait volontiers Marine Le Pen comme Premier Ministre. 

Par contre, collaborer avec Debout la France en tant que membre du Parti de Gauche pose une question simple: comment le Parti de Gauche et le Front de Gauche ont-il pu tolérer une telle initiative dans leurs rangs ? Comment a-t-il été possible qu'un regroupement public avec un parti qui défend des positions racistes et anti-immigrés comme Debout la France puisse se faire et perdurer pendant plusieurs années, sans qu'à aucun moment, aucun responsable , aucune instance n'ait réagi devant cette cohabitation d'un de leurs militants ? 

C'est bien cette complaisance et cette impasse totale sur la question antiraciste qui pose problème, une nouvelle fois: la cohérence politique et l'attachement aux valeurs antiracistes aurait du amener à l'exclusion immédiate du Parti de Gauche de Davy Rodriguez, dès lors qu'il décidait de s'allier à des membres de Debout la France, et évidemment d'autant plus lorsqu'il invitait le directeur du FNJ au FN. 

Cela n'a pas été fait et l'histoire se termine comme toutes les précédentes ayant impliqué des militants de gauche radicale  dont les positions racistes ou antisémites ont été tolérées dans leurs formations politiques. Davy Rodriguez est allé jusqu'au bout de sa pensée et a rejoint le FN. Il l'aurait sans doute fait, s'il avait exclu publiquement du Parti de Gauche auparavant, mais au moins, la honte eut-elle été évitée à son ancien parti et plus globalement à cette partie de la gauche radicale qui refuse de considérer la lutte antiraciste dans toutes ses composantes comme un combat essentiel, fondateur de son histoire et de son futur.

samedi 16 mai 2015

Mélenchon met une nouvelle fois l'antiracisme en difficulté en félicitant Florian Philippot

Face au conflit à l'intérieur du FN (qui ne change rien aux positions de fond), on est confronté à des réactions parfois catastrophiques. 
Celle de Jean-Luc Mélenchon le 12 mai 2015 sur France 2 est particulièrement choquante. Il félicite par 2 fois Florian Philippot "de nous avoir débarrassés" du "vieux fasciste". Ainsi, si les mots ont un sens, Philippot et donc Marine Le Pen ne seraient pas quant à eux des fascistes, alors qu'ils construisent leur parti sur l'exclusion d'une partie de la société et viennent encore de voler au secours de Robert Ménard à Béziers. De plus, Mélenchon poursuit en reprochant à Philippot de lui "voler" une partie de son propre programme. La confusion est ainsi à son comble et laisse accroire que le prétendu "nouveau FN" copie le programme d'une partie de la gauche, alors qu' en réalité il développe la démagogie à prétention "sociale" caractéristique des partis fascistes.

Voici la transcription de l'échange :

L'interviewer : qu'est-ce que vous pensez, Jean-Luc Mélenchon, de la formation politique que J.-M. Le Pen veut lancer ? Il dit que ce ne serait pas un parti concurrent du FN.

JLM : c'est-à-dire que premièrement je m'en moque et deuxièmement je félicite monsieur Florian Philippot de nous avoir débarrassé de ce vieux fasciste parce que nous on n'y était pas arrivé mais lui il y est arrivé. Donc félicitation à monsieur Florian Philippot, qui pour le reste est lui-même quelqu'un d'assez habile mais dont finalement le bobard finira par éclater. Parce qu'il suffit pas de pomper mes discours, de voler dans le programme « L'Humain d'abord » pour finir par passer pour quelqu'un d'honnête politiquement.

Ce qu'il faut relever, c'est d'abord cette phrase hallucinante sur les félicitations à Philippot, et le fait que le seul reproche qui soit fait à celui-ci soit d'avoir "volé" des morceaux de programme du Front de Gauche et donc d'être un "escroc". 
Et il est bien évident que l'accusation concernant des points de programmes volés par le FN sous-entend forcément que certains points du programme du FN sont bons, et communs avec le Parti de Gauche. Des propos parfaitement clairs, qui réaffirment une ligne assez classique d'ailleurs chez Mélenchon, son "bon " nationalisme concurrent du "mauvais " nationalisme du FN. 

Au passage, Mélenchon diffuse l'idée que le FN sans Jean Marie Le Pen, c'est mieux qu'avant, et que c'est un vrai changement, parce que les "félicitations" signifient  qu'un acte positif s'est produit. C'est une analyse à la fois fausse et dangereuse, et il est parfaitement normal de regretter ici que le temps de parole accordé à un homme politique censé représenter un certain progressisme soit utilisé pour dire des choses aussi contre-productives.
 D'autant que Mélenchon est coutumier de ce genre de sorties mettant en difficulté l'antiracisme: on rappellera entre autres qu'il n'avait pas trouvé mieux que s'insurger contre l'éviction de Eric  Zemmour d'i-Télé au nom de la liberté d'expression après les propos de ce derniers sur les musulmans, qu'il avait pourtant lui-même dénoncés. 

De fait quand Mélenchon fustige "les jeunes qui se déguisent en tenue d'afghan" ou accuse le CRIF de pousser à la guerre mondiale dans un de ses discours pro-Poutine, c'est lui qui chasse sur les terres du FN, pas l'inverse. C'est d'autant plus inquiétant au vu d'exemples précédents dans le pays. 

L'histoire française fourmille d'exemples de "gauchistes radicaux" qui, en l'absence d'un mouvement de classe à la hauteur de leur romantisme voient leurs valeurs et leur carrière glisser vers le chauvinisme  puis vers l'extrême-droite.

MEMORIAL 98

vendredi 15 mai 2015

Islamophobie, nationalité française : les "Républicains" annoncent la couleur

Dans l'énorme brèche ouverte par Sarkozy, qui mène campagne contre les musulmans et l'Islam, s'engouffrent les surenchères islamophobes les plus extrêmes. Ainsi en région PACA, là où sévit Christian Estrosi, un maire UMP propose carrément d'interdire le culte musulman

La réaction particulièrement perverse de Sarkozy montre la gravité de ce que prépare le chef de l'UMP. Voici son Tweet dont l'élément clé est le "même si" : " Je condamne cette proposition même si la laïcité c’est aussi fixer des limites. Droit et limites, cela va ensemble" A noter que Chardon, le maire UMP de Venelles, reprend ainsi les thèmes de Geert Wilders, dirigeant du parti xénophobe aux Pays-Bas et allié de Marine Le Pen , qui prétend fermer toutes les mosquées du pays.

Rappelons que la première convention des Républicains, nouveau nom prévu de l'UMP, est consacrée à l'"Islam".
De plus, Eric Ciotti secrétaire général adjoint, propose que la nationalité française repose sur le droit du sang (il faut des parents français pour être français);  le droit du sol actuel serait réservé uniquement aux ressortissants de l'Union Européenne. Le débat sur les questions de nationalité et de naturalisation est un vieux thème de la danse droite/extrême-droite.
 Déjà en 2010-2011, une partie de l'UMP voulait obtenir un retour aux lois Pasqua de 1993...

MEMORIAL 98

dimanche 25 janvier 2015

La déchéance de nationalité, symptôme d'une société raciste

Suite aux attentats de Paris et au démantèlement d'une cellule terroriste, le gouvernement belge envisage d'étendre la déchéance de nationalité aux immigrés de deuxième et troisième générations. Au risque de créer des "sous-catégories de Belges".
La thématique de la "déchéance " de la nationalité est toujours lourde de dangers. Elle a souvent été utilisée par des régimes totalitaires, tels que celui de Vichy.

Cette mesure aura surtout l'effet de montrer politiquement que toutes les histoires d'intégration sont une fiction et de renforcer justement les discours sectaires par contrecoup: si même après trois générations, les personnes issues de l'immigration toujours pas des Européens, mais des gens qu'on peut traiter à part des autres et à qui on peut retirer leur nationalité, alors nous vivons bien dans une société irrémédiablement raciste et nous serions des pigeons en danger si nous croyons autre chose. Faire un truc pareil, ce n'est pas déclarer la guerre seulement aux personnes qui vivront concrètement cette mesure, mais à des millions de gens.

mardi 6 janvier 2015

Réveillon commun de jeunes responsables FN et UMP : un nouveau pas dans la convergence

Retrouvailles de jeunes responsables du FN et de l'UMP, pour la "bonne année". Il mettent en œuvre la ligne de leur chef Guillaume Peltier (la Droite Forte), de Zemmour, Patrick Buisson et de Laurent Wauquiez. Il s'agit d'aboutir à des accords entre l'UMP et le FN lors d'élections locales puis au niveau national. Tous les démentis de part et d'autre ne parviendront pas à masquer ces projets. D'ailleurs il est bien peu probable que cela porte à conséquence pour ces jeunes militants, que l'UMP va tout simplement recevoir...

L'important autour de cet évènement est d'informer et de dénoncer ce qui est en train de se passer, que chacun comprenne bien quels sont les enjeux pour la suite. 
Par exemple, pas mal de gens disent sans arrêt "Le FN ne pourra pas passer, ce sera "juste" la droite". Bon déjà juste la droite, ça sera très dur, même si c'est Juppé, dont beaucoup ont oublié la véritable orientation politique, économique et sociale. 
Souhaits, dans l'électorat UMP, d'alliance UMP-FN

Mais ce vers quoi on s'achemine, c'est un possible scénario à l'italienne sous Berlusconi, gouvernance conjointe droite/extrême-droite, et cerise sur le gâteau, fascistes organisés dans les rues. Et un basculement toujours possible vers la seule hégémonie de l'extrême-droite. 
Il est important de regarder cette situation en face, et surtout de se mobiliser face à cela !

lundi 22 décembre 2014

Zemmour viré d'i-télé pour ses propos sur la déportation des musulmans... et ses soutiens

A une question d’un journaliste italien lui demandant ce qu’il suggère de faire contre les musulmans, et posant la question : « déporter 5 millions de musulmans ? », Zemmour répond que l’Histoire est surprenante, et fait comprendre que ça peut arriver dans le futur.
Suite à la mobilisation contre Zemmour et à la prise de position dans ce sens des journalistes de la rédaction de I-Télé, la chaîne arrête enfin de fournir une tribune au haut-parleur de la violence raciste.

Marine Le Pen et Louis Aliot eux se placent aux côtés de Zemmour. Aliot appelle même au boycott de I-Télé: le rôle de Zemmour en haut-parleur du FN se confirme.
Zemmour peut compter sur d’autres soutiens : Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée et très proche de Copé-le-pain-au -chocolat, sympathise en réalité avec les thèses de Zemmour; il avait en son temps attaqué DSK alors candidat suposé à la présidentielle, en faisant référence aux « terroirs » dont DSK serait exclu, selon le modèle des attaques antisémites contre Léon Blum et Pierre Mendès-France.

D’autres protestations contre la fin de l'émission de Zemmour à I-Télé, viennent… de Jean-Luc Mélenchon et d'Alexis Corbière, chargé de la lutte contre l'extrême-droite au sein du Parti de Gauche. Ils trouvent que « virer Zemmour n’est pas une décision utile à la lutte contre ses idées. » 

A chaque fois que quelque chose est fait contre les fascistes en ce moment, il y a ce type de discours: on interdit Dieudonné d'un ou deux spectacles, c'est le renforcer. On dissout une ligue violente d'extrême-droite, c'est faire son jeu. On vire Zemmour, c'est aller dans son sens. Bref, on fait quoi, on leur donne le pouvoir maintenant pour être sûr de ne pas fâcher leurs admirateurs ? Dans ce pays, ne vivent pas QUE les électeurs fascistes, les fascistes et les commentateurs. Il y a également des millions de victimes de leurs discours ignobles, de leur haine et de leur mépris. A chaque fois qu'on dit " untel crache sur les arabes, mais il ne faut pas pour autant l'en empêcher ", à chaque fois qu'on dit " untel a souhaité que des Juifs finissent dans les chambres à gaz, mais interdire son spectacle est contre-productif", à chaque fois qu'on dit " untel appelle à la haine contre les homosexuels et les lesbiennes, mais ne le faisons pas taire", on dit aussi: ce que vivent les arabo-musulmans, les Juifs, les homos, les lesbiennes, c'est quantité négligeable, la souffrance qu'ils éprouvent face à ces propos est moins importante que la réaction des électeurs et des sympathisants fascistes. On dit en fait : "les semeurs de haine ont droit à des égards, leurs victimes doivent ne pas trop la ramener". Et c'est ainsi qu'on crée un climat de désespérance où les gens ne croient plus à la démocratie, à l'égalité, à la protection sociale, parce qu'ils ne sont plus protégés.
Pour recréer, l'espoir, il faut se battre pour les victimes, pas pour les bourreaux.


Jean Marie Le Pen n'est pas monté politiquement parce qu'il a été diabolisé. Le Front National a véritablement commencé son ascension quand Jean-Marie Le Pen a commencé à être accueilli sur les plateaux de télévision. De la même manière, le renouveau du FN coïncide très exactement avec le moment où les médias font de sa fille l'étoile montante des plateaux-télé. Il ne faut pas inverser les processus de l'histoire contemporaine, sinon, on se condamne à ne rien comprendre. Cette idée qu'il faudrait laisser parler les fascistes pour les contredire est absurde: leur rhétorique ne repose pas sur le débat rationnel et démocratique, mais sur les émotions, le court-circuitage du raisonnement, et ainsi de suite. On ne débat pas de la haine, on la combat et on refuse de débattre avec ses porteurs, car on n'a pas à reconnaître la légitimité même de leur intervention: ou alors, on invite également Faurisson face à des historiens, ou des défenseurs de l'existence des reptiliens face à des biologistes pendant qu'on y est...et ce faisant on traîne dans la boue les concepts même d'histoire et de science. Bref, il est choquant, insultant et pitoyable que des représentants de la gauche radicale utilisent leurs temps de parole médiatique pour défendre la liberté d'expression des fascistes...au lieu de le faire pour mettre en valeur les combats antiracistes. Il y a beaucoup de militants qui se battent au quotidien et ne passent jamais à la télé, alors vraiment, que des leaders politiques qui ont cette chance la galvaudent de cette manière, c'est extrêmement grave.

samedi 8 novembre 2014

Villes Front National : l'absurdité du nationalisme et du racisme appliqués aux marchés

La mairie Front National de La Beaucaire a les forains dans le collimateur. La police municipale procède depuis deux semaines à des contrôles sur le marché et a dressé de nombreux procès verbaux. Cette multiplication de procès verbaux peut conduire à des interdictions temporaires. Il faut dire que le maire, Julien Sanchez, a le projet de transformer le marché en "marché provençal"...

L'absurdité dans tout ça, c'est que demain, quand les commerçants actuellement présents (dont une partie ne remettent que la sévérité et la fréquence des contrôles) seront virés parce que pas assez "provençaux", les marchands de santons, de savons à la lavande, et autres bondieuseries régionalistes ne vont pas se ramener pour autant. Parce que le commerçant va là où il vend.
Mais c'est bien dans le sens des conneries racistes qu'on n'entend pas qu'au FN: du genre imputer la fermeture des charcuteries ou des brasseries à 12 euros le plat à la présence de boucheries halal et de kebab et demander leur fermeture. Bah non, c'est juste que le saucisson artisanal tout le monde peut pas se le payer, on va à Carrefour. Et on mange des grecs parce que c'est moins cher qu'une blanquette.
Mais bon , quand les électeurs du FN crèveront la dalle dans des villes fantômes, peut-être qu'ils penseront avec leur estomac. 

Ces histoires de marché semblent être une constante du FN au pouvoir dans le sud-est de la France. 
Déjà au milieu des années 1990, quand Toulon était dirigée par le Front National Jean Marie Le Chevallier, à peu près la même chose avait été mise en place. A l'époque, la mairie avait modifié les modalités de paiement des emplacements, notamment pour le marché de l'après midi (vêtements, maquillage, accessoires...). De fait, la plupart des commerçants (dont un certain nombre d'Africains, peu nombreux à Toulon) n'avaient plus les moyens de payer. Le marché s'est réduit à presque plus rien... Là aussi, la mairie a mis en place un marché "provençal", minuscule, ridicule, avec du flutiau (provençal, faut-il le préciser), en boucle, en guise de fond sonore. 
Si le but était de faire disparaître le peu de vie, d'animation et de multiculturalisme de la ville, c'était tout à fait réussi.

mercredi 29 octobre 2014

Une vingtaine d'arrestations suite à une manifestation d'extrême-droite à Cologne

Allemagne: l'extrême-droite violente se rassemble à Cologne le 26 octobre. On pouvait s'attendre à des violences et "ratonnades", vu le nom du mouvement : "hooligans contre le salafisme".
Un mouvement qui s'est créé sur internet, mais relayé par des partis d'extrême-droite.
Environ 2000 néo-nazis, hooligans et autres militants d'extrême-droite étaient présents, saluts hitlériens à l'appui. Et c'est à tous les étrangers qu'ils s'en sont pris, le slogan repris dans la presse est celui d'"étrangers dehors", mais on trouve aussi "l'Allemagne aux Allemands".

La manifestation du 26 octobre a conduit à une vingtaine d'arrestations, suite aux incidents avec les forces de l'ordre.

Pendant ce temps le procès des assassinats d'immigrés commis par les néo-nazis de la NSU se poursuit... Il s'agit d'assassinats de migrants, sur plusieurs années, présentés longtemps comme des évènements isolés et liés à des règlements de compte, alors qu'il s'agissait d'actes commis par une cellule néo-nazie.
 

jeudi 23 octobre 2014

Zeev Sternhell: l'histoire du fascisme ne s'arrête pas en 1945.

Qu'est ce que le fascisme ?

La question n'est pas seulement historique ou théorique, elle est aussi pratique: aujourd'hui en Europe, s'affrontent deux manières de voir.
D'une part  celle qui voudrait restreindre le fascisme à des régimes historiques révolus ( Hitler et Mussolini)  où à des définitions extrêmement restrictives, ce qui évite d'y classer des partis ou des personnages actuellement très populaires, mais aussi des forces du passé qu'on voudrait bien réhabiliter. 
Et celle qui s'attache à des traits plus vastes, aux fondements communs d'idéologies et de forces politiques qui peuvent connaître des évolutions diverses en fonction de l'environnement, mais relèvent de la même matrice.

Un débat d'une heure sur France Culture illustre cette fracture: là où Alain Finkielkraut pense que le colonel La Roque, leader des Croix de Feu ne peut être qualifié de fasciste parce que son mouvement refusa de prendre le pouvoir suite aux émeutes du 6 février 934, et parce que La Roque devint résistant, Sternhell montre en quoi les rivalités de La Roque avec Maurras ou son patriotisme absolu qui lui fait rejeter l'invasion nazie, n'empêche en rien de caractériser son mouvement, fondé sur le culte de la terre et des morts, sur celui de la virilité, comme un mouvement fasciste.

De la même manière, Sternhell évoque ces traits du fascisme , nationalisme intégral, perception de la nation comme un corps dont la survie est plus importante que celle des individus, rejet du marxisme et du libéralisme politique,  haine de la démocratie , qui n'ont pas besoin de la guerre ou de l'expansionnisme pour créer une idéologie à part entière.

Au travers des questions de Finkielkraut, on sent ce qui le dérange chez Sternhell: en tant que réactionnaire converti aux "racines', il voudrait bien recevoir l'absolution de l'historien du fascisme vu comme guerre contre la raison et les Lumières.
 Malheureusement pour lui, Sternhell est historien des idées :lorsqu'il ressort des textes de personnalités fascinées par les régimes fascistes européens dans les années 1930, textes qui fustigent la "décadence" ,  le "déclin de la France" opposée à la "vitalité" des mouvements de jeunesse fascistes allemands ou italiens, comment ne pas faire le lien avec la rhétorique réactionnaire actuelle, toute imprégnée de la même fascination pour les idéologies lepénistes et identitaires ?

On reconnaîtra cependant à Finkielkraut le mérite d'être un démocrate, car il n'est pas courant aujourd'hui d'inviter sur son antenne un contradicteur aussi implacable. L'émission vaut vraiment la peine d'être écoutée, car il s'agit d'un vrai débat argumenté, qui tranche avec la bouillie démagogique habituelle dans les talk-shows.

 Memorial 98