samedi 29 novembre 2014

Exhibit B, illustration de ce que n'est pas l'antiracisme

Recréer des zoos humains en prétendant que c'est un moyen de lutter contre le racisme ?
Sera-t-il également légitime d'exposer des enfants au travail pour dénoncer le travail des enfants ? Ou de montrer des femmes à la cuisine et des hommes dans le canapé pour lutter contre le sexisme ?

Des gens utilisent leur capital culturel pour faire un zoo humain, en expliquant que ce n'en est pas un, parce qu'ils ne sont pas n'importe qui, mais des artistes et des directeurs de théâtres connus. Il y a des spectateurs-voyeurs qui iront regarder ce zoo, en prétendant qu'ils le font pour "critiquer le regard raciste" porté par d'autres gens dans le passé....qui faisaient exactement la même chose qu'eux. 
Et il y a des gens, des organisations pour défendre tout cela en disant "parce que nous sommes des antiracistes et que nous apportons notre caution morale, alors ceci ne peut pas être raciste". Et à la fin, il y a concrètement une situation où le mot antiraciste est totalement dévoyé et incompréhensible.


Il est si simple de se présenter comme "transgressif", "iconoclaste" pour faire un truc raciste ou antisémite, et comme c'est suffisant pour être soutenu par des antiracistes. La ficelle est énorme, elle a été utilisée et ré-utilisée et à chaque fois, ça recommence. Et à chaque fois la situation s'inverse: c'est à dire que les gens qui dénoncent la supercherie se voient eux traités d'anti-universalistes, de communautaristes, et accusés d'exercer une "tyrannie des minorités". Ca l'a fait avec Dieudonné, ça le fait avec ce type. Et à chaque fois, bah ça crée une désaffection envers l'antiracisme, parce que les gens se disent "si c'est pour être combattus par les gens censés nous défendre, c'est pas la peine".
Les protestations qui ont eu lieu devant le théâtre à Saint Denis montrent bien qu'on tient très peu compte de la blessure ressentie par les gens concernés, alors qu'on devrait comprendre aisément qu'un "zoo humain", même pour "de faux", reste un zoo humain.
  
On peut se demander comment un artiste peut avoir une idée pareille, mais pour aller encore plus loin, on peut surtout se demander comment des gens pourront se sentir antiracistes en allant voir une "oeuvre" qui consiste en des salariées noirs payés au prix de la figuration occasionnelle, enfermés dans des cages, et nues pour certaines, un samedi après-midi entre un thé et une autre expo. Il y a là dedans un voyeurisme malsain, une espèce de jouissance bizarre du genre "je me mets dans la peau du bourreau et du raciste, mais grâce aux petites pancartes explicatives, j'ai ma conscience pour moi", qui met très mal à l'aise. 
Quels arguments auront ces antiracistes face d'éventuels militants du FN ou du Bloc Identitaire qui appelleraient à aller voir cette expo pour se marrer un peu ? Leur diront-ils qu'ils n'ont pas le droit, mais que les antiracistes avec l'étiquette, eux, peuvent voir le spectacle ?
 

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