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jeudi 19 septembre 2019

Soral condamné à nouveau pour antisémitisme : assez de protections, il doit exécuter ses peines.

    Mise à jour du 6 janvier 2021: bonne nouvelle judiciaire à Colmar 

Soral, relaxé en première instance( voir ci-dessous à la date du 12 janvier 2020), a été condamné mercredi par la Cour d’appel de Colmar à 150 jours-amende pour « injure publique » après avoir diffusé en 2019 sur internet un cliché de lui effectuant une « quenelle », selon l’arrêt  du tribunal

Infirmant partiellement le jugement prononcé le 10 janvier 2020 par le tribunal correctionnel de Colmar, la Cour l’a condamné pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » après la diffusion sur son compte Twitter et son site « Égalité et Réconciliation » d’une photo prise le 5 mai 2019 le montrant réalisant une « quenelle » devant le tribunal de Colmar.

La Cour d’appel a en revanche confirmé la relaxe pour « provocation à la haine » prononcée en première instance, faits pour lesquels Alain Bonnet, dit Soral, était également poursuivi.

Il devra verser « 150 jours-amende d’un montant unitaire de 150 euros », indique la Cour. En cas de défaut total ou partiel de paiement, il sera incarcéré pour une durée correspondant au nombre de jours-amende impayés.

La « quenelle » (bras tendu vers le bas et main opposée posée sur l’épaule) a été popularisée par Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour des déclarations antisémites, geste qu’il qualifiait « d’anti système ».

Pourtant, il est « notoire » que ce geste est « parfois un faux nez de l’antisémitisme », relève la Cour, qui rappelle que M. Soral a été condamné pour l’avoir fait au milieu du Mémorial de la Shoah de Berlin.

Elle note que, « dans l’esprit » de M. Soral, elle revêt donc une « signification antisémite ». Dès lors, en diffusant une photo de lui faisant une « quenelle » devant le palais de justice de Colmar, M. Soral entendait « persister et signer dans une provocation antisémite ».

« Nous somme satisfaits » par cette décision, a réagi l’avocat de la Licra, partie civile avec le Consistoire israélite du Haut-Rhin et SOS Racisme. « L’acte avait pour finalité d’injurier la communauté juive », a-t-il saluant « un arrêt bien motivé ».

Alain Soral a été condamné à une vingtaine de reprises, le plus souvent pour des infractions similaires. La Cour d’appel de Colmar a d’ailleurs rappelé ces multiples condamnations, relevant que les faits pour lesquels elle l’a condamné mercredi constituaient une « énième injure publique à caractère raciste » témoignant « d’une volonté de persister dans cette voie »

Malgré ses nombreuses condamnations, Soral n'a toujours pas effectué une seule des peines de prison auxquelles il a été condamné (voir ci-dessous). 

 Memorial 98

Mise à jour du 12 janvier 2020 

Le tribunal correctionnel de Colmar a relaxé vendredi 10 janvier Alain Soral, jugé pour avoir diffusé sur Internet un cliché de lui effectuant une « quenelle » sur les marches de ce tribunal. Les juges ont estimé que ce geste pouvant être assimilé à un salut nazi déguisé n’était pas, « dans ce contexte », antisémite.
Soral, était poursuivi pour « injure » et « incitation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Six mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve, avait été requis lors du procès le 28 novembre.
« Un lieu non mémoriel »
Il avait diffusé sur Twitter et sur son site Internet Egalité et Réconciliation un cliché pris le 5 mai le montrant faisant une « quenelle » devant le tribunal de grande instance de Colmar.
« Le tribunal a estimé que la diffusion (…) de la photographie (…) dans un lieu non mémoriel et sans lien avec la religion juive ne constitue pas les infractions » pour lesquelles M. Soral était poursuivi, a précisé la procureure de la République de Colmar, Catherine Sorita-Minard.
Il avait déjà été condamné pour une « quenelle » réalisée dans contexte différent : le 18 février 2016, la cour d’appel de Paris l’avait condamné à 5 000 euros d’amende pour avoir fait ce geste au Mémorial de la Shoah de Berlin.
Précédentes condamnations
Sur son site, Soral, venu en Alsace pour une conférence, avait accompagné la photo prise à Colmar d’un texte évoquant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).
Le tribunal a estimé que ces associations n’étaient « pas clairement citées ou visées à raison de leur engagement, mais davantage à raison de leur prise de position quant à l’exécution d’une décision de justice » passée concernant l’essayiste, poursuit la procureure qui ajoute qu’elle « va analyser » le jugement avant de décider d’un éventuel appel.
« Nous contestons cette décision et comptons sur un appel du parquet », a réagi  Me Thierry Cahn, l’avocat du Consistoire israélite du Haut-Rhin, l’une des parties civiles. « Compte tenu du personnage et de ses précédentes condamnations (…) la matérialité de l’infraction est constituée », a-t-il estimé.


2 octobre 2019: nouvelle condamnation
Soral de nouveau condamné à de la prison ferme, ce 2 octobre à Paris, cette fois à une peine d'un an pour avoir qualifié le Panthéon de «déchetterie casher» dans une vidéo sur son site. 
La même question revient : quand ce multi-récidiviste purgera-t-il enfin ses peines?

Soral a été reconnu coupable d'injure publique antisémite et de provocation à la discrimination, la haine ou à la violence envers les Juifs. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, dénonçant sa «haine obsessionnelle persistante» et «sans la moindre inhibition» envers les juifs. Alain Soral ne recule pas «devant le fait de salir et de poursuivre par-delà la mort» les victimes du nazisme, «par le choix de ses mots qui sont la prolongation d'actes de mort et qui sont en eux-mêmes actes de haine et de provocation», a estimé le tribunal dans sa décision. 
Les juges ont également dénoncé le fait qu'il cible un jeune public par le biais de son site «Égalité et réconciliation», cherchant «à en imposer sur la base d'un vernis de culture prétendument ''sérieuse'', et à recruter pour son officine du même nom.
«On a toute la famille Veil qui vient d'y rentrer, et puis là ils veulent peut-être presque nous mettre Lanzmann» (ancien résistant et réalisateur du documentaire Shoah), «c'est une véritable déchetterie casher», avait déclaré Soral dans une vidéo postée après l'inhumation de Simone Veil et de son époux Antoine au Panthéon, le 1er juillet 2018.
Le tribunal a également ordonné le retrait de la vidéo lorsque la condamnation sera définitive.
Lors de l'audience, son avocat Damien Viguier, lui-même déjà condamné pour complicité d' incitation à la haine ( voir ci-dessous) avait affirmé que «les propos de Soral sont de la provocation, pas des actes appelant à la violence».
MEMORIAL 98

Ce 19 septembre 2019 nouvelle condamnation de Soral à 18 mois de prison ferme. Exécutera-t-il enfin ses peines ou sera-t-il encore protégé par le procureur de Paris, comme pour sa peine précédente de un an ferme ?

Soral a été condamné ce jour à 18 mois de prison ferme et 6 mois avec sursis. Il s'agit cette fois d'un "rap antisémite" violent sous prétexte de "Gilets jaunes" 
Dans le clip de ce rap, une pancarte contenant le nom de Rothschild était jetée au feu. Des photos de Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali ou encore Patrick Drahi étaient aussi envoyées au bûcher. Le rappeur appelait à « virer » Rothschild, Attali et BHL, les qualifiant de « parasites ».
Les associations qui avaient assigné ce néo-nazi se félicitent à juste tire du verdict. Elle évoquent également une "fin de l'impunité de Soral". ce n'est hélas pas le cas

En effet, à ce stade, malgré plusieurs condamnations à des peines fermes, dont une avec mandat de dépôt, il est toujours en liberté. C'est le résultat des manœuvres du procureur de Paris, Rémy Heitz, qui a rejeté et bloqué le mandat de dépôt décidé par le tribunal le 15 avril dernier ( voir ci dessous) .

L'actualité récente a montré à quel point l'activité antisémite et négationniste de Soral  joue depuis longtemps un rôle crucial dans l'élaboration et la diffusion de cette propagande haineuse. C'est le cas dans l'affaire Yann Moix, qui a longtemps coopéré avec lui ( voir ici )
                                              Soral avec Yann Moix et l'écrivain antisémite Nabe

C'est le cas également pour Tariq Ramadan qui ose comparer son propre sort à celui du capitaine Dreyfus ( voir ici) . Or il a coopéré avec Soral et Dieudonné et a même défendu leur quenelle néo-nazie
                                      Tariq Ramadan avec Dieudonné et Soral

Soral doit enfin exécuter sa peine. Son impunité de fait bafoue la justice et encourage les antisémites, racistes et négationnistes à poursuivre leurs méfaits.

MEMORIAL 98

Qui protège Soral? Qui craint de mettre en œuvre la loi contre la contestation des crimes contre l'humanité?
Le 15 avril dernier, Soral était condamné à un an de prison ferme pour contestation de la Shoah et le tribunal y ajoutait un mandat  de dépôt. 
On s’attendait donc à ce qu’il soit rapidement appréhendé et emprisonné, en conséquence du mandat de dépôt.
 Ce dernier est particulièrement justifié chez un multirécidiviste, déjà condamné à un an de prison ferme en janvier 2019. Il s’agissait alors de sanctionner ses propos suivants : "Entre le peuple juif et le reste de l'humanité, le combat ne peut être que génocidaire et total..." (voir ci-dessous pour ses différentes condamnations). Il a encore sévi récemment à propos des attentats dans les mosquées de Christchurch

Mais cela ne sera pas le cas tout de suite: le parquet de Paris a interjeté appel du mandat d’arrêt et refuse de l'exécuter, alors même que cet appel n'est pas suspensif.
Déjà lors du procès, le parquet avait réclamé seulement six mois de prison ferme. La 13e chambre du tribunal de grande instance de Paris avait doublé cette peine, en raison de la gravité de la contestation de l’existence de la Shoah.

A l’origine de cette décision de justice, la publication sur  le site de  Soral « Égalité et réconciliation, » en novembre 2017, de la plaidoirie de son avocat, Damien Viguier – également condamné, ce lundi, à 5 000 euros d’amende pour complicité –, dans une autre affaire datant d’avril 2016. Viguier est également un conférencier du groupe de Soral

Soral avait alors mis en ligne sur son site un dessin représentant une fausse « une »  titrée « Chutzpah Hebdo » et illustrée par le visage de Charlie Chaplin posant une question, dans une bulle, « Shoah où t’es ? », en référence à la Une nauséabonde de Charlie Hebdo après les attentats de Bruxelles, « Papa où t’es ? » qui faisait référence au génocide des Tutsi et au chanteur Stromae.


En toile de fond, une étoile de David, une chaussure, une perruque, une lampe et un savon. Le terme Chutzpah (qui signifie « insolence » en hébreu et yiddish) est clairement antisémite dans ce contexte, car il induit que les Juifs ont l’insolence de mettre en avant le génocide dont ils ont été victimes.

« Propagande de guerre »

« Chaussure et cheveux (de Juifs exterminés NDLR) font référence aux lieux de mémoire organisés comme des lieux de pèlerinage. On y met en scène des amoncellements de ces objets, afin de frapper les imaginations », avait plaidé Me Viguier en 2017 faisant référence au camp d’Auschwitz. « La coupe des cheveux se pratique dans tous les lieux de concentration et s’explique par l’hygiène », avait-il ajouté avant de citer le négationniste Robert Faurisson. ».
Pour cette publication négationniste, Alain Soral a par ailleurs été définitivement condamné le 26 mars, après le rejet de son pourvoi en cassation, à payer une amende de 10 000 euros avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement.
Le site de Soral et toute son activité représentent un concentré de haine antisémite, de négationnisme, d'homophobie et de sexisme ( voir les références à la fin de l'article). 

Il faut rappeler l’horreur antisémite de ses gestes de profanation : il s'était fait photographier, en 2013, en train de faire le geste de la "quenelle", soit un salut nazi, au Mémorial de la Shoah à Berlin.

 

Le procureur de Paris, chef du Parquet,  tente de justifier sa décision par l’argutie judiciaire suivante :
« Alain Soral a été condamné pour une infraction prévue par l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse à la peine d’un an de prison par le tribunal correctionnel qui a décerné mandat d’arrêt à son encontre sur le fondement de l’article 465 du code de procédure pénale. L’article 465 vise expressément les délits de droit commun et les délits d’ordre militaire. Le mandat d’arrêt décerné étant dépourvu de base légale, je vous confirme que le parquet a interjeté appel de la décision sur le mandat d’arrêt (appel limité à la délivrance par le tribunal du mandat d’arrêt et ne concernant pas la peine d’un an de prison) »,
Or le procureur n’a pas à décider si une décision de justice doit être appliquée ou non, surtout quand il s'agit de contestation de crime contre l'humanité, selon la loi . Ce procureur semble réticent à l'idée de mettre en application cette loi de 1990, dite loi Gayssot, qui pénalise la contestation de crimes contre l'humanité dont la Shoah. C'est une loi équivalente que demandent les associations arméniennes afin de combattre le négationnisme à propos du génocide de 1915.
Le négationnisme est mis en place par les génocidaires eux mêmes et constitue, avec l’impunité des bourreaux,  une incitation à de nouveaux massacres.
Le but des génocidaires, en tout temps et en tout lieu, ne consiste pas seulement à assassiner les vivants, mais aussi à nier à tout jamais leur existence.

C’est pour cette raison que les négationnismes sont consubstantiels aux génocides. En niant, il ne s’agit pas seulement d’une tentative faite par les assassins pour échapper aux conséquences de leurs crimes. Au même titre que les massacres physiques de masse, la négation est au service du but final : effacer de l’histoire et de l’humanité une partie des hommes et des femmes qui la constituent.

Dans un communiqué commun SOS Racisme, LICRA, MRAP, J’Accuse, UEJF déclarent à juste titre
« Le mandat d’arrêt contre Alain Soral doit être exécuté d’urgence !
Les associations antiracistes demandent de toute urgence au Procureur de la République de mettre à exécution le mandat d’arrêt décerné contre Alain SORAL pour contestation de crime contre l’humanité le 15 avril 2019.
Depuis 10 jours, l’antisémite Alain SORAL est sous le coup d’un mandat d’arrêt par décision de la 13ème chambre correctionnelle du TGI de Paris à la suite de sa condamnation pour contestation de crimes contre l’Humanité.
A ce jour, la justice n’a toujours pas exécuté la décision.
Pire encore, nous avons appris que le Parquet de Paris avait décidé de faire appel de ce mandat d’arrêt au motif qu’il ne respecterait pas les dispositions du code de procédure pénale sur le mandat d’arrêt.
Cette décision d’appel est un scandale inédit et renvoie à nos concitoyens l’idée que la condamnation de l’antisémitisme et du racisme en France n’est jamais appliquée dans les faits.
Ce d’autant que seuls les délits politiques sont exclus des dispositions relatives au mandat d’arrêt. La contestation de crime contre l’humanité n’est et ne pourra jamais être considérée comme un délit politique.
Nous demandons que soit mis fin à ce double scandale qui voit une décision de justice demeurée inappliquée et même contestée par l’autorité de poursuite qui se retrouve à défendre les intérêts de SORAL plutôt que la société.
Cet appel n’étant pas suspensif, nous demandons l’exécution immédiate de la décision de justice rendue contre Alain SORAL et le désistement de l’appel interjeté par le Parquet pour des raisons politiques.
Alain SORAL tiendra le 4 mai au vu et au su de tout le monde une conférence publique à Mulhouse. Nous demandons au Procureur de la République de Mulhouse de faire procéder à l’arrestation d’Alain SORAL conformément au jugement et à la Loi. »

Autres condamnations récentes de Soral:
 
17 janvier 2019 Le néo-nazi Soral enfin condamné à une peine de prison ferme d'un an pour ses insultes à l'encontre d'une magistrate et pour des propos appelant au génocide des Juifs; il avait ainsi écrit sur son site" Égalité et Réconciliation"  :
"Entre le peuple juif et le reste de l'humanité, le combat ne peut être que génocidaire et total..."
"Les Juifs sont dominateurs, manipulateurs et haineux..."  

Ceux qui soutiennent la "liberté d'expression" de ce propagateur multirécidiviste de haine homicide (voir ci-dessous) se rendent complices de ses appels aux meurtre. 

Ceux qui comme Étienne Chouard, justifient et excusent Soral se font avec lui propagateurs de l'antisémitisme exterminateur. La caution apportée à Chouard par le député LFI François Ruffin constitue une très lourde faute.

Alors que le néo-nazi prétend soutenir les Gilets Jaunes et organise un meeting de toute la racaille antisémite de ce pays le 19 janvier, nous répétons: la place de Soral est en prison.


Pour ce qui représente sans doute une des profanations les pires de sa carrière d'antisémite et de "national-socialiste" revendiqué, Soral a été condamné le 12 mai 2015 à une amende de 10000 Euros pour injures à caractère racial (amende réduite ensuite à 5000 Euros en appel) et 14.001 euros de dommages et intérêts au profit des sept associations qui s'étaient constituées parties civile.

Il faut rappeler l’horreur antisémite de son  geste: il s'était fait photographier, en 2013, en train de faire le geste de la "quenelle", soit un salut nazi, au Mémorial de la Shoah (ci-dessous) à Berlin.
La quenelle n'est pas seulement un "salut nazi inversé" ou pire encore d'un geste " contestataire”. Il s'agit en fait d'un salut néo­nazi tout court, la différence avec le salut nazi classique réside avant tout dans le regard de la société qui le reçoit. Or aujourd'hui, une partie de notre société ne perçoit plus l'antisémitisme comme tel. Il faut une croix gammée, un appel ouvert à mettre les gens dans les chambres à gaz, une référence appuyée au nazisme historique, pour avoir encore un minimum de réaction.
A l'audience le 12 mars dernier, Soral avait soutenu que cette photo n'était pas destinée à circuler "au-delà d'un cercle d'amis". 

Quant au geste de la quenelle, inventé par son ami Dieudonné, Alain Soral a soutenu l'avoir d'abord fait en signe de ralliement au "fist-fucking", car le Mémorial serait selon lui  devenu  un lieu de rendez-vous homosexuel. On retrouve les thématiques habituelles développées par le duo nazi, dont un exemple récent montre l’escalade dans l'abjection.

D'ailleurs Soral a été aussi condamné aujourd'hui à 4000 euros d'amende pour des propos tenus dans un livre dont il est co-auteur avec Eric Naulleau. Liant homosexualité et pédophilie, il avait cité le nom de Pierre Bergé. Connu pour son homosexualité, l'homme d'affaires l'avait fort justement fait citer en justice. Outre l'amende, le tribunal correctionnel a condamné Alain Soral a verser à Pierre Bergé 10.000 euros de dommages et intérêts pour" diffamation publique en raison de l'orientation sexuelle". Eric Naulleau, compère de Zemmour et  co-auteur de ce livre d'échanges, échappe à toute condamnation.

Au-delà de cette interprétation "privée", Soral avait ajouté à l'audience  une interprétation "publique". La "quenelle" constituerait '"un geste d'insoumission envers les manipulateurs sionistes de la Shoah". Il répétait ainsi la ligne de défense de tous les négationnistes, dont Robert Faurisson, invité d'honneur des meetings-spectacles de Dieudonné depuis 2008. 

Trois anciens déportés juifs, présents à l'audience et cités comme témoins, lui avaient opposé leur indignation. "Je n'aurais jamais pensé que quelqu'un dans ce lieu puisse faire autre chose que de penser, de se recueillir", avait notamment dit Isabelle Choko, 86 ans,  qui fut déportée au camp d'Auschwitz-Birkenau.

Le tribunal correctionnel donc a rejeté les arguties de Soral, en établissant le caractère antisémite de son geste selon les termes suivants:
«La personnalité même d'Alain Bonnet, dit Soral, telle que perceptible dans ses écrits ou prises de position publiques antérieurs, fragilise, pour ne pas dire prive de toute portée, ses dénégations réitérées quant aux accusations d'antisémitisme dont il ferait injustement l'objet... Dès lors, la photographie «ne peut être perçue que comme une injure visant la communauté juive dans un de ses lieux les plus symboliques et les plus sacrés».

Le prétendu "dissident" n'est qu'un vulgaire antisémite qui devra un jour rendre justice de ses actes, bien au delà des maigres condamnations financières.


Quelques jours après avoir été invité par Poutine, le néo-nazi est condamné par le tribunal de Paris aujourd'hui 14 juin 2016 à 6 mois de prison avec sursis. Le tribunal considère qu'il y a de sa part "apologie de crimes de guerre et contre l'humanité" pour des propos abjects visant Beate et Serge Klarsfeld, regrettant qu'ils n’aient pas été exterminés par les nazis.
Le tribunal est allé au delà des réquisitions du procureur qui avait réclamé trois mois de prison avec sursis, jugeant les propos poursuivis "outrageants, insultants, non seulement pour les époux Klarsfeld mais aussi pour les enfants des déportés et toutes les victimes de l'Allemagne nazie". "C'est un message clairement antisémite", avait dénoncé le procureur.
Soral échappe encore néanmoins à de la prison ferme. 

Soral, businessman de la haine et responsable d'actes antisémites

Comme son acolyte Dieudonné, Soral, démagogue enragé, est  un profiteur cupide prêt à tout pour faire prospérer son commerce de la haine. Mais il porte surtout un  très lourde responsabilité dans le développement des actes antisémites de ces dernières années dans le pays. Son incessante propagande haineuse crée le terreau d'où naissent les violences et profanations qui se multiplient dans une spirale constante.
Sa place est en prison.
Mise à jour 

MEMORIAL 98 

Articles et dossiers supplémentaires de Memorial 98 concernant Soral ( et Dieudonné) ci-dessous sur ce site et sur www.memorial98.org :

Face à la liste antisémite de Dieudonné, Soral et Gouasmi.

Dieudonné, Faurisson, Le Pen : décryptage. 

Dans ce dossier sur le "détail" des chambres à gaz http://www.memorial98.org/article-19187964.html 

extrait concernant la surenchère de Soral sur les propos de Jean-Marie Le Pen:

"Par contre Alain Soral, en posture d'idéologue, porte-parole du prétendu « lepénisme de gauche », ami et mentor de Dieudonné, en rajoute dans l'antisémitisme violent et déclare :

« ... Monsieur Le Pen a profondément tort, la chambre à gaz est tout sauf un point de détail, c'est même aujourd'hui, plus qu'hier encore, la religion, le dogme autour duquel tourne toute l'époque contemporaine. Dans l'ordre du sacrifice fondateur, la chambre à gaz a remplacé la croix du christ...
... Aujourd'hui, dans ce climat de judéomanie délirante - une judéomanie délirante et suspecte qui tient plus de l'esprit de la Collaboration que du combat pour le bien et l'amour des hommes - plus les souffrances de la guerre s'éloignent, plus c'est la seconde guerre mondiale toute entière qui devient un détail de la chambre à gaz !... »"

  
MEMORIAL 98

vendredi 20 mai 2016

Dieudonné tente d'infiltrer les Gilets jaunes avec sa quenelle nazie

                       Dieudonnistes déguisés en Gilets jaunes le 22 décembre à Paris


Mise à jour du 20 janvier 2019: des dieudonnistes dénoncés et expulsés.

Face aux tentatives de Dieudonné et de ses supporters pour infiltrer les Gilets jaunes , des membres de ce mouvement ont publiquement dénoncé leur antisémitisme et les ont expulsé le 12 janvier à proximité de l'Arc de Triomphe comme on peut le voir ici  

MEMORIAL 98 


Mise à jour du 31 décembre 2018
Alors que Dieudonné tente de s'incruster dans le mouvement des Gilets jaunes grâce à la quenelle, une photo apparue sur le Net montre des employés du restaurant "Le Train Bleu" la brandissant collectivement.
 On pense à cette autre photo récente de  lycéens des USA, tout aussi souriants, faisant un salut nazi lors de leur photo de fin de scolarité ( ci-dessous)



 


Mise à jour du 23 décembre 2018:

Dieudonné et ses acolytes tentent d'infiltrer le mouvement des Gilets jaunes.
Ils multiplient les provocations à base de "quenelles" complaisamment brandies devant les caméras. Ainsi une vingtaine de dieudonnistes affublés de Gilets jaunes se sont exhibés lors du rassemblement du 22 décembre à Montmartre. Avec d'autres, l'antisémite enragé tente d'orienter le mouvement social en cours vers des buts racistes et complotistes. A ce titre il représente un véritable danger.


Son acolyte Soral a été jusqu'à faire une quenelle dans le Memorial de la Shoah de Berlin,  marquant ainsi son entière adhésion au génocide nazi et sa haine des victimes de la Shoah. Il a d'ailleurs été condamné pour "injures à caractère racial"



 MEMORIAL 98

Actualisation du 20 janvier 2017: Dieudonné capitule, la quenelle est bien un salut nazi.

Bonne nouvelle: Dieudonné vient de renoncer à faire appel de la décision de justice  concernant la caractérisation de la quenelle comme un salut nazi






Avec beaucoup de retard, la justice se penche enfin sur le salut néo-nazi que représente la "quenelle". Les tribunaux  viennent d'infliger deux défaites à Dieudonné lui-même et à un de ses acolytes nommé "Joe le corbeau".  

Dieudonné et Soral en campagne en 2008 pour leur "liste antisioniste", avec Yahia Gouasmi représentant le régime iranien

Ce geste inventé par Dieudonné et Soral  a été diffusé dans la cadre de la campagne "antisioniste" aux élections européennes de 2008. Il permet que soient impunément diffusés dans l'espace public une gestuelle et des symboles directement repris de l'univers hitlérien, comme le tribunal de Liège l'a fort bien détaillé en novembre 2015 . 
La quenelle concentre la violence homicide du duo Dieudonné-Soral et de tous ceux qui ont choisi de la pratiquer. 

Dans le cas jugé à Toulouse (ci-dessous), on notera l'acharnement de ses propagateurs à la pratiquer dans des lieux de marqués par le souvenir d'homicides antisémites. Récemment, le 5 mai dernier, journée internationale de commémoration de la Shoah, trois hommes ont été arrêtés à Lyon alors qu’ils se prenaient en photo en train de faire une “quenelle” devant les tentes dressées pour la commémoration  Ils suivaient ainsi l'exemple de Soral, qui est allé faire une "quenelle" devant le Mémorial de la Shoah à Berlin.

Le dessinateur antisémite "Joe le corbeau", dont le vrai nom est Noël Gérard, a été condamné le 17 mai à Toulouse pour avoir diffusé sur son blog la photo d'un individu effectuant une quenelle devant l'école juive Ohr Hatorah de Toulouse, là où Mohammed Merah avait perpétré ses crimes.
Le tribunal correctionnel lui a infligé 6 mois de prison avec sursis pour des infractions relatives à l'incitation à la haine. 
Cet «artiste» évoluant dans la mouvance de Dieudonné écope également d'une amende 5 000 € assortie d'une obligation à verser 14 000 € au titre des dommages et intérêts à quatre parties civiles.
Joe le corbeau avait été interpellé et mis en examen en janvier 2014.
Le «quenellier» posant devant l'école Ohr Torah, lieu d'un attentat clairement antisémite, n'a pas été identifié.
Pour la justice, Noël Gérard incite clairement à «la haine anti-juive» en reproduisant, à l'époque, sur son site internet, des mentions négationnistes parlant de l'affaire Merah comme d' «une gigantesque machination». 


Quelques jours auparavant le 13 mai, c'est Dieudonné lui-même qui a été débouté, lors d'un procès en diffamation relatif à la «quenelle», cette fois contre le président d'alors de la Licra, Alain Jakubowicz. Celui-ci avait qualifié ce geste de «salut nazi inversé signifiant la sodomisation des victimes de la Shoah». Il  réagissait alors, en décembre 2013, à la publication de photos de militaires faisant ce geste.
Les juges de la chambre de la presse ont dans ce dossier choisi de se placer sur le terrain juridique. Ils ont estimé que les propos litigieux «ne visent nullement directement» Dieudonné et qu’ils traduisent «une simple opinion personnelle» et non un fait précis pouvant faire l’objet d’un débat contradictoire. Ainsi, les propos litigieux ne sont pas diffamatoires, a tranché le tribunal. Dieudonné va faire appel
Dans un autre jugement rendu le même jour à Paris, Alain Jakubowicz a également été relaxé, cette fois au titre de la bonne foi. Ses propos, tenus dans une émission sur France 2, imputaient à Dieudonné, résume le tribunal, d’avoir «créé et popularisé un geste à finalité antisémite à la fois avérée et revendiquée» par le polémiste.
Quant au geste de la quenelle, il a pu «dans certaines circonstances précises», «être interprété sans ambiguïté comme ayant une portée antisémite et être, parfois, poursuivi et condamné comme tel», soulignent les juges, mais la portée de ce geste et la volonté de son auteur ne peut être généralisée.

En réalité la "quenelle" représente clairement un salut néo­nazi, antisémite et négationniste. 
L’acharnement de ses propagateurs à la pratiquer dans des lieux de mémoire de la Shoah le démontre amplement. 
On notera que le "quenellier" Bruno Gollnisch vient d'être maintenu à la direction du Front national, sur décision de Marine Le Pen, et ce malgré sa participation à l'initiative "interdite" de Jean-Marie Le Pen le 1er mai.

 Dieudonné va poursuivre son commerce si lucratif. Il tentera encore d'exploiter toutes les ressources judiciaires, y compris au niveau européen. Ses condamnations à ce jour se limitent à des amendes et à des sursis. 

A quand une application de la jurisprudence du tribunal de Liège, qui l'a condamné à de la prison ferme?

 
Actualisation du 10 novembre 2016
Bonne nouvelle judiciaire: la Cour d'Appel a confirmé la peine de 6 mois avec sursis contre le Joe Le Corbeau.  De plus le tribunal a   ailleurs rejeté la demande de non inscription de cette condamnation au casier judiciaire. Il a également alourdi la sanction financière en  supprimant la peine d'amende de 5000 euros infligée en première instance, mais en condamnant Noël Gérard à verser un total de 14.000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles, parmi lesquelles l'école juive Ohr Torah, la Licra ou encore à Eva Sandler, la femme et mère des trois victimes de Merah.
Le verdict a été rendu public le 9 novembre, jour anniversaire du pogrom nazi de la Nuit de Cristal contre les Juifs d'Allemagne. On peut y voir un symbole.
 

Actualisation du 6 octobre 2016

Le dessinateur antisémite "Joe le corbeau", dont le vrai nom est Noël Gérard, est passé le 4 octobre  devant la cour d'appel de Toulouse.
Il avait été arrêté en janvier 2014 après avoir diffusé sur son site internet la photo d'un homme réalisant une quenelle devant l'école Otzar Thorah. Une école où Mohammed Merah a assassiné trois enfants et un enseignant juifs en mars 2012 à Toulouse (voir ci-dessous)
Le 4 octobre devant la cour d'appel de Toulouse, il faisait  appel sa condamnation à 6 mois de prison et 5 000 € d'amende pour «provocation à la haine» raciale par communication électronique. Et cette fois, il a expliqué «pourquoi il était innocent». Au préalable il a osé faire part de «son empathie aux familles de victimes» et il a condamné «un crime atroce».
La suite devient rapidement plus contradictoire. Entre les menaces de mort des organisations "pro-sionistes" qu'il dit avoir reçues «par milliers» et son refus de l'antisémitisme, on s'éloigne de l'école et de la photo. «Je n'ai jamais publié cette photo. Elle a été publiée sur mon site Facebook puis je l'ai reprise sur mon site mais j'ai pris soin de la couper pour ne pas identifier l'école !»
«Mais vous l'avez bien diffusé sur votre site», s'étonne la présidente.
«Oui mais après les autres…"
La présidente qui constate que l'école est citée dans le texte sur son site  finit par lâcher, agacée : «Vous jouez sur les mots».

«Du mal à des gens qui ne le méritaient pas»

La diffusion de la photo, même recadrée, qualifie-t-elle la provocation à la haine raciale ? L'avocat général Chazottes le pense et requiert la confirmation de la condamnation. Condamnation que réclament également les parties civiles. Me Simon Cohen parle pour l'école mais également pour Eva Sandler, épouse de l'enseignant et de deux enfants tués en mars 2012. «Parce qu'ils étaient juifs et vous refaites du mal à des gens qui ne le méritaient pas», condamne Me Cohen.
Son avocate a révélé à l'audience le nom de la personne qui a réalisé la quenelle.
La cour rendra sa décision le 9 novembre. Il reste à espérer que sa condamnation soit confirmée voire aggravée, à la mesure de sa violence nazie contre les victimes  .


Mise à jour du 22 juin 2016:


La cour d'appel de Paris a condamné le 21 juin Dieudonné à deux mois de prison avec sursis et y a ajouté 10.000 euros d'amende, pour avoir écrit sur Facebook qu'il se sentait "Charlie Coulibaly" après les attentats qui ont fait 17 morts en janvier 2015. Reconnu coupable d'apologie d'actes de terrorisme, il devra également publier sa condamnation dans trois quotidiens nationaux

Pas d'amende en première instance. En première instance, en mars 2015, Dieudonné avait été condamné à la même peine avec sursis, mais sans amende.

Le 11 janvier 2015, au soir d'une marche en hommage aux victimes de la tuerie de "Charlie Hebdo" et du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes, Dieudonné avait écrit sur Facebook qu'il se sentait "Charlie Coulbaly" en référence  au tueur antisémite Amedy Coulibaly. Ses propos avaient ensuite été retirés de sa page Facebook.

 Les quatre victimes de l'Hyper Cacher, tuées parce que juives


Mise à jour du 31 mai:
Antisémitisme, sexisme, dieudonnisme pour un duo d'employés SFR si contents d'eux-même qu'ils postent leur propos sur Périscope. L'un d'entre eux qualifie un client de "connard de juif" tandis que l'autre explique "que ça vient du fin fond du trou du cul du cœur". Quelques secondes plus tard, ils qualifient une jeune femme qui passe dans la rue de "mi pute, mi soumise". La référence à Dieudonné est double à la fois par l'imagerie liée à la "quenelle" du "fin fond du trou" et aussi par le nom de leur compte Périscope "Petit Poney", titre d'une chanson du nazi de la Main d'Or.

MEMORIAL 98




 


  



samedi 9 avril 2016

Les néo-nazis ne sont pas racistes et ne troublent pas l'ordre public ( source judiciaire)

L'agression grave survenue à Agen en 2013 est d'une triste banalité: à la sortie d'un concert qu'ils savent notamment fréquenté par des jeunes plutôt progressistes,des néonazis rôdent et attendent leurs proies.Parmi les multiples victimes possibles, ils choisissent Icham, sur lequel les coups et les insultes spécifiquement racistes pleuvent. Il écopera  d'une ITT de 30 jours, tandis qu'un de ses amis est lui aussi agressé par le groupe de ratonneurs

A Agen, comme ailleurs en France, cette agression n'a rien d'extraordinaire, une des activités principales des groupes néonazis consistant à chasser en groupe, les vendredi ou samedi soir, partout où ils pensent pouvoir trouver des victimes. Les soirées étiquetées " gauchistes" par ces jeunes miliciens sont évidemment une place de choix, mais les boîtes de nuit dont ils savent qu'elles acceptent les jeunes issus de l'immigration également. Ainsi en novembre 2015, toujours à Agen, Fouzia et Houarda se font agresser dans une soirée, puis à l'extérieur de l'établissement par des jeunes qui font le salut nazi en chantant la Marseillaise , leur crachent dessus avant de les rouer de coups. 

Si l'affaire de 2013 a eu un écho national, c'est qu'elle intervenait cinq jours après le meurtre de Clément Méric, commis par des néonazis du groupe " Troisième Voie", organisation à laquelle appartiennent aussi les agresseurs d'Icham. Chez eux on retrouvera du matériel de propagande du groupe, et plusieurs arborent des croix gammées en guise de tatouage. Sur le moment, la condamnation de l'agression par le Ministre de l'Intérieur, notamment, laisse penser que le tabassage raciste ne restera pas impuni, tout comme le meurtre de Clément Méric. 

Mais comme à l'accoutumée, les néo-nazis ont des avocats compétents : et comme à l'accoutumée, les procédures vont traîner en longueur, tandis que les accusés , placés sous simple contrôle judiciaire , vivent paisiblement leur vie.

Trois ans plus tard, l'instruction n'est donc pas tout à fait terminée, mais le procureur a rendu ses conclusions: pour lui, le mobile raciste est exclu. Plus c'est énorme, plus ça passe. 

Sa thèse: puisque les néo-nazis s'en sont également pris à un jeune non-racisé , et que, de plus, l'altercation a eu lieu à la sortie d'un festival de musique qu'il étiquette "anarchiste", les néonazis, forcément, n'agissaient pas par racisme. Si sa thèse est retenue par le juge, la jurisprudence sera donc la suivante: on n'est pas victime de racisme si l'on se fait tabasser par des racistes, et qu'un accompagnant non racisé prend également des coups. On n'est pas victime de racisme si l'on est racisé et que l'on va à des évènements ayant une réputation progressiste, ou que l'on est soi-même progressiste et antifasciste.

Malheureusement, le raisonnement des procureurs ne relève pas de l'anecdote choquante et isolée. Bien au contraire ses prétendues justifications comme ses conséquences éventuelles font écho à une indulgence généralisée envers les membres de la mouvance néonazie.

De plus en plus, ceux-ci, lorsqu'ils se livrent à la ratonnade et à la chasse aux militants progressistes sont considérés comme étant les agressés, ou au minimum comme ayant agi avec des "circonstances atténuantes": ainsi , à Calais, un jeune néonazi ayant sorti une arme contre des migrants et leurs soutiens qui manifestaient , a-t-il été considéré par le parquet comme en état de "légitime défense" et exempté de toute poursuite. 

Trois ans après le meurtre de Clément Méric, l'ensemble des accusés sont libres, sous simple contrôle judiciaire. La thèse de la "bagarre" entre antifascistes et fascistes s'est imposée lors de l'instruction, et l'intention de tuer a pour le moment été écartée. Le travail de sape et de mensonge des avocats de l'extrême-droite a porté: pour la justice, comme pour beaucoup de médias complaisants, tout se résumerait à une altercation entre "bandes," les racistes d'un côté , les antiracistes de l'autre, tous ayant finalement une responsabilité,  et ne valant guère mieux les uns que les autres.

C'est ainsi que se banalise l'existence des milices ultra-violentes de l'extrême-droite, en même que son ascension électorale se poursuit. Les néo-nazis ne sont pas considérés comme un problème de société, et le traitement judiciaire et policier de leurs méfaits est donc à l'avenant.

Ainsi, lorsqu'à Marseille, plusieurs membres d'un groupe armé sont arrêtés et que les perquisitions permettent de mettre la main sur une bonne quantité d'armes, les médias évoquent un "groupuscule", et les jeunes miliciens sont immédiatement remis en liberté sous contrôle judiciaire. Nul ne crie au scandale, nul ne s'inquiète de ce qu'ils pourraient faire de leur liberté armée. Car leurs victimes potentielles ne font pas partie de celles qui sont reconnues par le discours politique dominant. Discours évidemment repris par les procureurs, qui désormais vont jusqu'à nier le racisme des néo-nazis. A Marseille, des "sources judiciaires" ont même déclaré à la presse que "que le trouble à l’ordre public est loin d’être évident dans cette affaire même si ce genre de groupes néo-nazis sont évidemment parfaitement inadmissibles"

On ne saurait être plus clair : la menace raciste et fasciste ne trouble pas l'ordre républicain, ou pas trop, et les populations menacées n'ont qu'à se débrouiller pour vivre avec.


Il faudra donc compter sur nous mêmes pour faire vivre l'antiracisme, si nous ne voulons pas mourir du racisme.