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mercredi 20 mars 2019

Génération identitaire: dissolution immédiate!



Le tueur de Christchurch, Brenton Tarrent, a fait quatre dons financiers à Génération identitaire en France, selon les enquêtes en cours. Ces contributions s'ajoutent à ses dons à la branche autrichienne des Identitaires. C'est la branche française de cette Internationale fasciste qui a organisé la mise en scène de la traque contre les migrants organisée en France en avril 2018 sous le titre " Defend Europe" (voir ci-dessous)







Mises à jour du 26 mars: 
1) Brenton Tarrent, le tueur de Christchurch, était en lien avec les fascistes Identitaires d'Autriche et notamment avec leur dirigeant Martin Sellner. Ce dernier reconnaît que le tueur a fait un don de 1500 Euros à son organisation mais prétend qu'il n'y a pas eu de relation ultérieure. Les Identitaires en question sont particulièrement imprégnés de racisme et d'antisémitisme. Le premier ministre Kurz qui dirige une coalition avec l'extrême-droite FPÖ est amené à envisager la dissolution de l'organisation Identitaire autrichienne. 

Or Sellner et d'autres identitaires autrichiens ont participé à l'action contre les migrants organisée en France en avril 2018 sous le titre " Defend Europe" (ci-dessus). Toute une mise en scène avait mobilisé les Identitaires de toute l'Europe au col de l’Échelle à la frontière avec l'Italie.


Des photos y montrent Sellner ( ci-dessous).




Le même Sellner collait des croix gammées sur des synagogues pendant sa "période" néo-nazie, comme le montre l'article ci-dessous de la presse autrichienne.








Ces révélations mettent en cause Damien Rieu, chef historique des Identitaires français et actuel attaché parlementaire du député RN Gilbert Collard. C'est lui qui a organisé  cette action spectaculaire qui a généré des dépenses importantes avec par exemple la location d'un hélicoptère. Tarrent a envoyé son don début 2018 et il apparaît donc plausible qu'il ait ainsi contribué à l’initiative des Identitaires quelques semaines plus tard. 
L'internationale fasciste tisse ses liens qui aboutissent à des crimes sanglants.


2) Complotisme et antisémitisme en Nouvelle-Zélande: Ahmed Bhamji, responsable d'une mosquée, a publiquement accusé le " Mossad" israélien d'être derrière l' attentat
Cette attaque contraste avec le climat de solidarité et de fraternité qui s'est développé en Nouvelle-Zélande en réaction à la tuerie. C'est également une insulte à l'engagement qui à conduit les Juifs de Nouvelle-Zélande à fermer, dans un geste historique, toutes les synagogues du pays lors de la journée qui a suivi l'attentat et qui correspondait au Shabbat ( voir ci-dessous) 

Memorial 98
Capture d'écran du site de Soral le 20 mars 2019

Après les attentats contre les musulmans de Christchurch, le site de Soral "Égalité et réconciliation" met en avant un « ex-officier de la CIA » nommé Robert David Steele, présenté également comme  "prix Nobel de la Paix" (sic!) afin de promouvoir une explication complotiste et antisémite de la tuerie .
Celui-ci affirme dans un pseudo-entretien avec une agence iranienne que les "Israéliens sont impliqués dans l’attaque des deux mosquées en Nouvelle-Zélande ". 
Pour faire bon poids ce lumineux "prix Nobel" ajoute que les mêmes israéliens sont également responsables de nombreux autres attentats notamment:  " L’attaque du 11 Septembre aussi, c’était leur travail. Idem pour l’attaque sur le navire d’espionnage américain en 1967 et l’assassinat de JF Kennedy Junior pour laisser la voie libre à Bill Clinton" ( voir capture d'écran ci-dessus) 
Il est à noter que le même Steel est un acolyte du principal complotiste américain Alex Jones, ami de Trump qu'il a interviewé dans son émission le 2 décembre 2015. Dans une des émissions de Jones, Steel à prétendu  qu'il existe une " colonie d'enfants esclaves sur la planète Mars"
Selon lui, ces enfants auraient été kidnappés et tués par la NASA, selon des modalités qui ressemblent d'ailleurs furieusement aux  prétendus crimes rituels attribués aux Juifs. 

En janvier dernier Soral a enfin été condamné à une peine de prison ferme d'un an pour ses insultes à l'encontre d'une magistrate et pour des propos appelant au génocide des Juifs; il avait ainsi écrit sur le même site" Égalité et Réconciliation"  :
"Entre le peuple juif et le reste de l'humanité, le combat ne peut être que génocidaire et total..."
"Les Juifs sont dominateurs, manipulateurs et haineux..."  
Ceux qui soutiennent la "liberté d'expression" de ce propagateur multi-récidiviste de haine homicide se rendent complices de ses appels aux meurtre. 
Ceux qui comme Étienne Chouard, excusent voire justifient les propos de Soral se font avec lui propagateurs de l'antisémitisme exterminateur. La caution hélas apportée à Chouard par le député LFI François Ruffin constitue une très lourde faute que sa demi-rétraction ultérieure est loin d'effacer.
Par ses affirmations antisémites et calomniatrices à propos de Christchurch, Soral tente d'effacer le mouvement de solidarité et de deuil qui a conduit les Juifs de Nouvelle-Zélande à fermer, dans un geste historique, toutes les synagogues du pays lors de la journée qui a suivi l'attentat et qui correspondait au Shabbat.
De même la communauté juive de Pittsburgh, qui a subi une tuerie réalisé par un néo-nazi en octobre dernier a organisé des initiatives de solidarité et de collecte pour les musulmans de Christchurch. Elle-même avait bénéficié de la solidarité active des musulmans de Pittsburgh et au-delà après l'attentat qui l'a frappée.

Soral et ses semblables veulent avant tout  détourner l'attention du message clairement "ethno-nationaliste blanc" et violemment opposé au" Grand remplacement"  revendiqué par l'auteur de la tuerie. Celui-ci s'est placé dans le sillage d'Anton Breivik, auteur des massacres d'Oslo et Utoya qu'il a justifié par sa volonté de combattre le multi-culturalisme porté par la gauche travailliste.
                                      Breivik lors d'un de ses procès

il a également revendiqué la continuité du néo-nazi Dylan Roof, auteur du massacre de l’Église noire de Charleston (USA), auteur également de textes antisémites. 


 
 
La place de Soral, profanateur du mémorial de la Shoah à Berlin par un salut nazi sous forme de quenelle, est en prison, tout comme son acolyte Dieudonné.


MEMORIAL 98 

Mise à jour du 14 juin 2019

Le tueur Brenton Tarrent s'est présenté tout sourire au tribunal de Christchurch et a plaidé ""non coupable"de tous les chefs d'accusation contre lui.

Mise à jour du 23 avril 2019
Sri Lanka: une  réplique à Christchurch ?



Selon différentes informations dont celle du ministre sri-lankais de la défense , les attentats du Sri Lanka auraient été commis en représailles à la tuerie dans les mosquées de Christchurch (voir ci-dessous).
Ces indications sont évidemment sujettes à caution, de même que la revendication de Daech. Mais si cette hypothèse se confirmait, elle montrerait l'engrenage des violences de masse conçues et exécutées par des chevaliers de la haine. Ils veulent entraîner des prétendues "guerres de civilisation" et des affrontements généralisés. 
Violences et attentats contre les chrétiens au Sri-Lanka et en Indonésie, génocide contre les Rohingya musulmans en Birmanie, il est nécessaire de défendre partout les victimes de ces terribles violences vers lesquels vont nos pensées et notre solidarité. 

On notera également que les services secrets sri-lankais semblent avoir eu des informations préalables et précises sur les projets d'attentats djihadistes. Le premier ministre confirme ces informations. 
La crise gouvernementale  prolongée dans la pays, issue des suites de la guerre menée contre la minorité tamoule, a fait que les ministres n'ont pas eu connaissance de ces alertes.

Memorial 98 



jeudi 24 mars 2016

Karadzic le génocidaire condamné à perpétuité: la justice enfin.






                                               Charnier à Srebenica
Mise à jour du 20 mars 2019: la justice passe

Ayant fait appel de sa condamnation, Karadzic est condamné à la perpétuité  pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité 

Justice est ainsi faite, notamment en raison du génocide de Srebrenica  en juillet 1995, qui fut le dernier génocide du 20 siècle.

Une coïncidence terrible rappelle à quel point les actions génocidaires et les crimes de guerre motivent et inspirent la poursuite et la réitération des actes de violence raciste. Le tueur des mosquées de Christchurch, Brenton Tarrent, est obsédé par la croisade des nationalistes serbes contre les Musulmans de Bosnie.  En route pour commettre sa tuerie, il se filme écoutant un chant serbe à la gloire de Karadzic, condamné pour génocide.

Memorial 98 



Il s'agit d'un événement historique dans la lutte contre les génocides et  les crimes contre l'humanité, qui survient trois jours après la condamnation par la Cour Pénale internationale d'un autre auteur de crimes contre l'humanité. 
Plus de vingt ans après le massacre génocidaire de Srebrenica et le siège sanglant de Sarajevo, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été jugé, jeudi 24 mars, « pénalement responsable » du génocide à Srebrenica par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye et condamné à quarante ans de prison.

Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils musulmans prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance de la ville. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Force de protection des Nations unies (Forpronu). Quatre cent cinquante casques bleus y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des Musulmans .
Quand les miliciens serbes de Bosnie commencent à séparer les hommes des femmes, les "Casques bleus" le voient et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. 8.000 hommes sont tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes. Ce massacre a été, à juste titre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ordre écrit donné en amont plusieurs mois en avance, puis sa réalisation par le tri et la séparation des hommes ainsi que leur extermination massive, "industrielle", portent les caractères du génocide. Srebrenica constitue le dernier génocide du vingtième siècle qui en connut tant 

Karadzic a aussi été déclaré responsable, « en tant qu’individu », de plusieurs accusations de crimes commis pendant la guerre en Bosnie : prise d’otages, meurtres et persécutions.
 Radovan Karadzic était  inculpé de onze chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre en Bosnie, qui a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. Il est le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes  commis pendant cette guerre, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic au cours de son procès.


Les juges du TPIY ne l'ont pas condamné en revanche, par manque de preuves formelles, pour deux autres accusations de génocide, dans sept municipalités de Bosnie hors Srebrenica: « La chambre n’a pas été capable, sur la base des preuves présentées, d’identifier une intention  de génocide de la part de l’accusé (dans ces cas-là)"

Concernant Srebrenica et le massacre de 8000 Musulmans en juillet 1995, la preuve formelle existe puisque dès le mois de mars 1995, Radovan Karadzic signait un ordre à l'intention du chef militaire Mladic. 
C'est la fameuse "directive n° 7", qui ordonne aux soldats bosno-serbes de « créer une situation insupportable d’insécurité totale sans aucun espoir de survie ou de vie pour les habitants de Srebrenica ». 
  
Le génocide de Srebrenica est encore mal connu et reconnu, notamment en Serbie où la pression négationniste est forte. Le parallèle avec la position de l’État turc à l'égard du génocide arménien est frappante : les autorités serbes font des déclarations de contrition et de regret, reconnaissant des crimes, mais s'arc-boutent pour nier qu'il y ait eu un génocide planifié et commis par les milices serbes. Du coup, la population   est encouragée dans sa position de déni, comme c'est aussi le cas pour une grande partie de la population turque. Une réconciliation ne peut avoir lieu sans que soit reconnu le caractère génocidaire, exterminateur du massacre et la compréhension du processus d'"épuration ethnique" mis en œuvre à l'égard des musulmans bosniaques et qui a fini par culminer dans le génocide. 
De ce point de vue on en est encore  loin du compte, malgré les efforts de valeureux militant.e.s serbes qui œuvrent pour la reconnaissance du génocide  . 
Ceux qui font profession d'attiser la haine contre les musulmans se placent du côté de Karadzic, comme avant lui de Milosevic . C'est le cas notamment de l'extrême-droite qui dans le monde entier a toujours soutenu le nationalisme serbe et sa violence exterminatrice.

On peut aussi le constater dans des réactions aux articles qui font état aujourd'hui de la condamnation de Karadzic. Les deux exemples ci-dessous figurent sur la page FB du journal Le Monde:
 "Giacomo Kasanova brave homme Karadzic, qui a contenu l'invasion musulmane dans son pays. Un visionnaire quand on voit ce qu'il se passe dans les pays européens aujourd'hui. Tout le monde aurait dû suivre son exemple. L'Histoire reconnaîtra son erreur dans quelques années et les musulmans terroristes de Belgique sont la preuve qu'il fallait les éliminer avant qu'ils n'agissent!! 
Aubin de Nessac Une éradication de musulmans est au contraire un sauvetage de l'humanité, un débarras de la Terre de ces illuminés dégénérés qui croient en un dieu imaginaire, un ami avatar !!! L'humanité n'a pas besoin de ça, quand il y a un nid de termites, il faut le détruire pour que la maison ne tombe pas en ruines." 

 Le combat contre les génocides et leur négation doit se poursuivre à chaque instant afin de contribuer à empêcher  la diffusion des idéologies de haine qui permettent de telles horreurs. 

Memorial 98 


Mise à jour spéciale du 22 novembre  2017  (voir également d’autres mises à jour à la fin de l'article)

                                           Mladic (à g.) et Karadzic associés dans le crime

Enfin! L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a été condamné ce 22 novembre à la prison à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour génocide (Srebrenica), crimes de guerre et crimes contre l’humanité (notamment lors du siège de Sarajevo) . Au total, le « Boucher des Balkans » a été reconnu coupable de dix chefs d’accusation sur onze. 

Le tribunal a estimé que Mladic avait contribué « de façon importante » au génocide commis en 1995 à Srebrenica. 
La justice a également déclaré qu'il avait « personnellement » dirigé le bombardement de Sarajevo. La capitale de la Bosnie avait subi un siège meurtrier, notamment pour des milliers de civils, de 1992 à 1996. De façon plus générale, l’ancien général a été reconnu coupable d’avoir cherché à chasser les musulmans et les Croates du territoire bosniaque.
Mladic a immédiatement fait appel sa condamnation; il est soutenu par les nationalistes serbes dont certains sont au pouvoir. Ce sont eux qui l'ont abrité pendant ses 16 années de "cavale" 

La présidente de l’association des mères des enclaves de Srebrenica et de Zepa, Munira Subasic, s’est dite  « partiellement satisfaite » du verdict.  Elle déclare:
« C’est plus que pour (Radovan) Karadzic (condamné à 40 ans de prison en mars 2016 voir ci-dessous). Mais ils ne l’ont pas reconnu coupable de l’accusation de génocide dans plusieurs villages (autres que Srebrenica) . »
Le haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a salué la condamnation à perpétuité de l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie qu’il a qualifiée de « victoire capitale pour la justice ».
« Ce verdict est un avertissement aux auteurs de tels crimes qu’ils n’échapperont pas à la justice, aussi puissants soient-ils, et quel que soit le temps qu’il faudra. Ils devront rendre des comptes. »
Rappelons que l'ONU est gravement mise en cause dans le génocide de Srebrenica car ses troupes de " Casques Bleus", présentes sur place n'ont pas agi pour empêcher le massacre faute d'ordres dans ce sens (voir ci-dessous) 

Il reste à espérer que les autorités et la population serbes acceptent et comprennent le sens de ce verdict et que recule là bas le négationnisme qui y est  encore si répandu.

Il reste également à agir afin que soient empêchés d'autres massacres et crimes contre l'humanité en cours ou menaçants en Syrie (où sévit Poutine, allié fidèle du nationalisme serbe), au Burundi, en Birmanie contre les Rohingya, en Centrafrique, au Soudan...

Il reste également à imposer que soient enfin reconnus, par les autorités des pays qui les ont commis, le génocide des Arméniens ainsi que celui des Herero et Nama. Dans ce dernier cas il s'agit du premier génocide du 20e siècle alors que Srebrenica en fut l'ultime.

Il reste également à combattre toutes les formes du négationnisme, qui prend le parti des bourreaux contre les victimes. Les négationnistes participent du crime et en assument la responsabilité à travers leur négation. Il est donc légitime de les traquer et de les dénoncer .

Memorial 98 salue la condamnation de Mladic et y puise une volonté renouvelée de combattre contre le racisme et les négationnistes: le combat pour le justice et  contre  l'impunité se poursuit plus que jamais.


MEMORIAL 98

Actualisation du 18 août 2016:
 

Les ultra-nationalistes du parti radical serbe ont organisé le 16 août à Belgrade une manifestation de soutien à Trump.

Le chef du parti radical serbe Seselj, récemment acquitté par le Tribunal international en raison d'un manque de preuves (voir ci-dessous), a violemment dénoncé le vice-président US Biden et appelé à voter pour le candidat républicain.


L'extrême-droite serbe qui a mis en place la "purification ethnique" est très liée à Poutine et fait partie de l'Internationale xénophobe qui se met en place autour de la candidature Trump


Memorial 98  
 



Actualisation du 11 juillet: recueillement et négationnisme maintenu.

Des milliers de personnes ont rendu hommage lundi 11 juillet à Srebrenica (voir ici) aux victimes et particulièrement aux 127 personnes dont les restes y ont été enfin inhumés à l'occasion du 21e anniversaire du génocide.
En tout  8.372 hommes et adolescents ont été assassinés en quelques jours et jetés dans 77 fosses communes, Plus de mille corps sont encore recherchés, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues. Plus de 6.400 victimes sont enterrées à Srebrenica et 230 ailleurs.

Le même jour Milorad Dodik, chef de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie, a de nouveau nié ce génocide : "Je vous le dis, nous ne reconnaîtrons pas le génocide. Le génocide n'a pas eu lieu", a-t-il déclaré.  

Actualisation 30 juin: nouvelle décision de justice

Le Tribunal spécial pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a confirmé le 30 juin la peine de 22 ans de détention prononcée contre deux anciens hauts responsables des Serbes de Bosnie pour leur rôle dans les massacres en Bosnie entre 1992 et 1995.
 

Proches de leur chef politique Radovan Karadzic, l'ex-ministre de l'Intérieur des Serbes de Bosnie Mico Stanisic, 62 ans, et son ancien subordonné Stojan Zupljanin, 64 ans, ont déjà été reconnus coupables en 2013 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Ils avaient  interjeté appel de la condamnation prononcée au terme du procès en première instance, durant lequel ils avaient plaidé non coupable.

Le procureur, qui avait également fait appel, soutenait que la gravité des crimes commis mérite une peine plus élevée.

Tous deux étaient accusés d'avoir ordonné le déploiement de forces de sécurité qui ont participé, avec l'armée des Serbes de Bosnie, à des atrocités, exécutions, viols et tortures contre des Musulmans et des Croates dans des municipalités ou centres de détention à travers le pays (voir ci-dessous)

En tant que ministre de l'Intérieur, Mico Stanisic avait autorité sur l'ensemble des forces de sécurité serbes de Bosnie. Son subordonné était le plus haut responsable de la police dans la région de la Krajina bosnienne, au nord-ouest de la Bosnie, avant de devenir conseiller de Radovan Karadzic.


Après tant d'années, la justice commence à se faire jour.

Memorial 98

Actualisation 31 Mars: 

Les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ont décidé jeudi 31 mars d’acquitter l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, accusé de crimes contre l'humanité, par manque de preuves. 

Les autorités croates et les familles de victimes de la guerre ont immédiatement critiqué le verdict, tandis que l’acquitté se réjouit bruyamment



Actualisation 29 mars: 

Florence Hartmann vient d'être enfin libérée. C'est le résultat de la mobilisation internationale en sa faveur. Honte à ceux qui l'ont emprisonnée, alors qu'elle a toujours combattu aux côtés des victimes des crimes contre l'humanité  et du génocide en Bosnie.


Actualisation 26 mars:

Alors même que le tribunal de La Haye rendait un verdict important contre Radovan Karadzic la journaliste Florence Hartmann spécialiste de la région, a été arrêtée rudement en dehors du tribunal par les gardes du TPIY, pendant qu’elle attendait le verdict du procès de Karadzic avec les familles concernées. 
La journaliste milite en effet pour la justice et la reconnaissance des droits des familles qui ont subi les massacres ordonnés par Karadzic.
Elle a alors été emmenée à Scheveningen au sein de la prison « United Nation Detention Unit » dans le quartier des criminels de guerre qu’elle a inlassablement dénoncés.

  Elle a été condamnée, en tant que journaliste, pour avoir dénoncé un accord afin de ne pas incriminer l'état  de Serbie d’acte de génocide, empêchant ainsi les familles de victimes d’obtenir réparation.
Contrairement à certaines idées reçues, elle n’a jamais été jugée en tant qu’ex-employée du TPIY. De plus, dans cette affaire sans fondement juridique valable, le tribunal était la fois la juge et partie. Memorial 98 soutient depuis 2009 le combat de Florence Hartmann lui réaffirme son entier appui  et appelle à signer et diffuser la pétition internationale en sa faveur


Memorial 98

mardi 20 octobre 2015

Marine Le Pen enfin jugée pour la comparaison entre musulmans et Occupation nazie.

Actualisation 20 octobre: le procureur Bernard Reynaud a demandé la relaxe de la dirigeante fasciste, estimant qu’elle parlait « d’un certain nombre de personnes » et non « pas de toute la communauté » musulmane.

Il aura fallu presque cinq ans à la justice pour faire comparaître Marine Le Pen suite à ses propos assimilant les prières musulmanes à l'Occupation nazie.

Les propos incriminés remontent à décembre 2010 à Lyon. Le temps de la prétendue "dédiabolisation" était déjà venu. Pourtant, lors d'une réunion publique de militants du Front National, Marine Le Pen, alors en campagne pour la présidence du parti face à Bruno Gollnisch, avait dénoncé les prières de rue des musulmans en les comparant à l'Occupation. 

Elle avait ainsi déclaré:
"Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire". Et d'ajouter: "C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers, dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes, il n'y a pas de blindés, pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants".
En deux phrases, l’héritière Le Pen avait ainsi marqué sa continuité avec son père dans le domaine de la transgression et du révisionnisme, en faisant référence au nazisme comme arme contre les musulmans . 
Mais en même temps elle imprimait sa marque en indiquant qu’elle s’inscrivait dans la propagande de l’extrême-droite européenne qui désigne les immigrés musulmans, souvent issus des anciennes colonies, comme des « envahisseurs ». 

A six semaines des élections régionales, alors que la campagne frontiste se caractérise par d'intenses attaques racistes, la présidente du FN comparaîtra le 20 octobre pour "provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion".  Elle encourt une peine d'un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. 

Évidemment elle tentera de transformer son procès en tribune raciste, alors que le soir même elle adroit à nouveau à un passage dans l'émission vedette "Des paroles et des actes". Elle va tenter d'entretenir la confusion entre islamisme extrémiste et culte musulman. On note à ce propos qu'aujourd'hui dans au moins deux municipalités frontistes (Fréjus et Mantes-la-Ville), les maires s'opposent violemment à la construction de mosquées. Ainsi ils dénoncent des prières de rue qui sont le résultat d'un manque de place et s'opposent dans le même temps à l'ouverture de lieux de cultes dignes.

Marine Le Pen fera face à plusieurs parties civiles, dont le Collectif contre l'islamophobie en France qui avait déposé plainte dès le 1er décembre 2011 et le Mrap  ainsi que la Licra.

Nous espérons qu'elle sera condamnée pour cette provocation à la haine.


jeudi 9 juillet 2015

Sarkozy à la tête d'une nouvelle croisade contre les musulmans de France

Les Églises de France sont menacées. Comment, vous n'êtes pas au courant ? Vous ne savez pas que les musulmans veulent les réquisitionner? C'est parce que vous ne lisez pas chaque semaine "Valeurs Actuelles".

Ils sont venus, ils sont tous là, pour lancer une nouvelle campagne mensongère et islamophobe. Ils tirent prétexte d'une interview  du  président sortant du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, qui envisageait d'utiliser des églises abandonnées pour pallier le manque de lieux de cultes musulmans, avec bien sûr l'accord des autorités catholiques concernées. Face aux premières réactions, Boubakeur à d'ailleurs rapidement publié un communiqué indiquant : « Il n’y a aujourd’hui aucun souhait ni volonté de projet dans ce sens. (…) L’islam et les musulmans de France respectent avec une grande considération les églises, les temples et les synagogues.
Néanmoins et en toute mauvaise foi,  le magazine Valeurs actuelles lance un appel pour "sauver nos Églises" et ajoute "... en ces temps où le terrorisme islamiste ensanglante la planète et commet des crimes en plein Paris... " . 
Rien de surprenant de la part de cet organe de la droite radicale, xénophobe et islamophobe,  qui multiplie les "Unes" racistes et dont le directeur a été récemment condamné pour provocation à la discrimination envers les musulmans. En revanche la liste des soutiens de cet appel témoigne de la dérive largement en cours dans une partie de la droite dite "républicaine", qui lorgne vers les thèmes du parti frontiste.

L'appel a été initié par l'ancien chiraquien, viré sarkozyste et toujours aussi réactionnaire, Denis  Tilliniac, qui milite depuis 2012 pour une alliance de la droite et du FN. La liste des premiers signataires représente un véritable catalogue de la réaction en France : en premier lieu Sarkozy lui-même qui accentue ainsi son orientation raciste et anti-islam déjà martelée quotidiennement par ses duettistes Ciotti-Estrosi. 

Zemmour est évidemment signataire en bon représentant pétainiste, ainsi que Finkelkraut et Bruckner, chargés de représenter les "intellectuels" rances. Dans le genre de ceux qui font le pont entre la droite radicale et le FN on retrouve aussi Chantal Delsol, qui a soutenu l'alliance droite-FN lors des régionales de 1998 ainsi que William Goldnadel avocat de Florian Philippot et soutien d'Assad. Il y aussi de Villiers qu'on croyait disparu mais qui ne peut pas résister à une campagne de haine contre les musulmans. Et puis en vrac, l'inventeur de la "théorie du Grand Remplacement" , Jean Raspail, un vice président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux connu pour ses positions ultra-libérales et particulièrement hostiles aux droits des salariés, un vice-président de la CFTC... Évidemment Gilbert Collard, député FN menteur récidiviste et profanateur de la mémoire de la Shoah,  a manifesté son enthousiasme pour ce texte.

Au total une escalade calculée, visant une fois de plus à jeter de l'huile sur le feu et à stimuler l'islamophobie par les moyens les nauséabonds.



dimanche 5 juillet 2015

La belle mécanique raciste autour du thème de la guerre de civilisation

Surenchère dangereuse et sans fin: "Guerre de civilisation(S)" dans la bouche des uns , "guerre civile" dans la bouche d'un autre  (Fillion)qui ne veut se laisser distancer dans la démagogie.

On remarquera que dans son discours, François Fillon oppose bien "population européenne" et "musulmans", comme deux entités adverses et séparées, sans que cela choque grand monde. L'essentialisation discriminatoire d'une partie de la population se poursuit et s'amplifie à une vitesse exponentielle.

Fillon est d’ailleurs de longue date un "obsédé des  origines".  Il avait insulté Eva Joly, candidate écologiste à la dernière présidentielle, qu'il considérait comme "pas assez française" . Nous nous souvenons aussi de son éloge funèbre dithyrambique de l'antisémite Raymond Barre.

 Quant au procédé oratoire visant à se distancier du discours qu'on est en train de tenir en l'attribuant à d'autres "légitimement exaspérés", c'est un classique de la rhétorique du pompier pyromane, développée par l'extrême-droite. La menace sous couvert de "prédiction objective".

Le tout pour défendre au passage une alliance avec Poutine, autre référence de l'extrême-droite. Fillon est d’ailleurs un des principaux lobbyistes du régime de Poutine. 

vendredi 3 juillet 2015

Le Front National manifeste sa haine contre des salariés musulmans

En pleine canicule, les militantEs FN manifestent  devant un hôpital à Amiens. S'agirait -il dénoncer le manque de moyens pour ces personnes âgées qu'ils prétendent défendre, et la nécessité de sauvegarder l'hôpital public? 
Pas du tout, il s'agit uniquement de dénoncer les salariés de confession musulmane et la direction de l'hôpital.

Le motif ? Les fascistes ayant lu les termes "Ramadan" et "aménagement" dans une circulaire de la direction ont lancé une campagne dénonçant l'"atteinte à la laïcité " et les prétendus privilégiés.
 
Il s'agissait en fait tout simplement, de ne pas organiser  les plannings en ajoutant une heure pour le repas... pour des salarié(e)s qui sont en période de jeûne et ne prennent donc pas cette heure comme ils le font habituellement, ce qui les rend disponibles pour le service (voir la circulaire dans l'article figurant en lien ci-dessus). C'est la distinction classique entre « des mangeant  ou non mangeant ».  L'art de la rumeur, de la division et du soupçon, où comment rendre la vie encore plus difficile dans un quotidien salarial déjà dur. Le Front National démontre, s'il en était besoin, à quel point il cultive la haine et la calomnie.