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dimanche 12 juillet 2020

Srebrenica: 25 ans près le dernier génocide du vingtième siècle, des attentats d'extrême-droite commis en son nom.


                                     Au cimetière de Potocari



Le dernier génocide du vingtième siècle, qui en connut tant, a eu lieu à Srebrenica en Bosnie à partir du 11 juillet 1995, un an après le génocide des Tutsi au Rwanda.


Les  conséquences de ce génocide continuent à résonner 25 ans après, dans la région des Balkans mais également dans le monde entier.
Génocides et crimes de guerre motivent et inspirent la poursuite des actes de violence raciste
Le négationnisme est un terreau fertile pour des nationalistes et des mouvements d’extrême droite, avec pour cible principale les communautés musulmanes. « Les extrêmes droites et les néonazis partout dans le monde ont repris le discours de Karadzic et  Mladic ( chefs serbes génocidaires condamnés) , sur comment combattre l’islam et ceux qu’ils considèrent comme des “barbares”, des “sauvages” 
De la même manière les nostalgiques d'Hitler et du nazisme tuent encore des Juifs au nom de cette idéologie dans les synagogues de Pittsburgh et de Halle.
La version négationniste serbe de l’histoire de l’ex-Yougoslavie est ainsi très présente dans les déclarations d'Anders Breivik, auteur des attentats contre les jeunes militants travaillistes à Oslo et Utoya, en Norvège en juillet 2011, ou de Brenton Tarrant, responsable des attaques contre des fidèles musulmans dans deux mosquées de Christchurch, ayant fait 51 morts en Mars 2019.
Dans son texte « 2083 : Une déclaration européenne d’indépendance », Breivik étale au fil des 1500 pages une véritable obsession pour les Balkans et ne cache pas sa fascination pour certains chefs de guerre serbes. Il appelle à expulser d’Europe les Bosniaques musulmans et les Albanais ou, s’ils refusent, à les anéantir par des moyens militaires.
Brenton Tarrent, son imitateur, est obsédé par la croisade des nationalistes serbes contre les Musulmans de Bosnie.
 Tarrant, qui s’est affirmé « véritablement inspiré » par Breivik, s’est filmé roulant vers la mosquée Al-Noor, où il allait tuer 51 fidèles musulmans, en train d’écouter une chanson serbe à la gloire de Radovan Karadzic. Initialement intitulée Karadzic, Lead Your Serbs (Karadzic, commande tes Serbes), elle est devenue populaire sur les sites Internet des extrêmes droites occidentales sous le titre Remove Kebabs qui signifie, dans le langage de ces militants, Supprimons les musulmans.
 
Un négationnisme qui vient de loin:
Le phénomène du déni n’a rien de nouveau: il commence même le plus souvent au moment où le crime est commis, voire en amont.
C’est le cas de tous les génocides et crimes contre l’humanité. L’exemple de la Shoah est connu puisque les nazis furent les premiers négationnistes de ce génocide en travaillant à effacer les traces de leurs méfaits par l’exhumation et le brûlage des cadavres.
Dans le cas de Srebrenica, le déni a procédé dans le même esprit avec la volonté de masquer le crime: des centaines de cadavres ont été déterrés pendant des mois des fosses communes originelles pour être enterrés ou éparpillés ailleurs. Cela conduit à un deuil particulièrement traumatique pour les familles des victimes.

   Des mères et veuves de Srebrenica dans un acte symbolique avec 8000 tasses de café

Ainsi Fatima Mujic récite plusieurs fois par jour la prière des morts, pour ses fils et son mari tués à Srebrenica.
Mais elle hésite chaque fois en pensant à Refik, l'aîné, dont le corps n'a pas été retrouvé, 25 ans après le massacre.
"Je pense toujours qu'il est vivant quelque part. Pour les autres, je sais, mais quand je prie pour lui mes mains se mettent à trembler, je ne sais pas quoi faire", raconte cette veuve.
Deux de ses trois fils et son mari, dont les restes ont été retrouvés dans des fosses communes après la guerre, ont été enterrés en 2010 dans le centre mémorial proche de Srebrenica, où reposent à ce jour 6.643 victimes du massacre du mois de juillet 1995.
Les forces serbes bosniennes du général Mladic, condamné à perpétuité par la justice internationale, avaient alors tué plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques (musulmans).
Ce massacre  a été qualifié d'acte de génocide par la justice internationale et l’ONU .
Les corps de mille personnes sont toujours recherchés.
Fatima Mujic, 75 ans, habite aujourd'hui Ljesevo, un village proche de Sarajevo. Elle dit "vivre pour l'appel" qui lui annoncera que les restes de Refik ont été retrouvés. Il avait 25 ans, une fille de 18 mois et un garçon âgé de 40 jours.
Mais les dernières des 84 grandes fosses communes ont été découvertes en 2010.

"Maman, ne me laisse pas"

Depuis juillet 2019, "les restes de treize victimes seulement ont été retrouvés". 
Lors du 25e anniversaire du massacre samedi 11 juillet, Fatima se souvient de son "combat" devant la base des forces de l’ONU à Potocari, près de Srebrenica, où se trouve aujourd'hui le Mémorial du génocide, pour  sauver son plus jeune fils, Nufik, âgé de 16 ans.
Des milliers de femmes, d'enfants et de vieillards surtout s'étaient massés là, le 11 juillet 1995, dans l'espoir d'être protégés par les soldats néerlandais de l’ONU.
Les soldats serbes séparaient les hommes et les adolescents des autres, et les amenaient à l'exécution.
Nufik "s'était accroché à moi et m'a dit Maman, ne me laisse pas  J'ai caressé ses cheveux bouclés. Je ne te laisserai pas. Ils l'ont pris, je les ai suivis. Je ne sais pas s'ils m'ont frappée, je ne me souviens plus de rien", raconte Fatima.
Ses deux autres fils et son mari, qui avaient fui par les collines boisées, ont été capturés et tués.

Un génocide planifié

Dès le mois de mars 1995, un ordre est signé par le chef des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic à l'intention du chef militaire Mladic. C'est la fameuse "directive n° 7"  qui ordonnait aux soldats bosno-serbes de « créer une situation insupportable d’insécurité totale sans aucun espoir de survie ou de vie pour les habitants de Srebrenica ».
Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils musulmans prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance de la ville. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la (Force de protection des Nations unies (Forpronu). Quatre cent cinquante casques bleus y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des Musulmans 
Parmi les réfugiés du camp néerlandais, il y avait le traducteur du bataillon, avec toute sa famille (père, mère et petit frère), et l’électricien. Le 13 juillet, l’électricien et le petit frère du traducteur furent chassés du camp par les militaires néerlandais. Le père du traducteur les suivit. Les trois hommes furent massacrés avec les autres, et à la fin de la guerre, leurs proches déposèrent une plainte contre le gouvernement des Pays-Bas.
Quand les miliciens serbes de Bosnie commencent à séparer les hommes des femmes, les soldats néerlandais le voient et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. 8.000 hommes ont été tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes. Ce massacre a été, à juste titre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ordre écrit donné en amont plusieurs mois en avance, puis sa réalisation par le tri et la séparation des hommes ainsi que leur extermination massive, "industrielle", portent les caractères du génocide.
Parmi les hommes qui ont choisi de se placer sous la protection des Nations unies, pratiquement aucun n'a survécu. Seuls ceux des habitants de Srebrenica qui se sont réfugiés dans les forêts ont eu un peu plus de chances de survie.
Le mandat de l'ONU en Bosnie prévoyait pourtant clairement un recours à la force en cas de besoin. Le 10 juillet, la veille du massacre, le commandant du bataillon néerlandais avait demandé au général français Bernard Janvier, qui assumait le commandement militaire des Nations unies en ex-Yougoslavie, de lancer des frappes contre les forces serbes de Bosnie. Mais il n'a pas été entendu.
 
Les Nations unies ont reconnu leur responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1999. Un rapport présenté par son secrétaire général d'alors, Kofi Annan, reconnaissait alors la « faillite de la politique dans des zones de sécurité ».
Le rapport ajoute : « La communauté des nations, en décrétant un embargo sur les armes, a laissé les Serbes dans une position de supériorité militaire écrasante et a, en fait, privé la République de Bosnie-Herzégovine de son droit de légitime défense, consacré dans la Charte des Nations unies ». « La fourniture d'une aide humanitaire n'était pas une initiative suffisante face aux opérations de ´´nettoyage ethnique´´ et de génocide ». « Srebrenica a été le révélateur d'une vérité que l'ONU et le reste du monde ont comprise trop tard, à savoir que la Bosnie était une cause morale autant qu'un conflit militaire. La tragédie de Srebrenica hantera à jamais notre histoire ». Comme au Rwanda mais aussi au Sri-Lanka, autres lieux de faillite de l'ONU.

Un négationnisme qui vient d’en haut

La Bosnie a été divisée après la guerre en deux entités, la Republika Srpska  ( RS serbe) et la Fédération croato-musulmane. Les musulmans de Bosnie ont demandé à plusieurs reprises le démantèlement de la RS, fondée à la suite d'un génocide.
Milorad Dodik, chef des Serbes de Bosnie dans cette RS,  qui règne par la haine et la corruption, a décrété en 2017 qu’il était interdit d’évoquer dans les manuels scolaires de son entité le génocide de Srebrenica et le siège de Sarajevo, parce que ces événements « ne sont pas vrais ». Il pense ainsi garantir la poursuite des sentiments de haine auprès des jeunes. Il a qualifié l’année suivante les tueries de Srebrenica de « tragédie mise en scène pour sataniser les Serbes ». Ces dernières années, des monuments, plaques, peintures murales et graffitis à la gloire de Karadzic et Mladic fleurissent plus que jamais en territoire serbe. 


       En territoire Serbe, le terme génocide a été effacé de cette plaque à coups de burin

Ce 11 juillet 2020, quelques heures après la cérémonie en hommage aux victimes au cimetière-mémorial de Srebrenica, un contre-hommage était organisé à Bratunac, à quelques kilomètres de là, à la gloire du général Mladic. Déni contre vérité.
Amor Masovic, qui dirige l’Institut pour les personnes disparues de Sarajevo et recherche depuis vingt-cinq ans les charniers et les cadavres des victimes de la guerre, estime que « l’étape finale d’un génocide est supposée être le déni, or, aujourd’hui, ils ont ajouté encore une étape supplémentaire : le triomphalisme. C’est comme si la race supérieure n’avait rien fait de mal, puisqu’elle est la race supérieure. Des criminels de guerre libérés sont élus maires et parlementaires, en République serbe et en Serbie. Ils ont compris qu’il n’y aurait aucune conséquence sur la scène internationale. Cette absence de réaction a conduit au déni, puis au triomphalisme ».
Les gouvernements occidentaux portent en effet une lourde responsabilité dans le développement du négationnisme en ne sanctionnant pas ses manifestations.
L’académie du prix Nobel de littérature a quant à elle choisi de l’attribution du prix Nobel de littérature en 2019 à l'écrivain autrichien Peter Handke.
Le fait de décerner une récompense aussi prestigieuse à un proche ami de Milosevic (initiateur de la guerre de purification ethnique),  auteur de divers ouvrages contestant la réalité des guerres yougoslave a été ressentie comme une agression par la communauté bosniaque musulmane victime de la guerre, par la communauté sarajévienne ayant lutté pour défendre la coexistence intercommunautaire, et plus généralement par tous ceux qui combattent le négationnisme.
L’écrivain Aleksandar Hemon,  exilé de Sarajevo qui vit aux Etats-Unis, pense que « la ligne directrice en Europe occidentale est l’islamophobie. Handke fait partie de cette culture qui se sent supérieure aux Bosniaques musulmans et à tous les musulmans. Les jurés sont des hypocrites. Ce prix Nobel est islamophobe et fait partie de l’essor de l’extrême droite en Europe et aux Etats-Unis ».

Nos pensées vont aux victimes du génocide de Srebrenica, à leurs familles marquées à jamais et dont la souffrance est entretenue et intensifiée par le négationnisme. Nous rendons aussi un hommage particulier aux militantEs serbes qui luttent pour la justice et la reconnaissance du génocide, dans des conditions particulièrement difficiles. C'est le cas notamment des "Femmes en noir", une association pacifiste dont la branche serbe fut créée au début des guerres de Yougoslavie et qui organise des rassemblements commémoratifs. C'est le cas aussi de l’association de jeunes "Youth Initiative for Human Rights" (YIHR) qui a mené dès 2005 une première campagne de sensibilisation en occupant la moitié des panneaux d’affichage de Belgrade. On y voyait s’étaler des photographies des victimes de Srebrenica accompagnées des mots : « Pour voir, pour savoir, pour se souvenir. »

Pour faire face au négationnisme et à ses conséquences mortifères, les familles de Srebrenica, les Bosniaques, les combattants contre le négationnisme en Serbie, ont  plus que jamais besoin de la solidarité de l'opinion internationale, afin de bâtir un autre futur.




jeudi 24 mars 2016

Karadzic le génocidaire condamné à perpétuité: la justice enfin.






                                               Charnier à Srebenica
Mise à jour du 20 mars 2019: la justice passe

Ayant fait appel de sa condamnation, Karadzic est condamné à la perpétuité  pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité 

Justice est ainsi faite, notamment en raison du génocide de Srebrenica  en juillet 1995, qui fut le dernier génocide du 20 siècle.

Une coïncidence terrible rappelle à quel point les actions génocidaires et les crimes de guerre motivent et inspirent la poursuite et la réitération des actes de violence raciste. Le tueur des mosquées de Christchurch, Brenton Tarrent, est obsédé par la croisade des nationalistes serbes contre les Musulmans de Bosnie.  En route pour commettre sa tuerie, il se filme écoutant un chant serbe à la gloire de Karadzic, condamné pour génocide.

Memorial 98 



Il s'agit d'un événement historique dans la lutte contre les génocides et  les crimes contre l'humanité, qui survient trois jours après la condamnation par la Cour Pénale internationale d'un autre auteur de crimes contre l'humanité. 
Plus de vingt ans après le massacre génocidaire de Srebrenica et le siège sanglant de Sarajevo, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été jugé, jeudi 24 mars, « pénalement responsable » du génocide à Srebrenica par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye et condamné à quarante ans de prison.

Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils musulmans prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance de la ville. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Force de protection des Nations unies (Forpronu). Quatre cent cinquante casques bleus y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des Musulmans .
Quand les miliciens serbes de Bosnie commencent à séparer les hommes des femmes, les "Casques bleus" le voient et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. 8.000 hommes sont tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes. Ce massacre a été, à juste titre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ordre écrit donné en amont plusieurs mois en avance, puis sa réalisation par le tri et la séparation des hommes ainsi que leur extermination massive, "industrielle", portent les caractères du génocide. Srebrenica constitue le dernier génocide du vingtième siècle qui en connut tant 

Karadzic a aussi été déclaré responsable, « en tant qu’individu », de plusieurs accusations de crimes commis pendant la guerre en Bosnie : prise d’otages, meurtres et persécutions.
 Radovan Karadzic était  inculpé de onze chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre en Bosnie, qui a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. Il est le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes  commis pendant cette guerre, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic au cours de son procès.


Les juges du TPIY ne l'ont pas condamné en revanche, par manque de preuves formelles, pour deux autres accusations de génocide, dans sept municipalités de Bosnie hors Srebrenica: « La chambre n’a pas été capable, sur la base des preuves présentées, d’identifier une intention  de génocide de la part de l’accusé (dans ces cas-là)"

Concernant Srebrenica et le massacre de 8000 Musulmans en juillet 1995, la preuve formelle existe puisque dès le mois de mars 1995, Radovan Karadzic signait un ordre à l'intention du chef militaire Mladic. 
C'est la fameuse "directive n° 7", qui ordonne aux soldats bosno-serbes de « créer une situation insupportable d’insécurité totale sans aucun espoir de survie ou de vie pour les habitants de Srebrenica ». 
  
Le génocide de Srebrenica est encore mal connu et reconnu, notamment en Serbie où la pression négationniste est forte. Le parallèle avec la position de l’État turc à l'égard du génocide arménien est frappante : les autorités serbes font des déclarations de contrition et de regret, reconnaissant des crimes, mais s'arc-boutent pour nier qu'il y ait eu un génocide planifié et commis par les milices serbes. Du coup, la population   est encouragée dans sa position de déni, comme c'est aussi le cas pour une grande partie de la population turque. Une réconciliation ne peut avoir lieu sans que soit reconnu le caractère génocidaire, exterminateur du massacre et la compréhension du processus d'"épuration ethnique" mis en œuvre à l'égard des musulmans bosniaques et qui a fini par culminer dans le génocide. 
De ce point de vue on en est encore  loin du compte, malgré les efforts de valeureux militant.e.s serbes qui œuvrent pour la reconnaissance du génocide  . 
Ceux qui font profession d'attiser la haine contre les musulmans se placent du côté de Karadzic, comme avant lui de Milosevic . C'est le cas notamment de l'extrême-droite qui dans le monde entier a toujours soutenu le nationalisme serbe et sa violence exterminatrice.

On peut aussi le constater dans des réactions aux articles qui font état aujourd'hui de la condamnation de Karadzic. Les deux exemples ci-dessous figurent sur la page FB du journal Le Monde:
 "Giacomo Kasanova brave homme Karadzic, qui a contenu l'invasion musulmane dans son pays. Un visionnaire quand on voit ce qu'il se passe dans les pays européens aujourd'hui. Tout le monde aurait dû suivre son exemple. L'Histoire reconnaîtra son erreur dans quelques années et les musulmans terroristes de Belgique sont la preuve qu'il fallait les éliminer avant qu'ils n'agissent!! 
Aubin de Nessac Une éradication de musulmans est au contraire un sauvetage de l'humanité, un débarras de la Terre de ces illuminés dégénérés qui croient en un dieu imaginaire, un ami avatar !!! L'humanité n'a pas besoin de ça, quand il y a un nid de termites, il faut le détruire pour que la maison ne tombe pas en ruines." 

 Le combat contre les génocides et leur négation doit se poursuivre à chaque instant afin de contribuer à empêcher  la diffusion des idéologies de haine qui permettent de telles horreurs. 

Memorial 98 


Mise à jour spéciale du 22 novembre  2017  (voir également d’autres mises à jour à la fin de l'article)

                                           Mladic (à g.) et Karadzic associés dans le crime

Enfin! L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a été condamné ce 22 novembre à la prison à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour génocide (Srebrenica), crimes de guerre et crimes contre l’humanité (notamment lors du siège de Sarajevo) . Au total, le « Boucher des Balkans » a été reconnu coupable de dix chefs d’accusation sur onze. 

Le tribunal a estimé que Mladic avait contribué « de façon importante » au génocide commis en 1995 à Srebrenica. 
La justice a également déclaré qu'il avait « personnellement » dirigé le bombardement de Sarajevo. La capitale de la Bosnie avait subi un siège meurtrier, notamment pour des milliers de civils, de 1992 à 1996. De façon plus générale, l’ancien général a été reconnu coupable d’avoir cherché à chasser les musulmans et les Croates du territoire bosniaque.
Mladic a immédiatement fait appel sa condamnation; il est soutenu par les nationalistes serbes dont certains sont au pouvoir. Ce sont eux qui l'ont abrité pendant ses 16 années de "cavale" 

La présidente de l’association des mères des enclaves de Srebrenica et de Zepa, Munira Subasic, s’est dite  « partiellement satisfaite » du verdict.  Elle déclare:
« C’est plus que pour (Radovan) Karadzic (condamné à 40 ans de prison en mars 2016 voir ci-dessous). Mais ils ne l’ont pas reconnu coupable de l’accusation de génocide dans plusieurs villages (autres que Srebrenica) . »
Le haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a salué la condamnation à perpétuité de l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie qu’il a qualifiée de « victoire capitale pour la justice ».
« Ce verdict est un avertissement aux auteurs de tels crimes qu’ils n’échapperont pas à la justice, aussi puissants soient-ils, et quel que soit le temps qu’il faudra. Ils devront rendre des comptes. »
Rappelons que l'ONU est gravement mise en cause dans le génocide de Srebrenica car ses troupes de " Casques Bleus", présentes sur place n'ont pas agi pour empêcher le massacre faute d'ordres dans ce sens (voir ci-dessous) 

Il reste à espérer que les autorités et la population serbes acceptent et comprennent le sens de ce verdict et que recule là bas le négationnisme qui y est  encore si répandu.

Il reste également à agir afin que soient empêchés d'autres massacres et crimes contre l'humanité en cours ou menaçants en Syrie (où sévit Poutine, allié fidèle du nationalisme serbe), au Burundi, en Birmanie contre les Rohingya, en Centrafrique, au Soudan...

Il reste également à imposer que soient enfin reconnus, par les autorités des pays qui les ont commis, le génocide des Arméniens ainsi que celui des Herero et Nama. Dans ce dernier cas il s'agit du premier génocide du 20e siècle alors que Srebrenica en fut l'ultime.

Il reste également à combattre toutes les formes du négationnisme, qui prend le parti des bourreaux contre les victimes. Les négationnistes participent du crime et en assument la responsabilité à travers leur négation. Il est donc légitime de les traquer et de les dénoncer .

Memorial 98 salue la condamnation de Mladic et y puise une volonté renouvelée de combattre contre le racisme et les négationnistes: le combat pour le justice et  contre  l'impunité se poursuit plus que jamais.


MEMORIAL 98

Actualisation du 18 août 2016:
 

Les ultra-nationalistes du parti radical serbe ont organisé le 16 août à Belgrade une manifestation de soutien à Trump.

Le chef du parti radical serbe Seselj, récemment acquitté par le Tribunal international en raison d'un manque de preuves (voir ci-dessous), a violemment dénoncé le vice-président US Biden et appelé à voter pour le candidat républicain.


L'extrême-droite serbe qui a mis en place la "purification ethnique" est très liée à Poutine et fait partie de l'Internationale xénophobe qui se met en place autour de la candidature Trump


Memorial 98  
 



Actualisation du 11 juillet: recueillement et négationnisme maintenu.

Des milliers de personnes ont rendu hommage lundi 11 juillet à Srebrenica (voir ici) aux victimes et particulièrement aux 127 personnes dont les restes y ont été enfin inhumés à l'occasion du 21e anniversaire du génocide.
En tout  8.372 hommes et adolescents ont été assassinés en quelques jours et jetés dans 77 fosses communes, Plus de mille corps sont encore recherchés, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues. Plus de 6.400 victimes sont enterrées à Srebrenica et 230 ailleurs.

Le même jour Milorad Dodik, chef de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie, a de nouveau nié ce génocide : "Je vous le dis, nous ne reconnaîtrons pas le génocide. Le génocide n'a pas eu lieu", a-t-il déclaré.  

Actualisation 30 juin: nouvelle décision de justice

Le Tribunal spécial pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a confirmé le 30 juin la peine de 22 ans de détention prononcée contre deux anciens hauts responsables des Serbes de Bosnie pour leur rôle dans les massacres en Bosnie entre 1992 et 1995.
 

Proches de leur chef politique Radovan Karadzic, l'ex-ministre de l'Intérieur des Serbes de Bosnie Mico Stanisic, 62 ans, et son ancien subordonné Stojan Zupljanin, 64 ans, ont déjà été reconnus coupables en 2013 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Ils avaient  interjeté appel de la condamnation prononcée au terme du procès en première instance, durant lequel ils avaient plaidé non coupable.

Le procureur, qui avait également fait appel, soutenait que la gravité des crimes commis mérite une peine plus élevée.

Tous deux étaient accusés d'avoir ordonné le déploiement de forces de sécurité qui ont participé, avec l'armée des Serbes de Bosnie, à des atrocités, exécutions, viols et tortures contre des Musulmans et des Croates dans des municipalités ou centres de détention à travers le pays (voir ci-dessous)

En tant que ministre de l'Intérieur, Mico Stanisic avait autorité sur l'ensemble des forces de sécurité serbes de Bosnie. Son subordonné était le plus haut responsable de la police dans la région de la Krajina bosnienne, au nord-ouest de la Bosnie, avant de devenir conseiller de Radovan Karadzic.


Après tant d'années, la justice commence à se faire jour.

Memorial 98

Actualisation 31 Mars: 

Les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ont décidé jeudi 31 mars d’acquitter l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, accusé de crimes contre l'humanité, par manque de preuves. 

Les autorités croates et les familles de victimes de la guerre ont immédiatement critiqué le verdict, tandis que l’acquitté se réjouit bruyamment



Actualisation 29 mars: 

Florence Hartmann vient d'être enfin libérée. C'est le résultat de la mobilisation internationale en sa faveur. Honte à ceux qui l'ont emprisonnée, alors qu'elle a toujours combattu aux côtés des victimes des crimes contre l'humanité  et du génocide en Bosnie.


Actualisation 26 mars:

Alors même que le tribunal de La Haye rendait un verdict important contre Radovan Karadzic la journaliste Florence Hartmann spécialiste de la région, a été arrêtée rudement en dehors du tribunal par les gardes du TPIY, pendant qu’elle attendait le verdict du procès de Karadzic avec les familles concernées. 
La journaliste milite en effet pour la justice et la reconnaissance des droits des familles qui ont subi les massacres ordonnés par Karadzic.
Elle a alors été emmenée à Scheveningen au sein de la prison « United Nation Detention Unit » dans le quartier des criminels de guerre qu’elle a inlassablement dénoncés.

  Elle a été condamnée, en tant que journaliste, pour avoir dénoncé un accord afin de ne pas incriminer l'état  de Serbie d’acte de génocide, empêchant ainsi les familles de victimes d’obtenir réparation.
Contrairement à certaines idées reçues, elle n’a jamais été jugée en tant qu’ex-employée du TPIY. De plus, dans cette affaire sans fondement juridique valable, le tribunal était la fois la juge et partie. Memorial 98 soutient depuis 2009 le combat de Florence Hartmann lui réaffirme son entier appui  et appelle à signer et diffuser la pétition internationale en sa faveur


Memorial 98