mardi 12 mai 2015

Soral condamné ferme pour son antisémitisme génocidaire: sa place est en prison

                        





Mise à jour du 17 janvier 2019 ( voir d'autres mises à jour en fin d'article)
Le néo-nazi Soral enfin condamné à une peine de prison ferme d'un an pour ses insultes à l'encontre d'une magistrate et pour des propos appelant au génocide des Juifs; il avait ainsi écrit sur son site" Égalité et Réconciliation"  :
"Entre le peuple juif et le reste de l'humanité, le combat ne peut être que génocidaire et total..."
"Les Juifs sont dominateurs, manipulateurs et haineux..."  

Ceux qui soutiennent la "liberté d'expression" de ce propagateur multi-récidiviste de haine homicide (voir ci-dessous) se rendent complices de ses appels aux meurtre. 

Ceux qui comme Étienne Chouard, justifient et excusent Soral se font avec lui propagateurs de l'antisémitisme exterminateur. La caution apportée à Chouard par le député LFI François Ruffin constitue une très lourde faute.

Alors que le néo-nazi prétend soutenir les Gilets Jaunes et organise un meeting de toute la racaille antisémite de ce pays le 19 janvier, nous répétons: la place de Soral est en prison.


Memorial 98


Pour ce qui représente sans doute une des profanations les pires de sa carrière d'antisémite et de "national-socialiste" revendiqué, Soral a été condamné le 12 mai 2015 à une amende de 10000 Euros pour injures à caractère racial ( amende réduite ensuite à 5000 Euros en appel) et 14.001 euros de dommages et intérêts au profit des sept associations qui s'étaient constituées parties civile.

Il faut rappeler l’horreur antisémite de son  geste: il s'était fait photographier, en 2013, en train de faire le geste de la "quenelle", soit un salut nazi, au Mémorial de la Shoah (ci-dessous) à Berlin.
La quenelle n'est pas seulement un "salut nazi inversé" ou pire encore d'un geste " contestataire" . Il s'agit en fait d'un salut néo­nazi tout court, la différence avec le salut nazi classique réside avant tout dans le regard de la société qui le reçoit. Or aujourd'hui, une partie de notre société ne perçoit plus l'antisémitisme comme tel. Il faut une croix gammée, un appel ouvert à mettre les gens dans les chambres à gaz, une référence appuyée au nazisme historique, pour avoir encore un minimum de réaction.
A l'audience le 12 mars dernier, Soral avait soutenu que cette photo n'était pas destinée à circuler "au-delà d'un cercle d'amis". 

Quant au geste de la quenelle, inventé par son ami Dieudonné, Alain Soral a soutenu l'avoir d'abord fait en signe de ralliement au "fist-fucking", car le Mémorial serait selon lui  devenu  un lieu de rendez-vous homosexuel. On retrouve les thématiques habituelles développées par le duo nazi , dont un exemple récent montre l’escalade dans l'abjection.

D'ailleurs Soral a été aussi condamné aujourd'hui à 4000 euros d'amende pour des propos tenus dans un livre dont il est co-auteur avec Eric Naulleau. Liant homosexualité et pédophilie, il avait cité le nom de Pierre Bergé. Connu pour son homosexualité, l'homme d'affaires l'avait fort justement fait citer en justice. Outre l'amende, le tribunal correctionnel a condamné Alain Soral a verser à Pierre Bergé 10.000 euros de dommages et intérêts pour" diffamation publique en raison de l'orientation sexuelle". Eric Naulleau, compère de Zemmour et  co-auteur de ce livre d'échanges, échappe à toute condamnation.

Au-delà de cette interprétation "privée", Soral avait ajouté à l'audience  une interprétation "publique". La "quenelle"constituerait '"un geste d'insoumission envers les manipulateurs sionistes de la Shoah". Il répétait ainsi la ligne de défense de tous les négationnistes, dont Robert Faurisson, invité d'honneur des meetings-spectacles de Dieudonné depuis 2008. 

Trois anciens déportés juifs,  présents à l'audience et cités comme témoins, lui avaient opposé leur indignation. "Je n'aurais jamais pensé que quelqu'un dans ce lieu puisse faire autre chose que de penser, de se recueillir", avait notamment dit Isabelle Choko, 86 ans,  qui fut déportée au camp d'Auschwitz-Birkenau.

Le tribunal correctionnel donc a rejeté les arguties de Soral, en établissant le caractère antisémite de son geste selon les termes suivants:
«La personnalité même d' Alain Bonnet, dit Soral", telle que perceptible dans ses écrits ou prises de position publiques antérieurs, fragilise, pour ne pas dire prive de toute portée, ses dénégations réitérées quant aux accusations d'antisémitisme dont il ferait injustement l'objet... Dès lors, la photographie «ne peut être perçue que comme une injure visant la communauté juive dans un de ses lieux les plus symboliques et les plus sacrés».

Le prétendu "dissident" n'est qu'un vulgaire antisémite qui devra un jour rendre justice de ses actes, bien au delà des maigres condamnations financières.
                         Soral et la quenelle au Mémorial de la Shoah de Berlin en 2013

MEMORIAL 98 

Actualisation du 14 juin 2016:

Quelques jours après avoir été invité par Poutine, le néo-nazi est condamné par le tribunal de Paris aujourd'hui 14 juin à 6 mois de prison avec sursis. Le tribunal considère qu'il y a de sa part "apologie de crimes de guerre et contre l'humanité" pour des propos abjects visant Beate et Serge Klarsfeld, regrettant qu'ils n’aient pas été exterminés par les nazis.
Le tribunal est allé au delà des réquisitions du procureur qui avait réclamé trois mois de prison avec sursis, jugeant les propos poursuivis "outrageants, insultants, non seulement pour les époux Klarsfeld mais aussi pour les enfants des déportés et toutes les victimes de l'Allemagne nazie". "C'est un message clairement antisémite", avait dénoncé le procureur.
Soral échappe encore néanmoins à de la prison ferme. 


Actualisation 11 juin 2016

Un an après sa condamnation pour une "quenelle" nazie devant le Mémorial de la Shoah de Berlin, Soral est invité par le gouvernement russe à Moscou.
 Il en profite pour chanter les louanges de Poutine qui a financé sa venue et  lui cirer les bottes: « Poutine est un modèle à suivre, il nous faut un Poutine français ! » Au passage il appelle à voter pour le FN en 2017.
Les divers partis et organisations d'extrême-droite qui bénéficient des faveurs du Kremlin se retrouvent ainsi unies.

Memorial 98

Montpellier: entre chasse aux Roms et soutien à Dieudonné, rien de nouveau au FN

Actualisation 18 mai 2016:


Le conseiller municipal Djamel Boumaaz, qui a entre temps quitté le FN, s'est à nouveau "illustré" lors de la journée mondiale contre l'homophobie du 17 mai à Montpellier en s'attaquant au drapeau LGBT. Il l'a enterré symboliquement pour "alerter l'opinion publique sur le lobby gay et lesbien (LGBT) qui envahit nos institutions"
Raciste, antisémite, homophobe, fasciste, il cumule toutes les haines.

Memorial 98 

Au niveau national ,  les affrontements de pouvoir et les divergences stratégiques et politiques sont au cœur de l'actualité du FN.
Mais sur le terrain, la synthèse entre les "anciens" et les "modernes" se fait beaucoup plus facilement.

 A Montpellier par exemple, le Front National est tenu depuis la création du parti par la famille Jamet: le père, Alain, pro-Algérie Française et ex-poujadiste était parmi les fondateurs du FN avec Le Le Pen. Sa fille France Jamet, actuelle conseillère régionale reconnaît elle-même avoir eu cette place grâce à Jean-Marie Le Pen qui l'a soutenue pour être tête de liste en 2010. 

Militante FN depuis 1974, France Jamet n'a évidemment jamais élevé la voix contre une position de Jean Marie Le Pen, et déclare assumer l'histoire de son parti. Ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui de déclarer sur France 3 que sa ligne est désormais celle de Marine Le Pen, puisque le congrès du FN a élu Marine Le Pen.

Sur le terrain, la continuité est de mise, que ce soit sur le racisme ou l'antisémitisme, même si cette continuité n'exclut pas un renouvellement des stratégies.

Le FN de Jean-Marie Le Pen avait échoué à créer ses propres syndicats: à Montpellier aujourd'hui, le FN profite des ambiguïtés de certains syndicats existants pour y recruter du monde. Le second de Jamet aux municipales, Djamel Boumaaz, est aussi élu au CHSCT du réseau de transports de Montpellier . Il a eu cette place en étant sur les listes de la CFTC.  Il en a usé pour coordonner avec le délégué FO de ce secteur une campagne violemment raciste demandant des "bus spéciaux" pour les habitantEs roms d'un bidonville. Les propos tenus contre les Roms , notamment sur leur "odeur intenable" n'ont rien à envier aux déclarations de Jean Marie Le Pen sur la présence "urticante et odorante " des Roms, déclarations pour lesquelles il a été condamné en justice.
Mais comme Djamel Boumaaz est censé faire partie de ces nouveaux et respectables responsables de terrain du FN, sa propagande passe mieux auprès des médias: ainsi  à propos de cette affaire, les journalistes de France Télévisions la reprennent-ils sans recul en évoquant le "droit des salariés à travailler dans des conditions convenables", entérinant ainsi l'idée selon laquelle la présence de Roms dans un bus serait une atteinte aux conditions de travail !

De même, les élus FN de Montpellier ne se répandent pas forcément tous les matins en déclarations historiques précises visant à réhabiliter Pétain où à faire des chambres à gaz un "détail de l'Histoire". Au "nouveau " FN, on a compris qu'il y avait des stratégies bien plus sûres mais tout aussi significatives et parlantes pour l'électorat antisémite. Djamel Boumaaz a ainsi tenu à publier un communiqué indiquant qu'il avait acheté sa place pour le meeting de Dieudonné du 9 avril à Montpellier, dont l'interdiction a été annulée par le tribunal administratif. La présence officielle d'un responsable FN aux côtés d'un pro-nazi ouvertement négationniste en dit aussi long et aussi précis qu'une déclaration sur le sujet.  Djamel Boumaaz se protège évidemment avec l'argument éculé mais très populaire de la "défense de la liberté d'expression". 

Localement, l'éviction de Jean-Marie Le Pen est donc vécue comme un sacrifice douloureux mais nécessaire pour les caciques du FN, qui n'ont pas changé de logiciel raciste et antisémite sur le fond, mais perçoivent la nécessité d'une adaptation et d'un renouvellement de l'expression, des moyens de diffusion et de propagation des idéologies de la haine. 

Le renouvellement symbolique exprimé par la mise à mort politique du vieux chef est donc avant tout  un renouvellement dans la continuité des fondamentaux racistes et antisémites du parti.

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lundi 11 mai 2015

Régionales 2015: Pécresse et la course à l'échalote raciste avec le FN autour de la gratuité des transports.

Actualisation 23 janvier 2016: Le Conseil régional Île-de-France présidé par Valérie Pécresse (Les Républicains) a voté jeudi 21 janvier la suppression de ses aides au transport pour les étrangers en situation irrégulière par souci de "justice et d'équité". Cette mesure, annoncée par Valérie Pécresse durant sa campagne, a été approuvée par le Front national et vivement dénoncée par l'opposition de gauche. La mesure a finalement été adoptée par 131 voix pour et 64 contre. "Je la supprime complètement, ils ne peuvent pas s'offrir une télévision, est-ce que c'est notre rôle de leur offrir une télévision ?", avait-elle lancé dans Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI du dimanche 10 janvier. Le Front national s'est félicité de la mesure. "Quelle fierté et quel plaisir de voir une des principales propositions du programme du FN" soumise au vote, s'est exclamé Aurélien Legrand, vice-président du groupe.

Retour en 2004: à l'époque, la gauche est élue sur des promesses sociales au Conseil Régional, dont la gratuité des transports pour les chômeurs et précaires, un vrai sujet de mobilisation dans ces années là.

Finalement la mesure réellement adoptée en 2007 sera beaucoup moins ambitieuse: ce seront seulement les personnes éligibles à la CMU complémentaires, et à l'Aide Médicale Etat qui seront concernées, et en 10 ans, la mesure ne sera étendue qu'une fois, pour certains précaires travaillant à temps très partiel.

Dès l'annonce de l'entrée en vigueur de la mesure, la droite s'était mobilisée contre: à l'époque son discours ne cible pas spécifiquement les étrangers. Il s'agit de dénoncer l'"assistanat", et l'encouragement à ne rien faire et à se balader toute la journée....Les tribuns de l'UMP promettent la ruine du Conseil Régional, avancent des coûts exorbitants....sans préciser que les publics attributaires de la mesure ne pouvaient pas se payer les transports avant et étaient donc contraints de frauder. Le problème, c'est qu'ils étaient également insolvables et que le coût des procédures de recouvrement entamées par la RATP n'y changeait rien. La mesure de justice sociale partielle est donc également une mesure de bonne administration des fonds publics. 

Mais dans les années suivantes, la Gratuité Transports en Ile de France devient également une cible de choix pour l'extrême-droite, au même titre que l'Aide Médicale d’État (AME). On cible les étrangers et les sans-papiers pour mieux discréditer une mesure utile qui n'aurait dû être qu'un début: en effet, le discours raciste sert aussi à endiguer toute mobilisation pour une vraie justice sociale dans l'accès aux transports en commun. La gratuité devrait être étendue très largement, et les tarifs des transports baissés de manière beaucoup plus vaste: contrairement aux idées reçues, le coût en serait assez modéré. Car la "lutte contre la fraude", obsession de la RATP coûte excessivement cher: les personnels qui y sont affectés, comme les dispositifs de barrières à l'entrée des stations, renouvelés en permanence, mais également les compagnies de recouvrement privées payées pour harceler les contrevenants sont d'un coût exorbitant. A l'heure où les dommages de la pollution sont ravageurs, faut-il rappeler que les véhicules polluants sont souvent de vieilles guimbardes que leurs usagers précaires ou salariés modestes ne prennent pas par plaisir, mais parce que les transports en commun sont chers, mais aussi très peu commodes pour les banlieusards: l'argent consacré à la "lutte contre la fraude" serait bien plus utile pour payer des salariés occupés à assurer un vrai service public sur des lignes mieux desservies et plus nombreuses. 

Mais l'UMP ( pardon, les Républicains ) et le FN feront tout pour que ces débats de société n'aient pas lieu: à sept mois des élections, Mme Pécresse ne trouve pas plus intéressant que de reprendre une nouvelle fois des marronniers de l'extrême-droite en proposant la fin de la réduction tarifaire pour les personnes allocataires de l'Aide Medicale Etat. Ceux-ci ne sont pas seulement les étrangers privés de titre de séjour, d'ailleurs, mais également toute une population très précarisée, notamment une partie des Sans Domicile Fixe qui ne peuvent réunir tous les documents nécessaires pour le bénéfice de la CMU. 

Naturellement, en cas de prise du pouvoir au Conseil régional, il est évident que la droite ne se contentera pas de supprimer les réductions tarifaires pour les allocataires de l'AME: ce qui sera raboté sera sans nul doute l'ensemble de la tarification sociale. Une belle régression en perspective, mais c'est aussi à cela que sert le discours raciste, désarmer toute réflexion et mobilisation pour les droits sociaux en dressant les gens les uns contre les autres. 

D'ailleurs, c'est en pleine paranoïa politique organisée après les attentats du 11 septembre 2001, qu'avait été incluse dans la Loi de Sécurité Quotidienne de lutte "contre le terrorisme", la mesure permettant de criminaliser les pauvres qui fraudaient et de les mettre en prison.


Memorial 98

Abolition de l'esclavage: il faut réparer vraiment les crimes commis.




                                        

L'héritage de l'esclavage poursuit son œuvre destructrice dans les DOM et aussi en métropole.
On trouve aux Antilles, à la Réunion, en Guyane, les taux de pauvreté parmi les plus hauts de France et  d’"Europe". Ainsi à la Guadeloupe, c'est 60 % des jeunes de moins de 25 ans qui sont au chômage, c'est pratiquement 30 à 33 % de la population active qui est au chômage, c'est un taux d'illettrisme qui dépasse 25 % de la population.

Une des racines de ces inégalités provient de la manière dont s'est déroulée l'abolition.
Des indemnisations ont  accordées en 1848  non pas aux esclaves mais à leurs propriétaires.
 En Haïti, le pays dut s'endetter de 1825 à 1946 afin de payer à la France l'équivalent de 21 milliards de Dollars en échange de l'indépendance et de la libération des esclaves.
Cette indemnisation des colons dans les DOM leur a permis d'asseoir leur domination économique et sociale, de créer des banques et de faire en sorte que l'économie coloniale soit préservée. C'est pourquoi Elie Domota, porte-parole du collectif LKP (contre l'exploitation outrancière), demande avec d'autres l'abrogation de ces textes de 1848 et 1849 qui ont indemnisé les colons, car ils ne sont pas conformes à la Constitution française.

Les enjeux de la mémoire et de la réparation sont cruciaux. Ainsi l’esclavage est reconnu comme un « crime contre l’humanité » depuis la loi Taubira de 2001  alors que la loi UMP du 23 février 2005 voulait valoriser notamment dans l'enseignement les "aspects positifs" de la colonisation. Elle fut finalement amendée sur ce point.

Les propos de François Hollande en Guadeloupe sont à ce titre doublement critiquables. D'une part il a tenté de clore le débat sur les réparations, en manipulant une phrase d'Aimé Césaire qui avait fort justement stigmatisé "  la nature irréparable du crime" de l’esclavage, comme si il s'agissait ainsi de la part de Césaire de rejeter la réparation. 
Au contraire, comme dans toute indemnisation d'un crime de masse, cette mesure de justice élémentaire ne clôt pas pas la réflexion sur les conséquences humaines et historiques de cet événement violent et  traumatique . D’autre par Hollande a cru bon établir un parallèle entre la traite négrière et les "passeurs " en Méditerranée aujourd'hui. C'est à la limite de l'abjection de comparer ainsi l'immense industrie meurtrière de l'esclavage réalisée au profit du travail forcé des colonies et les tentatives des migrants de fuir les situations de guerre (Syrie), de dictature (Érythrée, Soudan...) ou de pauvreté structurelle.

Ces débats vont rebondir avec la mise en cause directe de fortunes construites sur l'exploitation des esclaves.   
L'ancien président du MEDEF et patron  du groupe Wendel, Ernest-Antoine Seillière,  a été assigné en justice par le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) pour ses liens avec la traite négrière à la veille du 10 mai.
Le président du CRAN, Louis-Georges Tin, a annoncé le dépôt, jeudi 7 mai lors d’une conférence de presse à Bordeaux, auprès du tribunal de grande instance de Paris, d’une « assignation pour crime contre l’humanité et recel de crime contre l’humanité » contre Antoine-Ernest Seillière de Laborde, dont « la fortune est en bonne partie issue de la traite négrière », mais aussi « solidairement contre le fonds Wendel », pour « demander réparation » au nom des victimes de l’esclavage et de la traite négrière.
Le CRAN ayant « tenté en vain d’établir un dialogue avec le baron Seillière qui n’a pas abouti, a donc choisi la voie judiciaire », a expliqué son président. « Les descendants des esclavagistes ne sont pas coupables mais ils sont bénéficiaires et leur fortune est faite de biens mal acquis, a-t-il souligné. Et en refusant toute réparation, ils deviennent solidaires de fait du crime dont ils essaient de se démarquer en vain. »

L’an dernier, lors des commémorations du 10 mai 2014, le CRAN avait décidé d’interpeller de grandes institutions financières à propos de leurs liens historiques avec la traite négrière. Il avait cité comme exemple Demachy-Seillière, un fonds d’investissement fondé par la famille Seillière de Laborde, propriétaire au XVIIIe siècle « de trois plantations dans l’ancienne colonie française Saint Domingue, [devenue Haïti] et de vaisseaux négriers ayant déporté des esclaves, hommes, femmes et enfants, d’Afrique vers les Antilles », selon le CRAN. On suivra avec attention le sort de cette procédure.

La lutte contre l’esclavage a vu se dresser, contre les colons et leurs soutiens, contre les propagandistes de "l'infériorité des Noirs"  des personnalités remarquables.
 Au premier  plan figurent les esclaves révoltés dont le soulèvement fut réprimé dans le sang et la grande figure de Toussaint Louverture. Ce dernier, né en Haïti, mort en captivité en France en 1803, lui-même descendant d'esclaves noirs, eut un rôle de premier plan en tant que chef de la Révolution haïtienne (1791-1802). Il devint une des grandes figures des mouvements anticolonialiste, abolitionniste et d'émancipation des Noirs.
 Ce fut aussi le cas de Victor Schoelcher et Victor Hugo en France, de  Lincoln aux États-Unis dont nous avons cité l'échange de correspondance avec Karl Marx.

Ainsi, en 1860, Victor Hugo défend la cause abolitionniste et prend la défense de John Brown, un Blanc qui fut pendu dans le Sud des États-Unis le 2 décembre  1859 pour avoir encouragé la révolte des Noirs.
Trois mois plus tard Hugo écrit au président noir de la République d'Haïti, dans l'esprit religieux qui lui est propre, la lettre ci-dessous:

"Le 1 mars 1860
Vous êtes, monsieur, un noble échantillon de cette humanité noire si longtemps opprimée et méconnue.
D’un bout à l’autre de la terre, la même flamme est dans l’homme; et les noirs comme vous le prouvent. 
Y a-t-il eu plusieurs Adam ? Les naturalistes peuvent discuter la question ; mais ce qui est certain, c’est qu’il n’y a qu’un Dieu. Puisqu’il n’y a qu’un père, nous sommes frères. C’est pour cette vérité que John Brown est mort; c’est pour cette vérité que je lutte. 
Vous m’en remerciez, et je ne saurais vous dire combien vos belles paroles me touchent. Il n’y a sur la terre ni blancs ni noirs, il y a des esprits ; vous en êtes un. Devant Dieu, toutes les âmes sont blanches. J’aime votre pays, votre race, votre liberté, votre révolution, votre république. Votre île magnifique et douce plaît à cette heure aux âmes libres ; elle vient de donner un grand exemple ; elle a brisé le despotisme. Elle nous aidera à briser l’esclavage.
Car la servitude, sous toutes ses formes, disparaîtra.
 Ce que les États du Sud (des États-Unis Ndlr) viennent de tuer, ce n’est pas John Brown, c’est l’esclavage. Dès aujourd’hui, l’Union américaine peut, quoi qu’en dise le honteux message du président Buchanan, être considérée comme rompue. Je le regrette profondément, mais cela est désormais fatal ; entre le Sud et le Nord, il y a le gibet de Brown. La solidarité n’est pas possible. Un tel crime ne se porte pas à deux. Ce crime, continuez de le flétrir, et continuez de consolider votre généreuse révolution. Poursuivez votre œuvre, vous et vos dignes concitoyens. Haïti est maintenant une lumière. Il est beau que parmi les flambeaux du progrès, éclairant la route des hommes, on en voie un tenu par la main d’un nègre.
Votre frère, VICTOR HUGO."
                                              Dessin de Victor Hugo en hommage à John Brown

Memorial 98




Mises à jour
1er septembre 2016:

Bonne nouvelle aux États-Unis dans la réparation des crimes de l'esclavage, après une longue mobilisation. C'est l'occasion de rappeler  la situation dans les DOM et les revendications concernant l'indemnisation. 
C'est aussi l'occasion de lire le cri de Victor Hugo contre le crime de l’esclavage.

La fameuse Université de Georgetown, au cœur de la capitale Washington, présente le 1er septembre des excuses officielles pour la vente de près de 300 esclaves noirs dont elle a tiré profit au 19ee siècle, ainsi que des mesures concrètes consistant notamment à faciliter l'admission de leurs descendants.
L’université,  fondée en 1789 par des prêtres jésuites, est l'une des plus anciennes aux États-Unis et son président avait mobilisé il y a un an un groupe de travail pour se pencher sur son passé esclavagiste.
Ces étudiants, personnels et anciens de l'université ont publié en ligne des archives documentant la vente en 1838 de 272 esclaves, dont une partie des recettes - qui équivaudraient à quelque 3,3 millions de dollars aujourd'hui - avait été utilisée pour régler des dettes de l'établissement. 
La réflexion engagée sur le passé de l'université avait donné lieu à des manifestations d'étudiants en novembre dernier. Ils avaient popularisé le hastag #GU272, en référence à la vente de 272 esclaves.
En compensation, le président de l'université  prononcera un discours d'excuses et deux bâtiments, qui portaient auparavant les noms de présidents d'université impliqués dans la vente de ces esclaves, seront rebaptisés en l'honneur d'un ancien esclave et d'une enseignante noire qui œuvrait à l'éducation des jeunes filles au début du XIXe siècle.
Un nouvel institut de recherche sur l'esclavage va également ouvrir ses portes et un Mémorial sera érigé en l'honneur des anciens esclaves, a annoncé l'université en se basant sur un rapport d'une centaine de pages présenté par le groupe de travail.
« La façon la plus appropriée pour nous de compenser la participation de nos ancêtres à l'esclavage est de réparer (ses) conséquences de nos jours », a fait valoirle président de l'université.
D'autres universités américaines comme Brown, Columbia ou Harvard ont déjà reconnu publiquement avoir participé au commerce d'esclaves. Georgetown s'est elle spécifiquement engagée à faciliter l'admission des descendants d'esclaves. 
Mais il faut noter les limites de la réparation: à ce stade l'université ne propose pas d' aide financière aux potentiels candidats.
« Justice et vérité »
Cette forme de "discrimination positive" signifie que les descendants seront « pris en considération de la même manière » que les candidats dont les parents sont d'anciens élèves de Georgetown, a précisé l'université dans un communiqué.
La plupart des universités privées américaines favorisent en effet l'admission des candidats dont les parents sont diplômés du même établissement.
« Parce que nous avons des noms, des familles, des histoires et que nous pouvons cibler directement des personnes et leurs descendants aujourd'hui (...) nous nous sommes trouvés dans une position très particulière pour répondre » au passé esclavagiste de l'université, a commenté un membre du groupe de travail.
Le travail sur les archives a permis de découvrir que l'université avait tiré un large profit de l'esclavage. Le travail dans des plantations jésuites et la vente d'esclaves généraient des revenus, et des esclaves ont aussi probablement construit les premiers bâtiments du campus.
« Nous devons comprendre que notre histoire est en partie celle de la possession et du commerce d'esclaves (...) Et cela nous ouvre les yeux sur les problématiques sociales plus larges qui ne sont pas encore résolues dans notre pays », a commenté David Collins, président du groupe de travail.
« Nous nous trouvons dans une période critique de notre histoire en ce qui concerne les relations raciales et la manière de faire face sur le long terme aux conséquences des inégalités », a souligné une autre membre du groupe, l'historienne Marcia Chatelain. Elle fait ainsi référence  aux protestations contre les bavures policières à l'encontre de jeunes Noirs.


11 mai 2015
La journée nationale 2015 de la mémoire de l'abolition de l'esclavage en 1848 a vu se dérouler plusieurs événements importants. 
Il s'agit notamment de l'inauguration du musée ACTe en Guadeloupe et de la plainte déposée contre le baron Seillière et le groupe financier Wendel.


samedi 9 mai 2015

La direction ne réagit guère face à des actes racistes et antisémites dans un lycée : les profs en grève

Mardi 5 avril 2015, la majorité des enseignants d'un lycée de Bron se sont mis en grève pour dénoncer le harcèlement raciste, antisémite et sexiste dont une de leurs collègues est victime de la part de certains élèves, et surtout le manque de réaction du chef d'établissement. 

Questions sur ses origines et sa religion, sur ses habitudes alimentaires ou plus exactement sur la charcuterie ou l'alcool, caricatures dont une la montrant criblée de balles, voilà ce que vit cette contractuelle d'origine algérienne.

Il n'est pas très surprenant de voir que les élèves en question jouent sur le tableau du racisme comme de l'antisémitisme, ces deux logiques de haine s'étant développé, en parallèle ou conjointement, mais de plus en plus ouvertement, ces dernières années. Les combattre de concert, de même que l'homophobie, l'islamophobie, la xénophobie et toutes les idéologies de haine et d'exclusion est plus que jamais nécessaire. C'est le sens d'un universalisme antiraciste, qui ne consiste pas nier les différences, mais à être capable de voir, au-delà de ces différences, ce qui unit toutes les minorités et les mouvements progressistes.
Nous renvoyons à ce sujet à l'appel que lançait Memorial 98 il y a un an à l'occasion du premier anniversaire de la mort de Clément Méric : Contre la haine, ensemble tout simplement.

Il est surtout à noter l'argument principal du chef d'établissement : les propos ou les dessins lui paraissent simplement "inappropriés" (au point tout de même d'avoir déjà prononcé des avertissements, convoqué les familles et rappelé en cours les valeurs républicaines), mais il n'y voit ni racisme ni antisémitisme. Tout cela relève pour lui du "ressenti" de l'enseignante.
Encore une fois, la parole et le vécu des victimes ne pèsent pas lourd... Facile à balayer du revers de la main pour ceux qui ne vivent ces oppressions au quotidien ! C'est d'ailleurs fréquemment le cas : ceux qui ne se taisent pas se voient reprocher un manque d'humour, de la rigidité, une trop grande susceptibilité. La réalité ou la gravité de ce qu'ils vivent est mise en doute ou minimisée. D'où l'importance d'une réaction plus large, de manifestations de solidarité, comme l'ont fait les profs de Bron.

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vendredi 8 mai 2015

8 mai: la victoire contre le nazisme.



                            A Paris,  le 8 mai 1945

Mise à jour du 7 mai 2018

Ce soixante-treizième anniversaire est marqué par les succès de l'extrême-droite dans de nombreux pays d'Europe et aux USA. En Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Italie, les nostalgiques du fascisme et du nazisme, les nostalgiques et racistes de tout poil sont à l'offensive. 
Nous en appelons plus que jamais au combat contre les idéologies et actes racistes et antisémites quels que soient leur prétextes, ainsi que pour la mémoire des génocides et crimes contre l'humanité ( comme on peut le voir ici et ici ). 

La date du 8 mai rappelle à nouveau que le fascisme et le nazisme finiront par être vaincus mais que si on les laisse prospérer, ils auront auparavant provoqué une catastrophe. 

MEMORIAL 98




Le 7 mai 1945, à 2h41 du matin, l'Allemagne nazie capitule. C'est la fin des combats en Europe. Hitler, arrivé au pouvoir le 30 Janvier 1933, vient de se suicider, le 30 avril. Le "Reich de 1000 ans" qu'il promettait aura duré 12 ans.

Le lendemain, une immense vague de joie déferle sur la planète, provoquant des scènes de liesse dans toutes les capitales, à l’exception de Berlin et Tokyo.


                            New-York, à Times Square

Le régime impérial japonais poursuit les combats dans le Pacifique, la Seconde Guerre mondiale n’est pas encore terminée.

La joie est aussi ternie par la  découverte des camps de concentration, depuis quelques mois, au fur et à mesure de la progression des armées alliées, notamment soviétiques. Le dernier camp est libéré ce 8 mai 1945; il s'agit de Theresienstadt/Terezin en Tchécoslovaquie.

Alors même que s'effondre le régime le plus réactionnaire que l'histoire ait connu, les peuples colonisés expriment leurs aspirations à l’égalité et l'auto-détermination. Ainsi l’Algérie "française"  connait, en ce jour du 8 mai des scènes de répression d’une extrême violence. Les célébrations se terminent dans un bain de sang à Sétif, Guelma, et Kherrata, entraînant la mort d’environ 45 000 personnes.

Le souvenir du 8 mai 1945 et plus généralement de la période de Vichy et de la collaboration avec les nazis demeure un sujet de gêne notamment dans la droite mais aussi dans une partie de la gauche. 

Ainsi Giscard d'Estaing, alors président de la République, avait supprimé cette commémoration en 1975.  Elle fut rétablie en 1981, bien que Mitterrand ait maintenu la fiction d'une non responsabilité des autorités françaises notamment dans la déportation des Juifs de France. Il faisait même fleurir la tombe de Pétain chaque année le 11 novembre. 
Lionel Jospin, qui avait succédé à François Mitterrand à la tête du Parti socialiste, avait pris d'emblée du recul à l'égard de ce dernier lorsqu'il fut le candidat de la gauche à l'élection présidentielle de 1995.  Il fit état d'un « droit d'inventaire » par rapport aux positions de Mitterrand à l'égard du régime de Vichy, et notamment aux liens d'amitié qui l'unissaient à René Bousquet, ancien dirigeant de la police du régime pétainiste. Cette rupture avec le passé mitterrandien lui valut d'ailleurs des haines féroces de la part des proches de l'ancien président, dont Pierre Bergé.

A droite, c'est Sarkozy qui lança, dès sa campagne électorale de 2007, une offensive d'ampleur contre la "repentance" et contre la reconnaissance de la participation des autorités françaises à la Shoah.  A l'époque, Patrick Devedjian, alors dirigeant de premier plan de l'UMP, en résumait ainsi les enjeux (dans le journal Le Monde du 10/04/07) : " La droite est sortie honteuse de la guerre. Depuis la Libération, la gauche exerce un magistère moral sur l'histoire, distribuant les bons et les mauvais points: à gauche le parti des fusillés, à droite les collaborateurs. Même Chirac n'a jamais dit qu'il était de droite, et Jospin n'a pas hésité à dire de la droite qu'elle était héritière d'un courant anti-dreyfusard, antisémite et raciste. Il (Sarkozy) a sorti nos valeurs de la réclusion, il redonne sa dignité à la  la droitisation de la société permet aujourd'hui ce réajustement idéologique qui anticipe la victoire politique".
Plus prosaïquement, il s'agissait alors comme aujourd'hui de récupérer les thèmes et l'électorat du FN et donc de jouer sur le nationalisme. Sarkozy a même boycotté la cérémonie du 8 mai 2007, pour ne pas se retrouver à côté de Chirac qui avait reconnu les responsabilités françaises dans la déportation des Juifs. Depuis l'ancien président continue à légitimer les thèses du Front National.

Alors que partout en Europe, les forces d'extrême-droite sont en progression, la date du 8 mai continue de symboliser l'espoir d'une victoire définitive contre le fascisme et ses idées.

MEMORIAL 98

Mise à jour du 8 mai 2017
Au lendemain du deuxième tour de la présidentielle en France, la commémoration de la victoire contre le nazisme représente une échéance particulière. Marine Le Pen est battue, mais son parti fasciste est à 35%. Elle gagne plusieurs millions de voix entre les deux tours et parvient à en rassembler près de 11 millions.
Le combat continue.

Memorial 98

Mise à jour du 6 mai 2017: 


La  campagne du Front national et particulièrement la prestation de Marine Le Pen lors du débat télévisé du 3 mai ont montré en direct, devant des millions de personnes, le visage hideux de la violence fasciste. Peut-on imaginer un seul instant qu’elle participe, voire préside aux cérémonies du 8 mai commémorant la victoire sur le nazisme?
 Plus que jamais nous appelons à combattre, dans les urnes et dans les têtes, les thèses racistes, antisémites,négationnistes du Front National.



MEMORIAL 98





Mise à jour du 7 mai 2016:

A nouveau les forces obscures du nationalisme et de la haine de l'autre sont à l'offensive en France, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, aux USA... Face aux dangers qui menacent,
nous en appelons à la mobilisation et à la mémoire.




MEMORIAL 98

Ecole Spéciale d'Architecture : mobilisation contre la répression syndicale sous l'oeil du GUD

C'est une situation peu commune pour une école d'architecture à 8000€ de frais d'inscription. Depuis le 13 avril 2015 avril, aussi bien les élèves que les enseignants et le personnel administratif de l'Ecole Spéciale d'Architecture (ESA) sont en grève.
Ce qui a mis le feu aux poudres : la procédure de licenciement, économique, de 9 salariés, qui par le plus grand des hasards se trouvent tous être syndiqués et réclamer des élections professionnelles... Plus largement, c'est la gestion de l'école qui est en cause, et les grévistes exigent la réintégration des salariés licenciés (qui pour certains ont déjà vécu plusieurs procédures disciplinaires) et la démission du directeur.

Dès le lendemain, on pouvait voir des militants du groupe d'extrême-droite violente GUD, dont leur chef Logan Djian, à proximité de l'école. Ils avaient déjeuné avec Diane Sidos, petite-fille du fondateur de l'Oeuvre Française, et diplômée de l'école, où elle siège dans les instances dirigeantes au titre d'une association d'anciens élèves.
L'Oeuvre Française, organisation créée par Pierre Sidos et Dominique Venner (dont le suicide en 2013 était un appel à la violence à l'extrême-droite), a été dissoute en juillet 2013 (ce qui a été confirmé en décembre 2014 par le Conseil d'Etat) après la mort de Clément Méric, mais son site est toujours accessible en ligne.

Logan Djian est depuis septembre 2014 le gérant de Securi Shop, entreprise de vente en gros aux particuliers et professionnels de matériel de sécurité, domiciliée à Saint Cloud.
Il s'occupe aussi d'un bar situé dans le 15ème arrondissement de Paris, le Crabe Tambour doit son nom à Pierre Guillaume (dont c'était le surnom), officier de marine membre de l'OAS, animateur sur Radio Courtoisie et ami de Jean-Marie Le Pen.

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