vendredi 30 mars 2018

Face à l'antisémitisme et à tous les racismes, continuons le combat!







Dans les Marches blanches le 28 mars à Paris et dans de nombreuses autres villes, il y avait beaucoup de monde mais également beaucoup de tristesse et d'inquiétude.

C'était avant tout une grande manifestation contre l'antisémitisme et c'est ce qu'il faut en retenir, en protestation contre le crime qui a frappé Mme Mireille Knoll. 

Cette mobilisation doit se poursuivre, alors qu’un local de l’Union des Étudiants Juifs de France (UEJF) a été vandalisé le jour même de la manifestation.

Au lendemain de ces marches, nous sommes plus que jamais déterminés à combattre tous les antisémites et tous les racistes, quelles que soient leurs justifications et leurs obédiences. On en peut pas attendre passivement la prochaine agression antisémite pour réagir. Au quotidien, toute parole antisémite doit être dénoncée et mise en accusation.    

Mais cette mobilisation a été entachée par la présence d’une délégation du FN,  avec à sa tête Marine Le Pen
Cette présence était insupportable et nous avons, avec beaucoup d'autres, protesté en criant "dehors le FN" car ce parti marqué par sa continuité antisémite n'avait pas sa place dans une telle marche de protestation


La présence et l'action d'un petit groupe provocateur de la LDJ, connu pour ses liens avec l'extrême-droite, est également choquante. Elle a focalisé l’attention médiatique, bien au delà de son importance réelle et sert à minimiser l'importance de la protestation contre l'antisémitisme.

Marine Le Pen peut remercier les dirigeants du CRIF. 
En appelant à exclure Jean-Luc Mélenchon, mis dans le même panier que le parti de la continuité antisémite qu'est le FN, ils ont sorti la dirigeante du FN de son isolement et contribué à banaliser la continuité antisémite de son parti. C'est là que réside leur faute. Au passage, ils ont exonéré Laurent Wauquiez de ses turpitudes alors que sa première mesure, en tant que président de Conseil régional, a consisté à réduire la subvention de Mémorial des enfants juifs d’Izieu déportés par Klaus Barbie.

Pour autant, il ne faut pas cacher ni oublier que, à plusieurs reprises, Jean-Luc Mélenchon a manifesté des ambiguïtés dans la lutte contre l'antisémitisme, en sous-estimant la gravité de propos qui en relevaient. Nous avions mentionné ce problème dès 2011 après des déclarations à l'époque de Christian Jacob, puis à nouveau lors de polémiques douteuses contre Pierre Moscovici. Plus récemment, il a défendu la position calamiteuse de François Mitterrand à propos de la responsabilité des autorités françaises dans la déportation des Juifs.  

Contre cette position du CRIF, on a assisté à l’expression de positions confusionnistes, malheureusement approuvées y compris par des groupes qui se réclament de l' antiracisme.

Cela a débuté avec les déclarations de Daniel Knoll, un des fils de la défunte.  Il disait s'exprimer au nom de l’émotion et d’un rejet des exclusives mais il s’est également prononcé explicitement et à plusieurs reprises en faveur de la participation du FN à la marche en mémoire de sa mère.
C’est d’ailleurs en s’appuyant sur ses déclarations que le FN a justifié sa venue, comme le montre son communiqué de presse : « Ce matin, sur RMC, Daniel Knoll, le fils de Mireille Knoll, sauvagement assassinée, s’est démarqué de la position sectaire du CRIF, en appelant dans un message empreint d’une grande dignité « tout le monde, sans exception » à participer à la marche blanche.Il s’est déclaré « absolument pas sur la même ligne que le CRIF », qui a cru pouvoir briser l’unité nationale en écartant le Front national, lequel alerte et dénonce depuis des années la montée de l’antisémitisme islamiste. Marine Le Pen, les députés et élus du Front National, ainsi que de très nombreux militants, marqués par ce meurtre infâme, participeront à la marche blanche organisée à Paris en mémoire de Mme Knoll. »
Daniel Knoll, dont la mère a pu échapper à la rafle du Vel' d'Hiv et survivre à la Shoah ignore-il que nombre de fondateurs du FN étaient issus de la collaboration avec les nazis ? Ainsi lors de cette rafle, le parti collaborationniste de Jacques Doriot, le PPF, a fourni plusieurs centaines de militants comme auxiliaires de la police française, afin de faciliter les arrestations des Juifs parisiens. Or le numéro 2 du PPF, Victor Barthélémy, fut un des fondateurs et dirigeants du FN . 

Il ne s'agit pas d'une histoire ancienne avec laquelle le FN aurait rompu. Marine Le Pen y est revenue elle-même très récemment. A deux semaines du premier tour de la présidentielle elle a déclaré : « Je pense que la France n’est pas responsable du Vél d’Hiv’ » mettant ainsi en cause la reconnaissance en 1995 par Chirac du rôle central de la police de Vichy et de ses auxiliaires.

Daniel Knoll ignore-t-il que la campagne présidentielle du FN en 2017 a été financée par Jean-Marie Le Pen, antisémite et négationniste  récidiviste, à hauteur de 6 millions d'euros, pulvérisant la fable de la "dédiabolisation"?  

Ignore-t-il  que cette même campagne a été marquée par la présence des acolytes et proches conseillers néo-nazis de Marine Le Pen, dont Frédéric Châtillon ?

Ignore-t-il que Marine Le Pen ne veut combattre que « l’antisémitisme islamiste » ?  


Les propos de Daniel Knoll ont été massivement relayés, souvent de bonne foi par ceux et celles qui y voyaient la marque d’une mobilisation à caractère moral et rassembleur. Mais il y a eu aussi une instrumentalisation éhontée de ses propos, au nom d'un réflexe « anti-CRIF » douteux.  
Le groupe « antisioniste » de l’UJFP déclare ainsi : «  L’UJFP répond donc à l’invitation de Daniel Knoll et appelle ses militant-e-s et adhérent-e-s à lui apporter leur soutien, dans la dignité que requièrent les marches blanches organisées à la mémoire de sa mère… » On notera que son nouveau mentor déclare ceci, le soir de la marche, à propos de la situation en Israël: 
  
« pays magnifique où il n’y a pas d’apartheid, où on ne tue pas les Arabes, contrairement à ce qu’on dit dans certaines banlieues..." 

Il y a également ce texte publié en première page de Mediapart et qui titre « Quand le CRIF entache l'hommage à Mireille Knoll: les excuses d'un Juif (sic !) », sous la signature de  Daniel Salvatore Schiffer.

Il s’agit d’un des blogueurs de ce média mais son texte est  mis en avant, massivement relayé et approuvé, y compris par Edwy Plenel.  Or Schiffer présente des excuses à Marine Le Pen en même temps qu’à Mélenchon. Il écrit : « Quant à moi, en tant qu'intellectuel juif attaché à la laïcité, je présente mes excuses, pour cette ignominie, à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen… »


On ne peut pas lutter contre l’antisémitisme en pactisant avec le parti qui symbolise la continuité de la haine raciale.

Lors de son congrès très récent à Lille, censé symboliser la « dédiabolisation », le FN a réaffirmé ses positions les plus nauséabondes:
  
-En accueillant triomphalement le fasciste US Steve Bannon, organisateur de la campagne de Trump,  directement responsable du développement de l’extrême-droite dans son pays et qui veut mettre en place une Internationale « populiste »    
-En maintenant dans son sigle le « flamme » reprise des fascistes italiens, comme signe de continuité avec les origines du parti.  
-En choisissant comme nouveau nom le "Rassemblement National" directement hérité du parti collaborationniste, pétainiste et antisémite RNP (Rassemblement national populaire) de Marcel Déat fondé en 1941.

Le combat contre l’antisémitisme est indissociable de la lutte contre l’extrême-droite et de ses valeurs de haine raciste. Marine Le Pen ne cesse de désigner les migrants comme les responsables de tous les maux du pays, y compris dans le domaine de la santé. Elle prolonge ainsi la propagande antisémite des années 1920.


                                           Dans la Marche du 28 mars

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MEMORIAL 98


mardi 27 mars 2018

Contre les crimes antisémites et le racisme: mobilisation !







L’assassinat de Mme Mireille Knoll s’inscrit dans le contexte d’une multiplication des actes et propos antisémites en France et en Europe.

Les Juifs de France, qui représentent moins de 1 % de la population, sont, selon les statistiques officielles, la cible d’un tiers des actes haineux recensés dans le pays.

Ce crime revêt un caractère particulièrement dramatique en raison de l’histoire de cette femme. Elle a survécu à la Shoah. Née en 1932 à Paris, Mireille Knoll a pu s’échapper de Paris avec sa mère avant quelques jours avant l’arrestation massive de plus de 13 000 Juifs en juillet 1942, lors de la rafle du Vel' d’Hiv. C’est un passeport brésilien hérité de son père qui lui avait alors permis de trouver refuge au Portugal. Après la guerre, elle avait épousé un survivant d’Auschwitz, décédé il y a une quinzaine d’années

Elle a été tuée à quelques centaines de mètres de l’Hyper-cacher de la porte de Vincennes, à proximité également du gymnase Japy, lieu de rafles des Juifs pendant la 2e guerre. 

Son domicile se situe dans le même arrondissement que celui ou a été tuée Mme Sarah Halimi  dans un crime à caractère antisémite en avril 2017. Dans ce dernier cas, il avait fallu plusieurs mois et de nombreuses mobilisations de ses proches avant que soit pris en compte et reconnu par la justice la part de l'antisémitisme dans son meurtre ( voir ci-dessous la mise à jour du 13 juillet 2018 suite à une nouvelle expertise psychiatrique) 



Dans ce même quartier travaillait Ilan Halimi dont l’assassinat en 2006 avait ouvert un cycle antisémite sanglant.

Nous appelons à une lutte active contre l'antisémitisme, qui prend aujourd'hui en Europe des formes  alarmantes, particulièrement tragiques en France, alors que partout en Europe et aux USA, les tenants du fascisme et du nazisme sont à l'offensive notamment en Allemagne, Autriche, Hongrie, Pologne, Italie. 
Il ne s'agit pas ici d'un "nouvel antisémitisme" mais de la continuité sanglante de la persécution des Juifs. La confirmation de la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour ses propos récidivistes de 2015 sur les chambres à gaz illustre cette continuité. Il a d'ailleurs financé la campagne présidentielle de Marine Le Pen à hauteur de 6 million d'euros, pulvérisant ainsi la fable de la "dédiabolisation".

L’assassinat de Mme Knoll est ainsi survenu trois jours après la relaxe judiciaire d'Alain Soral, accusé d’incitation à la haine raciale  après que celui-ci ait diffusé une nouvelle fois un montage antisémite. Les juges ont estimé que  "Le montage en cause, aussi contestable soit-il, ne constitue ainsi pas une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, contenant un appel ou une exhortation, même implicite, rejaillissant sur la totalité d'une communauté définie par l'appartenance à la religion juive". 
Les magistrats ont utilisé la jurisprudence de la Cour de cassation, qui estime depuis juin 2017 qu'une "incitation manifeste" ne suffit pas à caractériser le délit et qu'il faut désormais "pour entrer en voie de condamnation" que les propos relèvent d'un "appel" ou d'une "exhortation".  Ainsi il faudrait maintenant un appel direct à la violence raciste pour que la justice agisse. 

Devant l’adhésion que suscitent Dieudonné et Soral dans une partie de la jeunesse, comment ne pas s’interroger sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la radicalisation ultra-rapide de beaucoup de jeunes, qui épousent les thèses et la cause des intégristes de Daech en quelques mois, en quelques semaines ? Pour qu’une graine pousse à vitesse accélérée, il lui faut un terreau fertile; force est de constater que la culture pathologiquement antisémite, propagée par l’extrême-droite française depuis des années, constitue une part importante de ce terreau fatal.

Dans ces mobilisations contre l’antisémitisme et tous les racismes, nous dénonçons les chevaliers de la haine qui cherchent à susciter la haine et la division. C’est le cas notamment de Laurent Wauquiez, croisé du racisme dénonciateur exclusif du «  nouvel antisémitisme » des musulmans. Or sa première mesure en tant que président de Conseil régional a consisté à réduire la subvention de Mémorial des enfants juifs d’Izieu déportés par Klaus Barbie. Nous n’oublions pas qu’un des candidats à la primaire de la droite Jean- Frédéric  Poisson a tenu publiquement des propos antisémites. Il n’a pas été sanctionné et a été maintenu dans la primaire par une décision unanime de tous les autres candidats. 

Nous faisons partie de celles et ceux qui affirment que tous les racismes sont liés, que tous les fascismes et les intégrismes s’alimentent les uns les autres, dans une guerre de tous contre tous qui nourrit les haines.

La lutte contre le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie constitue un enjeu décisif pour toutes et tous. Elle ne  doit pas se diviser, sous peine de devenir une caricature stérile et impuissante.

C’est ce que nous affirmons en participant à toutes les marches et mobilisations qui font suite à ce nouveau crime antisémite et notamment aux Marches Blanches du 28 mars. Il ne s'agit pas d'un problème de "communautés" mais d'un enjeu crucial dans la lutte contre tous les racismes. 

Mise à jour du 28 mars 2018:


Nous marcherons aujourd'hui contre l'antisémitisme et tous les crimes racistes. La direction du CRIF a cru bon faire des déclarations contre la présence de Jean-Luc Mélenchon, mis dans le même panier que le parti de la continuité antisémite qu'est le FN. Il a ainsi ouvert la porte à une polémique qui permet à Marine Le Pen de prétendre combattre l'antisémitisme.  
                                           Chatillon, Faurisson, Dieudonné, Marine Le Pen



Mise à jour du 30 mars
Au lendemain des marches blanches, nous en tirons le bilan et appelons à poursuivre le combat contre l'antisémitisme ici  






MEMORIAL 98 

Mise à jour du 13 juillet 2018:

Une nouvelle expertise psychiatrique a eu lieu dans le cas de Mme Sarah Halimi et entraîne de nombreuses interrogations et réactions.
Un des avocats de la famille proteste contre le principe même de cette nouvelle expertise. Or cette expertise collégiale ne remet pas en cause le caractère antisémite du crime mais considère que le coupable présumé présentait un état psychotique (c'est à dire délirant) au moment des faits. Dans ce cas, selon la loi, son discernement est considéré comme aboli et il ne peut pas être jugé. C'est un principe permanent qui a résisté aux nombreuses tentatives venues de la droite dure et de l'extrême-droite afin de le remettre en cause, au nom de la défense des victimes et de leurs familles. 
Il est donc nécessaire de tenter de comprendre les analyses et appréciations des différents experts et d'éviter la confusion avec la détermination du caractère antisémite.      
Par une ordonnance datée du 4 avril – date anniversaire du meurtre – les trois experts psychiatres ont été chargés de répondre notamment aux questions suivantes : « Dire si le sujet présente des anomalies mentales ou psychiques et dans l’affirmative, les décrire » et « préciser si l’intéressé était atteint au moment des faits d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli/altéré son discernement ou le contrôle de ses actes ».
« Oui », ont-ils répondu à la première question dans le rapport d’expertise psychiatrique de vingt-neuf pages que Le Monde a pu consulter dans son intégralité : « Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis ». Il dispose également d’une « personnalité pathologique antisociale » (incapacité à se conformer aux normes sociales, impulsivité, irritabilité, agressivité, irresponsabilité...) et d’une propension à la violence.
« Oui », ont-ils également tranché à propos de son discernement : il était « aboli ». Kobili Traoré est « inaccessible à une sanction pénale », affirment-ils, précisant que les soins seront « longs et difficiles » : « On ne peut que constater l’extrême dangerosité de ce patient que nous considérons, hélas, comme durable en dehors d’un milieu psychiatrique ».
Interné en hôpital psychiatrique depuis la nuit du drame, le jeune homme est, depuis juillet 2017, mis en examen pour « homicide volontaire ». Mais il avait fallu attendre la fin du mois de février, après une seconde audition du suspect par la juge Ihuellou, pour que le caractère antisémite soit retenu. Ce que les parties civiles et le parquet réclamaient depuis des mois.

« Un préjugé se mue en haine délirante »

La première expertise, réalisée par le psychiatre Daniel Zagury, avait conclu que Kobili Traoré, sans antécédent psychiatrique, était atteint, au moment des faits, d’une « bouffée délirante aiguë » provoquée par une forte consommation de cannabis – une quinzaine de joints par jour, selon les déclarations du suspect. Selon Daniel Zagury, son discernement était « altéré » mais pas « aboli », un avis qui le rendait passible de poursuites pénales.

Le psychiatre avait également conclu que le crime de M. Traoré était un « acte délirant et antisémite ». Il indiquait dans une formule particulièrement problématique : « Aujourd’hui, il est fréquent d’observer, lors d’efflorescences [en psychiatrie, perte de contrôle lors d’une phase délirante] délirantes, chez les sujets de religion musulmane, une thématique antisémite : le juif est du côté du mal, du diabolique. Ce qui est habituellement un préjugé se mue en haine délirante. (…) Dans son bouleversement délirant, c’est l’incarnation du diable qu’il terrassait. »

Sur ces conclusions du Docteur Zagury, le collège de trois "nouveaux"  experts déclare : « Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste », même si, indiquent-ils, « nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte » :
« Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle. »
Le « seul » désaccord entre les deux expertises porte sur « les conséquences médico-légale de la consommation de cannabis » : « La particularité du délire aigü de Monsieur Traoré est le rôle possiblement déclencheur du cannabis. La question se posant donc de savoir s’il s’agit d’un trouble induit par le cannabis ou si le cannabis n’a joué qu’un rôle précipitant d’un délire. » Le docteur Zagury avait estimé que sa consommation excessive de cannabis était « consciente et volontaire ». Pour les trois psychiatres, ce n’était pas le cas. L’existence de délires induits surviennent à des doses importantes et « s’amendent dès l’arrêt de l’intoxication ».
Or, soulignent-ils, les taux de THC (le principe actif du cannabis) relevés dans le sang du suspect étaient modérés – ce qui ne correspond pas à la consommation alléguée le jour du drame – et ses idées délirantes ont persisté « longtemps après l’arrêt de l’intoxication ». Pour le collège d’experts, la prise de cannabis n’a pas donc pas induit une crise aigüe mais n’a fait qu’aggraver un processus psychotique déjà amorcé. C'est en conséquence de ce raisonnement médical  et médico-légal que le discernement est considéré comme aboli.
Mise à jour du 19 ddécembre 2019: 

MEMORIAL 98

A voir: 
le récit de la Marche blanche en mémoire de Mireille Knoll et les manipulations qui l'ont accompagnée http://info-antiraciste.blogspot.com/2018/03/contre-lantisemitisme-et-tous-les.html


 

   





mardi 28 novembre 2017

Sauvons les Rohingya de Birmanie: halte au génocide.






Mise à jour du 29 septembre 2018: l'ONU ouvre une enquête pour génocide et le Canada retire sa citoyenneté d'honneur attribuée à Aung San Suu Kyi

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a voté cette enquête  qui doit être indépendante. Il est à noter que seuls la Chine de Xi Jen Ping, les Philippines de Duterte et le Burundi de Nkurunziza ont voté contre tandis que Cuba et le Venezuela s'abstenaient. Dans le cas du régime chinois, il s'agit d'un soutien constant au pouvoir birman, y compris durant dans la période de la dictature militaire.

Ce vote fait suite à la publication, fin août, d’un rapport de la Mission d’établissement des faits de l’ONU sur la Birmanie, dans lequel les enquêteurs demandent que les principaux généraux de ce pays, y compris le commandant en chef Min Aung Hlaing, soient traduits devant la justice internationale pour « génocide dans le nord de l’Etat Rakhine, ainsi que pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans les Etats Rakhine, Kachin et Shan ».

En même temps le gouvernement canadien a retiré la citoyenneté d'honneur qu'il avait attribué à Aung San Suu Kyi comme à Nelson Mandela. La prix Nobel de la paix n'a jamais protesté contre le massacre des Rohingyas et défend les chefs militaires mis en cause.  

Ce début d'alerte mondiale sur la cause des Rohingyas est positif.
Nous appelons à nouveau à soutenir cette population victime d'un génocide ainsi que le combat des ONG. 

MEMORIAL 98


 


Mise à jour du 27 aout 2018

L'ONU déclare solennellement que la hiérarchie militaire birmane et le gouvernement birman mettent en œuvre un génocide contre les Rohingyas. Il s'agit d'un tournant important qui justifie une mobilisation renouvelée afin de sauver cette population.


Mise à jour du 27 juin 2018 ( voir d'autres mises à jour à la suite de l'article):

C'est la haute hiérarchie de l'armée et de la police qui ont décidé et planifié la répression violente et l'épuration ethnique contre les Rohingyas. C'est ce montrent des rapports très documentés de Amnesty international et de l'Union européenne
 

MEMORIAL 98 



Mise à jour du 19 mai 2018
 L'horreur des viols de guerre


Neuf mois après le début de la grande campagne de l'armée birmane contre les Rohingyas, qui a provoqué l'exode massif au Bangladesh voisin, les camps de réfugiés se préparent avec anxiété aux naissances d'enfants issus de viols de soldats.
Dans ces cités de tentes, soignants et volontaires rohingyas sont lancés dans une course contre la montre pour trouver les femmes cachant leur grossesse, par honte de l'opprobre. Ce phénomène est très habituel dans les suites des viols de guerre et il est d'ailleurs voulu par les bourreaux.
Les travailleurs sociaux craignent des abandons de nouveaux-nés et la mort de femmes en couches dans le secret du plus grand camp de réfugiés du monde.
C'est un motif  supplémentaire pour défendre les populations Rohyngias et  condamner leurs bourreaux. 

MEMORIAL 98


 Lors de la visite du pape François en Birmanie, le chef local de l’Église catholique lui a demandé de ne pas utiliser le terme Rohingya, afin de ne pas déplaire aux autorités birmanes. Les chefs de l’armée et les extrémistes rejettent en effet cette dénomination, car elle représente à leurs yeux une reconnaissance de l’existence de cette minorité nationale. Ils ne veulent reconnaître aucun droit collectif à cette population et la rangent dans la catégorie des "étrangers et apatrides", migrants musulmans tout juste arrivés du Bangladesh voisin.

On connaît ce type de mise à l’écart. Lors de nombreux crimes contre l’humanité et génocides, les populations de victimes  ont été d’abord été discriminées, stigmatisées, dépouillées de leurs droits. Elles ont ensuite  été désignées comme étrangères,  ennemies, regroupées marquées et « étiquetées » sous différentes formes.

Quelques jours après le verdict du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie qui a condamné le général Mladic à la prison à perpétuité pour génocide (Srebrenica) et crimes de guerre et crimes contre l’humanité (notamment lors du siège de Sarajevo) la mise en œuvre d’une « épuration ethnique » des Rohingya est évidemment niée par ceux-là même qui la mettent en œuvre.  

Ainsi le chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, accusé de diriger la campagne de "nettoyage ethnique" envers les Rohingya, a-t-il déclaré au pape, selon un message sur Facebook diffusé par ses services : 
"La Birmanie n'exerce aucune discrimination religieuse" et "De même, notre armée (...) agit pour la paix et la stabilité du pays".
 ˝Mettez fin au nettoyage ethnique des Rohingya˝.


Une photo accompagne ce message d'Amnesty International. Des hommes, des femmes, des enfants, dépenaillés, des regards apeurés. Une femme piétine, un bébé dans les bras. Les hommes portent sur leurs épaules des ustensiles dérisoires et pourtant indispensables. C'est la saison des moussons. Épuisés, ils errent dans la boue.

Minorité persécutée, peuple oublié, épuration ethnique, recherche des mots pour le dire et pour évoquer cette minorité que sont les Rohingya, population musulmane du nord de la province birmane d'Arakan, située à la frontière du Bangladesh. Plus de 600 000 d'entre eux ont été contraints de fuir dans ce dernier. L'armée a mené une campagne d’assassinats, de viols collectifs, d'incendies, afin de les terroriser. 

Qui sont les Rohingya ?
Le terme même de Rohingya est contesté et son utilisation politiquement connotée. Pourtant, dès 1798, un géographe et botaniste écossais, Francis Buchanan-Hamilton écrivait à propos des langues parlées en Birmanie : ˝un peuple nommé Rooinga vit dans le Nord de l'Arakan”. Le mot signifie “'habitant du Rohang”, nom donné anciennement à l'Arakan par les musulmans de ces régions. Cette dénomination a été abandonnée, puis reprise en 1970, par des activistes ˝Rohingya˝. Ces derniers désirent forger une identité singulière et contrer le terme de˝ Bengali”  expression que les Birmans utilisent comme une injure à leur égard.  

Rohingya signifie ˝habitant de l'Arakan˝ dans la langue indo-européenne qui est celle de ce peuple. Les premiers Rohingya sont les descendants lointains de commerçants bengalis. Leur présence en Arakan est antérieure au VIIIe siècle. 
Ils ont été, au cours des siècles, mêlés aux populations de la région:  arabes, mongols, turcs, bengalis voire portugais. Ils se sont convertis, tardivement, à l'Islam, au XVème siècle, par l'intermédiaire des Routes de la soie. À l'époque la région était un État vassal du Bengale.

Une discrimination incessante

Au XVIII siècle, les Rohingya sont victimes de nombreuses attaques de la part des soldats birmans. Vingt mille personnes sont emmenées comme esclaves ou brûlées vives. Ceci explique le soulagement avec laquelle les Rohingya ont accueilli l'occupation britannique en 1826 pendant laquelle ils retrouvèrent une certaine liberté culturelle et même politique.

Les guerres anglo-birmanes (1824-1826,1852 et 1885) ont opposé la Birmanie aux forces britanniques établies en Inde voisine. Les Rohingya servent alors de supplétifs dans l'armée britannique. Ils sont alors considérés comme des traîtres par les indépendantistes birmans.
Durant la 2e guerre mondiale ils subissent les massacres de l'armée japonaise  avec des centaines de morts en 1942, provoquant déjà la fuite vers l'Inde de 22000 habitants.

Après la Seconde guerre mondiale, par peur de se faire persécuter, ils soutiennent de nouveau les Anglais face aux Birmans.

Indépendance de la Birmanie en 1948

En 1948, la Birmanie acquiert  son indépendance et les Rohingya retrouvent pendant quelques années  une légitimité en tant que minorité nationale, au sein de ce pays qui compte de très nombreuses nationalités

En 1962, lors de l'arrivée au pouvoir du dictateur général, Ne Win, les Rohingya sont plus de nouveau rejetés et persécutés. Pendant toute cette période les autorités chinoises soutiennent fortement le régime militaire.
  
De 1962 à 2012 la succession de juntes militaires entraîne une politique de ˝birmanisation." nationaliste.

Ainsi les Bamars, membres de “l'ethnie” dominante bouddhiste, ne les reconnaissent pas en tant que minorité nationale mais uniquement en tant que pratiquant de la religion musulmane. Ils les considèrent comme des intrus, des immigrés, des étrangers.
C’est cette notion d’ ˝immigrés˝ qui n'a de cesse de revenir comme un fléau, tout au long de l’histoire des Rohyngia.

Une population apatride

En 1982, une loi adoptée par la junte militaire de l'époque a décidé d'octroyer la citoyenneté birmane exclusivement aux populations présentes sur le territoire avant 1823, date de l'arrivée des colons britanniques. Les Rohingya sont ainsi exclus de la liste officielle recensant les 135 minorités nationales et sont privés des droits les plus élémentaires. Leurs déplacements sont étroitement contrôlés, leurs terres confisquées, leur droit à fonder des familles mis en cause. Ils sont soumis à toutes sortes de brimades de la part d'une administration qui les méprise
On estime cette population à un million. 
C'est un chiffre approximatif, car ils ne sont pas recensés, preuve qu'on ne les considère pas comme appartenant à la population ni même existant en tant qu'êtres humains.
Pas de nationalité, pas de recensement, persécutions,  tel est le destin de cette population depuis soixante dix ans.

Un peuple persécuté

Les Rohingya, considérés comme des migrants illégaux venus du Bengladesh, vont subir des persécutions sans précédent

Au mois d'octobre 2015, le gouvernement birman organise des élections législatives, en dépit des violences et des milliers de Rohingya déplacés dans des camps. Les musulmans Rohingya sont privés de liberté de mouvement, d'éducation, de soins et donc de vote. Ils sont déjà au moins cent vingt mille entassés dans de sordides camps de tôles et de bâches aux portes de Sittwe, la capitale de l'État de Rakhine (Arakan).

Face à ces violences, s'est constituée ˝l'Armée du salut des Rohingya de l'Arakan˝ (Arsa)
Le 25 août 2017, plusieurs centaines de ses hommes ont attaqué des postes de police, ce qui a provoqué une répression sanglante par l'armée birmane. 600000 femmes, hommes et enfants ont fui vers le Bangladesh. Ils y vivent parqués dans des campements insalubres.
Des villages sont brûlés en représailles. ˝Partez !" vous avez une minute pour quitter le village ! "Partez où vous allez tous mourir˝. Ce sont les ordres donnés par l'armée birmane à ceux qui ont la chance d'avoir entendu cet avertissement et qui ont pu quitter la Birmanie. Les exécutions,  viols et incendies sont pratique courante comme le montrent notamment les rapports des ONG et de l’ONU.
Pieds nus, sans bagages, les Rohingya fuient vers les pays voisins où ils sont cloîtrés depuis dans des conditions inhumaines.

La dame de Rangoon

Depuis l'automne 2015, suite au scrutin législatif, la “Ligue Nationale pour la Démocratie˝ (LND) le parti d'Aung San Suu Kyi a remporté une large victoire. Elle est l'icône de la résistance à l'oppression de la junte. Trente ans de lutte. Vingt ans en résidence surveillée. Prix Nobel de la paix en 1991.
Pourtant depuis ce 25 août, par son silence, elle a semblé soutenir l'armée. Certains l'excusent en prétendant que sa marge de manœuvre est fragile. Elle doit composer avec les militaires qui conservent 25% de sièges du Parlement et des postes clés comme le ministère de la défense. Ils disposent ainsi d’un grand pouvoir de décision.
Mille morts et quatre vingt mille déplacés. La communauté internationale, elle, estime qu'il y a crime contre l'humanité. Aung San Suu Kyi se tait et n'entreprend aucune action pour défendre les Rohingya. Elle sacrifierait leur sort pour préserver la fragile démocratie.
Onze prix Nobel ont fait part de leurs inquiétudes. La jeune prix Nobel de la paix en 2014, Malala Yousafzai critique son homologue, la dirigeante birmane, pour sa gestion du drame de la minorité des musulmans Rohingya en Birmanie, prenant la tête des protestations internationales.
˝Chaque fois que je regarde les informations, j'ai le cœur brisé face aux souffrances des musulmans Rohingya de Birmanie", écrit la jeune Pakistanaise sur son compte Twitter, suivie par près de 850.000 personnes. "Ces dernières années, je n'ai cessé de condamner le traitement honteux dont ils font l'objet »





Les paroles et les actes
Depuis le début de la crise et surtout depuis l’alerte lancée par les ONG et les médias internationaux, l’ONU, le pape, les gouvernements multiplient les prises de position. Mais cela ne débouche pour l’instant sur aucune mesure concrète. Or l’ONU a prouvé à maintes reprises son manque d’engagement pratique afin d’imposer le sauvetage et la mise à l’abri des populations menacées. Les exemples en sont malheureusement nombreux, de la Syrie à la Bosnie et du Rwanda au Sri-Lanka.
De même, peut-on croire à des accords de rapatriement de centaines de milliers de réfugiés du Bangladesh vers la Birmanie, alors que leurs droits élémentaires voire leur existence même n'y sont toujours pas reconnus?   
C’est donc par la mobilisation des opinions publiques et le soutien aux actions d’ONG telles Amnesty International et Human Rights Watch que nous pouvons agir afin d’empêcher l’épuration ethnique des Rohingya. Le cortège de massacres et de viols qui accompagne cette épuration nécessite l’urgence. 

Ne laissons se produire de nouveaux crimes contre l'humanité !
MEMORIAL 98
 EL et AH

˝Birmanie, le pouvoir des moines."
Un documentaire sur la chaîne Public Sénat, diffusé le 7 octobre 2017.

La Birmanie compte un taux très élevé cinq cent mille moines bouddhistes pour 50 millions d’habitants . En principe, ils ne s'occupent pas de politique mais sont chargés de promulguer la religion bouddhiste. Soit de manière éducative, soir de manière prosélyte et autoritaire.
Il existe des groupes bouddhistes plus radicaux qui mènent ouvertement campagne contre la communauté musulmane des Rohingya. En réalité le nationalisme bouddhiste occupe une place centrale dans la vie politique en Birmanie. Les réseaux sociaux sont un excellent conducteur de haine. L’objectif que se fixent tous les moines bouddhistes radicaux de Birmanie est de supprimer la communauté musulmane de l'Arakan c’est à dire la population Rohyngia.

Deux groupes sont particulièrement actifs:
˝Union des moines bouddhistes patriotiques˝
Uthu-sai- Tha fondateur de l'Union des moines bouddhistes patriotiques en est le secrétaire.
 Selon eux il s'agit d'empêcher les musulmans d'envahir le territoire birman et de venir dominer la religion bouddhiste. Ces moines estiment leur religion et leur culture menacée. Ils craignent de perdre de perdre l'identité birmane. Ce groupuscule d'à peine cent militants joue un rôle important dans le nationalisme birman. Ils mènent des actions spectaculaires et médiatiques. La foule entonne leurs slogans avec ferveur lors de meeting ou de manifestations dans les rues.
 Un seul combat : les empêcher de prendre l'Arakan pour en faire un état musulman et l'étendre à tout le pays. Ces groupuscules cultivent la peur du ˝migrant˝ et les sentiments anti musulmans, déjà profondément ancré dans les mentalités. Cette notion n'a de cesse de revenir à la surface comme une ˝tare˝.
Le gouvernement de Aung San Suu Kyi a suggéré un compromis entre Rohingya et birman, Le gouvernement birman, a considéré qu'il s'agissait d'un affront. Aung San Suu Kyi est accusée de vouloir un gouvernement musulman.
En 2015, généraux et groupuscules nationalistes ont crée une loi pour la protection de la race et de la religion.
Plus encore que la religion et la culture, le racisme est revendiqué haut et fort par des groupes extrémistes autour de l'identité nationale. C'est une victoire politique des moines les plus radicaux

Le Ma Da Tha ˝Pas de métèques au gouvernement˝.
C'est le groupe nationaliste le plus influent, protégé par les militaires. Populisme et discours antimusulmans triomphent. Ces derniers sont ainsi désignés : ˝ Ceux qui ont les dents longues, de la barbe, des grands yeux, la peau sombre…  Ils pillent nos ressources,  boivent notre eau, harcèlent  nos enfants. » Ces slogans ont un impact fort dans les zones rurales.  

Mise à jour du 6 mars 2018:
Six mois après le début d'une vaste campagne de répression, l'armée birmane poursuit ses exactions dans les zones rohingya: assassinats, viols systématiques, destruction de la nourriture. Il s'agit toujours de terroriser la population et de la pousser à fuir au Bangladesh. L'accord signé par le gouvernement  birman et qui devait prétendument organiser le retour des Rohingyas dans leurs villages se révèle être un leurre sanglant.
La population rohingya a plus que jamais besoin de notre soutien; faisons connaître leur sort.

MEMORIAL 98



Mise à jour du 14 décembre 2017:
 

L’organisation Médecins sans frontières est la première à publier une évaluation du nombre de victimes de la répression subie par les Rohingya en Birmanie. Selon l’ONG, la mortalité au sein de cette minorité a subi un pic brutal dans les semaines qui ont suivi l’attaque, le 25 août, par l’Armée du salut des Rohingya d’Arakan de plusieurs postes de police. Cette attaque a donné le prétexte à une vague de violences venant de l'armée. MSF estime qu’au moins 6700 civils Rohingya, dont 730 enfants de moins de 5 ans, ont été tués dans le mois qui a suivi ces événements.

Cette évaluation, volontairement modérée, se base sur une étude de mortalité réalisée auprès de 2 434 foyers, représentant 11 426 individus parvenus dans les camps de réfugiés de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh. « Notre chiffre est clairement sous-estimé car il n’inclut pas les ménages totalement exterminés ni les populations restées au Myanmar [nom officiel de la Birmanie]. Nous n’avons pu interviewer que les survivants qui sont parvenus jusqu’aux camps », dit le docteur  Grellety, qui a travaillé sur le terrain.

MSF souligne que la méthodologie est particulièrement prudente afin d’être indéniable. 
"Nos conclusions permettent de décrire la situation de manière objective, on peut parler de nettoyage ethnique. »
Parmi ces morts violentes, 69,4 % des individus ont été abattus à l’arme à feu et 8,8 % ont été brûlés vifs (14,8 % pour les enfants de moins de 5 ans), la plupart du temps dans leurs maisons. 5 % ont été battus à mort et 2,6 % sont décédés du fait de violences sexuelles, d’autres encore ont marché sur des mines antipersonnel.
Plus de 646 000 personnes ont franchi la frontière depuis août. Il ne reste qu’un tiers de la population Rohingya dans l’État de Rakhine, dont beaucoup sont dans des camps de déplacés depuis de précédentes vagues de violence. Comme d’autres ONG, MSF demande un accès sans restriction à la zone, le nord de l’État, mais les autorités acceptent uniquement de travailler avec la Croix Rouge birmane.

Nous appelons à nouveau à soutenir la population Rohingya et le combat des ONG.


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