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lundi 3 mai 2021

En route vers le négationnisme: la nouvelle dérive de l'UJFP

 

Mise à jour du 6 mai 2021

 

L'UJFP déclare qu'elle a retiré son texte à caractère négationniste en publiant une "mise au point" .

 

L'explication fournie pour ce retrait argumente sur une maladresse et des problèmes de formulation, sans expliquer comment un texte aussi catastrophique a pu être produit, validé , publié et maintenu sur le site Internet officiel d'une organisation qui déclare lutter contre le racisme, et ce pendant plus d'une semaine.

Ce texte originel, dont la lecture est nécessaire afin de comprendre de quoi il s'agit, se trouve toujours ici : https://web.archive.org/web/20210502223916/https://ujfp.org/reflexions-sur-lusage-du-terme-shoah-et-la-lutte-contre-lantisemitisme-dans-le-discours-officiel/


MEMORIAL 98

 

L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)  vient de publier sur son site Internet, un texte  critiquant l'utilisation du terme Shoah et présenté comme issu de sa" Commission antiracisme politique, pour la Coordination nationale de l’UJFP le 29 avril 2021"

Ce texte reprend de très nombreux poncifs de la mouvance négationniste/antisémite dite d’ultragauche.

Cette déclaration, suffisamment grave pour mériter notre réaction, nous explique dans son argumentaire central que :

« La destruction des Juifs au cours de la seconde guerre mondiale est l’histoire spécifique de l’Europe occidentale habituée par ailleurs à traiter les indigènes des colonies qu’elle occupait en sous-hommes, taillables et corvéables à merci. Réduits la plupart du temps à l’état d’esclavage. La nouveauté dans la destruction des Juifs d’Europe a résidé dans le fait qu’ils étaient blancs et européens  Qu’un certain nombre ont été transformés par les nazis en esclaves aux services des entreprises allemandes travaillant pour l’effort de guerre nazi jusqu’à l’extrême limite de leur résistance physique avant d’être détruits et réduits en cendres.

Ainsi, si on comprend bien le raisonnement tortueux de l’UJFP, il n’y avait pas de la part des nazis et d’Hitler de projet génocidaire (ce terme ne figure d’ailleurs pas un seule fois dans le texte UJFP), visant à tuer tous les Juifs d’Europe et d’ailleurs. Il s'agissait uniquement, selon l'UJFP,  d'un projet d’exploitation de la force de travail de ces Juifs, puis d’élimination après usage.

Afin de pouvoir à toute force présenter la Shoah comme une simple poursuite en Europe des entreprises coloniales, le texte nie la volonté nazie d’exterminer les Juifs dans le cadre de la "solution finale du problème juif".

Cette argumentation s’oppose à toute l’histoire réelle de la Shoah.

Nié le discours d’Hitler au Reichstag le 30 janvier 1939, pour le sixième anniversaire de sa prise du pouvoir en 1933, Hitler déclare :

« Je vais à nouveau être prophète, aujourd'hui : si la juiverie financière internationale, hors d'Europe et en Europe, réussissait à précipiter encore une fois les peuples dans une guerre mondiale, alors la conséquence n'en serait pas la bolchévisation de la terre et la victoire de la juiverie, mais l'anéantissement de la race juive en Europe » s’agit-il de travail forcé ?

Quand dès septembre 1941 en Ukraine à  Babi Yar, trente-trois mille sept cents Juifs ukrainiens de tous âges et des deux sexes ont été tués par les nazis, s’agissait-il de travail forcé ?

Quand Eichmann est chargé de mettre en œuvre la «  solution finale de la question juive en Europe » il s’agissait donc de travail forcé ?

Quand 900000 Juifs polonais, notamment de Varsovie sont mis à morts dans le camp de Treblinka, s’agissait-il de travail forcé ?

Quand les Juifs de Norvège, de Grèce, de Hongrie, de France furent traqués et transportés à Auschwitz et dans d’autres camps de mise à mort, s’agissait-il de travail forcé?

Les centaines de milliers d’enfants Juifs assassinés par les nazis étaient-ils destinés au travail forcé ?

Les rédacteurs de ce texte infâme ignorent-ils que le projet nazi d’anéantissement des Juifs a duré jusqu’au dernier moment de la guerre et qu’il était prioritaire par rapport à toute forme de travail forcé ?

Il y a une histoire déjà longue du négationnisme dit d’ultragauche. Il s’est agi depuis longtemps de relativiser la Shoah et l’antisémitisme nazi afin de combattre prétendument le discours antifasciste qui servirait de caution au capitalisme et à la « démocratie bourgeoise »

Dès 1960 circulait un texte dénommé « Auschwitz ou la Grand Alibi » produit par un groupuscule « bordiguiste » . Celui-ci ne niait pas la Shoah mais exonérait les nazis de leur antisémitisme exterminateur et prétendait « expliquer » le génocide par une concurrence entre différentes fractions de la petite-bourgeoise. Cette grille de lecture soi-disant marxiste ouvrait en réalité la voie au négationnisme antisémite dans lequel se sont illustrés le groupe de la Vieille Taupe de Pierre Guillaume et tant d’autres groupes et revues, de la Guerre Sociale à La Banquise.

Il ne s’agit plus de marxisme mais d’un prétendu « décolonialisme » mais qui aboutit à la même démarche: il faut minimiser la Shoah et la placer dans la continuité du colonialisme.

Les spécialistes de l’UJFP vont-ils appliquer la même grille au génocide des Arméniens, à celui des Tutsi, des Bosniaques musulmans de Srebrenica, à celui des Rohingyas ?

Un grave danger guette l’UJFP: quand la ligne rouge est franchie, comme dans cette déclaration, tout devient prétexte à mettre en cause les projets génocidaires des régimes exterminateurs. C’est d’ailleurs ce qu’on trouve dans d’autres passages du texte, qu’on croirait tirés de la prose de propagandistes antisémites, ainsi: 

« Nous devons nous interroger sur le sens et le bruit entretenu à propos de la lutte contre l’antisémitisme, réel ou supposé, contre l’antisémitisme seul » L’allusion porte sans doute sur les assassinats de Mireille Knoll et celui de Sarah Halimi , voire celui de Ilan Halimi que l’UJFP avait refusé de reconnaître comme un acte antisémite. L'UJFP s'est d'ailleurs à nouveau dissociée de la commémoration largement unitaire du quinzième anniversaire de cette mort en distribuant un tract provocateur lors de cette initiative

Idem pour la comparaison nauséabonde entre le sort des enfants Juifs assassinés et le sort d’enfants expulsés avec leurs parents après être passés par des Centres de rétention ( c’est évidemment une mesure ignoble pour laquelle la France a été condamnée plusieurs fois par la justice européenne) Certes le texte est obligé de reconnaître  que « Même si, nous le savons, la mort programmée n’est pas la finalité de leur déportation » mais dans ce cas pourquoi comparer et pourquoi parler de « déportation » et de «  disparition par l’expulsion/élimination » ?.

Si cette déclaration avait été la première manifestation d’une position trouble face à la Shoah et à l’antisémitisme, elle serait déjà fort dangereuse

Mais il s’agit ici de bien autre chose: l'UJFP n'a jamais mené une quelconque action contre l'antisémitisme. Sa seule ligne en ce domaine consiste à justifier les propos antisémites de personnes telles que Houria Bouteldja et ses acolytes.

Récemment un des ses représentants à Bordeaux a exigé que le terme antisémitisme soit retiré de l’intitulé d’une commission municipale destinée à lutter contre le racisme et l’antisémitisme.

Cela remonte à fort loin puisque déjà en 2006 ce groupe a boycotté avec d'autres organisations tout aussi aveuglées, le rassemblement de protestation après le meurtre antisémite de Ilan Halimi, au prétexte que la police et la justice qui n'avaient pas établi le caractère antisémite de l'affaire.  

Cet étrange raisonnement, s'agissant d'organisations habituellement peu enclines à s'aligner sur les analyses policières, témoignait du refus à s'emparer du combat contre l'antisémitisme, en raison des liens supposés avec la situation au Moyen-Orient.

La même confusion s'est poursuivie lors de la marche blanche après le meurtre de Madame Knoll en 2018  puisque l'UJFP s'est alors rangée sous la bannière de Daniel Knoll, qui défendait également la présence du Front National lors de cette marche (voir ici)

Les militant-es de l’UJFP sont évidemment directement concerné-es par cette déclaration abjecte faite en leur nom.

Espérons qu’ils-elles sauront l’exprimer.

Memorial 98

 

 

 

   

 

 

 

 

    

   

 

 

  

samedi 16 mai 2020

Génocide des Tutsi: son organisateur enfin arrêté tente d'échapper à la justice

 
Mise à jour du 12 novembre 2020: Kabuga devant le tribunal international de La Haye

Félicien Kabuga, a comparu pour la première fois à La Haye le mercredi 11 novembre.  Arrêté en France en mai dernier, il est poursuivi pour sept chefs d’inculpation dont génocide et complicité de génocide. Il a fait savoir par la voix de son avocat qu’il plaiderait non coupable. Il avait tenté d'éviter sa comparution devant ce tribunal mais la Cour de Cassation a rejeté son recours. Il aurait du être jugé à Arusha en Tanzanie, mais son état de santé a déterminé une localisation plus proche

Félicien Kabuga ne reconnaît pas les crimes qui lui sont reprochés. Ce n’est pas une surprise. Il plaidera donc non coupable. Il était présent à l’audience mais s’est seulement exprimé brièvement au tout début de son habituelle voix faible, et pour confirmer qu’il comprenait la langue utilisée à l’audience ou en tout cas sa traduction.

Cette audience initiale ne signifie pas l’ouverture d’un procès, car pour cela, il faudra encore attendre des mois.

 Le procureur Serge Brammertz et ses équipes travaillent encore à la mise à jour de l’acte d’accusation qui, tel qu’il a été lu à l’audience aujourd’hui, date de 2011, soit près de 10 ans. Une actualisation s’impose donc pour notamment tenir compte des témoins encore disponibles ou non, ou de nouveaux éléments qui auraient été découverts depuis.



 
 Mise à jour du 2 septembre 2020

Félicien Kabuga tente par tous les moyens d'échapper à la justice internationale.

Il a saisi a plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, la Cour de Cassation, après le feu vert donné le 3 juin par la cour d'appel de Paris à sa remise au Mécanisme pour les tribunaux internationaux (MTPI). Cette structure est chargée d'achever les travaux du Tribunal international pour le Rwanda ( TPIR) et siège à Arusha en Tanzanie. Ses avocats mettent en avant son état de santé. La décision sera annoncée le 30 septembre.

Un autre génocidaire présumé de haut niveau est recherché, après avoir lui aussi trouvé refuge en France.
Un mandat d'arrêt international contre Aloys Ntiwiragabo a été émis par le Rwanda. Après sept mois d'enquête, le journal Mediapart avait en effet retrouvé celui qui était à la tête du renseignement militaire à l'époque du génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête préliminaire pour "crimes contre l'humanité".
A cette occasion on a découvert les errements de l'administration française qui semble avoir accordé le statut de réfugié à des génocidaires présumés.

Avec nos amis et partenaires de l'association de rescapés du génocide  Ibuka et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda nous exigeons que les génocidaires présumés soient déférés devant la juridiction qui est mandatée pour cela. 

MEMORIAL 98



 

Grande et bonne nouvelle: Félicien Kabuga, considéré comme le financier du génocide des Tutsis et l’un des principaux accusés encore recherchés par la justice internationale, a été arrêté le 16 mai. Cette arrestation survient un mois après la 26e commémoration du début du génocide 
Agé de 84 ans, Félicien Kabuga, qui résidait à Asnières-sur-Seine (92) sous une fausse identité, est notamment accusé d’avoir créé les milices Interahamwe , principales structures armées du génocide de 1994.
Il est visé par un mandat d’arrêt du Mécanisme international, la structure chargée d’achever les travaux du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR). 
Selon le communiqué des autorités françaises, il faisait partie des fugitifs les plus recherchés au monde.

Il a présidé la Radio génocidaire des Mille-Collines

Son arrestation montre que les responsables de génocide peuvent être contraints de rendre des comptes, même vingt-six ans après leurs crimes, a commenté le procureur du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI)
En 1994, Félicien Kabuga – dont une fille était mariée à un fils du président rwandais Juvénal Habyarimana – appartenait au cercle restreint de ce dernier, dont l’assassinat, le 6 avril 1994, allait déclencher le génocide.

Il présidait la Radio télévision  des Mille-collines (RTLM), qui diffusait des appels aux meurtres des Tutsi et dont le rôle toxique fut extrêmement important.
Dans les jours qui précèdent le début du génocide le 6 avril 1994, il est annoncé à l'antenne de cette radio que "Le 4 ou le 5, il va se passer un petit quelque chose (...) une petite chose est prévue. Cette petite chose va continuer les jours suivants… Hohoho !". 
Le génocide débute finalement le , immédiatement après que l'avion du président Habyarimana a été abattu, vers 20h30. 
Radio Mille Collines diffuse des listes de personnes à exécuter dès 21h, montrant la radio était un instrument de la planification du génocide.
Au cours du génocide, la RTLM encourage sans cesse les tueries en indiquant les endroits où des Tutsi se cachent, donnant des noms de personnes à abattre, galvanisant les miliciens pour qu'ils attrapent et découpent les inyenzi et "remplissent les fosses". Inyenzi, un mot dans la langue commune locale kinyarwanda qui signifie « cafard », « cancrelat », est alors utilisé pour désigner les Tutsi.

Kabuga dirigeait aussi le Fonds de défense nationale (FDN) qui collectait des fonds destinés à financer la logistique et les armes des miliciens hutu Interahamwe, selon l’acte d’accusation du TPIR.

Dans ce cadre, il est également accusé d’avoir ordonné aux employés de sa société […] d’importer un nombre impressionnant de machettes ( les armes du génocide) au Rwanda en 1993, avant de les faire distribuer en avril 1994 aux Interahamwe. 
Le document ci-dessous montre le bon de transport de 987 cartons de machettes ( matchets) commandés par Kabunga
 
Les machettes constituent l'arme atroce du génocide. Elles provoquent des souffrances terribles. De nombreux témoignages de survivant.e.s racontent comment les victimes des tueurs suppliaient d’échapper à la machette et d'être tuées par balles. Mais les génocidaires réclamaient alors d'être payés pour compenser "le prix de la balle". 

Réfugié en Suisse en juillet 1994 avant d’être expulsé, Félicien Kabuga avait ensuite temporairement rejoint Kinshasa en RDC. Il avait été signalé en juillet 1997 à Nairobi, où il avait échappé à une opération destinée à l’arrêter, puis à une autre en 2003,
Il doit désormais être rapidement présenté au parquet de Nanterre en vue de son incarcération puis au parquet général de Paris dans les prochains jours.

Graves interrogations sur le séjour de Kabuga en France: qui l'a protégé? 
Son arrestation, qui constitue une excellente nouvelle, pose également de nombreuses interrogations que formule Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda( CPCR) lequel combat pour que les génocidaires cachés en France soient extradés vers le Rwanda ou à défaut jugés en France.
« Le fait qu’il soit arrêté près de Paris sous une fausse identité soulève évidemment la question du niveau de protection dont il a pu bénéficier . Comment est-il parvenu à obtenir ses faux-papiers ? Comment est-il arrivé jusqu’ici ? J’espère que l’enquête et le procès permettront de le savoir. Cette arrestation très importante ne doit pas faire oublier qu’il reste d’autres génocidaires en liberté et que certains sont toujours recherchés par le TPIR..."  

L'arrestation de Kabunga constitue une victoire contre l'impunité; elle doit aussi permettre d'avance beaucoup plus fortement dans la recherche de la vérité concernant la responsabilité des autorités françaises dans le déroulement du génocide (voir ici nôtre dossier à ce sujet )

Voir d'autres articles de Memorial 98 à propos du génocide des Tutsi et du négationnisme qui poursuit son œuvre:







MEMORIAL 98

lundi 1 mai 2017

Contre le FN, qui a assassiné Brahim Bouarram: pas d'abstention !

                                 Tract et visuel diffusés par Memorial 98



La commémoration de la mort de Brahim Bouarram le 1er mai prend cet année un caractère tout à fait particulier.

Elle a lieu a quelques jours du 2e tour de la présidentielle et du risque de succès de ce parti, qui a déjà récolté plus de 7 millions de voix lors du premier tour.

                                         Saïd Bouarram appelle à voter contre le FN  


Dédiabolisation ?

La supercherie de la "dédiabolisation " a récemment subi quelques accrocs, avec la révélation de la persistance d'un antisémitisme ancré au sommet du FN, chez Marine Le Pen et Florian Philippot. 
 Il s'agit aussi du négationnisme antisémite symbolisé notamment par Jean-François Jalkh,  le président qu'ils ont voulu placer en intérim et qu'ils ont du retirer en catastrophe face aux révélations.

La candidature de MLP est aussi soutenue, financée, parrainée par son père, toujours président d'honneur du parti qu'il a fondé et transmis à sa fille, laquelle n'a jamais modifié le nom de cette formation marquée par le fascisme. 

La présence massive et le rôle crucial rôle des néo-nazis tels que Frédéric Châtillon, Axel Loustau et Philippe Péninque apparaît au grand jour. Ce groupe d’anciens du GUD dirige la machine financière du FN et pèse d’un poids important.

Violence omniprésente

L’anniversaire de l'assassinat de Brahim Bouarram rappelle que l'histoire du FN est marquée par le violence raciste de ses membres et des milices qui gravitent autour de lui. 

Le meurtre du jeune Ibrahim Ali à Marseille en 1995  par des nervis frontistes a précédé de quelques semaines seulement celui de Brahim Bouarram.

Depuis les violences n'ont cessé de s'accumuler, comme le recensent nos dossiers . Ces crimes ont été traités avec une grande indulgence par la justice,  notamment dans le cas des assassins de Brahim Bouarram, comme nous le montrons ci-dessous.

Un parti fasciste 

Au delà des travestissements, le FN a été et demeure un parti non seulement ultra-réactionnaire mais également clairement ancré dans la centralité qu'il attribue au racisme, à l'exclusion, symbolisées par la "Préférence nationale" qui équivaut  à une "chasse aux métèques". 
Les mots d'ordre les plus populaires de ses meetings sont "La France aux Français" et  "On est chez nous" .  
Il exploite cyniquement la misère afin d'imposer son programme d'exclusion et de xénophobie. 
C'est un parti inscrit dans la longue chaîne des organisations fascistes qui ont mené aux pires catastrophes et aux génocides, comme le montre sa volonté de lier intimement antisémitisme, négationnisme et racisme anti-immigrés.
 En effet, c’est le souvenir du nazisme et de la collaboration qui explique la difficulté à faire passer  l’orientation de la « préférence nationale ».
 Le FN n'est pas "populiste" ou " souverainiste": c'est le parti de la haine fasciste. Il rassemble autour de lui tout ce que la pays compte de néo-nazis comme Soral et Dieudonné,  de  nostalgiques de l'Algérie Française comme Ménard, de  racistes, d'antisémites, de pétainistes, d'homophobes comme Sens Commun et la "Manif pour tous" . Le soutien de Christine Boutin et de son acolyte Jean-Frédéric Poisson   le symbolise.

Battre le fascisme 

Face à un tel parti et à son programme d'exclusion, il ne saurait y avoir d'hésitation, d'abstention ou de vote blanc. 
Il ne faut pas laisser s’installer progressivement l’idée que l’extrême droite pourrait un jour accéder au pouvoir. De plus, un score au 2e tour de 70 % - 30 % n'équivaut pas à un résultat à 55 % - 45 %. Dans ce dernier cas, il y aurait encore plus de racisme et de discriminations. 

Ce parti fasciste et antisémite doit être battu dans les urnes et dans les têtes. Sa démagogie sociale ne représente qu'une posture et un maquillage de ce qui constitue le cœur de son idéologie raciste et antisémite. Il y a quelques mois en pleine bataille sur la loi Travail, le directeur de campagne de Le Pen,  David Rachline et son acolyte Ravier ont proposé au Sénat des mesures ultra-libérales et défavorables aux syndicats.

Marine Le Pen elle-même ne cesse d'attaquer les syndicats notamment la CGT, qu'elle inclut dans sa dénonciation de "l'oligarchie" en citant " Les syndicalistes, les artistes les journalistes ..." 

Il faut tout faire afin de battre les fascistes du FN, pour réduire leur influence électorale et leurs idées. Il s'agit donc de voter massivement pour Emmanuel Macron, sans aucunement approuver son programme ou ses projets, ni lui donner un quelconque chèque en blanc. 




Memorial 98  

lundi 10 avril 2017

Marine Le Pen: derrière la démagogie sociale, fascisme, racisme, antisémitisme.



                          A gauche le négationniste Faurisson avec Dieudonné et  Frédéric Châtillon,    ami et proche conseiller de Marine Le Pen (à droite)

 Marine Le Pen tombe le masque et affirme son antisémitisme. Elle veut minimiser  la mémoire de Vichy et de la collaboration, car cette mémoire empêcherait la mise en place de la « préférence nationale »    

La chef du FN jette le masque de la prétendue « dédiabolisation »  en déclarant à deux semaines du premier tour de la présidentielle : « Je pense que la France n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv ». Il s'agit manifestement d'un choix stratégique car elle redouble le propos identique de Florian Philippot tenu quelques jours auparavant

Dans l’émission « Le Grand Jury RTL-LeFigaro-LCI » du 9 avril, le journaliste Olivier Mazerolle l’a interrogée sur son programme prônant « la promotion du roman national et le refus de repentance ». Il lui a demandé si Jacques Chirac avait eu tort de prononcer son discours de 1995 sur le Vél’ d’Hiv, dans lequel il avait reconnu la responsabilité de la France.  « Je pense que la France n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv », a t-elle répondu, se plaçant ainsi en opposition à cette reconnaissance. 
Avant de développer :
« Je pense que, de manière générale, plus généralement, d’ailleurs, s’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas la France…. » 
Au delà des arguties verbales, la justification de la chef frontiste se dévoile ensuite, lorsqu’elle poursuit dans une argumentation manifestement très  préparée:  « …  La France a été malmenée dans les esprits depuis des années. En réalité, on a appris à nos enfants qu’ils avaient toutes les raisons de la critiquer. De n’en voir que peut-être que les aspects historiques les plus sombres. Je veux qu’ils soient à nouveau fiers d’être Français. »

Et elle ajoute ce passage qui est occulté dans les médias et qu’il faut lire attentivement : «  à condition  que la France leur donne confiance et  rompe avec le sentiment que nos  dirigeants ont mis en place une politique qui vise à avantager les autres plutôt que les nôtres »

Ainsi selon la chef frontiste, c’est le souvenir du nazisme et de la collaboration qui explique la difficulté à faire passer  l’orientation de la « préférence nationale ». Pour elle et pour tous les dirigeants fascistes, antisémitisme, négationnisme et racisme anti-immigrés sont intimement liés.

C’est d’ailleurs  la théorie qu’avait développé à la fin des années 1990 Martin Peltier, proche conseiller de Jean-Marie Le Pen, néo-nazi convaincu, directeur à l’époque de l’organe officiel du FN « National Hebdo »

« Le crime fut commis par la France »

«Vent printanier»: ce fut le nom de code imaginé pour la plus vaste opération d'arrestations de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale en France et pour laquelle le régime de Vichy avait mobilisé la police française.

Les 16 et 17 juillet 1942, à Paris, 13152 Juifs sont arrêtés par la police française. 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants sont enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’Hiver.
Les couples sans enfants et les célibataires (1989 hommes et 3003 femmes) sont internés au camp de Drancy.
Du 19 au 22 juillet, les familles du Vél’ d’Hiv’ sont transportées dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Adultes et adolescents sont déportés en premier. Brutalement séparés de leurs parents, environ 3000 enfants en bas-âge sont laissés sur place dans une affreuse détresse. Ils sont transférés à Drancy puis déportés entre le 17 et 31 août 1942. Aucun d’entre eux n’est revenu de déportation.
D'autres rafles avaient précédé celle-ci, dont celle du 20 août 1941.

La responsabilité du régime de Vichy dans les déportations des Juifs est restée longtemps un sujet tabou, y compris sous la présidence de François Mitterrand, qui, malgré les protestations,  faisait fleurir chaque année la tombe de Pétain dans l'ile d’Yeu. 

Lors de la cérémonie commémorative de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1995,  soit cinquante ans après la fin de la guerre, Jacques Chirac a reconnu publiquement que les autorités françaises avaient accompli l’irréparable en déclarant: «« La France, ce jour-là ( le 17 juillet 1943), accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.»
Une partie de la droite a rejeté cette prise de position, soit ouvertement, soit en attaquant la « repentance » comme Sarkozy à plusieurs reprises
En 2012, François Hollande avait réaffirmé la responsabilité de la France. « La vérité, c’est que le crime fut commis en France, par la France », avait-il souligné. « Pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l’ensemble de cette opération. » Avant d’ajouter : « Il ne peut y avoir, il n’y aura pas, dans la République française, de mémoire perdue. »


La continuité antisémite du Front National

Marine Le Pen contredit donc la vérité historique, car la rafle du Vel d'Hiv a été entièrement organisée par la police française. Pour les besoins de son opposition à une prétendue "repentance" et pour fortifier le "récit national ( en l' occurrence plutôt national-socialiste)" elle reprend le discours antisémite et négationniste de son père Jean-Marie Le Pen. 
Depuis les assises du FN à Lyon, le 4 février, le président d'honneur du parti se déclare très satisfait du tournant identitaire et droitier pris par la campagne de  Marine Le Pen: « Il y a un retour à l'orthodoxie de la ligne du FN. Désormais, il pense qu'elle peut se qualifier au second tour », précise un proche

La candidate prétendument "apaisée et dédiabolisée" du FN bénéficie donc du parrainage d'un élu négationniste, antisémite, condamné plusieurs fois pour ses propos dans ce sens. Ainsi pour Marine Le Pen également, les chambres à gaz ne sont qu' "un détail de l'Histoire". Elle est aussi soutenue, au delà des querelles, par Marion Maréchal Le Pen dont l’orientation poursuit l’héritage du dirigeant antisémite Charles Maurras.

Elle s’inspire aussi des propos de Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, attaquant la repentance et boycottant la cérémonie du 8 mai avec Chirac.
Il a d’ailleurs ouvert la voie au FN en légitimant largement ses thèses, comme le notent de nombreux travaux de sciences politiques ainsi que les chefs frontistes eux-mêmes. 

 Les révélations de la campagne
 
Durant cette campagne l’antisémitisme et le négationnisme du FN ont été plusieurs fois révélés, malgré la volonté de la direction de les dissimuler.       
Ainsi en plus du soutien de Jean-Marie Le Pen, symbole de l’antisémitisme et du négationnisme, le rôle des néo-nazis tels que Frédéric Châtillon, Axel Loustau et Philippe Péninque est apparu au grand jour. Ce groupe d’anciens du GUD dirige la machine financière du FN et pèse d’un poids important.

Plusieurs émissions de télévision  et le livre de la journaliste spécialisée Marine Turchi ont montré à quel point le négationnisme et les propos antisémites sont  répandus et tolérés au sein du FN. Les sanctions éventuelles se produisent uniquement lorsque ces propos sont rendus publics et épargnent de toute manière le noyau des amis « gudards » de Marine Le Pen.

A deux semaines du premier tour de la présidentielle, il s'agit donc pour Marine Le Pen d'un signal destiné à renforcer l'orientation ultra-nationaliste et raciste de sa campagne. Elle amalgame ainsi la non-responsabilité des autorités françaises dans la déportation des Juifs de France et les soi-disant mesures favorables aux étrangers, qu’elle stigmatise avec mépris en les désignant comme  « les autres ». 

MEMORIAL 98 


MISES A JOUR

Mise à jour du 26 mai  2019


Lors de la prise de parole de Jordan Bardella ce soir, suite au bon score du RN aux élections européennes, on note (ci-dessus) la présence réjouie de Philippe Vardon, ainsi affiché sans gêne. Or Philippe Vardon,  fasciste de Nice est l’ancien porte-parole des jeunesses Identitaires, il a également fait un passage au GUD et dans le groupe de rock identitaire "Fraction", avec Fabrice Robert, qui dirige aujourd'hui le Bloc identitaire. Ce groupe diffusait des chants ouvertement nazis. Vardon a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amendes pour incitation à la haine raciale et reconstitution de ligue dissoute. Les jeunesses identitaires ont en effet été considérées en 2007 par le tribunal de grande instance de Nice comme une émanation d'Unité radicale, dissoute par le gouvernement en 2002 après la tentative d'assassinat  de Maxime Brunerie contre Jacques Chirac
Il a d'abord travaillé auprès de Marion Maréchal avant de poursuivre son ascension dans l'appareil lepéniste.
Bardella lui-même a été l'assistant parlementaire de Jean-François Jlakh, éphémère président du FN et négationniste avéré ( voir notre dossier ici )
Quelques jours après le scandale de corruption russe qui a fracassé le chef de l'extrême-droite en Autriche, Strache, le maintien d'un score si élevé du RN est particulièrement inquiétant. Cette situation nécessite que les antifascistes se regroupent et mettent en oeuvre une stratégie soudée et déterminée. Les politiques anti-sociales sont à bannir totalement.
Mise à jour du 20 février 2019

Marine Le Pen profane la mémoire d'Ilan Halimi en se rendant à Bagneux devant la plaque qui rappelle son assassinat le 19 février jour des mobilisations dans tout le pays. Lors du meurtre de 2006, le père et financeur de la cheffe du RN/FN, véritable pape de l'antisémitisme en France était le président du parti qu'elle dirige grâce à lui. Elle en profite évidemment pour lancer ses habituelles attaques haineuses contre les musulmans et les migrants. Nous avions déjà protesté lors de sa participation provocatrice aux obsèques de Mme Knoll.
MEMORIAL 98


Mise à jour du 10 décembre 2018 

Marine Le Pen se retrouve à nouveau avec Bannon lors d'un meeting organisé par les fachos du Vlaams Belang, quelque mois après l'avoir accueilli en grande pompe lors du congrès fondateur du RN/FN (ci-dessous).
Cette fois-ci il s'agissait de dénoncer le très modéré " Pacte de Marrakech sur les migrations" transformé en épouvantail par les fascistes et xénophobes du monde entier.
 

Bannon et Marine Le Pen en meeting à le 8 décembre 2018 à Bruxelles 



Bannon en a aussi profité pour se féliciter que " Paris brûle", en référence aux manifestations violentes et aux Gilets jaunes sans que la dirigeante du RN proteste contre cette formule.   
  
Lors de son congrès de Mars 2018 à Lille, censé pourtant symboliser sa « dédiabolisation », le FN avait réaffirmé  ses positions les plus nauséabondes
           Bannon au congrès du FN/RN en mars 2018
  
  
-En accueillant triomphalement le même fasciste US Steve Bannon, organisateur de la campagne de Trump,  directement responsable du développement de l’extrême-droite dans son pays et qui veut mettre en place une Internationale « populiste »    
-En maintenant dans son sigle le « flamme » reprise des fascistes italiens, comme signe de continuité avec les origines du parti.  
-En choisissant comme nouveau nom le "Rassemblement National" directement hérité du parti collaborationniste, pétainiste et antisémite RNP (Rassemblement national populaire) de Marcel Déat fondé en 1941.
MEMORIAL 98


Mise à jour du 15 juin 2018: victoire judiciaire contre le fasciste Axel Loustau.

La journaliste de Mediapart Marine Turchi qui avait relaté les saluts fascistes de ce proche de Marine Le Pen, trésorier de son parti, est relaxée en appel. 
Elle avait été condamnée en première instance mais en appel le tribunal a validé l'ensemble de son enquête.
Comme elle l'a écrit la photo ci-dessous montre bien un salut fasciste de Lousteau lors de  son anniversaire en 2011. 


Mise à jour du 6 juin 2017:

La "dédiabolisation du FN" à nouveau démasquée par une enquête de BuzzFeed: sur les 573 candidats que présente le Front national aux législatives, une centaine au moins poste, aime ou partage des contenus homophobes, antisémites, islamophobes, racistes. En réalité, l'exemple vient d'en haut, des sommets du FN, même si les chefs sont plus prudents et allusifs dans leur expressions (voir ci-dessous  et également ici ). On note d'ailleurs que Nicolas Bay, directeur de la campagne FN des législatives, a qualifié ce 6 juin sur France Info cet article de «totalement mensonger». Selon lui, les «candidats disent la vérité».


Mise à jour du 2 mai: 

 Nouvelles révélations sur l’implication de néo-nazis avérés dans l’équipe de la candidate du FN.
Le photographe des meetings de Marine Le Pen diffuses  des pages et images nazies. Il s'appelle Laurent L., mais se promène sur internet sous le pseudonyme d'AlexVril comme le montre l'enquête.
Ceci n'est pas une anecdote ni un hasard. Laurent-Alex Vril est employé par e-Politic, la société de communication dans laquelle le néo-nazi Frédéric Chatillon, ami intime de Marine Le Pen, ancien chef  du groupe violent GUD, est impliqué (voir ci-dessous).
Quel.le antifasciste peut-il/elle envisager de s’abstenir ou de voter blanc le 7 mai, face à cet étalage fasciste ? Qui peut envisager de faire du "ni-ni" face aux assassins de Brahim Bouarram, tué par des nervis du FN le 1er mai 1995? 


    


MEMORIAL 98 

#VotercontreFN7Mai




Mise à jour du 30 avril


Ce dimanche 30 avril  à Saint-Nazaire, l'ancienne Résistante et déportée de Ravensbrück, Christiane Cabalé, a refusé de voir des membres du Front national participer à la cérémonie du souvenir des victimes et des héros de la Déportation. : « Je ne ferai pas de discours mais juste dire que la présence du Front national, ici, est une honte et une insulte à nos amis disparus. Je vous demande de sortir. »  A voir en vidéo   
Bravo à elle et aux autres résistants de St Nazaire. 

Nous associons son acte courageux à celui  de Simone Lagrange, déportée et résistante qui avait ainsi en 1998 expulsé du Mémorial des enfants juifs d'Izieu  Charles Millon, allié du FN

Nous pensons également au cri d'alerte poussé récemment en Autriche par une survivante de la Shoah, face à la perspective de la victoire de l'extrême-droite aux élections présidentielles. 

Mise à jour du 27 avril:

Florian Philippot défend Jalkh, nouveau président du FN nommé par Marine Le Pen, négationniste et adepte de Faurisson et qui a participé en tant que membre de la direction du FN  à la commémoration de la mort de Pétain.

Alors que les preuves s'accumulent contre Jalkh , le prétendu "dédiabolisé" et social Philippot tente de jeter la confusion. Ceci confirme ses propos récents sur le Vel' d'Hiv' tenus une semaine avant ceux de Marine Le Pen (voir ci-dessous) ainsi que ses accointances avec le néo-nazi Soral. 
Ce parti fasciste et antisémite doit être battu dans les urnes et dans les têtes. Sa démagogie sociale ne représente qu'une posture et un maquillage de ce qui constitue le cœur de son idéologie raciste et antisémite.

MEMORIAL 98  


Mise à jour du 25 avril:


Pour les besoins de sa campagne du 2e tour de la présidentielle, Marine Le Pen prétend ne plus être la dirigeante du FN.
Mais son remplaçant temporaire à la présidence du parti, Jean-François Jalkh, a défendu des thèses négationnistes en "doutant" de l'utilisation du Zyklon B dans les chambres à gaz.  Il a été très proche de Jean-Marie Le Pen.




Il faut tout faire afin de battre les fascistes du FN et de réduire leur influence électorale et leurs idées. Il s'agit donc de voter massivement pour Emmanuel Macron, sans aucunement approuver son programme ou ses projets ni lui donner un quelconque chèque en blanc.



MEMORIAL 98