mercredi 22 juillet 2015

Quand les nazis déportaient les Juifs de Varsovie.


A Varsovie, le 22 juillet marque chaque année la commémoration du début de la  grande déportation des Juifs du ghetto en juillet 1942. Elle part du monument de l'"Umschlagplatz" lieu d'où partaient les convois de déportés, parcourt l'ancien espace du ghetto dont ne subsiste strictement rien et termine devant le centre culturel et de mémoire dédié à Emmanuel Ringelblum, héroïque historien du ghetto.    

Alors que le gouvernement polonais actuel multiplie les déclarations et actes à caractère antisémite, en s'attaquant notamment à l'histoire de la Shoah, cette date revêt une signification particulière.

Memorial 98

 Cette "Aktion", comme l’appelaient les nazis, débute le 22 juillet 1942, six jours après la rafle du Vel d'Hiv' à Paris

Elle s’inscrit dans le cadre de la plus vaste "Aktion Reinhardt", organisée par les nazis en Pologne occupée; celle-ci inclut la construction des camps d'extermination de Belzec (mars 1942), Sobibor (mai 1942) et Treblinka (juillet 1942). 
Ce dernier camp joue un rôle particulier dans l'extermination des Juifs de Varsovie, 280 000 Juifs déportés de la capitale polonaise y seront assassinés. 
L'Aktion de Varsovie prend fin temporairement le 21 septembre suivant, le jour de la plus importante fête juive, Yom Kippour; les nazis, dans leur rage antisémite, utilisaient souvent les dates des fêtes religieuses juives afin de procéder à des persécutions particulières ou marquer leur "connaissance" du judaïsme.

Après cette grande déportation, le ghetto de Varsovie est réduit à  un camp de travail où 36 000 Juifs survivent officiellement et où 20 à 25 000 clandestins se terrent. Son sursis tient d’une part à la pénurie de main-d’œuvre gratuite dont l'administration nazie veut disposer et d'autre part à la nécessité d’une pause afin de recenser et d’expédier vers le Reich les biens volés dans le ghetto. 

Quelques jours après le début de la déportation de juillet, la résistance juive s’unifie dans un « Bloc antifasciste » et se dote d’une branche armée, l’Organisation juive de combat (OJC), fondée le 28 juillet 1942. Cette démarche débouchera plusieurs mois plus tard sur la révolte du ghetto de Varsovie.

Les premières opérations de l'OJC sont dirigées contre les responsables de la "police juive" et autres collaborateurs.

En janvier 1943, une seconde Aktion visant à liquider le reste du Ghetto est interrompue par les nazis eux-mêmes, face à la résistance et au fait que la population se cache dans un réseau souterrain creusé durant des mois. Himmler ordonne alors la destruction du ghetto et de ses habitants. 

Le 19 avril 1943, les unités SS chargées de sa mise en œuvre sont repoussées par des centaines de combattants ne disposant que de quelques revolvers et grenades.
C'est le début de la révolte du Ghetto de Varsovie

Le commandant allemand est relevé de ses fonctions, le général SS Jürgen Stroop lui succède. Plus de 2 000 SS, soutenus par de l‘artillerie et des blindés incendient maison après maison. Les Juifs sont asphyxiés, carbonisés, enterrés vivants dans les abris où ils sont retranchés. Le 16 mai 1943, Stroop fait dynamiter la grande synagogue. Il câble à Himmler : « Il n’existe plus de quartier juif à Varsovie. ». 

Le principal dirigeant de l’insurrection et de l’Organisation Juive de Combat (OJC), Mordehaï Anilewicz, se suicide le 8 mai, suivi quelques jours plus tard par Szmuel Zygielbojm, représentant du mouvement ouvrier juif Bund dans le gouvernement polonais en exil à Londres .

Une marche a lieu chaque année à Varsovie en souvenir de cette journée du 22 juillet. Elle part de l’Umschlagplatz, lieu de formation des convois de déportation, passe sur les lieux du Ghetto, dont il ne subsiste absolument rien et se termine devant le Centre historique qui porte le nom d'Emmanuel Ringelblum, qui fut l'historien du ghetto de Varsovie.

Nos pensées vont vers les victimes de cette extermination et vers ceux qui au cœur des ténèbres, entamèrent la préparation de leur actes héroïques qui apparurent au grand jour dans les mois qui suivirent. 

Memorial 98

 

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