jeudi 28 mai 2015

Les Verts mettent à nouveau la Fondation Bardot à l'honneur: la protection des animaux au risque du racisme .

Mise à jour du 2 avril 2019
Brigitte Bardot récidive dans le racisme le plus extrême à l'égard des habitants de la Réunion qu'elle traite de "dégénérés" et " démoniaques" . Elle a déjà été condamnée cinq fois pour incitation à la haine raciale notamment à l'égard des musulmans.
Malgré cela elle bénéficie d'une nouvelle promotion de la part d'une dirigeante des Verts, la sénatrice Esther Benbassa. Celle-ci a organisé un colloque, y a invité la fondation Bardot et met particulièrement en valeur cette dernière, la seule qu'elle cite, comme le montre son communiqué ci-dessous  et ce malgré le scandale raciste. 

Communiqué: " La captation du colloque "Nous avec les animaux?" que j'ai organisé en partenariat avec la Commission "Condition animale" d'EELV et de nombreuses associations dont la Fondation Brigitte Bardot, au Sénat le 18 mars est en ligne.
Si vous le souhaitez, vous pouvez diffuser la vidéo du colloque.
Cordialement,
Esther Benbassa, Sénatrice de Paris

Nous avions déjà alerté en 2015 contre la complaisance à l'égard de la Fondation Bardot de la part d'EELV mais celle-ci perdure. Il est donc nécessaire de la dénoncer publiquement.



                             Courrier de soutien de Brigitte Bardot au Front national

Memorial 98

La réunion publique se tenait ce jeudi 28 mai dans un café parisien: organisée par Pascal Durand, ancien ministre et actuel député européen Europe Écologie, elle avait pour thème " l'animal va aussi souffrir du TAFTA" (traité transatlantique) . Parmi les quatre invités mis en avant par Europe Écologie, Christophe Marie, actuel porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

Brigitte Bardot, qui continue à signer tous les éditos de la Fondation, est connue depuis plusieurs dizaines d'années pour son soutien sans faille au Front National, pour qui elle appelle à voter très régulièrement. Mais l'ex-actrice ne se contente  pas de soutenir les racistes: elle-même a été condamnée cinq fois pour incitation à la haine raciale, notamment pour des propos tenus sous prétexte de défendre les animaux, victimes selon elle et sa fondation de "la barbarie" musulmane. La Fondation s'en prend avec la même violence à l'abattage rituel juif.

En cela, son discours s'intègre parfaitement dans la rhétorique de l'extrême-droite officielle, qui ces dix dernières années a investi de manière tout à fait ostensible le sujet de la "protection des animaux": l'association "Vigilance Halal" par exemple, tenue par un militant de Riposte Laïque et du Bloc Identitaire a pu se prévaloir du soutien de Brigitte Bardot pour une manifestation contre la ferme des 1000 vaches, la Fondation embarrassée , répondant par la voix de son porte-parole qu'ils regrettaient que leur fondatrice "dénonce l'islam" mais déclarant aussi qu'ils soutenaient " toute initiative pour la protection des animaux.

Ce double discours se retrouve fréquemment chez Christophe Marie, orateur de ce soir. Ainsi avait-il donné un entretien en 2011 à Novopress, l'agence de presse du Bloc Identitaire en 2011. Pris la main dans le sac, il avait alors prétendu ne pas savoir à qui il avait affaire et avait fait retirer l'article...mais seulement après que l'entretien ait donné lieu à une polémique bien relayée.

De fait la question du rapport à l'extrême-droite divise profondément les mouvements antispécistes et/ou de défense des animaux depuis plusieurs années. La Fondation Brigitte Bardot mais également d'autres associations proches de l'extrême-droite sont présentes au sein des mouvements anti-corrida, pro-végétariens ou contre l'exploitation des animaux pour l'industrie alimentaire ou à d'autres fins. Cette présence est combattue par une partie du mouvement, mais défendue par une autre, au nom de l'"apolitisme" ou de la nécessité d'un front "total" pour les animaux.

Pascal Durand a ouvertement choisi son camp : ancien Ministre, député européen, et donc figure importante d'Europe Écologie, il porte un coup dur aux antiracistes qui se battent dans ces luttes sans abdiquer leurs convictions. Beaucoup de militantEs opposés à toute forme d'exploitation et de souffrance animale n'ont nullement besoin de dénoncer spécifiquement et en termes racistes ou antisémites les pratiques alimentaires de minorités oppressées pour mener leurs combats. 

Bien au delà de ces luttes spécifiques , cette collaboration avec la Fondation Brigitte Bardot pose une question globale: un mouvement peut-il se dire antiraciste, s'il considère, qu'en certains domaines, l'alliance avec des mouvements mis en cause pour racisme est non seulement acceptable mais souhaitable ?


mercredi 27 mai 2015

Sarkozy, absent du Panthéon, boycotte l'hommage aux résistants


Le président de l'UMP et futur chef des Républicains était "trop occupé" ce 27 mai pour daigner se joindre à l'hommage aux quatre résistants ( Germaine Tillon, Genviève De Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Jean Zay)  entrant au Panthéon. C'est en tout cas le prétexte qu'il a fourni pour justifier son absence.

Or, parmi les résistants honorés, figure notamment Jean Zay, victime emblématique du régime de Vichy et de la Milice qui l’assassiné en juin 1944 , en tant que Juif (par son père), protestant (par sa mère) et franc-maçon.
Avant-guerre, il avait subi des campagnes extrêmement violentes de l’"Action française" qui le traitait de 'Juif corrupteur de la jeunesse'.
Dans son pamphlet antisémite, " L’École des cadavres [1938]" Céline utilisait le nom de famille de Jean Zay pour en faire un verbe sale. Dans un flot d’ordures, il écrivait  : "Je vous Zay."  ("je vous hais")

Jean Zay est encore à ce jour la cible de l'extrême-droite en raison d'un poème pacifiste et anti-militariste qu'il avait publié dans sa jeunesse. Des associations de militaires, proches de la droite nationaliste, avaient protesté en 2014 contre sa désignation pour entrer au Panthéon.
Le site du néo-nazi Soral titrait le jour de la cérémonie: "Jean Zay au Panthéon : Hollande choisit d’insulter la Nation" 

Le choix de boycott de la part de Sarkozy prolonge en fait une attitude constante de sa part à propos de la 2e guerre mondiale.
En mai 2007, à peine élu, il  avait inauguré son quinquennat en boycottant les cérémonies du 8 mai célébrant la défaite du nazisme. Il voulait ainsi marquer son refus de la "repentance", à savoir la reconnaissance de la responsabilité de l’État Français dans la collaboration avec le nazisme. Dans son discours de victoire du 6 mai 2007, il avait comme durant toute sa campagne électorale, attaqué la "repentance" qui conduit à "la haine de soi". Cette tirade récurrente témoignait  de la volonté de réécrire l’histoire dans le sens d' une exaltation nationaliste. Il s'agissait pour lui  de réviser l'histoire de la colonisation et de la coopération  des autorités françaises avec l’occupation nazie. Dans ce but, il avait d'ailleurs tenté de manipuler les résistants des Glières, la figure de Guy Môquet et même le sort des enfants juifs tués dans la Shoah 

Sarkozy prétend représenter les "Républicains", selon le nom qu'il veut faire adopter par l'UMP.  Il inaugure cette dénomination en boycottant une grande commémoration résistante et en adressant un signe supplémentaire de connivence à l'extrême-droite . 

MEMORIAL 98

Laurent Ozon, ancien du FN co-organise une attaque contre les sans-papiers avec les néo-nazis (vidéos)

Laurent Ozon faisait partie de la première génération du "nouveau FN" de Marine Le Pen. Ce théoricien, proche du Bloc Identitaire, racialiste ou "susbtantialiste" selon ses propres termes, avait été propulsé directement au bureau politique du Front, avant de démissionner brutalement en août 2011. Il avait alors publié un texte de soutien à peine déguisé au tueur de masse néo-nazi Andreas Breivik, accusant les immigrés en "surnombre" d'être la cause d'actes dont il sous-entendait de manière très transparente la légitimité.

On le retrouve aujourd'hui très logiquement activiste de la haine en compagnie des néo-nazis du groupe belge "Nation".  Alors que des sans-papiers manifestaient devant le Parlement de Bruxelles, Laurent Ozon s'est infiltré au cœur du rassemblement pour proférer des insultes racistes envers lesmanifestants, très vite rejoint par des membres de la milice néo-nazie.

Beaucoup de questions se posent sur ce qui a rendu possible cette provocation. Les autorités belges étaient forcément au courant de l'organisation de cette action raciste puisque dès le 22 mai, Laurent Ozon appelait sur son compte Twitter à venir perturber physiquement la manifestation. Or bien loin d'intervenir pour l'en empêcher, la police a au contraire protégé les néo-nazis et encerclé les sans-papiers afin de permettre aux agresseurs de partir tranquillement .


Voici la vidéo de l'incident d'hier Place Du Luxembourg. On peut y voir Laurent Ozon qui termine son discours provocateur et raciste en plein milieu de la manifestation des #SansPapiers.On y voit également qu'il avait organisé sa milice (les membres du parti néo-nazi : Nation) pour intervenir dès qu'il aurait provoqué une bagarre. L'attitude de la police pose question également. Pourquoi s'est elle retournée contre les sans-papiers, qui voulaient faire dégager les provocateurs (qui n'avaient aucune autorisation pour leur manifestation, contrairement aux sans-papiers) ? Pourquoi les boucliers et les casques des policiers étaient face à nous pendant que Laurent Ozon et sa milice de Nation défilait tranquillement sur la place tout en continuant à nous provoquer ? Pourquoi les avoir protégé eux et pas nous ?#Antifascisme #NoBorder
Posted by LCR / SAP on mercredi 27 mai 2015


Aujoud'hui devant le parlement European https://twitter.com/Dylan_Klass/status/603163854428905472 #extrêmedroite #manif #Bruxelles #sanspapier
Posted by PhotoAhsii on mardi 26 mai 2015


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mardi 26 mai 2015

Rien de structuré politiquement dans l'incendie volontaire d'une mosquée, selon le procureur ?

Dans la nuit du 23 au 24 avril 2015, un incendie volontaire détruit la mosquée de Pargny sur Saulx dans la Marne. Si l'enquête s'oriente tout de suite vers la piste d'un incendie criminel, le procureur chargé de l'affaire a cette petite phrase : «Des tensions existent au sein de la communauté qui fréquente la salle de prière»...

Un mois plus tard, le 19 mai, 5 suspects sont interpelés, dont deux mineurs de 16 et 17 ans.
Le procureur à cette occasion déclare à l'AFP :
« Sur fond d'alcool, les suspects dont deux sont mineurs, auraient décidé de brûler la salle de prière après avoir vu un reportage à la télévision sur l'affaire Sid Ahmed Ghlam (un Algérien de 24 ans mis en examen pour un projet d'attentat au nom de l'islam contre au moins une église et pour l'assassinat d'une femme à Villejuif) »
« Les interpellés, dont un est en récidive de destruction, ne sont pas structurés politiquement. Il s'agit plutôt d'une soirée arrosée qui aurait dégénéré après que le père a lancé l'idée d'aller incendier la salle »

Dépolitiser l'islamophobie violente, comme le fait le procureur dans cet article, est une stratégie dangereuse: attribuer d'emblée le passage à l'acte à la consommation d'alcool, insister sur le caractère familial de l'équipée raciste ayant conduit à l'incendie volontaire d'une salle de prières pour en déduire qu'il n'y avait pas de "structure politique", c'est refuser concrètement de poser la bonne question.

Qu'est ce qui favorise dans ce pays une telle facilité des passages à l'acte islamophobes ? A quel degré de puissance d'endoctrinement idéologique et d'influence concrètes sont parvenus les partis et groupes d'extrême-droite qui appellent sans arrêt à la haine contre les musulmans, pour que des sympathisants en viennent à commettre des violences finalement très politisées, qui avant, étaient beaucoup le fait de militants investis pleinement dans des organisations structurées ?
Ne pas poser ces questions, c'est ramener un phénomène politique au "fait divers" et minimiser l'ampleur du racisme actuel.

lundi 25 mai 2015

La violence néo-nazie, ce vaudeville ?

Deux procès se sont tenus à quelques jours d'intervalle en Franche-Comté, avec sur le banc des prévenus les mêmes néo-nazis de Combat 18.

Le premier procès, le 20 mai 2015, concerne un règlement de comptes extrêmement violent entre membres de Combat 18. L'Est Républicain titre "Vaudeville chez les néo-nazis du Haut Doubs".

"Là, ce 13 avril 2014, le chef l’a bastonné à coups de triplex (ceinture composée de chaînes de moteur) et son frère a porté l’estocade à coups de Doc Martens avant de tenter de lui brûler un tatouage avec une cigarette. Tandis qu’un troisième prenait des photos de la séance et que le quatrième regardait sans broncher."

Voici ce que la presse locale appelle un "vaudeville". C'est léger un "vaudeville", ce n'est pas une tragédie sociale, qui impliquerait de s'interroger sur les causes d'une telle violence, sur les processus amenant des jeunes gens à se livrer en groupe à des séances de tabassage et de torture.
Le néo-nazisme, surtout ne doit pas être pris au sérieux, interrogé comme fait de société. Une anecdote dont le sordide doit faire sourire, pas réfléchir, qu'on se le tienne pour dit. 

Deux jours plus tard se tenait un second procès concernant des tags incitant à la haine, le jet d'un cocktail molotov contre un squat dijonnais (qui n'a heureusement pas fait de victime) et l'organisation d'un groupe de combat.

dimanche 24 mai 2015

Un militant de l'extrême-droite négationniste tranquillement élu aux municipales sur une liste "apolitique"

Une enquête a été ouverte à l'encontre d'un élu municipal de Hautes Rivières, dans les Ardennes, suite à la publication sur sa page Facebook d'une vidéo négationniste, qui se conclut par « Les chambres à gaz n’ont pas existé, il s’agit d’une simple rumeur »...

On notera que l'élu en question, Olivier Badré, est décrit comme "ancien membre du Front national et proche des thèses négationnistes". 
Nier l'existence des chambres à gaz c'est être "proche du négationnisme" ? Que faut il faire pour être en plein dedans ? C'est le comble des précautions sémantiques à l'égard de l'extrême droite.

Le conseil municipal peut prétendre que "personne ne partage les idées " de ce néo-nazi, mais il suffit de consulter le compte Facebook de Badré pour voir qu'il n'a jamais caché ses opinions. Bien au contraire, il publie depuis longtemps des liens comme " François Hollande serviteur des Juifs" ou encore une vidéo d'un concert de "Fraction", groupe néo-nazi des années 2000, dont le chanteur était Philippe Vardon, du Bloc Identitaire, vidéo qui a été réalisée à l'époque par ses soins. 

On parle en plus d'un village à 1000 inscrits sur les listes électorales, donc d'une zone où tout le monde se connaît. Mais le seul article consacré à la liste du maire sur laquelle a été élu Badré, parle d'une liste "apolitique", ce qui montre à quel point la présence de militants de l'extrême-droite la plus proche des milieux néo-nazis est banalisée, au point de passer comme une lettre à la poste et de ne pas avoir fait de bruit ni avant, ni après les élections municipales et jusqu'à ce jour.

10 Identitaires et une banderole, et une couverture médiatique sans critiques

Samedi 23 mai 2015, quelques militants du Bloc Identitaire ont accroché une banderole "L'immigration tue l'Afrique, l'immigration tue l'Europe" sur le balcon de la représentation en France de la Commission Européenne.

Couverture par l'AFP et BFM d'une action perpétrée par dix fascistes: une dépêche avec photo. Trois paragraphes: dans le premier les slogans de l'action, dans le dernier la reprise de phrases entières du communiqué. Si l'on compte la photo de l'immense banderole du Bloc qui accompagne l'article, plus des deux tiers de l'espace de la dépêche sont donc consacrés à la propagande du groupe d'extrême-droite.

Qu'est ce qu'on pouvait mettre d'autre ? Par exemple, le rappel d'autres actions du groupe, qui n'hésitent pas à jouer les milices privées dans le métro, ou à attaquer la mosquée de Poitiers. 
Ni à manifester son soutien aux politiques islamophobes d'un maire Front National. En effet, quelques jours plus tôt, le 19 mai, le même Bloc identitaire a recouvert d'autocollants "pas de mosquée chez moi !" le siège de la communauté d'agglomération de Mantes (Yvelines) et ainsi réaffirmé son soutien à Cyril Nauth, maire FN de Mantes la Ville, qui s'oppose à l'aménagement d'un lieu de prière musulman sur la commune.

Mais pour avoir un minimum d'analyse sur ce mouvement, encore faudrait-il ne pas être fasciné par la jolie banderole tellement photogénique et les jeunes activistes tellement propres sur eux. C'est manifestement trop demander à nos médias, qui bien évidemment ne parlent pas d'une action syndicale, par exemple, s'il n'y a pas au moins cent personnes pour la mener, au moins au niveau national. Faut croire que le progressisme passe moins bien à l'écran...