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dimanche 12 juillet 2020

Srebrenica: 25 ans près le dernier génocide du vingtième siècle, des attentats d'extrême-droite commis en son nom.


                                     Au cimetière de Potocari



Le dernier génocide du vingtième siècle, qui en connut tant, a eu lieu à Srebrenica en Bosnie à partir du 11 juillet 1995, un an après le génocide des Tutsi au Rwanda.


Les  conséquences de ce génocide continuent à résonner 25 ans après, dans la région des Balkans mais également dans le monde entier.
Génocides et crimes de guerre motivent et inspirent la poursuite des actes de violence raciste
Le négationnisme est un terreau fertile pour des nationalistes et des mouvements d’extrême droite, avec pour cible principale les communautés musulmanes. « Les extrêmes droites et les néonazis partout dans le monde ont repris le discours de Karadzic et  Mladic ( chefs serbes génocidaires condamnés) , sur comment combattre l’islam et ceux qu’ils considèrent comme des “barbares”, des “sauvages” 
De la même manière les nostalgiques d'Hitler et du nazisme tuent encore des Juifs au nom de cette idéologie dans les synagogues de Pittsburgh et de Halle.
La version négationniste serbe de l’histoire de l’ex-Yougoslavie est ainsi très présente dans les déclarations d'Anders Breivik, auteur des attentats contre les jeunes militants travaillistes à Oslo et Utoya, en Norvège en juillet 2011, ou de Brenton Tarrant, responsable des attaques contre des fidèles musulmans dans deux mosquées de Christchurch, ayant fait 51 morts en Mars 2019.
Dans son texte « 2083 : Une déclaration européenne d’indépendance », Breivik étale au fil des 1500 pages une véritable obsession pour les Balkans et ne cache pas sa fascination pour certains chefs de guerre serbes. Il appelle à expulser d’Europe les Bosniaques musulmans et les Albanais ou, s’ils refusent, à les anéantir par des moyens militaires.
Brenton Tarrent, son imitateur, est obsédé par la croisade des nationalistes serbes contre les Musulmans de Bosnie.
 Tarrant, qui s’est affirmé « véritablement inspiré » par Breivik, s’est filmé roulant vers la mosquée Al-Noor, où il allait tuer 51 fidèles musulmans, en train d’écouter une chanson serbe à la gloire de Radovan Karadzic. Initialement intitulée Karadzic, Lead Your Serbs (Karadzic, commande tes Serbes), elle est devenue populaire sur les sites Internet des extrêmes droites occidentales sous le titre Remove Kebabs qui signifie, dans le langage de ces militants, Supprimons les musulmans.
 
Un négationnisme qui vient de loin:
Le phénomène du déni n’a rien de nouveau: il commence même le plus souvent au moment où le crime est commis, voire en amont.
C’est le cas de tous les génocides et crimes contre l’humanité. L’exemple de la Shoah est connu puisque les nazis furent les premiers négationnistes de ce génocide en travaillant à effacer les traces de leurs méfaits par l’exhumation et le brûlage des cadavres.
Dans le cas de Srebrenica, le déni a procédé dans le même esprit avec la volonté de masquer le crime: des centaines de cadavres ont été déterrés pendant des mois des fosses communes originelles pour être enterrés ou éparpillés ailleurs. Cela conduit à un deuil particulièrement traumatique pour les familles des victimes.

   Des mères et veuves de Srebrenica dans un acte symbolique avec 8000 tasses de café

Ainsi Fatima Mujic récite plusieurs fois par jour la prière des morts, pour ses fils et son mari tués à Srebrenica.
Mais elle hésite chaque fois en pensant à Refik, l'aîné, dont le corps n'a pas été retrouvé, 25 ans après le massacre.
"Je pense toujours qu'il est vivant quelque part. Pour les autres, je sais, mais quand je prie pour lui mes mains se mettent à trembler, je ne sais pas quoi faire", raconte cette veuve.
Deux de ses trois fils et son mari, dont les restes ont été retrouvés dans des fosses communes après la guerre, ont été enterrés en 2010 dans le centre mémorial proche de Srebrenica, où reposent à ce jour 6.643 victimes du massacre du mois de juillet 1995.
Les forces serbes bosniennes du général Mladic, condamné à perpétuité par la justice internationale, avaient alors tué plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques (musulmans).
Ce massacre  a été qualifié d'acte de génocide par la justice internationale et l’ONU .
Les corps de mille personnes sont toujours recherchés.
Fatima Mujic, 75 ans, habite aujourd'hui Ljesevo, un village proche de Sarajevo. Elle dit "vivre pour l'appel" qui lui annoncera que les restes de Refik ont été retrouvés. Il avait 25 ans, une fille de 18 mois et un garçon âgé de 40 jours.
Mais les dernières des 84 grandes fosses communes ont été découvertes en 2010.

"Maman, ne me laisse pas"

Depuis juillet 2019, "les restes de treize victimes seulement ont été retrouvés". 
Lors du 25e anniversaire du massacre samedi 11 juillet, Fatima se souvient de son "combat" devant la base des forces de l’ONU à Potocari, près de Srebrenica, où se trouve aujourd'hui le Mémorial du génocide, pour  sauver son plus jeune fils, Nufik, âgé de 16 ans.
Des milliers de femmes, d'enfants et de vieillards surtout s'étaient massés là, le 11 juillet 1995, dans l'espoir d'être protégés par les soldats néerlandais de l’ONU.
Les soldats serbes séparaient les hommes et les adolescents des autres, et les amenaient à l'exécution.
Nufik "s'était accroché à moi et m'a dit Maman, ne me laisse pas  J'ai caressé ses cheveux bouclés. Je ne te laisserai pas. Ils l'ont pris, je les ai suivis. Je ne sais pas s'ils m'ont frappée, je ne me souviens plus de rien", raconte Fatima.
Ses deux autres fils et son mari, qui avaient fui par les collines boisées, ont été capturés et tués.

Un génocide planifié

Dès le mois de mars 1995, un ordre est signé par le chef des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic à l'intention du chef militaire Mladic. C'est la fameuse "directive n° 7"  qui ordonnait aux soldats bosno-serbes de « créer une situation insupportable d’insécurité totale sans aucun espoir de survie ou de vie pour les habitants de Srebrenica ».
Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils musulmans prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance de la ville. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la (Force de protection des Nations unies (Forpronu). Quatre cent cinquante casques bleus y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des Musulmans 
Parmi les réfugiés du camp néerlandais, il y avait le traducteur du bataillon, avec toute sa famille (père, mère et petit frère), et l’électricien. Le 13 juillet, l’électricien et le petit frère du traducteur furent chassés du camp par les militaires néerlandais. Le père du traducteur les suivit. Les trois hommes furent massacrés avec les autres, et à la fin de la guerre, leurs proches déposèrent une plainte contre le gouvernement des Pays-Bas.
Quand les miliciens serbes de Bosnie commencent à séparer les hommes des femmes, les soldats néerlandais le voient et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. 8.000 hommes ont été tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes. Ce massacre a été, à juste titre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ordre écrit donné en amont plusieurs mois en avance, puis sa réalisation par le tri et la séparation des hommes ainsi que leur extermination massive, "industrielle", portent les caractères du génocide.
Parmi les hommes qui ont choisi de se placer sous la protection des Nations unies, pratiquement aucun n'a survécu. Seuls ceux des habitants de Srebrenica qui se sont réfugiés dans les forêts ont eu un peu plus de chances de survie.
Le mandat de l'ONU en Bosnie prévoyait pourtant clairement un recours à la force en cas de besoin. Le 10 juillet, la veille du massacre, le commandant du bataillon néerlandais avait demandé au général français Bernard Janvier, qui assumait le commandement militaire des Nations unies en ex-Yougoslavie, de lancer des frappes contre les forces serbes de Bosnie. Mais il n'a pas été entendu.
 
Les Nations unies ont reconnu leur responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1999. Un rapport présenté par son secrétaire général d'alors, Kofi Annan, reconnaissait alors la « faillite de la politique dans des zones de sécurité ».
Le rapport ajoute : « La communauté des nations, en décrétant un embargo sur les armes, a laissé les Serbes dans une position de supériorité militaire écrasante et a, en fait, privé la République de Bosnie-Herzégovine de son droit de légitime défense, consacré dans la Charte des Nations unies ». « La fourniture d'une aide humanitaire n'était pas une initiative suffisante face aux opérations de ´´nettoyage ethnique´´ et de génocide ». « Srebrenica a été le révélateur d'une vérité que l'ONU et le reste du monde ont comprise trop tard, à savoir que la Bosnie était une cause morale autant qu'un conflit militaire. La tragédie de Srebrenica hantera à jamais notre histoire ». Comme au Rwanda mais aussi au Sri-Lanka, autres lieux de faillite de l'ONU.

Un négationnisme qui vient d’en haut

La Bosnie a été divisée après la guerre en deux entités, la Republika Srpska  ( RS serbe) et la Fédération croato-musulmane. Les musulmans de Bosnie ont demandé à plusieurs reprises le démantèlement de la RS, fondée à la suite d'un génocide.
Milorad Dodik, chef des Serbes de Bosnie dans cette RS,  qui règne par la haine et la corruption, a décrété en 2017 qu’il était interdit d’évoquer dans les manuels scolaires de son entité le génocide de Srebrenica et le siège de Sarajevo, parce que ces événements « ne sont pas vrais ». Il pense ainsi garantir la poursuite des sentiments de haine auprès des jeunes. Il a qualifié l’année suivante les tueries de Srebrenica de « tragédie mise en scène pour sataniser les Serbes ». Ces dernières années, des monuments, plaques, peintures murales et graffitis à la gloire de Karadzic et Mladic fleurissent plus que jamais en territoire serbe. 


       En territoire Serbe, le terme génocide a été effacé de cette plaque à coups de burin

Ce 11 juillet 2020, quelques heures après la cérémonie en hommage aux victimes au cimetière-mémorial de Srebrenica, un contre-hommage était organisé à Bratunac, à quelques kilomètres de là, à la gloire du général Mladic. Déni contre vérité.
Amor Masovic, qui dirige l’Institut pour les personnes disparues de Sarajevo et recherche depuis vingt-cinq ans les charniers et les cadavres des victimes de la guerre, estime que « l’étape finale d’un génocide est supposée être le déni, or, aujourd’hui, ils ont ajouté encore une étape supplémentaire : le triomphalisme. C’est comme si la race supérieure n’avait rien fait de mal, puisqu’elle est la race supérieure. Des criminels de guerre libérés sont élus maires et parlementaires, en République serbe et en Serbie. Ils ont compris qu’il n’y aurait aucune conséquence sur la scène internationale. Cette absence de réaction a conduit au déni, puis au triomphalisme ».
Les gouvernements occidentaux portent en effet une lourde responsabilité dans le développement du négationnisme en ne sanctionnant pas ses manifestations.
L’académie du prix Nobel de littérature a quant à elle choisi de l’attribution du prix Nobel de littérature en 2019 à l'écrivain autrichien Peter Handke.
Le fait de décerner une récompense aussi prestigieuse à un proche ami de Milosevic (initiateur de la guerre de purification ethnique),  auteur de divers ouvrages contestant la réalité des guerres yougoslave a été ressentie comme une agression par la communauté bosniaque musulmane victime de la guerre, par la communauté sarajévienne ayant lutté pour défendre la coexistence intercommunautaire, et plus généralement par tous ceux qui combattent le négationnisme.
L’écrivain Aleksandar Hemon,  exilé de Sarajevo qui vit aux Etats-Unis, pense que « la ligne directrice en Europe occidentale est l’islamophobie. Handke fait partie de cette culture qui se sent supérieure aux Bosniaques musulmans et à tous les musulmans. Les jurés sont des hypocrites. Ce prix Nobel est islamophobe et fait partie de l’essor de l’extrême droite en Europe et aux Etats-Unis ».

Nos pensées vont aux victimes du génocide de Srebrenica, à leurs familles marquées à jamais et dont la souffrance est entretenue et intensifiée par le négationnisme. Nous rendons aussi un hommage particulier aux militantEs serbes qui luttent pour la justice et la reconnaissance du génocide, dans des conditions particulièrement difficiles. C'est le cas notamment des "Femmes en noir", une association pacifiste dont la branche serbe fut créée au début des guerres de Yougoslavie et qui organise des rassemblements commémoratifs. C'est le cas aussi de l’association de jeunes "Youth Initiative for Human Rights" (YIHR) qui a mené dès 2005 une première campagne de sensibilisation en occupant la moitié des panneaux d’affichage de Belgrade. On y voyait s’étaler des photographies des victimes de Srebrenica accompagnées des mots : « Pour voir, pour savoir, pour se souvenir. »

Pour faire face au négationnisme et à ses conséquences mortifères, les familles de Srebrenica, les Bosniaques, les combattants contre le négationnisme en Serbie, ont  plus que jamais besoin de la solidarité de l'opinion internationale, afin de bâtir un autre futur.




mercredi 20 mars 2019

Génération identitaire: dissolution immédiate!



Le tueur de Christchurch, Brenton Tarrent, a fait quatre dons financiers à Génération identitaire en France, selon les enquêtes en cours. Ces contributions s'ajoutent à ses dons à la branche autrichienne des Identitaires. C'est la branche française de cette Internationale fasciste qui a organisé la mise en scène de la traque contre les migrants organisée en France en avril 2018 sous le titre " Defend Europe" (voir ci-dessous)







Mises à jour du 26 mars: 
1) Brenton Tarrent, le tueur de Christchurch, était en lien avec les fascistes Identitaires d'Autriche et notamment avec leur dirigeant Martin Sellner. Ce dernier reconnaît que le tueur a fait un don de 1500 Euros à son organisation mais prétend qu'il n'y a pas eu de relation ultérieure. Les Identitaires en question sont particulièrement imprégnés de racisme et d'antisémitisme. Le premier ministre Kurz qui dirige une coalition avec l'extrême-droite FPÖ est amené à envisager la dissolution de l'organisation Identitaire autrichienne. 

Or Sellner et d'autres identitaires autrichiens ont participé à l'action contre les migrants organisée en France en avril 2018 sous le titre " Defend Europe" (ci-dessus). Toute une mise en scène avait mobilisé les Identitaires de toute l'Europe au col de l’Échelle à la frontière avec l'Italie.


Des photos y montrent Sellner ( ci-dessous).




Le même Sellner collait des croix gammées sur des synagogues pendant sa "période" néo-nazie, comme le montre l'article ci-dessous de la presse autrichienne.








Ces révélations mettent en cause Damien Rieu, chef historique des Identitaires français et actuel attaché parlementaire du député RN Gilbert Collard. C'est lui qui a organisé  cette action spectaculaire qui a généré des dépenses importantes avec par exemple la location d'un hélicoptère. Tarrent a envoyé son don début 2018 et il apparaît donc plausible qu'il ait ainsi contribué à l’initiative des Identitaires quelques semaines plus tard. 
L'internationale fasciste tisse ses liens qui aboutissent à des crimes sanglants.


2) Complotisme et antisémitisme en Nouvelle-Zélande: Ahmed Bhamji, responsable d'une mosquée, a publiquement accusé le " Mossad" israélien d'être derrière l' attentat
Cette attaque contraste avec le climat de solidarité et de fraternité qui s'est développé en Nouvelle-Zélande en réaction à la tuerie. C'est également une insulte à l'engagement qui à conduit les Juifs de Nouvelle-Zélande à fermer, dans un geste historique, toutes les synagogues du pays lors de la journée qui a suivi l'attentat et qui correspondait au Shabbat ( voir ci-dessous) 

Memorial 98
Capture d'écran du site de Soral le 20 mars 2019

Après les attentats contre les musulmans de Christchurch, le site de Soral "Égalité et réconciliation" met en avant un « ex-officier de la CIA » nommé Robert David Steele, présenté également comme  "prix Nobel de la Paix" (sic!) afin de promouvoir une explication complotiste et antisémite de la tuerie .
Celui-ci affirme dans un pseudo-entretien avec une agence iranienne que les "Israéliens sont impliqués dans l’attaque des deux mosquées en Nouvelle-Zélande ". 
Pour faire bon poids ce lumineux "prix Nobel" ajoute que les mêmes israéliens sont également responsables de nombreux autres attentats notamment:  " L’attaque du 11 Septembre aussi, c’était leur travail. Idem pour l’attaque sur le navire d’espionnage américain en 1967 et l’assassinat de JF Kennedy Junior pour laisser la voie libre à Bill Clinton" ( voir capture d'écran ci-dessus) 
Il est à noter que le même Steel est un acolyte du principal complotiste américain Alex Jones, ami de Trump qu'il a interviewé dans son émission le 2 décembre 2015. Dans une des émissions de Jones, Steel à prétendu  qu'il existe une " colonie d'enfants esclaves sur la planète Mars"
Selon lui, ces enfants auraient été kidnappés et tués par la NASA, selon des modalités qui ressemblent d'ailleurs furieusement aux  prétendus crimes rituels attribués aux Juifs. 

En janvier dernier Soral a enfin été condamné à une peine de prison ferme d'un an pour ses insultes à l'encontre d'une magistrate et pour des propos appelant au génocide des Juifs; il avait ainsi écrit sur le même site" Égalité et Réconciliation"  :
"Entre le peuple juif et le reste de l'humanité, le combat ne peut être que génocidaire et total..."
"Les Juifs sont dominateurs, manipulateurs et haineux..."  
Ceux qui soutiennent la "liberté d'expression" de ce propagateur multi-récidiviste de haine homicide se rendent complices de ses appels aux meurtre. 
Ceux qui comme Étienne Chouard, excusent voire justifient les propos de Soral se font avec lui propagateurs de l'antisémitisme exterminateur. La caution hélas apportée à Chouard par le député LFI François Ruffin constitue une très lourde faute que sa demi-rétraction ultérieure est loin d'effacer.
Par ses affirmations antisémites et calomniatrices à propos de Christchurch, Soral tente d'effacer le mouvement de solidarité et de deuil qui a conduit les Juifs de Nouvelle-Zélande à fermer, dans un geste historique, toutes les synagogues du pays lors de la journée qui a suivi l'attentat et qui correspondait au Shabbat.
De même la communauté juive de Pittsburgh, qui a subi une tuerie réalisé par un néo-nazi en octobre dernier a organisé des initiatives de solidarité et de collecte pour les musulmans de Christchurch. Elle-même avait bénéficié de la solidarité active des musulmans de Pittsburgh et au-delà après l'attentat qui l'a frappée.

Soral et ses semblables veulent avant tout  détourner l'attention du message clairement "ethno-nationaliste blanc" et violemment opposé au" Grand remplacement"  revendiqué par l'auteur de la tuerie. Celui-ci s'est placé dans le sillage d'Anton Breivik, auteur des massacres d'Oslo et Utoya qu'il a justifié par sa volonté de combattre le multi-culturalisme porté par la gauche travailliste.
                                      Breivik lors d'un de ses procès

il a également revendiqué la continuité du néo-nazi Dylan Roof, auteur du massacre de l’Église noire de Charleston (USA), auteur également de textes antisémites. 


 
 
La place de Soral, profanateur du mémorial de la Shoah à Berlin par un salut nazi sous forme de quenelle, est en prison, tout comme son acolyte Dieudonné.


MEMORIAL 98 

Mise à jour du 14 juin 2019

Le tueur Brenton Tarrent s'est présenté tout sourire au tribunal de Christchurch et a plaidé ""non coupable"de tous les chefs d'accusation contre lui.

Mise à jour du 23 avril 2019
Sri Lanka: une  réplique à Christchurch ?



Selon différentes informations dont celle du ministre sri-lankais de la défense , les attentats du Sri Lanka auraient été commis en représailles à la tuerie dans les mosquées de Christchurch (voir ci-dessous).
Ces indications sont évidemment sujettes à caution, de même que la revendication de Daech. Mais si cette hypothèse se confirmait, elle montrerait l'engrenage des violences de masse conçues et exécutées par des chevaliers de la haine. Ils veulent entraîner des prétendues "guerres de civilisation" et des affrontements généralisés. 
Violences et attentats contre les chrétiens au Sri-Lanka et en Indonésie, génocide contre les Rohingya musulmans en Birmanie, il est nécessaire de défendre partout les victimes de ces terribles violences vers lesquels vont nos pensées et notre solidarité. 

On notera également que les services secrets sri-lankais semblent avoir eu des informations préalables et précises sur les projets d'attentats djihadistes. Le premier ministre confirme ces informations. 
La crise gouvernementale  prolongée dans la pays, issue des suites de la guerre menée contre la minorité tamoule, a fait que les ministres n'ont pas eu connaissance de ces alertes.

Memorial 98 



jeudi 23 juillet 2015

Dix ans après: Anders Breivik symbolise et inspire le terrorisme d'extrême-droite






                                               Les 77 victimes de Breivik


22 juillet 2021: un dixième anniversaire sous le signe du trauma

Dix ans après les attaques perpétrées par Anders Behring Breivik, le 22 juillet 2011 en Norvège, les survivants et les proches des victimes ne pourront pas se recueillir devant le mémorial national en hommage aux 77 personnes tuées. Sur le quai, en face de l'ile d'Utoya, à une quarantaine de kilomètres d’Oslo, le monument n’est toujours pas achevé. En 2017, un premier projet avait dû être abandonné, sous la pression des riverains. 

Seize d’entre eux ont depuis traîné l’Etat et la Ligue des jeunes travaillistes (AUF) en justice, pour tenter de bloquer – en vain – les 77 colonnes de bronze, en cours de construction, sur les berges du fjord d’Oslo.

Pour Astrid Hoem, présidente d’AUF depuis décembre 2020, l’absence de mémorial officiel, dix ans après la tuerie la plus meurtrière commise en Norvège depuis la seconde guerre mondiale, est « une honte ». Comme de nombreux jeunes travaillistes, elle y voit un symbole : celui de l’incapacité de son pays et de ses habitants « à se mettre d’accord sur ce qui s’est vraiment passé » le 22 juillet 2011 et à reconnaître « le caractère idéologique des attentats ».

L’été 2011, Astrid Hoem avait 16 ans. Pour rien au monde elle n’aurait manqué les universités d’été d’AUF, organisées à Utoya depuis 1950. Le 22 juillet, ils étaient 564 sur l’île de 12 hectares. La plupart avaient moins de 20 ans. Leurs téléphones ont sonné, en milieu d’après-midi : une bombe venait d’exploser devant le siège du gouvernement à Oslo, faisant huit morts et des dizaines de blessés. Les leaders d’AUF ont tenté de rassurer les plus jeunes : à Utoya, ils se trouvaient « dans l’endroit le plus sûr au monde ».

Deux heures plus tard, les premiers coups de feu claquaient sous la pluie. Le massacre a duré un peu plus d’une heure. Astrid s’est cachée dans une faille, au bord de la falaise. Déguisé en policier, Anders Behring Breivik, 32 ans, a tué 69 personnes et blessé une centaine d’autres.

« Le pire a failli se reproduire »

Pendant des années, les survivants ont peu parlé, livrant une version édulcorée des événements. « Je ne voulais pas être Astrid d’Utoya », confie la leader d’AUF. « C’était tellement douloureux que je n’avais pas envie d’accabler les gens autour de moi », ajoute Tonje Brenna, secrétaire générale de l’organisation à l’époque. En mai, la jeune femme, âgée de 33 ans, a finalement décidé de tout raconter dans un livre, sans omettre le moindre détail, parce qu’« il est indispensable que les gens comprennent ce qu’est la terreur », explique-t-elle.

Ces derniers mois, de nombreux survivants se sont mis à témoigner. Tous avec le même objectif. « Il faut qu’on arrête de parler du 22 juillet comme d’une catastrophe naturelle terrible, ou de quelque chose de tellement horrible qu’on ne pourrait pas le nommer et qu’on admette que c’était un acte politique, commis par un homme », résume Elin L’Estrange, elle aussi rescapée d’Utoya.


Les jeunes travaillistes espèrent un sursaut de la société norvégienne face à la montée de la menace d’extrême droite, sur laquelle alertent régulièrement les services de renseignement. « Après le 22 juillet, nous pensions qu’il y aurait un reflux des idées portées par Breivik, mais c’est le contraire qui s’est passé », se désole Eskil Pedersen. Chef de file d’AUF il y a dix ans, il était une des principales cibles du terroriste. Il n’a eu la vie sauve qu’en s’échappant à bord du ferry qui avait conduit le tueur sur l’île.   
Comme de nombreux rescapés, Eskil Pedersen est amer : « Au moment des attaques, nous avons dit : “Plus jamais ça.” Et, pourtant, le 10 août 2019, le pire a failli se reproduire. » Ce jour-là, Philip Manshaus, 21 ans, admirateur de Breivik, a assassiné sa demi-sœur avant de se rendre à la mosquée de Baerum, près d’Oslo, où il comptait « tuer le plus de musulmans possible ». Ce n’est que parce que des fidèles ont réussi à le neutraliser que le massacre a pu être empêché.

« Culture du consensus »

Dès le 22 juillet, les jeunes travaillistes ont espéré une réaction. Mais quand Eskil Pedersen a tenté de lancer un débat sur la rhétorique utilisée au Parlement pour parler des immigrés, il a été accusé de vouloir limiter la liberté d’expression. « Pendant ce temps-là, Fjordman [un blogueur, mentor de Breivik] a reçu une bourse de l’association Fritt ord [“Le mot libre”] pour écrire un livre », s’insurge Elin L’Estrange. Les jeunes travaillistes critiquent les subventions versées par l’Etat à la fondation islamophobe et conspirationniste Human Rights Service ou l’invitation du chef de file de l’organisation Stop Islamisation of Norway sur la chaîne publique NRK.


Ils ont aussi été profondément choqués par le message, publié en mars 2018 sur Facebook, par la ministre de la justice,  Sylvi Listhaug – aujourd’hui dirigeante du Parti du progrès (FrP), une formation d’extrême droite dont Breivik a été membre une dizaine d’années. Elle y affirmait que le Parti travailliste « pense que les droits des terroristes sont plus importants que la sécurité de la nation » : un message rappelant les théories conspirationnistes du tueur. Mme Listhaug a fini par démissionner.

Mais, à cette occasion, le Parti travailliste et AUF ont de nouveau été accusés de « jouer la carte du 22 juillet », ce qui leur est fréquemment reproché, par la droite notamment. Un sondage, réalisé au printemps par le Centre de recherche sur l’extrémisme à l’université d’Oslo, montre que 30 % des personnes interrogées pensent ainsi qu’AUF et les travaillistes ont exploité la tragédie à des fins politiques. « C’est pourtant le contraire qui s’est produit », affirme le chercheur Anders Jupskas Ravik, qui rappelle les efforts du Parti travailliste, au pouvoir, pour éviter les divisions.

« Trois quarts des Norvégiens ont participé à un hommage. Les jeunes venaient de toutes les régions et beaucoup de gens connaissaient quelqu’un à Utoya », Tore Witso Rafoss, sociologue

Dans son premier discours, le soir du 22 juillet 2011, et tous ceux qui ont suivi ensuite, le premier ministre d’alors, Jens Stoltenberg, a pris soin de dénoncer « une attaque contre la démocratie et la Norvège ». Aujourd’hui encore, c’est cette version qui domine. « Il y a un véritable paradoxe », reconnaît le sociologue Tore Witso Rafoss. Car les attentats ont bien affecté tout le pays : « Trois quarts des Norvégiens ont participé à un hommage. Les jeunes venaient de toutes les régions et beaucoup de gens connaissaient quelqu’un à Utoya. » Mais « Breivik a visé un parti en particulier », rappelle le sociologue.

Or, même les travaillistes ont mis très longtemps à le reconnaître. L’historien Hallvard Notaker y voit un effet de la « culture du consensus » en Norvège : après les attaques, il fallait avant tout préserver l’unité du pays. La double identité du Parti travailliste a brouillé sa position, estime l’historien : « D’un côté, il est l’expression politique du mouvement des travailleurs. De l’autre, c’est le parti qui a dirigé la Norvège pendant des décennies et qui est vu comme le garant de notre modèle social. » Après le 22 juillet, c’est ce deuxième aspect qui a primé.

Des survivants menacés

Aurait-il fallu réagir différemment ? Ministre des affaires étrangères à l’époque, Jonas Gahr Store, chef de file travailliste depuis 2014, rappelle que « la Norvège venait de connaître le plus gros choc depuis l’invasion du pays par l’Allemagne nazie, le 9 avril 1940 ». Dans ce contexte, il estime que l’appel à l’unité était « la meilleure réponse ». Mais, aujourd’hui, affirme-t-il, « nous ne pouvons pas continuer à dire que c’était seulement une attaque contre la démocratie, comme le fait la première ministre, Erna Solberg [conservatrice], depuis 2013, car ce n’est pas toute la vérité. C’était aussi une attaque contre le Parti travailliste et AUF ».


Et cette haine n’a pas disparu, au contraire : selon une étude du Centre national sur la violence et le stress post-traumatique, un tiers des survivants reçoivent plus ou moins régulièrement des menaces : « En général, ce sont des messages sur les réseaux sociaux où les auteurs disent qu’ils vont finir le boulot que Breivik a commencé, explique Tonje Brenna. C’est pire pendant les campagnes électorales, ou quand je participe à un débat sur un sujet comme l’immigration. Je réfléchis longuement à ce que je vais dire. »

Dix ans après les attaques, AUF réclame la mise en place d’une commission sur l’extrémisme. « Il est temps de reconnaître que quelque chose ne fonctionne pas dans notre société et que nous ne parvenons pas à prévenir la radicalisation de certains jeunes hommes blancs », explique Astrid Hoem. L’initiative est soutenue par le Parti travailliste. Le 5 juillet, le chef de file des jeunes conservateurs, Sondre Hansmark, a estimé nécessaire de présenter ses excuses aux jeunes travaillistes, « laissés seuls dans un combat que nous aurions dû tous mener avec eux ».

MEMORIAL 98

 

24 juillet 2019: Anders Breivik continue à inspirer les terroristes d'extrême-droite, comme l'auteur des attentats de Christchurch.

                                        Tarrent ( à g.) inspiré par Breivik

En ce huitième anniversaire des massacres de Brievik, on constate qu'il demeure une source  d'imitation et d'inspiration pour les tueurs fascistes de par le monde. Ainsi Brenton Tarrent, auteur des massacres qui ont tué 49 personnes dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande ( voir ici), se réclame explicitement de lui. Il a publié un "manifeste" qui reprend les thèmes de Breivik et déclare même l'avoir rencontré afin de recevoir son assentiment.
Tarrent s'ajoute ainsi à la longue liste des terroristes qui se déclarent inspirés par les actes et l'idéologie de Breivik, y compris en France, comme le craignaient d'ailleurs les antiracistes  et défenseurs des droits de l'homme en Norvège (voir ci-dessous ainsi que lesmises à jour à la fin de l'article )

A la veille de ce huitième anniversaire, le mémorial aux victimes d'Utoya a été profané par l'inscription d'une croix gammée. Deux hommes ont été arrêtés.
Nos pensées pour les 77 victimes de Breivik.   
Memorial 98


MEMORIAL 98

Le 22 juillet 2011, une bombe placée dans une voiture piégée explosait dans le quartier des ministères à Oslo. L'attentat visait une ex-Première ministre, personnalité du Parti travailliste et tuait huit personnes. Une heure et demie plus tard le terroriste d'extrême-droite qui avait commis l'attentat, Anders Breivik,  se rendait sur l'île d'Utoya, à proximité d'Oslo, déguisé en policier. Ce jour-là, avait lieu un rassemblement des membres de la Ligue des jeunes travaillistes (gauche), auxquels l'ancienne ministre déjà visée avait rendu visite un peu plus tôt. 
Breivik pourchasse et massacre méthodiquement les jeunes; il parvient à tuer 69 personnes, soit au total 77 morts dans la journée. «J'ai fini maintenant», a-t-il déclaré aux policiers au moment de son arrestation.

Le procès du militant d'extrême-droite a eu lieu moins d'un an après, en avril 2012, et a duré trois mois. Au début du procès Anders Breivik a fait son entrée le poing levé, provoquant l'assistance. Plus tard, il verse quelques larmes d'émotion devant la projection d'un film "anti-islam" qu'il a réalisé. Le deuxième jour du procès, Breivik veut s'expliquer et lit pendant plus d'une heure un document qu'il a lui-même rédigé, dans lequel il explique vouloir «protéger les Norvégiens de souche» contre «l'invasion musulmane». Il ne montre aucun remords et déclare: «Je le referais.».

Breivik a en effet commis un massacre terroriste précisément orienté. 

Il a abattu individuellement les jeunes participants au rassemblement de jeunes de la gauche travailliste.   
Il a d'ailleurs déclaré lui-même qu'il avait voulu s'en prendre au Parti travailliste, alors au pouvoir en Norvège, parce que selon lui, ce parti de gauche avait  trahi le pays. Breivik a voulu «  porter un coup d'arrêt au recrutement de nouveaux membres au sein de ce parti », qui selon lui, « favorise la venue massive de musulmans en Norvège ». Islamophobie et lutte contre le "multiculturalisme" constituent les motivations de celui qui avait largement participé aux activités du parti norvégien de la droite radicale, le  "Parti du Progrès" (sic!), ouvertement xénophobe et anti-immigrés dans un pays qui ne se confronte pas à une crise sociale. 

Le 24 août 2012, le verdict est prononcé: Anders  Breivik est condamné à 21 ans de prison pour «homicides volontaires» et «actes de terrorisme», la peine maximale en Norvège. La justice pourra néanmoins la prolonger s'il reste considéré comme dangereux.
 
Breivik symbolise un terrorisme d'extrême-droite particulièrement actif dans toute l'Europe et aux USA ( Charleston). On notera d’ailleurs la mise en garde de l' avocat qui avait  accepté de défendre Breivik, Geir Lippestad. En tant qu’avocat et que membre du parti social-démocrate, il avait jugé nécessaire de défendre le droit de l'extrémiste à s'exprimer durant son procès, estimant que le débat ouvert reste l'arme la plus efficace contre son discours.
Lippestad s'est ensuite inquiété, dans un livre tiré de son expérience, de voir le tueur d'Oslo devenir un "personnage culte".  Il écrit : "…Quand on voit des images de Russie, des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne, de Grèce, de Suède et d'autres pays où il a des supporters, Breivik est indubitablement en train de devenir un modèle qui peut influencer d'autres personnes à avoir des pensées, des idées et des projets qui à terme peuvent muer des jeunes gens en terroristes et non pas en citoyens respectueux de la loi".

Cette préoccupation à rebondi à l'occasion du 4e anniversaire de la tuerie. Une exposition a ouvert le jour de la date anniversaire de l'événement dans le complexe gouvernemental d'Oslo. Elle présentera au public les souvenirs de cette journée, notamment le faux uniforme de policier que portait l'ultranationaliste le jour de la tuerie, mais aussi sa fausse carte d'identité, des débris de la voiture piégée. Cette exposition  a été organisée par le gouvernement norvégien lui-même et fait polémique. 
Les organisateurs ont expliqué vouloir montrer les preuves accablant Breivik, telles qu'elles ont été présentées au procès. Certaines familles de victimes décrient cette exposition. Un des avocats des parties civiles au procès, John Christian Elden, s'est indigné sur Twitter: «Un musée Breivik dans le complexe gouvernemental ? Non merci. Envoyez ces objets au musée criminel de Trondheim à la place.» Un militant des Verts norvégiens a, lui, parlé du risque que «ce "centre d'information" devienne un lieu de pèlerinage pour l'extrême droite». 

Le danger est en effet réel dans un contexte marqué par l'offensive xénophobe et le développement de noyaux terroristes fascistes particulièrement violents. 

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Mise à jour du 27 juillet 2018 

En ce septième anniversaire de la tuerie de Breivik, nous saluons la mémoire des victimes de ce terroriste qui continue à inspirer des crimes de haine à travers le monde, comme aux USA à Charlottesville et encore en France récemment avec le groupe de l'AFO qui prévoyait d'empoisonner les rayons hallal de supermarchés. 



Mise à jour du 22 juillet 2017

En ce sixième anniversaire des massacres d'Oslo et d'Utoya, nous rendons hommage aux 77 victimes de Anders Breivik. 

Cette date donne lieu depuis plusieurs années à des actes de terroristes d'extrême-droite (voir ci-dessous), fort peu surveillés et punis.

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Actualisation du 3 juillet 2017.


Un an après l'attentat de Munich (voir ci-dessous) l’anniversaire de la tuerie de Breivik inspire à nouveau des terroristes d'extrême-droite, cette fois-ci en France. 

Deux suspects de projets d'actes terroristes arrêtés ces jours-ci font explicitement référence à la tuerie de Norvège. L'un voulait tuer des " musulmans, juifs, noirs, homosexuels" ainsi que le président Emmanuel Macron. L'autre voulait mener des "actions" contre les "blacks" et "racailles"  

Ce dernier a notamment été repéré car il était l’administrateur d’une page Facebook « des amis de Breivik ». On pouvait notamment y lire : « rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles, djihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous ! »

Interrogé par les enquêteurs, il n’a pas caché ses affinités avec les idées néonazies. Il a admis avoir été membre de plusieurs associations ou groupuscules appartenant à la mouvance d’ultradroite, dont le Mouvement populaire pour une nouvelle aurore (MPNA), inspiré du parti néo-nazi grec "Aube dorée".


Ce groupe "MPNA" est impliqué dans la profanation de la stèle du résistant de l' "Affiche Rouge"  Missak Manouchian à Marseille depuis 2014. Les méfaits de ses membres sont donc connus et  on peut s' étonner qu'ils aient pu bénéficier d'une telle latitude d'action.



Il se vérifie donc que Breivik sert de modèle à une mouvance terroriste néo-nazie, dont les actions sont trop peu surveillées par la police, la justice et les médias.

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 Actualisation 23 juillet 2016

Selon la police allemande "le lien est évident" entre l'auteur de la tuerie de Munich du 22 juillet et le tueur norvégien Anders Breivik;  l’auteur du massacre utilisait la photo de Breivik comme identifiant de sa messagerie WhatsApp. On notera aussi qu'il a réalisé ses attaques le jour du 5e anniversaire du massacre d'Oslo.

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Actualisation  22 juillet 2016

En ce cinquième anniversaire des massacres d'Oslo et d'Utoya, nous rendons hommage aux 77 victimes de Anders Breivik. Ses crimes ont été suivis par d'autres de la même veine en Europe et très récemment en Italie.



Actualisation 20 avril 2016:

La justice norvégienne reconnait le droit du meurtrier nazi à ne pas subir une peine d’isolement stricte. Elle applique les principes des droits de l'Homme même à celui qui les rejette totalement; cela constitue une bonne attitude à même de contribuer à réduire l'influence de celui qui se présentait comme un "martyr". 

Elle a donné raison mercredi 20 avril à  Breivik, qui a tué 77 personnes en 2011, dans le procès qu’il a intenté à l’Etat pour des conditions de détention qu’il juge « inhumaines ».
« La Cour (...) est arrivée à la conclusion que le régime carcéral implique un traitement inhumain de Breivik », a estimé le tribunal d’Oslo, faisant valoir que l’extrémiste de 37 ans, qui se présente comme ouvertement néo-nazi, était maintenu à l’isolement depuis près de cinq ans.
La juge a en revanche débouté Breivik d’une demande qui concernait le contrôle de sa correspondance. La censure de ses échanges postaux est justifiée aux yeux des services du procureur par la nécessité de l’empêcher de former un « réseau extrémiste ».

Ce jugement applique le principe énoncé en 2011 par Jens Stoltenberg, alors 1er Ministre Norvégien, après l'attentat d'Oslo et le massacre d'Utoya:
«J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur.»
«Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»



Actualisation 15 mars 2016:
Breivik attaque l’État en justice, au nom des droits de l'Homme et fait le salut nazi en arrivant au tribunal.
La justice norvégienne va examiner pendant quatre jours si les conditions de détention du terroriste, qui a été condamné en 2012 à 21 ans de prison suivis d’une détention de sûreté, sont en violation de la Convention européenne des droits de l’Homme.
Le tueur de masse fasciste invoque les droits de l’Homme. C’est en fait la question de l’isolement qui va être au centre des débats cette semaine.  
Breivik jugé sain d’esprit en 2012, devra néanmoins faire face à ses propres contradictions. Il a lui-même refusé ces dernières années des visites ou des mesures de sociabilisation. Il s’est aussi condamné à l’isolement en écrivant noir sur blanc, avant de commettre ses attentats, que la prison était l’endroit idéal pour recruter des combattants.
Breivik cherche aussi et surtout à refaire parler de lui, au grand dam de ses très nombreuses victimes. Dag André Anderssen a survécu au massacre d’Utøya et  il est vice-président de l’association de soutien aux victimes : "Même s’il a essayé de m’enlever la vie, ce procès ne m’intéresse absolument pas. Vu sa personnalité, on pouvait s’attendre à ce qu’il utilise la moindre opportunité pour attirer l’attention sur sa personne.
Nous à l’association, on souhaite surtout que ce procès ne se transforme pas en tribune médiatique pour lui. Cette semaine peut être pesante pour les victimes, beaucoup ressentent comme une obligation de suivre cette affaire au moins un petit peu, cela risque fort de raviver les plaies qu’on tente d’oublier depuis 5 ans…"

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