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mardi 4 juin 2019

La révolte se poursuit à Hong-Kong, 30 ans après Tienanmen




1er janvier 2020: Un million de personnes manifestent


Immense manifestation pour la démocratie et contre la répression à l'occasion du Nouvel an. Un million de personnes se sont rassemblées afin d'exiger des élections libres et une libération de tous les emprisonnés. A nouveau la police a arrêté 400 personnes. Le mouvement, qui rejette la dictature du régime de Pékin, n'est pas près de se terminer. Il a déjà représenté un fait marquant de 2019 et mérite toujours notre entière solidarité.

Memorial 98 

22 juillet 
Le régime chinois lance ses bandes à l'assaut des manifestant.e.s de Hong-Kong. Lors de l'immense mobilisation du dimanche 21 juillet, des groupes de gangsters nommés " triades" ont violemment attaqué ceux qui revenaient du défilé, notamment dans le métro. Les liens des triades avec Pékin sont connus; un député pro-Pékin a été photographié alors qu'il félicitait les gangsters .

                                     Les "triades" criminelles en action 

Les gangsters, armés de battes et de bâtons, organisés militairement et vêtus de manière reconnaissable se sont littéralement déchaînés. Il s'agit d'une nouvelle tentative de la dictature de Pékin afin de stopper ce mouvement qui défie son autorité. Cela a notamment été la cas le 21 juillet lors d'une manifestation devant le "bureau de liaison" chinois qui représente le véritable pouvoir sur place.

La dictature prétendument communiste rêve de procéder comme à Tienanmen en 1989 en écrasant et en massacrant les manifestants (voir ci-dessous) mais elle n'est pas en capacité de le faire à ce stade. C'est pourquoi elle a recours à ces gangs.
Il est crucial de continuer à soutenir le combat de Hong-Kong pour la justice et la démocratie, comme au Soudan et en Algérie.
 Memorial 98

   


15 juillet 2019: la mobilisation est toujours aussi puissante malgré la violence policière

Depuis plus d'un mois, l'immense mobilisation de la population de Hong-Kong se poursuit sans relâche (voir ci-dessous). Des millions de personnes ont déjà manifesté afin de réclamer le retrait définitif de la loi sur les extraditions et le départ de Carrie Lam, cheffe pro-Pékin d'un gouvernement désigné selon des modalités  anti-démocratiques.
Hier à nouveau, les forces de police ont violemment réprimé ces manifestations comme on peut le voir ici  
Nous apportons une fois de plus notre plein soutien à ce combat pour les libertés et la démocratie, contre une dictature sanglante.
Memorial 98


1er juillet: Nouvelle manifestation de masse

500 000 personnes ont manifesté à nouveau à Hong-Kong lors du vingt-deuxième anniversaire de la rétrocession de l'ancienne colonie anglaise à la Chine . Elles réclamaient encore le retrait définitif de la loi sur les extraditions et des excuses du gouvernement en raison des violences policières. Plusieurs centaines de jeunes ont envahi le Parlement avant que la police ne reprenne le bâtiment. C'est cet aspect qui a été mis en exergue par les médias internationaux qui ont à peine évoqué l'énorme manifestation du jour.
 Parallèlement la cheffe pro-Pékin du gouvernement, Carrie Lam, célébrait en grande pompe la même date. Appuyée par la dictature chinoise, elle espère pouvoir se maintenir. Les chefs du régime ont imposé à la réunion du G20 qui se tenait il ya quelques jours à Osaka (Japon) de ne pas aborder la situation à Hong-Kong.
La complaisance et la lâcheté des gouvernements et dirigeants qui se réclament de la démocratie à l'égard de la dictature chinoise leur à fait accepter cette exigence.

Memorial 98
 


16 juin: 
Nouvelle mobilisation très massive: deux millions de de personnes manifestent ce jour à Hong-Kong qui compte 7,4 millions d'habitants, soit la grande majorité de la population en âge de défiler. (ci-dessus) . 
Elles exigent le retrait définitif de la loi sur les extraditions et des excuses du gouvernement en raison des violences policières. La cheffe du gouvernement, Carrie Lam , a été contrainte de reconnaître qu'elle était responsable du " conflit et des querelles" actuelles. Elle doit partir. 
Cet immense mouvement va avoir des répercussions positives en Chine continentale,  car il montre que la dictature peut être battue et contrainte à reculer.
C'est la première fois que Xi Jin Ping est ainsi défait, 30 ans jour pour jour après l'écrasement de Tienanmen. D'ailleurs, le pouvoir chinois qui craint la contagion impose une censure totale sur les événements de Hong-Kong.

Memorial 98

15 juin
Première et importante victoire de la mobilisation: le projet de loi sur les extraditions est ajourné. Le combat continue pour obtenir son retrait complet ainsi que pour condamner les violences policières. 
La cheffe de l'exécutif, Carrie Lam est élue selon des règles non-démocratiques et soumise de fait à l'autorité du régime chinois. Or Xi JinPing et ses sbires ne veulent surtout pas que l'immense mouvement de Hong-Kong rappelle le grand combat démocratique de Tienanmen, écrasé 30 ans jour pour jour avant la révolte de Hong-Kong. Ils ont donc fait marche arrière et attribué la responsabilité du projet de loi contesté à la cheffe de l'exécutif. Forte de cette première victoire, la population va descendre dans la rue le 16 juin pour ce qui sera sans doute encore un grand cortège.
Memorial 98 

10 juin
La mobilisation se poursuit à Hong-Kong. La police multiplie les violences mais le gouverneur est contraint de repousser l'examen de la loi permettant les extraditions. 
Notre entier soutien au combat pour les libertés et la démocratie.

Mise à jour du 9 juin 2018: manifestation immense à Hong-Kong pour les libertés



Immense mobilisation ce jour à Hong-Kong contre un projet de loi facilitant les extraditions vers la Chine. Un million de personnes ont manifesté pour la défense des libertés alors que plusieurs personnes y ont déjà été kidnappées et sont "réapparues" aux mains de la police chinoise. Quelques jours auparavant, 200 000 personnes s'étaient rassemblées au même endroit afin de marquer le 30e anniversaire de la répression à Tienanmen. 



Memorial 98

Le 4 juin 1989 demeure le symbole d'un immense mouvement démocratique noyé dans la brutalité la plus extrême. Lors du 30e anniversaire du massacre de la place Tienanmen, les représentants de la dictature continuent à défendre ce massacre qui représentait selon eux "l'attitude correcte à adopter" 


Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, soldats et blindés avaient mis fin par les armes au mouvement des étudiants et ouvriers qui occupaient depuis un mois et demi la place Tienanmen, au cœur de Pékin. 
Les manifestants réclamaient la fin de la corruption et une ouverture démocratique.
                                                Sur la place Tienanmen
  
Le bilan de cet assaut était généralement évalué à un millier de morts mais de nouvelles révélations se sont faites jour sur l'ampleur de la répression
Un rapport de l'ambassadeur de Grande-Bretagne mentionne plusieurs milliers de  morts en une nuit, des cadavres "en pâte" sous les blindés et des manifestants achevés à la baïonnette par l'armée, confirmant ainsi les photos prises sur place et publiées par des journalistes ( voir ci-dessus). Le régime chinois, qui impose un tabou absolu sur cette période, avait de son côté affirmé fin juin 1989 que la répression des "émeutes contre-révolutionnaires" avait fait 200 morts chez les civils et "plusieurs dizaines" du côté des forces de l'ordre. 

La révolte démocratique de 1989 et sa répression restent l'un des sujets les plus tabous en Chine. Il sont bannis des livres, des manuels scolaires, des films et sont censurés sur les réseaux sociaux. Chaque année le 4 juin, la plateforme chinoise de microblogs WeChat empêche ainsi ses usagers d'échanger des sommes d'argent pour 89,64 ou 64,89 yuans, montants faisant allusion à la date du 4 juin 1989.       

 "Chaque année lorsque nous voulons commémorer (nos proches), nous sommes contrôlés, placés en résidence surveillée, ou éloignés de chez nous", déplorent les "mères de Tiananmen", une association regroupant des parents ayant perdu un enfant lors de la répression. En 2018 elles déclaraient  dans une lettre ouverte adressée à Xi Jinping et diffusée par l'ONG Human Rights in China. 
"En tant que dirigeant d'un grand pays, vous n'êtes certainement pas insensible au massacre qui s'est déroulé il y a 29 ans, ni aux familles de victimes", Le Parti communiste chinois (PCC) présente toujours officiellement les manifestants de la place Tiananmen comme "une petite minorité de personnes ayant provoqué des troubles contre-révolutionnaires". 
"Alors que nous sommes au soir de notre vie, nous espérons assister un jour, avant notre mort, à la réhabilitation de nos proches", expliquent ces "mères de Tiananmen" à Xi Jinping. "Nous avons toujours trois revendications: la vérité, des indemnisations et l'établissement des responsabilités.
A l’approche du 30e anniversaire de la révolte en juin prochain, l’appareil de censure chinois resserre les rangs pour empêcher toute mention et commémoration de l’évènement sur Internet.
Des arrestations de défenseurs des droits de l’homme se sont multipliées en amont de cette date. L'encyclopédie Wikipédia est rendue inaccessible

Une mobilisation est donc nécessaire afin de soutenir ceux et celles qui combattent pour la justice et la démocratie.
Des résultats peuvent être obtenus dans ce domaine, comme l'a montré la libération de la poétesse Liu Xia, veuve du prix Nobel Liu Xiaobo, suite à une position ferme des autorités allemandes qui ont constamment exigé qu'elle puisse se réfugier dans leur pays. A l'inverse l'attitude des autorités françaises se caractérise par un silence honteux: symboliquement, Mme Macron a été désignée comme " marraine" des pandas offerts par le régime chinois à un zoo français et a gardé le silence total sur le sort de Liu Xia. 

Les signatures de contrats s’enchaînent notamment lors de la dernière visite de XI Jin Ping à Paris, les Airbus s'envolent, on se congratule et, selon Macron, on aborde même les droits fondamentaux et quelques cas individuels de répression .

La dictature chinoise est ainsi validée, alors que Xi a ouvert la voie à son propre règne à vie.
Le régime qu’il dirige met en place un contrôle de tous les instants de la population; en utilisant notamment l’ « intelligence artificielle » et la reconnaissance faciale ainsi que les caméras omniprésentes. La peine de mort fait des milliers de victimes. La presse est totalement bâillonnée, plaçant la Chine au 176e rang de la liberté de la presse sur 180 pays, et le régime a lancé une vaste offensive afin de peser sur les médias à l'échelle mondiale.  
De plus, depuis plus d’un an, les autorités chinoises mènent une intense campagne d’internements en masse, de surveillance intrusive, d’endoctrinement politique et d’assimilation culturelle forcée à l’encontre des Ouïghours, des Kazakhs et autres groupes ethniques majoritairement musulmans vivant dans la région du Xinjiang. Environ un million de personnes, musulmanes pour la plupart, sont détenues dans des camps d’internement dans un but de « rééducation ».
 
La complaisance et la lâcheté des gouvernements et dirigeants français à l'égard de la dictature chinoise et leur mépris à l’égard des un milliard et demi de Chinois ont été constants et le demeurent . 
Chirac, Sarkozy et Raffarin ont constamment porté cette complaisance, le dernier a de plus monté un immense business d'intermédiaire et de lobbyiste pour les patrons des deux pays.

En mai 2018 François Hollande rend visite et hommage à son "vieil ami" le  dictateur chinois Xi. Le 24 mai, alors qu’il visite une usine Airbus  il explique aux journalistes français qui l’accompagnaient qu’il est «  admiratif de la vision longue qu’ont les dirigeants chinois »
Alors que Xi Jiping a ouvert la voie à un règne à vie, ces louanges à la dictature revêtent une résonance sinistre.   
Lors de sa visite présidentielle en Chine en avril 2013, le même Hollande avait déjà "renoncé" à mentionner le nom du prix Nobel  Liu Xiaobo emprisonné afin de ne pas fâcher la dictature.
Hollande s'inscrit ainsi dans la longue lignée des politiciens français qui font silence sur la répression féroce qui règne dans ce pays et qui est exercée au nom du "marxisme".


                                      Manifestation pour Liu Xiaobo à Hong-Kong

Macron poursuit dans la même direction: ainsi le lendemain de la mort en détention de Liu Xiaobo, le 14 juillet 2017, il tenait une conférence de presse conjointe à Paris avec Donald Trump. Il s'agissait alors de mettre en scène leur amitié. 
Interrogés par un journaliste chinois sur leurs impressions à propos du "président" chinois (non élu)  Xi Jinping, ils célébrèrent « un des grands leaders de notre monde » (M. Macron), « un ami, un leader de talent, un homme très bon » (M. Trump), mais n’ont pas eu un mot pour dénoncer la mort d’un Prix Nobel de la paix en détention. Emmanuel Macron s'est contenté d'un tweet de 131 signes pour réagir à cette mort.  Même Barack Obama, qui a lui-même reçu le prix Nobel en 2008, un an avant le démocrate chinois, ne s’est  jamais engagé pour lui. En revanche le comité Nobel norvégien avait  déclaré que la Chine portait "une lourde responsabilité" dans la mort "prématurée" de Liu Xiaobo en le privant de soins médicaux adaptés.

Le "modèle chinois", de capitalisme contrôlé par la dictature du Parti Communiste (!)  chinois représente un rêve pour de nombreux gouvernants et patrons à travers le monde: pas de démocratie, pas d'élections, pas de syndicats indépendants, pas de presse libre, pas de lois protectrices, pas de liberté d'expression, Internet contrôlé. Serge Dassault grand patron ultra-libéral et autoritaire indiquait ainsi  "Les Chinois, ils travaillent 45 heures, ils dorment sur place dans leurs usines, ils font des bons produits pas chers."

 
Face à l’alliance mondiale de soutien à la dictature chinoise, nous devons être plus que jamais aux côtés de ceux et celles qui combattent pour les libertés démocratiques, la justice sociale, le droit à la santé, les droits des femmes et des LGBTQ,  les droits des minorités notamment au Tibet et au Xinjiang (population Ouïgour) et alertent sur le sort des personnes disparues. 

La dictature chinoise apparaît aujourd'hui comme une force d'une solidité inébranlable. Mais comme tout régime basé sur la tyrannie, la répression et  le mensonge, elle s'effondrera et ses crimes seront jugés.  

MEMORIAL 98

Voir les autres dossiers de Memorial 98 sur la Chine:

http://www.memorial98.org/2018/06/justice-pour-les-morts-de-tienanmen-victimes-de-la-dictature.html

http://www.memorial98.org/article-33611957.html Ouïgours

http://www.memorial98.org/article-chine-le-silence-complice-de-sarkoz-58726646.html

http://www.memorial98.org/article-32223728.html

mardi 26 mars 2019

Face à la dictature chinoise: soutien aux combattants de la liberté


La visite de Xi Jinping en France ainsi qu’en Italie et à Monaco se déroule dans une atmosphère fastueuse : dîner privé avec le couple présidentiel, visite à l’Arc de Triomphe, dîner d’État a l’Élysée... 

Les signatures de contrats s’enchaînent, les Airbus s'envolent,  on se congratule et, selon Macron, on aborde même les droits fondamentaux et quelques cas individuels de répression .

La dictature chinoise est ainsi validée, alors que Xi a ouvert la voie à son propre règne à vie.
Le régime qu’il dirige met en place un contrôle de tous les instants de la population; en utilisant notamment l’ « intelligence artificielle » et la reconnaissance faciale ainsi que les caméras omniprésentes. La peine de mort fait des milliers de victimes. La presse est totalement bâillonnée, plaçant la Chine au 176e rang de la liberté de la presse sur 180 pays, et le régime a lancé une vaste offensive afin de peser sur les médias à l'échelle mondiale.  
De plus, depuis plus d’un an, les autorités chinoises mènent une intense campagne d’internements en masse, de surveillance intrusive, d’endoctrinement politique et d’assimilation culturelle forcée à l’encontre des Ouïghours, des Kazakhs et autres groupes ethniques majoritairement musulmans vivant dans la région du Xinjiang. Environ un million de personnes, musulmanes pour la plupart, sont détenues dans des camps d’internement dans un but de « rééducation ».
 
La complaisance et la lâcheté des gouvernements et dirigeants français à l'égard de la dictature chinoise et leur mépris à l’égard des un milliard et demi de Chinois ont été constants et le demeurent . 
Chirac, Sarkozy et Raffarin ont constamment porté cette complaisance, le dernier a de plus monté un immense business d'intermédiaire et de lobbyiste pour les patrons des deux pays.

En mai 2018 François Hollande rend visite et hommage à son "vieil ami" le  dictateur chinois Xi. Le 24 mai, alors qu’il visite une usine Airbus  il explique aux journalistes français qui l’accompagnaient qu’il est «  admiratif de la vision longue qu’ont les dirigeants chinois »
Alors que Xi Jiping a ouvert la voie à un règne à vie, ces louanges à la dictature revêtent une résonance sinistre.   
Lors de sa visite présidentielle en Chine en avril 2013, le même Hollande avait déjà "renoncé" à mentionner le nom du prix Nobel  Liu Xiaobo emprisonné afin de ne pas fâcher la dictature.
Hollande s'inscrit ainsi dans la longue lignée des politiciens français qui font silence sur la répression féroce qui règne dans ce pays et qui est exercée au nom du "marxisme".


                                      Manifestation pour Liu Xiaobo à Hong-Kong

Macron poursuit dans la même direction: ainsi le lendemain de la mort en détention de Liu Xiaobo, le 14 juillet 2017, il tenait une conférence de presse conjointe à Paris avec Donald Trump. Il s'agissait alors de mettre en scène leur amitié. 
Interrogés par un journaliste chinois sur leurs impressions à propos du "président" chinois (non élu)  Xi Jinpeng, ils célébrèrent « un des grands leaders de notre monde » (M. Macron), « un ami, un leader de talent, un homme très bon » (M. Trump), mais n’ont pas eu un mot pour dénoncer la mort d’un Prix Nobel de la paix en détention. Emmanuel Macron s'est contenté d'un tweet de 131 signes pour réagir à cette mort.  Même Barack Obama, qui a lui-même reçu le prix Nobel en 2008, un an avant le démocrate chinois, ne s’est  jamais engagé pour lui. En revanche le comité Nobel norvégien avait  déclaré que la Chine portait "une lourde responsabilité" dans la mort "prématurée" de Liu Xiaobo en le privant de soins médicaux adaptés.

Le "modèle chinois", de capitalisme contrôlé par la dictature du Parti Communiste (!)  chinois représente un rêve pour de nombreux gouvernants et patrons à travers le monde: pas de démocratie, pas d'élections, pas de syndicats indépendants, pas de presse libre, pas de lois protectrices, pas de liberté d'expression, Internet contrôlé. Serge Dassault grand patron ultra-libéral et autoritaire indiquait ainsi  "Les Chinois, ils travaillent 45 heures, ils dorment sur place dans leurs usines, ils font des bons produits pas chers."


Le 4 juin prochain marquera le 30e anniversaire du massacre de la place Tienanmen. 


Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, soldats et blindés avaient mis fin par les armes au mouvement des étudiants qui occupaient depuis un mois et demi la place Tienanmen, au cœur de Pékin. 
Les manifestants réclamaient la fin de la corruption et une ouverture démocratique.
                                                Sur la place Tienanmen
  
Le bilan de cet assaut était généralement évalué à un millier de morts mais de nouvelles révélations se sont faites jour sur l'ampleur de la répression. Un rapport de l'ambassadeur de Grande-Bretagne mentionne plusieurs milliers de  morts en une nuit, des cadavres "en pâte" sous les blindés et des manifestants achevés à la baïonnette par l'armée, confirmant ainsi les photos prises sur place et publiées par des journalistes ( voir ci-dessus). Le régime chinois, qui impose un tabou absolu sur cette période, avait de son côté affirmé fin juin 1989 que la répression des "émeutes contre-révolutionnaires" avait fait 200 morts chez les civils et "plusieurs dizaines" du côté des forces de l'ordre. 

"Chaque année lorsque nous voulons commémorer (nos proches), nous sommes contrôlés, placés en résidence surveillée, ou éloignés de chez nous", déplorent les "mères de Tiananmen", une association regroupant des parents ayant perdu un enfant lors de la répression. En 2018 elles déclaraient  dans une lettre ouverte adressée à Xi Jinping et diffusée par l'ONG Human Rights in China. 
"En tant que dirigeant d'un grand pays, vous n'êtes certainement pas insensible au massacre qui s'est déroulé il y a 29 ans, ni aux familles de victimes", Le Parti communiste chinois (PCC) présente toujours officiellement les manifestants de la place Tiananmen comme "une petite minorité de personnes ayant provoqué des troubles contre-révolutionnaires". 
"Alors que nous sommes au soir de notre vie, nous espérons assister un jour, avant notre mort, à la réhabilitation de nos proches", expliquent ces "mères de Tiananmen" à Xi Jinping. "Nous avons toujours trois revendications: la vérité, des indemnisations et l'établissement des responsabilités.

La révolte démocratique de 1989 et sa répression restent l'un des sujets les plus tabous en Chine. Il sont bannis des livres, des manuels scolaires, des films et sont censurés sur les réseaux sociaux. Chaque année le 4 juin, la plateforme chinoise de microblogs WeChat empêche ainsi ses usagers d'échanger des sommes d'argent pour 89,64 ou 64,89 yuans, montants faisant allusion à la date du 4 juin 1989.       

A l’approche du 30e anniversaire de la révolte en juin prochain, l’appareil de censure chinois resserre les rangs pour empêcher toute mention et commémoration de l’évènement sur Internet.
Des arrestations de défenseurs des droits de l’homme  sont à craindre en amont de cette date. 
Une mobilisation est donc nécessaire afin de soutenir ceux et celles qui combattent pour la justice et la démocratie.
 Des résultats peuvent être obtenus dans ce domaine, comme l'a montré la libération de la poétesse Liu Xia, veuve du prix Nobel Liu Xiaobo, suite à une position ferme des autorités allemandes qui ont constamment exigé qu'elle puisse se réfugier dans leur pays. A l'inverse l'attitude des autorités françaises se caractérise par un silence honteux: symboliquement, Mme Macron a été désignée comme " marraine" des pandas offerts par le régime chinois à un zoo français et a gardé le silence total sur le sort de Liu Xia  

 
Face à l’alliance mondiale de soutien à la dictature chinoise, nous devons être plus que jamais aux côtés de ceux et celles qui combattent pour les libertés démocratiques, la justice sociale, le droit à la santé, les droits des femmes et des LGBTQ,  les droits des minorités notamment au Tibet et au Xinjiang (population Ouïgour) et alertent sur le sort des personnes disparues. 



MEMORIAL 98 

jeudi 31 mars 2016

Déchéance de nationalité: victoire de la mobilisation


                                       
              
Actualisation 1er décembre 2016

En annonçant qu'il ne se représentait pas, François Hollande a été contraint de reconnaître une "unique" faute concernant la déchéance de nationalité.
Cet aveu représente l'âpre vérité: il s'agissait en effet d'une mesure de division et de discrimination, issue de l'arsenal de la droite et de l'extrême-droite. 
Notons que les deux partenaires du pacte pro-déchéance passé entre  Hollande  et Sarkozy sont maintenant éliminés de la présidentielle. 
Il serait catastrophique que Manuel Valls, qui a porté ce pacte funeste et la mesure de déchéance, ainsi que d'autres projets du même acabit, apparaisse comme un des candidats de la gauche.

Memorial 98



Le retrait du projet de révision constitutionnelle signe un échec cinglant de F. Hollande sur la déchéance de nationalité et une victoire de la mobilisation contre ce projet inique qui représente un véritable déni de démocratie et une atteinte à l'égalité des citoyens. 

On ne peut que se féliciter que ce projet soit retiré. 
Les associations, dont Memorial 98, réunies dans le Collectif national « Nous ne céderons pas » y ont largement contribué, notamment lors de la journée de manifestations du 30 janvier qui a réuni des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays.

F. Hollande tente de dissimuler sa déroute en mettant en cause le Sénat qui a voté une formulation différente de celle de l'Assemblée nationale et  en rétablissant la déchéance exclusive des binationaux. 

Mais la droite majoritaire au Sénat s'est en réalité conformée à l'accord honteux que F. Hollande lui-même avait passé avec Sarkozy au lendemain des attentats du 13 novembre et qu'il avait renouvelé en janvier au nom de l"unité nationale".
Le "piège" est en réalité celui que le gouvernement avait lui-même mis en place, au mépris des engagements antérieurs du PS lui-même. 

En effet Nicolas Sarkozy avait déclaré en sortant de sa rencontre élyséenne le vendredi 22 janvier: " ... Nous avons dit très clairement que nous étions disposés à voter la réforme de la Constitution si cette réforme était clairement centrée sur la question de la constitutionnalisation de l'état d'urgence et sur la question du retrait de la nationalité pour les binationaux", ajoutant: "le président Hollande nous a dit que c'était bien son intention".  Il n'a jamais été démenti. 
Sarkozy lui-même avait d'ailleurs tenté de faire passer la déchéance de nationalité en 2010 et avait du reculer. A l'époque le Parti socialiste et F. Hollande lui-même s'y étaient vivement opposés.

Le 15 juillet 2015, Hollande expliquait encore à des journalistes son refus de ces mesures:
  «La déchéance de nationalité, ou l’indignité nationale, vous savez toutes ces choses de droite qui sont de l’ordre du symbolique et qui n’apportent rien à la lutte contre le terrorisme.»

Quatre mois plus tard, jour pour jour, le 16 novembre 2015, il  proposera lui-même, devant les parlementaires réunis en congrès à Versailles, la déchéance de nationalité pour les binationaux, y compris pour ceux qui sont nés français, condamnés pour acte de terrorisme. Quatre mois et un traumatisme national pour qu'il vire totalement de bord et reprenne les mots et les idées de la droite et de l’extrême droite. Au nom du «rassemblement» de la nation dans la «guerre» contre la terreur. Valls concédait d'ailleurs à nouveau que la déchéance n’avait aucun effet pratique dans la lutte contre le terrorisme et qu'il s'agissait bien d'une mesure "symbolique"  

Face à cette trahison, on a assisté à une véritable levée de boucliers associative et syndicale et à de nombreuses condamnations d'institutions telles que la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), instance officielle chargée de défendre les droits de l'homme, qui à émis le 18 janvier à l'unanimité des ses membres, une déclaration très sévère
Le 30 janvier, des manifestations unitaires ont eu lieu dans 80 villes et ont rassemblé plus de 40000 personnes.

La crise a aussi été symbolisée au plan médiatique par la démission du gouvernement le 27 janvier de Christiane Taubira, qui avait condamné la mesure de déchéance en déclarant: «Cette déchéance de nationalité sur des personnes nées françaises, qui appartiennent depuis leur naissance à la communauté nationale, ça pose un problème de fond sur un principe fondamental qui est le droit du sol, et qui est, dans l'histoire de la construction de la communauté française sur une base civique, un pilier fondamental".

La fronde contre cette loi inique provient donc d'une réaction de la gauche antiraciste scandalisée par la remise en cause du droit du sol et l'instauration d'une citoyenneté à deux vitesses.

Lors de l'ouverture du débat à l’Assemblée nationale le 5 février, les députés, notamment socialistes se sont donc retrouvés eux-mêmes sous pression des mobilisation et de la crise qu'elle entrainait. Nombre d'entre eux ont aussi manifesté personnellement leur révolte et leur désarroi telle la députée PS Chaynesse Khirouni déclarant avoir reçu le projet de déchéance des binationaux comme «une flèche en plein cœur»
Ainsi face à la fronde le gouvernement a lui-même du modifier son projet initial et en enlever la discriminations envers les binationaux, en généralisant la possibilité de déchéance à tous les citoyens. Il s'engageait d'ailleurs au passage dans une autre voie dangereuse consistant à créer des apatrides non protégés par les conventions internationales. Et comble de la confusion, afin de  ménager la droite, la menace de déchéance était élargie au delà des crimes, incluant y compris des « délits graves » non définis.

Dès lors malgré les très nombreuses pressions et menaces à l’encontre des députés contestant la mesure, celle-ci ne recueillit que 162 voix pour, 148 contre et 22 abstentions, même si le texte global de révision finit par obtenir une large majorité. Au sein des députés PS parti socialiste, 92 députés ont voté contre cet article , dix se sont abstenus et 119 ont voté pour le fameux article 2 comportant la déchéance de nationalité. Et le passage par le Sénat annonçait déjà l’impossibilité de mettre en œuvre le fameux et honteux accord Hollande –Sarkozy du 16 novembre.

Cette forte contestation d’une mesure discriminatoire symbolise une forme d’opposition à  la dérive d’un pouvoir qui se ralliait aux exigences de la droite et de l’extrême-droite alors qu’il avait auparavant promis le droit de vote des étrangers.
Le combat se poursuit maintenant contre l’état d’urgence et les autres mesures liberticides contenues notamment dans le projet de loi sur la réforme de la procédure pénale. Nous y nous engageons.

MEMORIAL 98

mercredi 27 janvier 2016

30 janvier: mobilisation générale contre la déchéance de nationalité et l'état d'urgence



Contre la constitutionnalisation de l’état d’urgence et la déchéance de nationalité

Actualisation 10 février: 

Succès des manifestations du 30 janvier, dans plusieurs dizaines de villes; ci dessous Memorial  98 dans la manifestation parisienne  


Déchéance de nationalité, état d'urgence, révision de la Constitution: on ne lâche pas: action URGENTE en direction des députés afin qu'ils ne votent pas le projet gouvernemental ce mercredi 10 février après-midi: contactez les députés par téléphone, c'est simple et gratuit et par mail; les outils du collectif sont ici https://piphone.lqdn.fr/campaign/call2/Etat_urgence; cliquez et vous êtes directement à l'action

Actualisation 27 janvier 15h: 

1) Le départ, sans doute contraint, de C. Taubira nous remet en mémoire sa déclaration du 23 décembre quand elle avait cru pouvoir annoncer l’abandon de la déchéance de nationalité, avant d'être immédiatement démentie: «...Cette déchéance de nationalité sur des personnes nées françaises, qui appartiennent depuis leur naissance à la communauté nationale, ça pose un problème de fond sur un principe fondamental qui est le droit du sol, et qui est, dans l'histoire de la construction de la communauté française sur une base civique, un pilier fondamental".

2) Les "nouvelles" propositions de Valls ce jour concernant le texte de loi sur la déchéance constituent une double entourloupe; d'une part celle-ci concernera bien exclusivement les bi-nationaux  et seront bien inclus dans ce projet des "délits graves" et non seulement des crimes, ce qui correspond à nouveau à une revendication de Sarkozy. 
  
Le 5 février prochain, l'Assemblée nationale examinera la loi proposée par le gouvernement . D'ores et déjà, Manuel Valls a annoncé qu'il voulait une prolongation de l'état d'urgence « Jusqu'à ce qu'on puisse se débarrasser de Daech », autant dire pour des mois ou des années. 

Memorial 98 appelle, avec de nombreuses organisations au sein du collectif " Nous ne céderons pas", initié par la Ligue des Droits de l'Homme, à refuser cette banalisation de l'état d'exception et à se mobiliser massivement contre la violation de nos libertés et de l'état de droit, notamment en manifestant le 30 janvier et en interpellant les députés. Des outils simples d'utilisation et  performants sont mis à disposition dans le cadre de ce collectif afin de contacter les élus.

Deux mois après le début de l'état d'urgence, et avant qu'il ne soit renouvelé ou inscrit dans la Constitution française, puis décliné dans les lois de réforme pénale, de plus en plus d'associations, de collectifs, de syndicats et de personnes ouvrent en effet les yeux sur le danger que fait peser l'état d'urgence sur les fondements de nos institutions et sur nos libertés. De très nombreuses instances nationales et internationales, dont les experts de l'ONU, dans une démarche exceptionnelle, appellent à la la levée de l'état d'urgence. Il ne s'agit pas de "laxisme" ou de négligence face aux menaces terroristes mais du constat que ce n'est pas par l'atteinte aux libertés et le développement de l'arbitraire qu'on peut combattre les attentats.


En France la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), instance officielle chargée de défendre les droits de l'homme, à émis le 18 janvier à l'unanimité des ses membres,  une déclaration très sévère envers l'état d'urgence et la décision d'inscrire la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour faits de terrorisme dans la Constitution. 

La mesure de déchéance, quelle que soit son nom et sa forme, contribuerait à fragiliser davantage encore des populations issues de l'immigration, puisqu’elles constitueraient évidemment sa principale cible. Près du tiers des descendants d’immigrés déclarent une double nationalité. Cela représente environ 5 millions de personnes. Celles-ci sont aujourd’hui françaises à part entière. Demain, si cette réforme était validée et adoptée, ces personnes entreraient dans l’ère du soupçon. La naissance sur le sol français "protège" à ce jour les binationaux contre la possibilité de déchéance de leur nationalité française; cela ne serait plus le cas si le projet Hollande est adopté. Cela constitue donc une remise en cause de droit du sol protecteur. C'est d'ailleurs  au nom de ces arguments que le PS avait rejeté en 2010 la tentative de Sarkozy visant à instaurer la déchéance.

La CNCDH analyse ensuite "... la fin de l'état d'urgence ne saurait faire l'objet d'une réforme législative, à plus forte raison constitutionnelle», 
Elle relève que l'application de l'état d'urgence s'est accompagnée «de nombreux abus», accompagnés d'«effets collatéraux dévastateurs». D'ailleurs même le Conseil d’État a été amené à mettre le holà à la manipulation dans le cadre des assignations à résidence.
 
Malgré l'immense vague de protestations portant notamment sur la déchéance de nationalité, F. Hollande et M. Valls semblent avant tout préoccupés de leurs accords avec la droite sarkozyste. En effet Sarkozy a déclaré en sortant de sa rencontre élyséenne le vendredi 22 janvier: " ... Nous avons dit très clairement que nous étions disposés à voter la réforme de la Constitution si cette réforme était clairement centrée sur la question de la constitutionnalisation de l'état d'urgence et sur la question du retrait de la nationalité pour les binationaux", ajoutant: "le président Hollande nous a dit que c'était bien son intention". 

Ainsi donc, seule une grande mobilisation démocratique peut faire échouer ces mesures qui augmenteraient les divisions et la stigmatisation d'une partie de la population du pays 

Le débat au Parlement sera grandement influencé par la force des manifestations du 30 janvier ainsi que par l'interpellation directe des députés et sénateurs.

Il faut donc assurer le succès de cette mobilisation unitaire et la prolonger tout au long des semaines  à venir. Nous pouvons faire reculer ces projets iniques. 

Des outils de mobilisation et d'interpellation sont à votre disposition: 

Des informations quotidiennes ici  et ici