dimanche 2 août 2015

Jets d'acide sur un lieu de rencontres homosexuelles: un simple rappel à la loi !

Nantes: cinq jeunes gens sont interpellés sur un lieu de rencontres homosexuelles. Ils étaient occupés à jeter des bouteilles d'acide en direction des hommes et de leurs véhicules.

Dans un premier temps, le quotidien local Presse-Océan publie un article où il est notamment indiqué que les jeunes hommes auraient reconnu en garde à vue qu'ils savaient qu'il s'agissait d'un lieu de rencontres.

Mais l'article est dépublié ( version en cache visible ci-dessous): en effet, à l'issue de la garde à vue , le procureur décide qu'il n'y a pas de charges suffisantes pour poursuivre, dans la mesure où les jeunes expliquent avoir choisi l'endroit "au hasard" pour "tester" leurs bouteilles d'acide. Ils écopent d'un simple rappel à la loi. 



On a beau tourner l'affaire dans tous les sens, l'étrangeté de la décision demeure: depuis quand en effet, a-t-on le droit de "tester" des jets de bouteilles d'acide en les lançant dans un espace où véhicules et personnes stationnent ?

Depuis quand le simple fait de nier avoir agi par homophobie est-il un argument légal suffisant pour abandonner les charges ? Depuis quand le fait d'être pris en flagrant délit constitue-t-il une absence de charges ?

Si ces jeunes gens avaient jeté des bouteilles d'acide devant le Palais de Justice, à l'heure de la sortie des magistrats, le procureur aurait-il estimé que cela méritait un simple rappel à la loi ? 

C'est à ce genre d'affaires, traitées de manière lapidaire par la justice et par la presse, qu'on mesure le long combat qui reste encore à mener pour que les présomptions d'homophobie soient prises au sérieux, même lorsqu'elles sont évidentes.

samedi 1 août 2015

Manifestations en Israël: assez de violences et de crimes!

Actualisation du 2 août: la jeune lycéenne de 17 ans poignardée jeudi dernier lors de la Gay Pride, Shira Banki, vient de décéder à Jérusalem suite à ses blessures. Hommage à sa mémoire et condoléances à sa famille et à ses proches ainsi qu'à la famille d'Ali Saad Dawabshe, brûlé vif à Douma .

En ce moment-même (samedi 1er août au soir) des milliers de personnes sont rassemblées sur la place Rabin de Tel-Aviv, là où ce dernier fut assassiné par un terroriste d'extrême-droite le 4 novembre 1995, afin de protester contre le crime commis dans le village de Douma, près de Naplouse
(sur la pancarte en Une de l'article une citation du président de l’État Réouven Rivlin: "des membres de mon peuple ont choisi la voie de la terreur"). 

D'autres manifestations se déroulent dans les principales villes du pays et vont converger avec les cortèges prévus pour protester l'attaque de la Gay Pride de Jérusalem jeudi 30 juillet .
L'oncle du nourrisson assassiné (Ali Saad Dawabshe) qui se nomme Nasser Dawabshe, vient de déclarer devant la foule de la place Rabin: "... Netanyahu déclare participer à nôtre peine, mais nous demandons que le ministre de la Défense et l'armée garantissent nôtre sécurité dans le village de
Douma et dans tous les villages palestiniens (il faut  rappeler que l’État d'Israël occupant de fait la Cisjordanie depuis 48 ans est, selon les conventions internationales, responsable de la sécurité de ses habitants NDLR)... Nous souhaitons que ce qui vient de se passer marque la fin des souffrances de nôtre peuple. Avant Ali, il y a eu Mohammed Abu-Hadir (jeune palestinien de Jérusalem, enlevé et  brûlé vif par des terroristes d'extrême-droite le 2 juillet 2014) et nous ne savons pas qui sera le suivant. Nous voulons que ces crimes cessent..."  .

Le président de l’Etan Réouven Rivlin a d'ailleurs déclaré,  suite à l’incendie criminel dans la nuit de jeudi, qu’Israël n’avait pas fait assez pour sévir contre les terroristes juifs: «... A mon grand chagrin, jusqu’à présent, il semble que nous avons fait preuve de laxisme dans notre traitement des phénomènes du terrorisme juif. Peut-être que nous ne faisons pas assez pour intérioriser ce à quoi nous sommes confrontés, un groupe idéologique déterminé et dangereux, qui vise à détruire les ponts fragiles pour lesquels nous travaillons sans relâche afin de les bâtir », a-t-il estimé.


Les propos de Rivlin sont justes mais contrastent fortement avec la réalité des pratiques des forces de sécurité israéliennes, y compris depuis le crime de jeudi. Les manifestations de Palestiniens sont brutalement réprimées et 2 d'entre eux au moins sont morts suite aux tirs à balles réelles de soldats chargés de "maintenir l'ordre".

Au delà du crime de Douma, c'est l'ensemble de la politique suivie à l'égard du peuple palestinien et de ses territoires qui se trouve une fois de plus mise en question. L'extrême-droite se nourrit de la colonisation et de la domination sur la vie quotidienne d'un autre peuple. Seul le retrait d'Israël des territoires occupés tout à fait illégalement et la naissance d'un État palestinien souverain permettront d'en finir avec la violence qui gangrène ces deux peuples.   
 

vendredi 31 juillet 2015

Israël: attaques terroristes d'extrême-droite contre la Gay Pride et la coexistence judéo-arabe

Shira Banki, 16 ans, assassinée par un extrémiste religieux lors de la Gay Pride

Actualisation du 26 juin 2016:

Yishai Schlissel, qui a tué Shira Banki,  et blessé plusieurs autres personnes lors de la Gay Pride qui s'est tenue à Jérusalem en juillet 2015, a été condamné dimanche 26 juin à la prison à perpétuité, assortie de 31 ans de détention.

En juillet de l'année dernière,  Shlissel s'était précipité sur le défilé qui parcourait Jérusalem, armé d'un couteau. Shira Banki, 16 ans, grièvement touchée avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard, tandis que six autres personnes avaient été blessées.
Le geste de Shlissel avait causé un émoi d'autant plus grand en Israël que l'homme avait été libéré quelques semaines auparavant, après avoir purgé 10 ans de prison pour une agression similaire lors d'une précédente marche des fiertés à Jérusalem en 2005.
Il avait alors blessé trois personnes.
Il s'était abondamment répandu contre les homosexuels sur différents forums avant de passer à nouveau à l'acte l'année dernière.
Inculpé d'assassinat le 24 août, Yishaï Shlissel n'avait montré aucun remords devant le tribunal. Il avait même estimé que "la marche des fiertés devait être arrêtée pour permettre à l'âme de Shira Banki de s'élever vers le paradis".
"Quiconque participe à la Gay Pride de Jérusalem déclare la guerre à Dieu et celui qui défie Dieu ne peut demander à être plaint", avait-il martelé. La police israélienne avait été vivement critiquée pour son incapacité à l'empêcher de passer de nouveau à l'acte et des limogeages jusqu'aux plus hauts niveaux de l'institution avaient suivi cette attaque.

L'agression du 30 juillet avait été suivie le lendemain d'une attaque perpétrée par des extrémistes juifs contre la famille palestinienne Dawabshe. Plusieurs de ses membres, dont un bébé avaient été brûlés vifs dans le village de Douma, en Cisjordanie occupée. Ces deux événements violents avaient entraîné des mobilisations de protestation  et remis sur le devant de la scène la question de la violence de l'extrême-droite.

Le verdict survient alors que Netanyahou a mis en place un gouvernement marqué à l'extrême-droite  

Memorial 98

L'agresseur de la Gay Pride de Jérusalem qui a poignardé plusieurs participants ce 30 juillet, Yishaï Schliessel, est un ultra-orthodoxe récidiviste. Il venait de sortir de prison suite à une attaque du même type en 2005.
Il avait d'ailleurs annoncé publiquement son intention de récidiver. La police, avertie de sa libération et de ses intentions violentes, n'a pas pris de mesures particulières et porte donc une lourde responsabilité dans cette attaque.
Cette tentative de meurtre se place dans un contexte de violence plus globale mise en œuvre par divers groupes d'extrême-droite israéliens. Ceux-ci s'attaquent avant tout aux Arabes, qu'ils soient citoyens israéliens ou Palestiniens. Mais ils agressent aussi les militants de gauche, les défenseurs des minorités et tous ceux qui mettent en œuvre la coexistence entre Juifs et Arabes. Ainsi l'organisation anti-arabe Lehava avait appelé à manifester contre la Gay Pride.
Son dirigeant Gopstein avait déclaré que les manifestants de son organisation protesteraient contre "la transformation de Jérusalem en Sodome". Après la tentative d’assassinat il a déclaré qu'il ne commettaient pas d' agressions "contre les Juifs" 

Lehava regroupe notamment des militants "kahanistes" d'après le nom de Meïr Kahana, le "rabbin" raciste qui voulait expulser tous les Arabes d'Israël et même des territoires occupés. Son nom est l'acronyme de l'" Organisation pour la Prévention de l' Assimilation en Terre Sainte" et signifie aussi la flamme. Elle s'attache particulièrement à saboter par la violence toute forme de contact entre Juifs et Arabe. Le prétexte habituel de ses activités est d'empêcher les unions mixtes judéo-arabes. Son chef  Gopstein était un activiste du mouvement de Kahana nommé "Kach", qui a été dissous en tant qu'organisation raciste en 1988. 

Un acte terroriste particulièrement grave a été commis récemment par des militants de Lehava à l'encontre de l'association Yad Beyad ("Main dans la main" en hébreu) qui met en œuvre des actions de fraternisation et de coexistence judéo-arabe (voir l'illustration en une de l'article). Elle gère plusieurs écoles bilingues et avait organisé durant la guerre de Gaza en 2014 de nombreuses actions contre la violence et l'occupation. Memorial 98 rend compte régulièrement des activités de cette association et soutient son combat. 
Un tribunal israélien a condamné mercredi 22 juillet à 2 ans et 2 ans et demi de  prison ferme deux frères appartenant à Lehava, reconnus coupables de l’incendie volontaire de l'école bilingue à Jérusalem. Celle-ci représente un des symboles de coexistence judéo-arabe dans la capitale israélienne. Plus de 600 élèves fréquentent cette école, répartis en nombre égal de Juifs et d'Arabes, de la maternelle jusqu'aux classes secondaires. Il y a quatre autres établissements scolaires du réseau "Main dans la main" en Israël.
Les 2 frères  ont été condamnés  pour l'attaque qui s'est déroulée dans la nuit du 29 novembre 2014 au cours de laquelle une classe a été incendiée; le slogan "mort aux Arabes" avait été tagué sur un des murs de la cour.
La police israélienne a identifié les deux frères, âgés respectivement de 21 et 19 ans, résidant dans une colonie  de Cisjordanie, comme étant membres du groupe d’extrême-droite anti-arabe Lehava.
Dans ses attendus, le tribunal a indiqué avoir condamné les frères Touitou sur la foi de leurs aveux. La charge d'"incendie criminel" a été aggravée par les motivations idéologiques des accusés comme en témoignent leurs activités  contre la coexistence entre Juifs et Arabes.
A l'énoncé de la sentence, les deux condamnés ont ri et scandé "Dieu est bon pour les Juifs".
Ces organisations d'extrême-droite se sentent particulièrement encouragées par la situation politique en Israël et la présence d'un gouvernement très à droite dans lequel les colons et les ultra-orthodoxes pèsent d'un poids important. Les larges réactions  de protestation suite à l'attaque meurtrière de ce jour permettront-elles de lutter contre les fascistes de Lehava et des autres terroristes d'extrême-droite?

Actualisation du vendredi 31 juillet: l'incendie criminel mis en œuvre par des colons extrémistes dans le village de Douma a tué cette nuit le petit Ali Saad Dawabshe, âgé de 18 mois. Dans ce cas aussi, le crime ne constitue pas une surprise car selon les services de sécurité israéliens eux-mêmes, plusieurs tentatives du même genre ont eu lieu dans les derniers mois, toutes commises au petit matin afin de faire le maximum de morts parmi les familles. Ce massacre fait partie de la stratégie de terreur des extrémistes juifs sous le sigle de "Tag Mehir/ le prix à payer" censée représenter une réponse aux actions palestiniennes. L'incapacité des puissants services secrets israéliens à agir face au terrorisme des colons et de l'extrême-droite soulève de nombreuses interrogations et doutes. Le président israélien a d'ailleurs condamné la "négligence et la faiblesse face à ces agissements". En effet l'indulgence dont ont bénéficié les différents terroristes d'extrême-droite, dont ceux de la "cellule clandestine juive" les a encouragé dans leurs actes criminels. Les manifestations des prochains jours en Israël et dans les territoires occupés ne manqueront pas de réclamer que ces terroristes soient punis et mis hors d'état de nuire.
MEMORIAL 98
 

lundi 27 juillet 2015

Attentat dans un cinéma en Louisiane; comme à Charleston, le tueur était néo-nazi.

John Russel Houser a ouvert le feu sur le public d'un cinéma en Louisiane le jeudi 23 juillet. Son acte était minutieusement préparé; c'est très méthodiquement qu'il a tiré dans le public, abattant deux femmes et blessant grièvement plusieurs autres personnes.

En France, dès les premières dépêches de presse, les médias précisent bien que les victimes sont "blanches". Ils écartent ainsi implicitement l'hypothèse du crime de haine et lient immédiatement cette tuerie, non pas avec celle de Charleston, commise par le néo-nazi Dylan Roof, mais avec celle survenue dans un cinéma d'Aurora le 19 juillet 2012, qui effectivement n'était pas de caractère politique. John Russel Hoover est présenté par la suite par nos médias comme un "marginal", un "sans-domicile fixe " et un "malade mental".

Sans doute Russel Houser était-il un peu tout cela. Mais c'était aussi un néo-nazi convaincu, antisémite, raciste et sexiste.

Le "marginal" était notamment un des invités d'un show local de télévision, auquel il a participé une soixantaine de fois. Il s'y revendiquait proche du Tea Party, l'extrême-droite du Parti Républicain. Mais en réalité, sa pensée politique profonde était celle du Ku Klux Klan et des groupes suprémacistes blancs. Dès 2005, John Houser faisait sur internet la promotion de David Duke, après avoir assisté à une de ses conférences. Quatre ans auparavant, pour "protester" contre la fermeture administrative d'un night-club qu'il exploite, l'homme avait accroché sur son établissement une immense bannière avec une croix gammée ( photo en une de l'article)

David Duke, inspirateur de Houser, initialement membre du Ku Klux Klan, est un propagandiste néo-nazi de renommée mondiale: négationniste, ses pamphlets sur le "complot juif " et l'"invasion nègre " constituent une référence pour les mouvements suprémacistes blancs de tous les pays. C'est aussi un ami des dictatures syriennes et iraniennes qui l'invitent à leurs conférences internationales antisémites et négationnistes. En 2006, il déclarait dans l'une d'entre elles " « L'Holocauste est le levier utilisé par l'impérialisme sioniste, l'agression sioniste, la terreur sioniste et les meurtres sionistes ». En France, le journal Rivarol lui ouvrait ses colonnes en 2007, afin qu'il y étale ses délires antisémites.

Le tueur John Russel Houser suivait sa ligne à la lettre: outre son admiration pour Adolf Hitler, il étalait à longueur de commentaires sur Internet, son admiration pour les néo-nazis grecs d'Aube Dorée, ainsi que ses "considérations" sur le Quotient Intellectuel (QI) lié à la "race".

Quant à la cible choisie pour sa tuerie, rien ne dit qu'elle ait été le fait du hasard. Le film diffusé ce soir là , "Trainweck" réalisé par une humoriste, Amy Schumer, est la cible de nombreux politiciens réactionnaires et de l'extrême-droite, et décrié par ces courants comme propageant un féminisme destructeur des "vraies valeurs morales ". Il a fait l'objet d'une campagne extrêmement virulente de ces réseaux.

Or Russel Houser était également un admirateur des prédicateurs chrétiens homophobes et sexistes des mouvances intégristes. Sa haine des femmes s'était aussi exprimée dans sa vie quotidienne, au point que son épouse avait obtenu une ordonnance d'éloignement; elle avait notamment mis en avant le fait qu'il possédait de nombreuses armes et les utiliserait un jour. 

Aux États Unis, les mouvements antinazis et les féministes ont immédiatement dénoncé la réalité d'une tuerie perpétrée, non pas par un "marginal sans cause", mais par un tueur néo-nazi fanatiquement antisémite et sexiste. Après des réactions immédiates accréditant la première version, des médias ont fini par évoquer le parcours politique du tueur et ont rapproché cette tuerie de celle perpétuée à Charleston.

Mais en France, une nouvelle fois, c'est la version du "meurtre de masse commis par un détraqué" qui l'a emporté. En évacuant totalement la dimension politique de la tuerie, c'est une nouvelle fois la réalité du terrorisme néo-nazi qui est occultée.

dimanche 26 juillet 2015

Bikini de Reims: manipulation raciste et campagne islamophobe.





Excitation malsaine: l'affaire dite du "bikini de Reims" a provoqué une flambée de réactions et de commentaires laissant entendre qu'il s'agissait une manifestation d’intolérance islamiste. 

Sans surprise, on note les propos des colporteurs de haine, dont le député Les Républicains Eric Ciotti qui déclare avoir « participé samedi matin au pèlerinage (catholique) de Notre-Dame du Très Haut au Col de la Bonette » et dénonce en même temps une « agression inacceptable par laquelle on veut nous imposer un mode de vie qui n’est pas le nôtre. », ou le vice-président du Front national, Florian Philippot, qui  affirme que la jeune femme a été « lynchée car vivant à la française ! » Il prolonge ainsi la campagne ultra-raciste et antisémite de Marion Maréchal-Le Pen.  Le site d'extrême-droite Boulevard Voltaire titre même: " Reims : un laboratoire de la charia ? " (sic!)

Or le parquet de Reims affirme après enquête que « ni la victime ni les auteures des coups n’ont fait état, lors des auditions, d’un mobile religieux ou d’un mobile moral qui aurait déclenché l’altercation... Les mises en cause sont renvoyées devant le tribunal correctionnel en septembre uniquement pour des violences en réunion ». 

Les violences sont évidemment injustifiables mais la flambée de propos mettant en cause une origine islamiste en dit long sur le poison raciste et islamophobe distillé par ceux et celles qui y trouvent intérêt. C'est d'ailleurs le cas du quotidien local de Reims "L'Union" qui a largement favorisé cette interprétation, avant de revenir en arrière. On notera aussi les propos particulièrement hypocrites du maire " Les Républicains " de la ville, Arnaud Robinet,  déclarant au Monde: "...  Il faut donc faire très attention aux amalgames. Néanmoins, je comprends que cette agression ait pu être interprétée comme telle (islamiste) par la population..." Il attribue donc à la "population" la propagande raciste que lui et son parti diffusent en permanence, notamment par l'appel récent de Sarkozy à "défendre les Églises", prétendument menacées par les musulmans. D'ailleurs les propagandistes du racisme poursuivent leur sale boulot en impliquant que la déclaration du parquet est un mensonge destiné à dissimuler le sens réel de l'agression.
On ne peut qu'être surpris et choqué une fois de plus par la déclaration de Gilles Clavreul, chef de la Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), qui tweete 2 messages, laissant entendre qu'il s'agit d'un acte raciste : 
« Agression scandaleuse qui appelle des sanctions exemplaires #Reims », puis, au cas où on n'aurait pas bien compris "Gilles CLAVREUL @GillesClavreul 2/2 Pour une fois silence remarquable des habituels défenseurs de la "liberté vestimentaire" #Reims18:46 - 25 Juil 2015 " Si on comprend bien son propos alambiqué il s'agit de mettre en cause ceux qui refusent de s'en prendre aux porteuses de foulards. Ce "Délégué Interministériel" qui nie l'existence de l'islamophobie n'est décidément pas à sa place et doit partir. Il représente en fait un obstacle à la lutte contre le racisme. SOS Racisme s'est ridiculisé en appelant à un rassemblement pour manifester" en maillot de bain" au parc Léo-Lagrange de Reims et en permettant une accélération brutale à la diffusion de l’histoire sur les réseaux sociaux, via un  hashtag (mot-clé).

Au total une triste histoire de manipulations et de provocations jetées à pleins tonneaux sur les flammes du racisme et de l'islamophobie. Il y en aura d’autres dans la période à venir, au grand bénéfice du Front National. Pour nôtre part, en tant qu'association antiraciste Memorial 98,  nous appelons à poursuivre dans la voie d'un anti-racisme réellement universaliste, qui rejette toutes les discriminations, qui n'hésite pas à nommer et à combattre tous les racismes réellement existants, l'antisémitisme, l'islamophobie, l'homophobie, la discrimination envers les Roms et toute autre manifestation de la barbarie raciste. 

MEMORIAL 98 
 
Actualisation du 9 Septembre 2016:


Le scénario est devenu classique depuis le "bikini de Reims"  : des altercations présentées dans la presse comme liées à un "motif religieux" et impliquant d'une manière ou d'une autre  des personnes catégorisées comme musulmanes suscitent des vagues de réactions politiques et militantes et des dénonciations très orientées, jusqu’à ce que les faits viennent démentir toute l’affaire.

C’est le cas à nouveau dans « l’affaire des shorts » de Toulon.
L’agression d’un groupe de femmes au prétexte qu’elles portaient ce vêtement, le 4 septembre, à Toulon, s’avère dépourvue de connotation religieuse, selon Nice Matin.

Dans ce quotidien régional, l’une des mères de famille agressées le confirme : « Nous n’étions pas en short. Nous étions en tenue de sport. Un premier jeune nous a mal parlé et puis les choses ont rapidement dégénéré alors que nous étions en famille et avec nos enfants. » L’agression reste évidemment intolérable, mais  le motif religieux en est absent.

Pourtant, il n’avait  fallu attendre que quelques heures après la révélation des faits pour voir des réactions, comme cette tribune de la militante islamophobe Céline Pina dans Le Figaro, dénonçant une « police de la vertu islamiste ». Ce qui n’était en fait pas le cas.
Comme elle, divers propagandistes ont lancé une vaste campagne qui amalgamait cet événement regrettable avec le port du burkini, rejoignant ainsi la manipulation mise en place par Sarkozy et ses sbires, avec le soutien et l'appui de Manuel Valls.


Memorial 98


Actualisation 24 avril 2016: 

Une nouvelle affaire du même type à Gennevilliers (92) mais le "bikini" est remplacé par une "jupe" . Des dizaines d'articles et un "buzz" monstrueux suite à une altercation. Le prétexte en aurait été le port d'une jupe par l'agressée. Et on a donc droit à un véritable déluge de commentaires et même une déclaration officielle de la mairie,  amalgamant le voile (bien que la vidéo de la bagarre montre une femme voilée s'interposant) , la jupe, la terreur islamiste...
Or toute cette construction semble imaginaire. La personne mise en cause pour agression nie absolument, face aux caméras, toute connotation en rapport avec le port d'une jupe ou tout autre vêtement. La justice aura à trancher mais on assiste une fois de plus à une véritable bulle de stigmatisation et d'amalgame.

Memorial 98

  

jeudi 23 juillet 2015

Dix ans après: Anders Breivik symbolise et inspire le terrorisme d'extrême-droite






                                               Les 77 victimes de Breivik


22 juillet 2021: un dixième anniversaire sous le signe du trauma

Dix ans après les attaques perpétrées par Anders Behring Breivik, le 22 juillet 2011 en Norvège, les survivants et les proches des victimes ne pourront pas se recueillir devant le mémorial national en hommage aux 77 personnes tuées. Sur le quai, en face de l'ile d'Utoya, à une quarantaine de kilomètres d’Oslo, le monument n’est toujours pas achevé. En 2017, un premier projet avait dû être abandonné, sous la pression des riverains. 

Seize d’entre eux ont depuis traîné l’Etat et la Ligue des jeunes travaillistes (AUF) en justice, pour tenter de bloquer – en vain – les 77 colonnes de bronze, en cours de construction, sur les berges du fjord d’Oslo.

Pour Astrid Hoem, présidente d’AUF depuis décembre 2020, l’absence de mémorial officiel, dix ans après la tuerie la plus meurtrière commise en Norvège depuis la seconde guerre mondiale, est « une honte ». Comme de nombreux jeunes travaillistes, elle y voit un symbole : celui de l’incapacité de son pays et de ses habitants « à se mettre d’accord sur ce qui s’est vraiment passé » le 22 juillet 2011 et à reconnaître « le caractère idéologique des attentats ».

L’été 2011, Astrid Hoem avait 16 ans. Pour rien au monde elle n’aurait manqué les universités d’été d’AUF, organisées à Utoya depuis 1950. Le 22 juillet, ils étaient 564 sur l’île de 12 hectares. La plupart avaient moins de 20 ans. Leurs téléphones ont sonné, en milieu d’après-midi : une bombe venait d’exploser devant le siège du gouvernement à Oslo, faisant huit morts et des dizaines de blessés. Les leaders d’AUF ont tenté de rassurer les plus jeunes : à Utoya, ils se trouvaient « dans l’endroit le plus sûr au monde ».

Deux heures plus tard, les premiers coups de feu claquaient sous la pluie. Le massacre a duré un peu plus d’une heure. Astrid s’est cachée dans une faille, au bord de la falaise. Déguisé en policier, Anders Behring Breivik, 32 ans, a tué 69 personnes et blessé une centaine d’autres.

« Le pire a failli se reproduire »

Pendant des années, les survivants ont peu parlé, livrant une version édulcorée des événements. « Je ne voulais pas être Astrid d’Utoya », confie la leader d’AUF. « C’était tellement douloureux que je n’avais pas envie d’accabler les gens autour de moi », ajoute Tonje Brenna, secrétaire générale de l’organisation à l’époque. En mai, la jeune femme, âgée de 33 ans, a finalement décidé de tout raconter dans un livre, sans omettre le moindre détail, parce qu’« il est indispensable que les gens comprennent ce qu’est la terreur », explique-t-elle.

Ces derniers mois, de nombreux survivants se sont mis à témoigner. Tous avec le même objectif. « Il faut qu’on arrête de parler du 22 juillet comme d’une catastrophe naturelle terrible, ou de quelque chose de tellement horrible qu’on ne pourrait pas le nommer et qu’on admette que c’était un acte politique, commis par un homme », résume Elin L’Estrange, elle aussi rescapée d’Utoya.


Les jeunes travaillistes espèrent un sursaut de la société norvégienne face à la montée de la menace d’extrême droite, sur laquelle alertent régulièrement les services de renseignement. « Après le 22 juillet, nous pensions qu’il y aurait un reflux des idées portées par Breivik, mais c’est le contraire qui s’est passé », se désole Eskil Pedersen. Chef de file d’AUF il y a dix ans, il était une des principales cibles du terroriste. Il n’a eu la vie sauve qu’en s’échappant à bord du ferry qui avait conduit le tueur sur l’île.   
Comme de nombreux rescapés, Eskil Pedersen est amer : « Au moment des attaques, nous avons dit : “Plus jamais ça.” Et, pourtant, le 10 août 2019, le pire a failli se reproduire. » Ce jour-là, Philip Manshaus, 21 ans, admirateur de Breivik, a assassiné sa demi-sœur avant de se rendre à la mosquée de Baerum, près d’Oslo, où il comptait « tuer le plus de musulmans possible ». Ce n’est que parce que des fidèles ont réussi à le neutraliser que le massacre a pu être empêché.

« Culture du consensus »

Dès le 22 juillet, les jeunes travaillistes ont espéré une réaction. Mais quand Eskil Pedersen a tenté de lancer un débat sur la rhétorique utilisée au Parlement pour parler des immigrés, il a été accusé de vouloir limiter la liberté d’expression. « Pendant ce temps-là, Fjordman [un blogueur, mentor de Breivik] a reçu une bourse de l’association Fritt ord [“Le mot libre”] pour écrire un livre », s’insurge Elin L’Estrange. Les jeunes travaillistes critiquent les subventions versées par l’Etat à la fondation islamophobe et conspirationniste Human Rights Service ou l’invitation du chef de file de l’organisation Stop Islamisation of Norway sur la chaîne publique NRK.


Ils ont aussi été profondément choqués par le message, publié en mars 2018 sur Facebook, par la ministre de la justice,  Sylvi Listhaug – aujourd’hui dirigeante du Parti du progrès (FrP), une formation d’extrême droite dont Breivik a été membre une dizaine d’années. Elle y affirmait que le Parti travailliste « pense que les droits des terroristes sont plus importants que la sécurité de la nation » : un message rappelant les théories conspirationnistes du tueur. Mme Listhaug a fini par démissionner.

Mais, à cette occasion, le Parti travailliste et AUF ont de nouveau été accusés de « jouer la carte du 22 juillet », ce qui leur est fréquemment reproché, par la droite notamment. Un sondage, réalisé au printemps par le Centre de recherche sur l’extrémisme à l’université d’Oslo, montre que 30 % des personnes interrogées pensent ainsi qu’AUF et les travaillistes ont exploité la tragédie à des fins politiques. « C’est pourtant le contraire qui s’est produit », affirme le chercheur Anders Jupskas Ravik, qui rappelle les efforts du Parti travailliste, au pouvoir, pour éviter les divisions.

« Trois quarts des Norvégiens ont participé à un hommage. Les jeunes venaient de toutes les régions et beaucoup de gens connaissaient quelqu’un à Utoya », Tore Witso Rafoss, sociologue

Dans son premier discours, le soir du 22 juillet 2011, et tous ceux qui ont suivi ensuite, le premier ministre d’alors, Jens Stoltenberg, a pris soin de dénoncer « une attaque contre la démocratie et la Norvège ». Aujourd’hui encore, c’est cette version qui domine. « Il y a un véritable paradoxe », reconnaît le sociologue Tore Witso Rafoss. Car les attentats ont bien affecté tout le pays : « Trois quarts des Norvégiens ont participé à un hommage. Les jeunes venaient de toutes les régions et beaucoup de gens connaissaient quelqu’un à Utoya. » Mais « Breivik a visé un parti en particulier », rappelle le sociologue.

Or, même les travaillistes ont mis très longtemps à le reconnaître. L’historien Hallvard Notaker y voit un effet de la « culture du consensus » en Norvège : après les attaques, il fallait avant tout préserver l’unité du pays. La double identité du Parti travailliste a brouillé sa position, estime l’historien : « D’un côté, il est l’expression politique du mouvement des travailleurs. De l’autre, c’est le parti qui a dirigé la Norvège pendant des décennies et qui est vu comme le garant de notre modèle social. » Après le 22 juillet, c’est ce deuxième aspect qui a primé.

Des survivants menacés

Aurait-il fallu réagir différemment ? Ministre des affaires étrangères à l’époque, Jonas Gahr Store, chef de file travailliste depuis 2014, rappelle que « la Norvège venait de connaître le plus gros choc depuis l’invasion du pays par l’Allemagne nazie, le 9 avril 1940 ». Dans ce contexte, il estime que l’appel à l’unité était « la meilleure réponse ». Mais, aujourd’hui, affirme-t-il, « nous ne pouvons pas continuer à dire que c’était seulement une attaque contre la démocratie, comme le fait la première ministre, Erna Solberg [conservatrice], depuis 2013, car ce n’est pas toute la vérité. C’était aussi une attaque contre le Parti travailliste et AUF ».


Et cette haine n’a pas disparu, au contraire : selon une étude du Centre national sur la violence et le stress post-traumatique, un tiers des survivants reçoivent plus ou moins régulièrement des menaces : « En général, ce sont des messages sur les réseaux sociaux où les auteurs disent qu’ils vont finir le boulot que Breivik a commencé, explique Tonje Brenna. C’est pire pendant les campagnes électorales, ou quand je participe à un débat sur un sujet comme l’immigration. Je réfléchis longuement à ce que je vais dire. »

Dix ans après les attaques, AUF réclame la mise en place d’une commission sur l’extrémisme. « Il est temps de reconnaître que quelque chose ne fonctionne pas dans notre société et que nous ne parvenons pas à prévenir la radicalisation de certains jeunes hommes blancs », explique Astrid Hoem. L’initiative est soutenue par le Parti travailliste. Le 5 juillet, le chef de file des jeunes conservateurs, Sondre Hansmark, a estimé nécessaire de présenter ses excuses aux jeunes travaillistes, « laissés seuls dans un combat que nous aurions dû tous mener avec eux ».

MEMORIAL 98

 

24 juillet 2019: Anders Breivik continue à inspirer les terroristes d'extrême-droite, comme l'auteur des attentats de Christchurch.

                                        Tarrent ( à g.) inspiré par Breivik

En ce huitième anniversaire des massacres de Brievik, on constate qu'il demeure une source  d'imitation et d'inspiration pour les tueurs fascistes de par le monde. Ainsi Brenton Tarrent, auteur des massacres qui ont tué 49 personnes dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande ( voir ici), se réclame explicitement de lui. Il a publié un "manifeste" qui reprend les thèmes de Breivik et déclare même l'avoir rencontré afin de recevoir son assentiment.
Tarrent s'ajoute ainsi à la longue liste des terroristes qui se déclarent inspirés par les actes et l'idéologie de Breivik, y compris en France, comme le craignaient d'ailleurs les antiracistes  et défenseurs des droits de l'homme en Norvège (voir ci-dessous ainsi que lesmises à jour à la fin de l'article )

A la veille de ce huitième anniversaire, le mémorial aux victimes d'Utoya a été profané par l'inscription d'une croix gammée. Deux hommes ont été arrêtés.
Nos pensées pour les 77 victimes de Breivik.   
Memorial 98


MEMORIAL 98

Le 22 juillet 2011, une bombe placée dans une voiture piégée explosait dans le quartier des ministères à Oslo. L'attentat visait une ex-Première ministre, personnalité du Parti travailliste et tuait huit personnes. Une heure et demie plus tard le terroriste d'extrême-droite qui avait commis l'attentat, Anders Breivik,  se rendait sur l'île d'Utoya, à proximité d'Oslo, déguisé en policier. Ce jour-là, avait lieu un rassemblement des membres de la Ligue des jeunes travaillistes (gauche), auxquels l'ancienne ministre déjà visée avait rendu visite un peu plus tôt. 
Breivik pourchasse et massacre méthodiquement les jeunes; il parvient à tuer 69 personnes, soit au total 77 morts dans la journée. «J'ai fini maintenant», a-t-il déclaré aux policiers au moment de son arrestation.

Le procès du militant d'extrême-droite a eu lieu moins d'un an après, en avril 2012, et a duré trois mois. Au début du procès Anders Breivik a fait son entrée le poing levé, provoquant l'assistance. Plus tard, il verse quelques larmes d'émotion devant la projection d'un film "anti-islam" qu'il a réalisé. Le deuxième jour du procès, Breivik veut s'expliquer et lit pendant plus d'une heure un document qu'il a lui-même rédigé, dans lequel il explique vouloir «protéger les Norvégiens de souche» contre «l'invasion musulmane». Il ne montre aucun remords et déclare: «Je le referais.».

Breivik a en effet commis un massacre terroriste précisément orienté. 

Il a abattu individuellement les jeunes participants au rassemblement de jeunes de la gauche travailliste.   
Il a d'ailleurs déclaré lui-même qu'il avait voulu s'en prendre au Parti travailliste, alors au pouvoir en Norvège, parce que selon lui, ce parti de gauche avait  trahi le pays. Breivik a voulu «  porter un coup d'arrêt au recrutement de nouveaux membres au sein de ce parti », qui selon lui, « favorise la venue massive de musulmans en Norvège ». Islamophobie et lutte contre le "multiculturalisme" constituent les motivations de celui qui avait largement participé aux activités du parti norvégien de la droite radicale, le  "Parti du Progrès" (sic!), ouvertement xénophobe et anti-immigrés dans un pays qui ne se confronte pas à une crise sociale. 

Le 24 août 2012, le verdict est prononcé: Anders  Breivik est condamné à 21 ans de prison pour «homicides volontaires» et «actes de terrorisme», la peine maximale en Norvège. La justice pourra néanmoins la prolonger s'il reste considéré comme dangereux.
 
Breivik symbolise un terrorisme d'extrême-droite particulièrement actif dans toute l'Europe et aux USA ( Charleston). On notera d’ailleurs la mise en garde de l' avocat qui avait  accepté de défendre Breivik, Geir Lippestad. En tant qu’avocat et que membre du parti social-démocrate, il avait jugé nécessaire de défendre le droit de l'extrémiste à s'exprimer durant son procès, estimant que le débat ouvert reste l'arme la plus efficace contre son discours.
Lippestad s'est ensuite inquiété, dans un livre tiré de son expérience, de voir le tueur d'Oslo devenir un "personnage culte".  Il écrit : "…Quand on voit des images de Russie, des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne, de Grèce, de Suède et d'autres pays où il a des supporters, Breivik est indubitablement en train de devenir un modèle qui peut influencer d'autres personnes à avoir des pensées, des idées et des projets qui à terme peuvent muer des jeunes gens en terroristes et non pas en citoyens respectueux de la loi".

Cette préoccupation à rebondi à l'occasion du 4e anniversaire de la tuerie. Une exposition a ouvert le jour de la date anniversaire de l'événement dans le complexe gouvernemental d'Oslo. Elle présentera au public les souvenirs de cette journée, notamment le faux uniforme de policier que portait l'ultranationaliste le jour de la tuerie, mais aussi sa fausse carte d'identité, des débris de la voiture piégée. Cette exposition  a été organisée par le gouvernement norvégien lui-même et fait polémique. 
Les organisateurs ont expliqué vouloir montrer les preuves accablant Breivik, telles qu'elles ont été présentées au procès. Certaines familles de victimes décrient cette exposition. Un des avocats des parties civiles au procès, John Christian Elden, s'est indigné sur Twitter: «Un musée Breivik dans le complexe gouvernemental ? Non merci. Envoyez ces objets au musée criminel de Trondheim à la place.» Un militant des Verts norvégiens a, lui, parlé du risque que «ce "centre d'information" devienne un lieu de pèlerinage pour l'extrême droite». 

Le danger est en effet réel dans un contexte marqué par l'offensive xénophobe et le développement de noyaux terroristes fascistes particulièrement violents. 

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Mise à jour du 27 juillet 2018 

En ce septième anniversaire de la tuerie de Breivik, nous saluons la mémoire des victimes de ce terroriste qui continue à inspirer des crimes de haine à travers le monde, comme aux USA à Charlottesville et encore en France récemment avec le groupe de l'AFO qui prévoyait d'empoisonner les rayons hallal de supermarchés. 



Mise à jour du 22 juillet 2017

En ce sixième anniversaire des massacres d'Oslo et d'Utoya, nous rendons hommage aux 77 victimes de Anders Breivik. 

Cette date donne lieu depuis plusieurs années à des actes de terroristes d'extrême-droite (voir ci-dessous), fort peu surveillés et punis.

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Actualisation du 3 juillet 2017.


Un an après l'attentat de Munich (voir ci-dessous) l’anniversaire de la tuerie de Breivik inspire à nouveau des terroristes d'extrême-droite, cette fois-ci en France. 

Deux suspects de projets d'actes terroristes arrêtés ces jours-ci font explicitement référence à la tuerie de Norvège. L'un voulait tuer des " musulmans, juifs, noirs, homosexuels" ainsi que le président Emmanuel Macron. L'autre voulait mener des "actions" contre les "blacks" et "racailles"  

Ce dernier a notamment été repéré car il était l’administrateur d’une page Facebook « des amis de Breivik ». On pouvait notamment y lire : « rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles, djihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous ! »

Interrogé par les enquêteurs, il n’a pas caché ses affinités avec les idées néonazies. Il a admis avoir été membre de plusieurs associations ou groupuscules appartenant à la mouvance d’ultradroite, dont le Mouvement populaire pour une nouvelle aurore (MPNA), inspiré du parti néo-nazi grec "Aube dorée".


Ce groupe "MPNA" est impliqué dans la profanation de la stèle du résistant de l' "Affiche Rouge"  Missak Manouchian à Marseille depuis 2014. Les méfaits de ses membres sont donc connus et  on peut s' étonner qu'ils aient pu bénéficier d'une telle latitude d'action.



Il se vérifie donc que Breivik sert de modèle à une mouvance terroriste néo-nazie, dont les actions sont trop peu surveillées par la police, la justice et les médias.

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 Actualisation 23 juillet 2016

Selon la police allemande "le lien est évident" entre l'auteur de la tuerie de Munich du 22 juillet et le tueur norvégien Anders Breivik;  l’auteur du massacre utilisait la photo de Breivik comme identifiant de sa messagerie WhatsApp. On notera aussi qu'il a réalisé ses attaques le jour du 5e anniversaire du massacre d'Oslo.

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Actualisation  22 juillet 2016

En ce cinquième anniversaire des massacres d'Oslo et d'Utoya, nous rendons hommage aux 77 victimes de Anders Breivik. Ses crimes ont été suivis par d'autres de la même veine en Europe et très récemment en Italie.



Actualisation 20 avril 2016:

La justice norvégienne reconnait le droit du meurtrier nazi à ne pas subir une peine d’isolement stricte. Elle applique les principes des droits de l'Homme même à celui qui les rejette totalement; cela constitue une bonne attitude à même de contribuer à réduire l'influence de celui qui se présentait comme un "martyr". 

Elle a donné raison mercredi 20 avril à  Breivik, qui a tué 77 personnes en 2011, dans le procès qu’il a intenté à l’Etat pour des conditions de détention qu’il juge « inhumaines ».
« La Cour (...) est arrivée à la conclusion que le régime carcéral implique un traitement inhumain de Breivik », a estimé le tribunal d’Oslo, faisant valoir que l’extrémiste de 37 ans, qui se présente comme ouvertement néo-nazi, était maintenu à l’isolement depuis près de cinq ans.
La juge a en revanche débouté Breivik d’une demande qui concernait le contrôle de sa correspondance. La censure de ses échanges postaux est justifiée aux yeux des services du procureur par la nécessité de l’empêcher de former un « réseau extrémiste ».

Ce jugement applique le principe énoncé en 2011 par Jens Stoltenberg, alors 1er Ministre Norvégien, après l'attentat d'Oslo et le massacre d'Utoya:
«J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur.»
«Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»



Actualisation 15 mars 2016:
Breivik attaque l’État en justice, au nom des droits de l'Homme et fait le salut nazi en arrivant au tribunal.
La justice norvégienne va examiner pendant quatre jours si les conditions de détention du terroriste, qui a été condamné en 2012 à 21 ans de prison suivis d’une détention de sûreté, sont en violation de la Convention européenne des droits de l’Homme.
Le tueur de masse fasciste invoque les droits de l’Homme. C’est en fait la question de l’isolement qui va être au centre des débats cette semaine.  
Breivik jugé sain d’esprit en 2012, devra néanmoins faire face à ses propres contradictions. Il a lui-même refusé ces dernières années des visites ou des mesures de sociabilisation. Il s’est aussi condamné à l’isolement en écrivant noir sur blanc, avant de commettre ses attentats, que la prison était l’endroit idéal pour recruter des combattants.
Breivik cherche aussi et surtout à refaire parler de lui, au grand dam de ses très nombreuses victimes. Dag André Anderssen a survécu au massacre d’Utøya et  il est vice-président de l’association de soutien aux victimes : "Même s’il a essayé de m’enlever la vie, ce procès ne m’intéresse absolument pas. Vu sa personnalité, on pouvait s’attendre à ce qu’il utilise la moindre opportunité pour attirer l’attention sur sa personne.
Nous à l’association, on souhaite surtout que ce procès ne se transforme pas en tribune médiatique pour lui. Cette semaine peut être pesante pour les victimes, beaucoup ressentent comme une obligation de suivre cette affaire au moins un petit peu, cela risque fort de raviver les plaies qu’on tente d’oublier depuis 5 ans…"

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mercredi 22 juillet 2015

Quand les nazis déportaient les Juifs de Varsovie.

                               
Cette photo célèbre provient du rapport adressé par le général SS Stroop à Himmler  après l'écrasement de la révolte du ghetto
Elle porte à son dos la mention " forcés hors de leurs caves" 


A Varsovie, le 22 juillet marque chaque année la commémoration du début de la  grande déportation des Juifs du ghetto en juillet 1942. 
Une marche part du monument de l'"Umschlagplatz" lieu d'où partaient les convois de déportés, parcourt l'ancien espace du ghetto dont il ne subsiste strictement rien et termine devant le centre culturel et de mémoire dédié à Emmanuel Ringelblum, héroïque historien du ghetto et animateur du réseau "Oneg Shabbat". 

C'est le 12 octobre 1940, qui correspondait cette année-là à la fête juive de Yom Kippour, que les nazis annoncèrent à la population juive qu'elle devait déménager dans ce "quartier juif" exigu qui sera ceint de barbelés.    



Alors que le gouvernement polonais actuel multiplie les déclarations et actes à caractère antisémite, en s'attaquant notamment à l'histoire de la Shoah, cette date revêt une signification particulière. 




Cette "Aktion", comme l’appelaient les nazis, débute le 22 juillet 1942, six jours après la rafle du Vel d'Hiv' à Paris. 

Elle s’inscrit dans le cadre de la plus vaste "Aktion Reinhardt", organisée par les nazis en Pologne occupée; celle-ci inclut la construction des camps d'extermination de Belzec (mars 1942), Sobibor (mai 1942) et Treblinka (juillet 1942). 

Ce dernier camp joue un rôle particulier dans l'extermination des Juifs de Varsovie.  280 000 Juifs déportés de la capitale polonaise y seront assassinés. 

L'Aktion de Varsovie prend fin temporairement le 21 septembre suivant, à nouveau durant le jour de la plus importante fête juive, Yom Kippour. Elle avait débuté le jour de Tish'a Beav, qui commémore par le deuil et le jeûne la destruction du Temple juif de Jérusalme par l'armée romaine

Les nazis, dans leur rage antisémite, utilisaient souvent les dates des fêtes religieuses juives afin de procéder à des persécutions particulières ou de marquer leur "connaissance" du judaïsme.

Après cette grande déportation, le ghetto de Varsovie est réduit à  un camp de travail où 36 000 Juifs survivent officiellement et où 20 à 25 000 clandestins se terrent. Son sursis tenait d’une part à la pénurie de main-d’œuvre gratuite dont l'administration nazie voulait disposer et d'autre part à la nécessité d’une pause afin de recenser et d’expédier vers le Reich les biens volés dans le ghetto. 

Quelques jours après le début de la déportation de juillet, la résistance juive s’unifie dans un « Bloc antifasciste » et se dote d’une branche armée, l’Organisation juive de combat (OJC), fondée le 28 juillet 1942. Cette démarche débouchera plusieurs mois plus tard sur la révolte du ghetto de Varsovie.

Les premières opérations de l'OJC sont dirigées contre les responsables de la "police juive" et autres collaborateurs.

En janvier 1943, une seconde Aktion visant à liquider le reste du Ghetto est interrompue par les nazis eux-mêmes, face à la résistance et au fait que la population se cache dans un réseau souterrain creusé durant des mois. Himmler ordonne alors la destruction du ghetto et de ses habitants. 

Le 19 avril 1943, les unités SS chargées de sa mise en œuvre sont repoussées par des centaines de combattants ne disposant que de quelques revolvers et grenades.
C'est le début du soulèvement du Ghetto. 

Le commandant allemand est relevé de ses fonctions, le général SS Jürgen Stroop lui succède. Plus de 2000 SS, soutenus par de l‘artillerie et des blindés incendient maison après maison. Les Juifs sont asphyxiés, carbonisés, enterrés vivants dans les abris où ils sont retranchés. Le 16 mai 1943, Stroop fait dynamiter la grande synagogue. Il câble à Himmler : « Il n’existe plus de quartier juif à Varsovie. ». 

Le principal dirigeant de l’insurrection et de l’Organisation Juive de Combat (OJC), Mordehaï Anilewicz, se suicide le 8 mai, suivi quelques jours plus tard par Szmuel Zygielbojm, représentant du mouvement ouvrier juif Bund dans le gouvernement polonais en exil à Londres .

Nos pensées vont vers les victimes de cette extermination et vers ceux qui au cœur des ténèbres, entamèrent la préparation de leur actes héroïques qui apparurent au grand jour dans les mois qui suivirent.