jeudi 28 mai 2015

EELV met la Fondation Bardot à l'honneur: la protection des animaux au risque du racisme .

La réunion publique se tenait ce jeudi 28 mai dans un café parisien: organisée par Pascal Durand, ancien ministre et actuel député européen Europe Écologie, elle avait pour thème " l'animal va aussi souffrir du TAFTA" (traité transatlantique) . Parmi les quatre invités mis en avant par Europe Écologie, Christophe Marie, actuel porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

Brigitte Bardot, qui continue à signer tous les éditos de la Fondation, est connue depuis plusieurs dizaines d'années pour son soutien sans faille au Front National, pour qui elle appelle à voter très régulièrement. Mais l'ex-actrice ne se contente  pas de soutenir les racistes: elle-même a été condamnée cinq fois pour incitation à la haine raciale, notamment pour des propos tenus sous prétexte de défendre les animaux, victimes selon elle et sa fondation de "la barbarie" musulmane. La Fondation s'en prend avec la même violence à l'abattage rituel juif.

En cela, son discours s'intègre parfaitement dans la rhétorique de l'extrême-droite officielle, qui ces dix dernières années a investi de manière tout à fait ostensible le sujet de la "protection des animaux": l'association "Vigilance Halal" par exemple, tenue par un militant de Riposte Laïque et du Bloc Identitaire a pu se prévaloir du soutien de Brigitte Bardot pour une manifestation contre la ferme des 1000 vaches, la Fondation embarrassée , répondant par la voix de son porte-parole qu'ils regrettaient que leur fondatrice "dénonce l'islam" mais déclarant aussi qu'ils soutenaient " toute initiative pour la protection des animaux.

Ce double discours se retrouve fréquemment chez Christophe Marie, orateur de ce soir. Ainsi avait-il donné un entretien en 2011 à Novopress, l'agence de presse du Bloc Identitaire en 2011. Pris la main dans le sac, il avait alors prétendu ne pas savoir à qui il avait affaire et avait fait retirer l'article...mais seulement après que l'entretien ait donné lieu à une polémique bien relayée.

De fait la question du rapport à l'extrême-droite divise profondément les mouvements antispécistes et/ou de défense des animaux depuis plusieurs années. La Fondation Brigitte Bardot mais également d'autres associations proches de l'extrême-droite sont présentes au sein des mouvements anti-corrida, pro-végétariens ou contre l'exploitation des animaux pour l'industrie alimentaire ou à d'autres fins. Cette présence est combattue par une partie du mouvement, mais défendue par une autre, au nom de l'"apolitisme" ou de la nécessité d'un front "total" pour les animaux.

Pascal Durand a ouvertement choisi son camp : ancien Ministre, député européen, et donc figure importante d'Europe Écologie, il porte un coup dur aux antiracistes qui se battent dans ces luttes sans abdiquer leurs convictions. Beaucoup de militantEs opposés à toute forme d'exploitation et de souffrance animale n'ont nullement besoin de dénoncer spécifiquement et en termes racistes ou antisémites les pratiques alimentaires de minorités oppressées pour mener leurs combats. 

Bien au delà de ces luttes spécifiques , cette collaboration avec la Fondation Brigitte Bardot pose une question globale: un mouvement peut-il se dire antiraciste, s'il considère, qu'en certains domaines, l'alliance avec des mouvements mis en cause pour racisme est non seulement acceptable mais souhaitable ?

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